La Porte de l’Ami. « Il n’y d’autre Dieu qu’Allah et Ibrahim est son ami », peut-on lire sur l’inscription arabe gravée à l’extérieure de la porte qui se fait appeler « Bab El Khalil » en arabe, du nom de la ville de Hébron (al-Khalil, littéralement « l’ami ») à laquelle conduit la voie sud de la porte de Jaffa. Cette commune palestinienne abrite en effet la sépulture d’Abraham, l’ami de Dieu. C’est pourquoi la Porte de Jaffa est parfois appelée Porte de l’Ami ou Porte de la Tour David en référence à la citadelle dont elle est voisine.
De la porte à la brèche. En 1898, la porte subit ses premières modifications. À l’occasion du voyage en Terre Sainte de l’empereur germanique Guillaume II, les autorités locales ordonnent de détruire la muraille située entre la Porte de Jaffa, jugée trop étroite, et la Citadelle afin que l’imposant cortège impérial puisse pénétrer sans encombre dans la vieille ville. La brèche, percée pour l’occasion, est restée le principal point d’entrée dans les quartiers juifs et chrétiens. Le Général Allenby entrera également par cette porte après sa victoire sur les Turcs en 1917.
On aperçoit bien la brèche percée dans la muraille ©Flash90 ☞
Tour de l’horloge et point zéro. Au début du XXe siècle, la Porte de Jaffa était surmontée d’une tour ornée d’une horloge. Cette « tour de l’horloge » a été édifiée, comme des centaines d’autres à travers l’Empire Ottoman, en 1907, pour célébrer les 25 années de règne du Sultan Abdul Hamid II. Elle a été rasée en 1922, lors de l’occupation de la ville par les Britanniques. Autre fait étonnant, la place de la porte de Jaffa est aujourd’hui le point zéro de l’État d’Israël, titre détenu jusqu’au XXe siècle par la porte de Damas. Il n’existe aucune indication visuelle de ce point de repère servant à calculer les distances.
☜ La porte de Jaffa à l'époque de la tour de l'Horloge ©Matson Photograph Collection
Un pont avec le monde moderne. Une fois passée la Porte de Jaffa, on pénètre sur une grande place qui sépare les quartiers Chrétien au nord, et Arménien au sud. S’y mélangent touristes, chrétiens, orthodoxes, arméniens, ainsi que des juifs habitant la « Nouvelle Jérusalem », plus moderne, qui empruntent la porte pour aller se recueillir au mur des Lamentations.
☝︎ Ambiance nocturne ©Olivier Fitoussi/Flash90