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Des séries à voir Notre Sélection 2020

Lovecraft Country

Sur OCS City via Téléclub ou Canal + Suisse

Par Olivier Bot

Leti et Atticus, le couple héroïque de la série, interprétés par Jurnee Smollett-Bell et Jonathan Major.

Alors que la série «Watchmen» vient de décrocher un Emmy Award, le fantastique vient de nouveau servir la lutte actuelle contre le racisme aux États-Unis en se projetant au temps de la ségrégation. «Lovecraft Country», cette nouvelle série très réussie de HBO, diffusée par OCS City via Téléclub et Canal+ Suisse, est tirée du roman éponyme de Matt Ruff, coproduite par J.J. Abrahams, réalisateur et créateur de séries fantastiques comme «Lost» ou «Fringe». «Lovecraft Country» nous entraîne à la suite de ces personnages principaux afro-américains dans une traversée de cette Amérique de l’apartheid, violente, injuste et discriminatoire des années 1950.

Au pays de Lovecraft, le maître de la littérature d’horreur américaine, on ne sera pas surpris de croiser des entités monstrueuses comme des Shoggoths sortant de terre, une loge des fils d’Abraham, possible évocation d’Abraham Merritt, auteur admiré par l’écrivain de Providence, la ville d’Ardham, référence à Arkham, la cité imaginaire mentionnée dans une série de nouvelles évoquant le Mythe de Cthulu, le culte vaudou, des morts-vivants et quelques autres mythes et créatures lovecraftiennes. D’aucuns diront que la série a peu à voir avec l’auteur de «Dagon». Pourtant, outre ces allusions et le roman de Matt Ruff, «Lovecraft Country» est une série dans lequel les monstres se retournent contre leur père.

L'Amérique de la ségrégation inspire une nouvelle série fantastique de qualité.

En effet, dans tous les premiers épisodes en ligne sur les plateformes de streaming, le surnaturel vient au secours des personnages victimes de racisme, menacés, méprisés, pourchassés par des Blancs qui finissent par mourir de leur obsession, la haine raciale. Comme son abondante correspondance le démontre, H.P. Lovecraft était raciste et antisémite, bien au-delà d’un trait de son époque, rejetant tout ce qui ne ressemble pas à la civilisation WASP, celle des blancs anglo-saxons étasuniens.

Dans la série, ce sont les Noirs qui sont les héros. Servis par des acteurs afro-américains de grand talent, les personnages d’Atticus Black, de la pétillante et dynamique Leti, de l’oncle George, de Ruby, la sœur de Leti qui expérimentera le fait d’être Blanche ou de Montrose Freeman joué par Michael K. Williams, déjà exceptionnel dans «Wire», ces personnages partent à la recherche du père d’Atticus, détenteur de secrets magiques. Au fil des épisodes et d’un road movie – où il est notamment question d’un guide de voyage réellement publié dans les années 1950 afin d’éviter aux descendants des esclaves de mauvaises rencontres et des lieux dangereux pour eux –, plusieurs dimensions et styles du fantastique sont mis en scène. On croise des fantômes, des monstres extraterrestres, des cérémonies magiques, des cercles ésotériques, des corps mutants, des zombies, etc., dans des séquences parfois très gore (comme dans les épisodes «Sundown» ou «Strange Case»), des quêtes rappelant celle de «Da Vinci Code» ou encore le surnaturel de la série «La quatrième dimension».

Une excellente bande-son constituée de tout ce que la musique black recèle de genres, du blues au rap en passant par la soul ou le rhythm and blues ainsi que des passages chantés et dansés très réussis, en hommage explicite aux comédies musicales de Hollywood, ajoutent au plaisir de cette série, extrêmement bien produite, filmée et interprétée. Un petit bijou mélodique, politique et maléfique.

Ratched

Par Florence Millioud-Henriques

L’infirmière Mildred Ratched, jouée par Sarah Paulson, et le patient Edmund Tolleson, incarné par Finn Wittrock, ont chacun des secrets bien cachés. SAEED ADYANI/NETFLIX

«Hollywood» n’a pas encore fini de plaire, ou d’agacer, que Netflix accroche à son catalogue un nouveau Ryan Murphy comme on lâche un taureau dans l’arène. Bestial.

Il ne faut surtout pas se fier aux images de «Ratched» lustrées pop, sucrées sans édulcorant et n’admettant aucune faute de goût en gardiennes de l’élégance hollywoodienne: leur esthétique est un terrible venin, craché par Ryan Murphy, 54 ans, enfant de chœur dans sa jeunesse d’Américain catholique mais maniant une autre liturgie derrière la caméra. Le réalisateur d’«American Horror Story» le prouve une fois encore avec cette première saison disponible depuis mi-septembre sur Netflix, plateforme qui s’est attaché ses services avec un gros chèque. Il honore tous les saints de l’étrange, du suspense et du macabre (Hitchcock, Kubrick) dans cette nouvelle série en milieu hospitalier qui taille à vif dans une chair humaine veinée de perversité, de rancœurs et surtout de douleurs tenaces.

La filiation la plus évidente serre la taille de Mildred Ratched, rôle-titre de ce préquel. Qui aurait pu oublier l’infirmière cheffe tyrannique de «Vol au-dessus d’un nid de coucou» créée méchante par Ken Kesey et portée à l’écran en 1975 par Milos Forman? Cherchant à se faire engager, puis à s’imposer, dans la clinique du docteur Hanover – embaumant le luxe, elle fait presque envie, mais on se ravise à l’image des patients lobotomisés par ce paumé apprenti sorcier – Mildred Ratched mène la manœuvre. Le col monté par un autoritarisme sec et cynique, elle vient servir sa cause et celle d’un homme qui lui est proche, peu importe que cette dernière soit désespérée voire indéfendable.

Carnage chez les prêtres

Tout commence dans un carnage chez les prêtres, il est déterminant, même si la suite lambine pendant un épisode ou deux. Il y en a huit, on dira que c’est le jeu, l’intrigue a le temps de gagner ses différentes épaisseurs. Reposant sur une société où tous font la course en solo, gardiennée par des politiques aux rondeurs suintant l’autosatisfaction et soignée – la défiance est permise – par une psychiatrie qui fait payer leurs désirs aux homosexuels en les ébouillantant. L’engrenage est vachard, le souffle devient court. Et… la fable n’est pas loin d’être assez contemporaine! D’autant qu’on peut ajouter que les femmes y trustent les rôles clés en amazones.

Elles ne sont ni épouses ni mères, ou si peu. Plus occupées à s’élever et à se protéger peu importent les moyens mais sans oublier d’aimer, et même tendrement. Avec Sharon Stone, singe sur l’épaule, en Cruella extravagante dans sa cage dorée, Judy Davis en petit général séchard, Cynthia Nixon un peu perdue dans ses émotions de gentille et bien sûr Sarah Paulson (Mildred Ratched) dans sa garde-robe d’élégante nuisible: la galerie collectionne les caractères. Mais elle n’est pas figée dans son cadre doré à la malveillance, existentialiste, elle réserve aussi des surprises.

DES SÉRIES D'ESPIONS

Par Cécile Lecoultre

Huitième saison et final en beauté pour «Homeland», sixième mission pour «The Americans», cinquième pour «Le bureau des légendes», troisième pour «Killing Eve», «Ozark» et autre «Fauda», bientôt «Deutschland 89»… les séries d’espionnage flambent depuis quelques années avec une remarquable intensité, car ces productions venues d’Europe, d’Israël ou des États-Unis démontrent un savoir-faire plutôt brillant qui n’épuise pas le filon. De quoi attendre le prochain James Bond encore souffrant du coronavirus.

Pour l’anecdote, 007, créé par Ian Fleming en 1952 dans le thriller «Casino Royale», a d’ailleurs débuté à la télévision avant de briller sur grand écran dix ans plus tard. Depuis, les séries télévisées d’espionnage prolifèrent. Le genre colle à «l’espionnite» des années60, activé sur des fronts aussi éclectiques que «Chapeau melon et bottes de cuir», «Les mystères de l’Ouest» ou «Mission impossible». Même si l’effondrement de l’Union soviétique en 1991 sonne le glas de la guerre froide et pousse les espions à la retraite, la fiction d’espionnage ne semble jamais s’éteindre. Et pour cause, son folklore se renouvelle sans cesse.

Espion pop et mélancolique

Ainsi surfant sur l’«Ostalgie» de l’ancien régime, comme le note l’expert Pierre Serisier, «la guerre froide est devenue un objet pop, un produit vintage savoureusement nostalgique». C’est récemment «Deutschland 83», puis «86», bientôt «89», qui mettent sur écoute avec la constance de la Stasi les nids d’espions dans les postes de télévision et les tablettes dernier cri. Un même effet rétro dédramatise les tribulations de «The Americans». Formé en 2013, ce couple d’espions du KGB infiltré aux États-Unis en citoyens lambda finit par s’aimer sous la couverture. La notion de «pour du vrai», ici, est sujette à caution, griffe de ce show qui oscille entre soap sentimental et thriller paranoïaque.

Génie bipolaire et manichéisme

Car encouragé par la menace terroriste, le réalisme guette toujours au XXe siècle. Moins révolutionnaire qu’il n’y parut en 2011, «Homeland», achevé cette année, joue le manichéisme américain sans complexe. Son génie bipolaire, Carrie Mathison, transpire assez ses dilemmes pour donner le change. En dépit de péripéties caricaturales, essoufflements et longueurs décourageantes, le show, à l’image de son héroïne névrosée, mérite… tant pis si c’est de guerre lasse.

À ce stade, les cinq saisons du «Bureau des légendes», lancé en 2015 par le cinéaste Éric Rochant, maintiennent des états de service impeccables. Appliquant les standards du cinéma au format série, le Français Éric Rochant convoque des pointures, Mathieu Kassovitz, etc., autour d’un script vérifié par la DGSE. Des errances des «légendes» aux bavures de leurs supérieurs, de dossiers qui semblent sortir des derniers journaux télévisés aux coulisses peu reluisantes de l’infiltration, le mythe de l’agent secret trouve une lecture humaine. Peu avare de médailles en la matière, «Le Monde diplomatique» saluait une vision de l’espionnage «moins techno-triomphante, plus proche de celle de John le Carré». Et de douter que son adaptation américaine, en cours d’écriture par Peter Langmann, ancien du «New York Times», puise à la même source.

Agent double et plus si affinités

De toute façon, les agences officielles de renseignement en voient de toutes les couleurs. Si les séries d’espionnage contemporaines témoignent de l’époque qui les produit, la nôtre, à l’ère de la globalisation, possède un spectre si troublé et large qu’elle reflète des perceptions infinies. Comment croire encore au FBI? Déjà malmené aux débuts d’«Ozark», le bureau en prend encore pour son grade à la troisième saison. La série, a priori, suivait le schéma de «Breaking Bad» dans un cercle vicieux de blanchiment d’argent. Grâce à son producteur finaud, l’acteur Jason Bateman, cet axe a pris des contours aussi sinueux que les rivières des Ozarks. Ou que sa législation dispersée entre Missouri, Arkansas, Oklahoma, Kansas, et donc propice à la corruption. Après 30heures, le final donne envie d’aller jouer sa chemise à carreaux au casino du clan Byrde.

Comme «Ozark», «Killing Eve» alterne la brutalité crue et la tendresse rose bonbon. De quoi doper les poncifs de la vamp tueuse en série venue du froid et de l’espionne policée par le protocole du British MI5. La Londonienne Phoebe Waller-Bridge, scénariste de l’impertinent «Fleabag», s’amuse à transformer son Eve, agente secrète rougissante, en amoureuse sortie du placard, tandis que l’obscur objet de son désir, une implacable «serial killeuse», montre des signes de folie furieuse toujours plus alarmants. Un délice en jupons. Comme quoi la série d’espionnage en a encore «undercover».

Agente du FBI incorruptible mais pas trop, Maya (Jessica F. Dukes) s’infiltre dans la saison 3 d’«Ozark» sur Netflix.netflix

Agent double ou pas, Kassovitz, nom de code Malotru, dans «Le bureau des légendes», 5 missions sur Canal+.DR

Tendre vamp psychopathe qui venait du froid, l’irrésistible Villanelle de «Killing Eve» en 3e saison sur Canal+BBC America

KINGDOM

SUR NETFLIX

Ceux qui n’ont pas attendu le clip «Thriller» de Michael Jackson pour découvrir la démarche chaloupée du zombie savent que le pape du genre, George Romero, en a défini le dogme et la liturgie dès son premier film devenu culte, «La nuit des morts-vivants». Un bon film de zombie, à la Romero donc, est gore, trash, angoissant, mais ne se justifie vraiment que par un propos critique sur la société.

Alors que les zombies de «The Walking Dead» tournent en rond en cherchant désespérément la sortie (9e saison!), Netflix a produit une petite perle avec cette série coréenne intitulée «Kingdom». Basée sur le webcomic «The Lands of the Gods», de Kim Eun-hee, qui a écrit le scénario, elle sait raconter une histoire, y mêler des intrigues secondaires et tenir le spectateur en haleine.

Aussi raffiné que sait l’être le cinéma du Pays du Matin calme (beauté des paysages, image léchée), «Kingdom» est un vrai film de zombie, avec de la chair crue et des têtes coupées. Voyez plutôt: un roi de la période féodale Joseon utilise une plante qui ressuscite les morts afin de transformer sa défaite en une terrible victoire face à l’envahisseur japonais. Cette guerre bactériologique avant l’heure n’a pas fini de faire des ravages, une fois l’éphémère victoire remportée. Le roi est infecté (non, ce n’est pas le coronavirus) et a besoin de chair fraîche. Cette société médiévale – oui, en plus, c’est un film en costumes, et quels costumes! – est inégalitaire, ses élites sont corrompues, s’arrogeant tous les pouvoirs et les privilèges qui vont avec. Du Romero, vous dis-je!

Le prince Chang, considéré comme un traître au Royaume, devine que le roi, entouré de serviles conseillers, n’est plus tout à fait lui-même. Il quitte la capitale, accompagné de son garde du corps, et part à la recherche de la source de cette maladie qui réveille les morts et infecte les vivants. S’ensuit une quête émaillée de déferlements zombiesques, avec des affamés qui, en Corée, courent comme des lapins. Flippant!

La fille du roi, elle, veut ravir le trône au prince héritier. Pour ne pas spoiler la fin de la saison 2, ajoutons qu’entre renoncer au trône et le pouvoir à tout prix, pleins de scénarios sont possibles pour ces deux rivaux.

La fin de cette deuxième saison vous surprendra quoi qu’il en soit car elle est au final très morale. Alors, faire un film éthique dans lequel un enfant mange sa mère, cela tient de la performance! Voilà pourquoi cette série est digne d’être dévorée.

Ravi du succès de cette production sud-coréenne, Netflix annonce la saison 3 en avril 2021.

DÉRAPAGES

SUR LE SITE ARTE FRANCE

Par Olivier Bot

Plan américain sur Éric Cantona, crâne rasé et rouflaquettes, qui raconte son aventure. Dès les premières séquences de «Dérapages», la minisérie disponible en streaming sur le site d’Arte France, on sait que ce qui s’annonce comme un drame social sera aussi un polar.

Adapté du roman «Cadres noirs» de Pierre Lemaitre, qui a coscénarisé les six épisodes, «Dérapages» doit beaucoup à son auteur. Car «Dérapages» déroute le spectateur en l’entraînant dans d’inattendus tournants d’une histoire qui aurait pu dérouler tout droit une intrigue convenue. L’histoire d’un chômeur de plus de 50 ans qui ne trouve pas de travail. Jusqu’à ce que…

Le père de famille au bord de la dépression, c’est lui, Éric Cantona, qui trouve ici un de ses meilleurs rôles, à la mesure de sa démesure. Cet acteur d’instinct, aux colères chaudes comme son accent sudiste, a face à lui Alex Lutz, comédien de théâtre, au phrasé impeccable, calme et froid, dans le rôle du PDG de multinationale. L’eau et le feu. Et cette question: qui manipule qui? Casting choisi auquel s’ajoutent Gustave Kerven, un Grolandais tout aussi crédible dans le rôle du copain marginal doué en informatique, Alice de Lencquesaing, une touchante jeune actrice qui endosse le rôle de la fille avocate, ou encore la Canadienne Suzanne Clément dans le rôle de l’épouse tantôt attendrie tantôt excédée.

D’un épisode à l’autre, «Dérapages» et son hétéroclite troupe traversent les genres: le drame social, le film politique, le huis clos pénitentiaire, le polar classique, le polar financier, le film judiciaire. On passe de l’univers de Loach à celui de Marchal, de Boisset, de Jacques Audiard dans «Un prophète» à celui de Cayatte. Une partition éclectique sans véritable fausse note conduite par Ziad Doueiri, l’un des coréalisateurs de la série politique originale de Canal+ «Baron Noir».

Dans «Dérapages», le monde de l’entreprise, de ses RH, des actionnaires, des cadres ambitieux côtoie celui du salarié moyen, confronté au chômage et à la destruction de sa cellule familiale, sous le poids du manque d’argent, de la culpabilité, du désespoir, d’une humiliante recherche de petits boulots. Cela devait faire des étincelles, parfois caricaturales mais bien réelles.

Quelle réponse à la violence du libéralisme? Celle d’Alain Delambre, le personnage qu’incarne Cantona, a toutes les apparences d’un «pétage de plombs», d’un coup de folie, d’une geste suicidaire. Mais est-ce aussi simple que cela? Bien sûr que non, car ce dérapage est bien plus contrôlé qu’il n’y paraît. Et appelle dans une dernière séquence une saison 2.

WESTWORLD SAISON 3

SUR NETFLIX

Par Fabrice Gottraux

Le temps est à la réclusion. Allons donc nous vautrer dans quelques séries pop. Ici «Westworld» et ses complots menés par des actrices aux corps maquillés, du glamour de luxe pour incarner les androïdes modernes. Le tout dans une production à très gros budget. Pour autant, cette troisième saison du dernier fleuron de HBO après «Game of Thrones» n’a pas encore atteint l’intérêt des précédentes.

De l’entame de cette nouvelle saison, on retient déjà ceci: du jeu de rôle sadique organisé par une bande de milliardaires dans un faux western, «Westworld» a migré vers le monde autrement plus sombre de «Blade Runner». Les récits visionnaires de Philip K. Dick en toile de fond, la série s’éloigne définitivement du film dont elle s’est inspirée, écrit et réalisé par Michael Crichton en 1973.

Dolores Aberthy – la blonde androïde conçue pour satisfaire les envies les plus diverses, surtout les pires, des hôtes d’un parc à thème, ledit «Westworld» – a libéré ses congénères. S’en est suivi un soulèvement sanglant – avec du véritable sang d’humains massacrés par les robots.

Délivrés, mais pas tout à fait encore, les ectoplasmes se confrontent à présent au vrai monde, hors du parc. Lequel pourrait s’avérer tout aussi factice. Voilà donc Dolores (Evan Rachel Wood à l’écran), blouson noir et moto futuriste, castagnant pour s’emparer de données sensibles, séduisant un héritier fortuné, s’échappant d’un guet-apens. Son dessein: éliminer l’humanité pour la remplacer par les machines. Premier fil de la troisième saison. En marge, une galerie de personnages tente de meubler les temps morts: Charlotte Hale, l’administratrice cynique rescapée du parc, Robert Lowe, le scientifique perplexe, Maeve, la forte tête perdue dans une nouvelle illusion (un village italien envahi par les soldats nazis). Ainsi qu’un mystérieux commanditaire joué par Vincent Cassel. Et ça cause sans discontinuer. Il faudrait qualifier cela de philosophie. On soupire encore…

Et pourtant, on y retourne. Parce qu’il y avait, dans les deux premières saisons, quelque chose de fascinant. Une paranoïa façon «Lost» mêlées aux fantasmes cybernétiques de films tels que «Ex Machina», sans oublier la littérature de science-fiction, Dick bien sûr, Asimov encore. Dans cette matrice bien chargée, les créateurs de «Westworld», Jonathan Nolan et Lisa Joy, ont eu la bonne idée d’installer un conte initiatique: Dolores, martyre des robots dont la mémoire sans cesse remise à zéro ne retenait rien, se découvrait une histoire propre, avec ses souvenirs. Métaphore de la condition des femmes, diront certains. Plus certainement ce bon vieux mythe de Frankenstein. On attend de voir par quel nouveau coup de génie la saison 3 pourra rebondir.

THE PLOT AGAINST AMERICA

SUR OCS 1 diffusé par SWISSCOM Téléclub Première

SUR OCS SWISSCOM

Par Olivier Bot

Le pari était risqué. Réaliser une série tirée d’un livre de Philip Roth. C’est pourtant ce qu’a réussi David Simon avec «The Plot Against America», adapté du roman éponyme du grand auteur américain. Réalisée par un des maîtres du genre, cette série avait toutes les chances de convaincre. Bien qu’elle soit d’une autre veine que les réussites précédentes du réalisateur.

Sa plongée dans le Boston des dealers, «The Wire» («Sur écoute» en français), était comme un coup de poing dans le ventre mou des séries américaines des années 2000. Avec «The deuce», il remettait ça en auscultant l’Amérique puritaine qui a fait naître l’industrie du film porno dans les années 70. De cette vision réaliste, moins sèche cependant, était aussi sorti le mélodieux «Treme», sur les musiciens des quartiers pauvres de La Nouvelle-Orléans.

Un décor de rue de Jersey City avec un magasin tagué «Sales juifs» lors du tournage de la série. Image: Djflem

Très loin, donc, de ce naturalisme sans concession, cette nouvelle série de Simon et Burns est une adaptation du roman de l’auteur du très cru «Portnoy et son complexe». Ce complot contre l’Amérique est aussi dérangeant mais sur un tout autre registre. Il raconte l’enfance d’un petit juif de Brooklyn dans un monde historique parallèle, puisque le roman est une uchronie.

Cette bifurcation historique part de l’hypothèse d’une victoire électorale de l’aviateur Charles Lindbergh – auréolé de sa traversée solitaire de l’Atlantique – à l’élection présidentielle de 1940 face à Theodore Roosevelt. Dès lors, qu’adviendra-t-il des juifs d’Amérique?

Pure fiction, l’argument fait pourtant écho à une réalité d’aujourd’hui. Lindbergh était l’un des principaux animateurs du comité isolationniste America first, créé en 1940, le slogan choisi par Donald Trump pour sa campagne électorale victorieuse de 2016. Admirateur d’Hitler, le pilote du Spirit of Saint-Louis eut des propos aux forts relents antisémites durant sa campagne contre l’entrée en guerre des États-Unis.

Cet argument fait immanquablement penser à une autre uchronie signée du génial Philip K. Dick dans «Le maître du haut château», imaginant, lui, que la victoire des puissances de l’Axe durant la Seconde Guerre mondiale entraînait une occupation nazie de tout l’est des États-Unis. Le roman a d'ailleurs été adapté en série diffusée par Amazon prime.

En campant au sein de la famille Levin autant de personnages que de possibles réactions face à un régime autoritaire (la collaboration aveugle, la fuite, la naïve opposition, un patriotisme qui sacrifie sa situation sociale à ses convictions, la résistance clandestine), Simon fait plus qu’une bonne série en streaming. Il interroge l’Amérique de «La tâche», autre roman incontournable de Roth et celle de Donald Trump. Le sixième épisode de cette série HBO est programmé le 27 avril sur OCS City, une des chaînes du bouquet Swisscom Téléclub Premium.

QUARTIER DES BANQUES SAISON2

SUR TSR1

Par Pascal Gavillet

Se frayer un chemin dans le marché épouvantablement concurrentiel des séries est tout sauf une mince affaire. Depuis quelques années, la Suisse y songe pourtant sérieusement en proposant des produits de qualité en accord avec les réalités intrinsèques du pays. En automne 2017, la RTS lançait ainsi une série coproduite par la société genevoise Point Prod et cocréée par la scénariste Stéphane Mitchell, le producteur Jean-Marc Fröhle et le réalisateur Fulvio Bernasconi. Les six épisodes de «Quartier des Banques», en quelques semaines, avaient ainsi séduit un public fidèle et conquis. Mélangeant les codes de la saga familiale avec une intrigue policière ancrée dans le contexte financier des banques privées, le tout avec un casting solide et séduisant – Brigitte Fossey ou Féodor Atkine côté français, Vincent Kucholl ou Lauriane Gilliéron pour ce qui est des vedettes romandes –, la série n’eut aucune peine à remplir son contrat et grignoter des parts de marché.

À la fin de la première saison, la question de la suite se posa. Celle-ci fut rapidement mise en chantier. Sur un budget relativement analogue à celui de la première saison – chaque épisode coûte environ 900 000 francs –, la même équipe se chargea de l’écriture et les tournages s’échelonnèrent d’avril à juin 2019 pour une diffusion prévue cet hiver. C’est donc le jeudi 20 février que vous pourrez découvrir le premier épisode de cette deuxième saison, avec presque le même casting et une succession de retournements qui devraient à nouveau tenir le téléspectateur en haleine.

Le tout premier épisode de ce «Quartier des banques 2» avait été présenté en première au GIFF l’an passé, et nous avions pu le visionner, constatant qu’en termes de scénario, il remplissait son objectif, s’achevant même sur un redoutable suspense. Pour le producteur Jean-Marc Föhle, qui souhaite répondre aux attentes du public, il est important que Fulvio Bernasconi, le réalisateur, conserve le «final cut». «Alors que la première saison mêlait le drame familial à l’intrigue policière, témoignait alors Fröhle, cette deuxième saison est davantage profilée thriller. Tout en conservant son ancrage local. Il s’agit, à travers la peinture d’un milieu élitiste, celui de la haute finance, de rester dans une série populaire.»

Ce monde glacé et impitoyable de la haute finance, univers de secrets bien cachés et de luxe frelaté, constitue une manière d’écrin dans lequel évoluent des personnages dont on connaît désormais la personnalité, les mœurs et les défauts. «Tous les personnages principaux sont de retour, nous racontait il y a moins d’un an la coscénariste Stéphane Mitchell, lors d’une visite sur le plateau. Ceux qui les incarnent également. L’histoire est construite sur de vraies escroqueries. Il s’agit aussi de montrer comment, à Genève, on traque les criminels à col blanc.» Pour l’écriture de la saison 2, elle avait dû mettre les bouchées doubles avec ses coéquipiers. «Le fait d’enchaîner les genres m’a toujours permis d’apprendre, tout le temps. Pour «Quartier des Banques 2», je pense que j’ai frustré le réalisateur, Fulvio Bernasconi. Il aurait voulu avoir les textes trois mois à l’avance et ce n’était pas possible.» Ce jour-là, ce dernier mettait en boîte une séquence tendue avec Vincent Kucholl dans un bureau. Concentré, le comédien avouait son plaisir à changer fréquemment de registre. Nous étions en avril 2019 et il ne s’était pas encore produit à Paléo ni sous le chapiteau du cirque Knie.

Les enjeux de cette deuxième saison sont donc assez importants. Mais quelles que soient les audiences, il devrait de toute façon y avoir une saison 3. Le producteur Jean-Marc Fröhle nous le confirmait en novembre. «Nous avons toujours vu cela comme une trilogie.» Pour rappel, la première saison, coproduite avec des partenaires belges, avait été diffusée également en France, en Belgique, aux Pays-Bas et au Danemark.

WHAT WE DO IN THE SHADOWS

SUR CANAL + SERIES

Natasia Demetriou est Nadja dans «What We Do In The Shadows». Image: DR

Par Fabrice Gottraux

Dernier carton de la chaîne FX, propriété de Disney, la série «What We Do In The Shadows» s’accompagne d’une superbe musique de générique. Signées Norma Tanega (1966), les paroles assènent ce refrain fatal: «You’re dead and out of this world.» Traduction: «Tu es mort et hors de ce monde.» L’idéal pour introduire une bande de vampires pathétiques, plus soucieux de leurs performances sexuelles que de conquêtes belliqueuses.

Organiser des parties fines avec leur lot de vierges à saigner, voilà l’activité préférée de ces créatures de la nuit aussi suffisantes que pusillanimes. Le ménage n’a pas été fait? Un énième conseil des colocataires tentera – en vain – d’équilibrer les prérogatives des uns et des autres. La deuxième saison est bien partie, 5e épisode le 6 mai.

Ç’aurait pu être la série «Friends», dont on apprend par ailleurs que le retour est repoussé sine die en raison de la pandémie. «What We Do In The Shadows» se déroule également en intérieur, à New York, non pas dans un appartement mais dans une maison avec mobilier poussiéreux et plafonds hauts. Y cohabitent une femme (jouée par Natasia Demetriou) et deux hommes (Kayvan Novak, Matt Berry) sacrifiant à la mode désuète du Dracula de Bram Stoker: visages blafards, chemises à jabot et pourpoint. Un quatrième acolyte, affublé celui-là d’une tenue d’employé de bureau (Mark Proksch), «mange» l’énergie vitale de ses victimes en les bassinant de longues heures durant sur les thèmes les plus rasants.

À la manière d’une parodie de documentaire, un «mockumentary», les personnages se confient face à l’objectif, en plan fixe, les rares actions sont suivies caméra à l’épaule. Principe reconduit pour la nouvelle saison, avec une photo à peine plus stylisée. Il en faut peu pour être drôle quand les dialogues sont bons et le montage millimétré. Conçue par le Néo-Zélandais Jemaine Clement, d’après le long métrage du même nom («Vampires en toute intimité» en français, loin d’être une réussite en revanche), la série détourne les codes du soap opera – scénario sans fin, mélodrame – ajoutant à l’incongruité de ces vampires pantouflards.

Serait-ce de l’humour potache? À première vue, oui. Mais le diable est dans les détails, révélant une ironie subtile. Honneur alors au très dévoué domestique et souffre-douleur de ses maîtres, l’affable et joufflu Guillermo (excellent Harvey Guillén), témoin privilégié de cette pantalonnade. Son ambition (il rêve de devenir vampire) n’a d’égal que son cynisme (trouver des vierges pour ses maîtres, malgré sa désapprobation). Voilà une belle métaphore de la pensée néolibérale.

PERRY MASON

SUR CANAL + Suisse

Par Olivier Bot

On avait quitté le détective avocat Perry Mason en fauteuil roulant, le revoilà sur pied. HBO a réalisé un préquel de la célèbre série télévisée dont le rôle principal était interprété par Raymond Burr, il y a cinquante ans. Deux cent soixante et un épisodes en neuf saisons plus tard, HBO, qui enchaîne les séries à succès, s’est donc replongé dans les premiers romans d’Erle Stanley Gardner pour raconter les débuts du fameux avocat justicier. La chaîne américaine a déjà diffusé quinze épisodes de ce nouveau «Perry Mason», et la chaîne OCS City visible sur Canal+ Suisse vient de mettre en streaming huit épisodes inédits en Europe, qui traitent d’une seule affaire.

Dans le Los Angeles de la Grande Dépression, Perry Mason, héritier d’une ferme et détective minable, traite dans cette minisérie l’histoire d’un bébé enlevé à ses parents et d’un meurtre. La production a mis de gros moyens dans cette série dont le rôle principal est endossé par le comédien Matthew Rhys, dans une reconstitution très léchée du Los Angeles des années 30.

La figure du détective négligé, alcoolique, habillé comme l’as de pique, traumatisé par sa participation à la guerre et malmené par les flics, est vue et revue sur tous les écrans. «Perry Mason» dans sa première version échappait aux clichés et se centrait sur les affaires traitées par l’avocat innocentant ses clients et confondant les coupables. Pas celle-ci. L’histoire n’échappe pas non plus aux poncifs, ni aux traits de l’époque. La police est impliquée dans l’affaire ainsi qu’une mystérieuse église évangéliste qui a tout d’une secte. Cependant, le scénario réserve quelques surprises et tient le spectateur en haleine.

On y voit enfin le détective, qui n’a pas jusqu’ici fait preuve de beaucoup d’éthique, prêter serment pour endosser le rôle de défenseur. Un retournement peu crédible. On attend de voir la suite car jusque-là, on n’est pas totalement convaincu par cette série, pourtant encensée par la grande presse américaine.

CURSED: LA REBELLE

SUR NETFLIX

Quelle série détrônera dans le cœur des amateurs de heroic fantasy «Game of Thrones»? Après le navrant «The Witcher», l’annonce d’un préquel de la légende arthurienne – fruit d’une collaboration du dessinateur de BD Frank Miller et du scénariste Tom Wheeler – suscitait un espoir, nourri par la qualité de la BD du créateur de «Sin City» et de l’auteur de la série «The Cape». Le générique et de beaux dessins animés entre les séquences font d’ailleurs référence à leur première collaboration en bande dessinée.

Dans «Cursed: La rebelle», diffusée cet été par Netflix, l’idée d’imaginer la vie d’avant de la Dame du Lac, de Morgane, d’Arthur, Merlin ou Lancelot (les personnages de la légende arthurienne) fait écho à la démarche qui a donné naissance à l’excellente série «Gotham». Comme pour les lecteurs et spectateurs de «Batman», les personnages connus de l’épopée de Chrétien de Troyes, du classique «Merlin l’Enchanteur» de Disney, du brillant «Excalibur» de Ridley Scott ou du désopilant «Monty Python and the Holy Grail» se devinent ou se révèlent au fil des épisodes.

Cette série raconte donc l’histoire de Nimue, une jeune sorcière de la tribu de Faë, un peuple vivant en osmose avec la nature. C’est elle qui va prendre possession de l’épée du pouvoir, Excalibur. Elle qui deviendra la Dame du Lac et tente dans la première saison de sauver son peuple du génocide perpétré par les Paladins rouges et un mystérieux «moine larmoyant», chargés par le pape d’éradiquer les vieilles croyances. Ces personnages noirs qui dénoncent, tuent et torturent sont très réussis, à commencer par le Père Carden, commandant des pénitents, interprété par Peter Mullan, le bourreau aveugle, la nonne rouge, excellente de méchanceté, ou le pape, dont l’apparition est un miracle d’un casting inégal.

Dans le rôle principal, celui de Nimue, Katherine Langford, au visage et aux humeurs adolescents, peine ainsi à convaincre dans le rôle de la sorcière Sang-de-Loup, comme d’ailleurs l’acteur, assez insipide, choisi pour le rôle d’Arthur. Ces choix handicapent la série, en comparaison avec la distribution incontestable de «Game of Thrones». On retrouvera cependant avec plaisir Gustaf Skarsgård, Floki, le constructeur mystique de drakkars dans «Vikings», qui montre l’étendue de ses talents de composition dans le rôle d’un Merlin paria qui a perdu ses pouvoirs. La série sacrifie enfin aux exigences culturelles de l’époque: Arthur et Morgane sont noirs et l’amour que se portent deux femmes est bien plus crédible que celui soudain de Nimue et Arthur.

La série captivera les adolescents et les clients du «girl power» plutôt que les amateurs de fantasy, qui trouveront cependant dans quelques effets spéciaux et séquences de magie (dont une des scènes finales de la saison 1 avec Merlin) de quoi patienter en attendant la série «Le seigneur des anneaux» programmée par Amazon en 2021.

EL DRAGON

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Par Olivier Bot

La deuxième saison de cette série mexicaine tournée au Mexique, au Japon et en Espagne débarque sur Netflix, avec sabre de yakuzas, sentiments sirupeux et violence des cartels de la drogue

Pigmenio Moncada (à droite de l’image), le vrai méchant de cette série, va vous ravir.

Les scénaristes de série peuvent en prendre de la graine. La série «El Dragon, le retour du guerrier» est un modèle du genre, en deux saisons de plus de trente épisodes chacun, vous tient en haleine jusqu’au bout, à force de rebondissements, souvent inattendus. Avec plus de 70 épisodes de 54 minutes, on peut se faire du «binge watching» durant quelques nuits. Côté «cliffhanger», suspens en bon français, on n’est pas déçu non plus, Des scénarios comme cela, on en redemande.

C’est l’histoire de Miguel Garza, petit-fils d’un patron de cartel de la drogue au Mexique, parti se former à la finance au Japon auprès d’un yakuza (ben oui, on est du milieu ou on ne l’est pas), revenu au pays pour diriger l’affaire familiale avant de monter des sociétés de blanchiment d’argent, puis la production de l’éphiline, une smart drogue et sa distribution. La trame est là mais c’est au scénariste que l’on doit d’être accroché. Et ce n’est pas n’importe qui… Il s’agit du journaliste et écrivain, Arturo Pérez-Reverte. Oui, oui, l’auteur de la série Capitaine Alatriste (devenu une série), du Maître d’escrime ou de Falco.

Au détour d’un épisode, quelques scènes époustouflantes vous attendent. Comme ce faux enterrement d’un chef Yakuza, avec tous les criminels tatoués torse nu avant que celui qui croyait avoir tué le big boss, se fasse couper la tête par celui qu’il croyait mort. Ou encore ce repas de mafieux sur une île déserte où se côtoient le Russe, le Colombien, le Japonais, le Mexicain, etc.

La production mexicaine donne un côté telenovela à certaines scènes, avec guitare et piano pleins de sentiments dans les scènes d’amour et flash-back couleur pastel pour ceux qui n’auraient pas compris le lien entre ce qu’il se passe et ce qui s’est passé! Cela gêne un peu la lecture mais sur Netflix, on peut passer ces scènes un peu agaçantes. Mais quand on est accroché par l’action et les personnages, cela fonctionne, sans se poser d’autres questions. Ce n’est pas un chef-d’œuvre, mais quel rythme!