Les Ciels de Minganie ROAD-TRIP juin - juillet 2016

Prologue

La Minganie est à 800 km à l'est de Québec. Elle s'étire sur environ 250 km le long du littorale du Golfe du Saint-Laurent face à l'île d'Anticosti. Sept communautés de différentes cultures (Innue, Française et Anglaise) y résident en îlots, éloignées les uns des autres. Un coin de pays grouillant de diversité. Havre-St-Pierre est la plus importante municipalité, environ 3 500 habitants.

Nous dépassons une corvette jaune. Le fleuve est tout soleil !

Rivière Papinichois

Déjà nous sentons la grandeur du pays et son âme sauvage. Sans le savoir complètement, nous comprenons que la côte nord n’est pas une terre à amadouer; ici la nature s’impose; belle et grandiose.

Nous avons déserté notre vie de tous les jours et nos tâches quotidiennes

Ensemble pour plusieurs jours; le regard baigné de paysages, de rivières, de ciels fous et roses; le cœur se dilate.

Camping Rivière aux outardes

M : Mais qu'est-ce que c'est ?

N : Un tapis de sol synthétique pour recouvrir l'herbe !

M : Le sens du road-trip s'effrite ...

Nous avons installés la tente sur la plage. M s’est levé pendant la nuit, inquiet. Alors que la mer se battait au large et que les vagues claquaient sur la grève noire, le vent ronronnait doucement. Cette nuit là garde de son mystère...

Et moi, j’ai dormi, paisible, sur cette plage porte-bonheur, à l’abri du vent et il me semble, loin d’un autre monde.

Au matin, dans cette odeur de sel et de café chaud, la journée était déjà belle. Je me suis réveillée dans un pays où marchent côte à côte , l’amour et la joie.

Rivière Moisie

Je suis en voyage. Je découvre des choses qu’on découvre en voyage; de beaux paysages, de nouveaux visages, des îles etc. Je découvre aussi autres choses; ma retenue, mon amour du temps libre, la raideur de mes épaules, le besoin de douceur dans ma nuque; les aspérités de caractère de mon bel ami, ses beaux revirements, ses retranchements. Je découvre mes inquiétudes; ma difficulté de voir mon visage fatigué au matin, ma peau se faner.

Et je me rappelle comment, rien de tout cela, n’a autant d’importance que cet appel à vivre doucement - cette essentielle bienveillance à soi-même

À l'embouchure de la rivière Moisie

Nous allons faire une ballade et découvrons l’une des plus belles plages qu'il nous a été donné de voir. Le ciel est magnifique; ses roses et bleus s’étendent sur le sable mouillé.

La plage devient le miroir du ciel.

Le soleil fait son lit.

La lumière s’allonge sur nous.

Un instant; l’éternité.

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Le spectacle du ciel et de la mer n’en finit plus de me surprendre.

Minganie

Il y a 110 km entre Rivière-aux-tonnerre et Sept-îles. Aucun village, éloignement salutaire des Minganais.

Longue pointe de Mingan

J’aime le bruit de la mer et son mouvement perpétuel. J’aime le chant des oiseaux. Je ne connais pas le nom des oiseaux. Il y a tant de choses que je ne connais pas; il me semble avoir cessé d’apprendre : le nom des oiseaux, le nom des rivières, les langues, la géographie.

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Île Nue

Si on ne laisse pas au voyage le droit de nous briser un peu; autant rester chez soi.

Île aux perroquets

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Filer la côte jusqu’au bout du nord. De cap en barachois. De torrents en confluents. Grisés de ciels fous et roses. Se délester du quotidien. Les yeux baignés d’immenses paysages. Prendre le large !

Ekuanitshit

M. rencontre Jean-Charles Piétacho au bord de la rivière Mingan. Nous le croiserons ensuite au village; échangerons avec lui. M. ne réalisera qu'au retour qu’il est le chef de la communauté Innue d’Ekuanitshit de même qu'ardent défenseur de l'environnement. Il était à la Une du Devoir !

Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne

Rita Mestokosho, grande poétesse Innue et conseillère de la communauté. Rita partagera avec N un rituel Innue, intense et généreux. Le hasard aura mis des êtres fabuleux sur notre route; et des moments magiques

Maison de la culture

Mais quel est donc le but du voyage ? Égarement de l’esprit, connaissance de l’autre, de soi-même, approches des limites; rien de notre vie de tous les jours, semble vouloir nous préparer et disposer à vivre cet éloignement du monde, que la découverte de nouvelles contrées, de nouveaux visages, d’une langue étrangère.

Sur la route, il y a toujours un moment où la joie devient du silence.

Baie-Johan-Beetz

Nous avançons dans l’aube avec nos cœurs d’hirondelles

Souvenir d'un feu qui faillit sonner le glas du village

Maison de Johan Beetz

Natashquan

Les galets

Hangars à morue

Et on s'y baigne ! Vraiment !

Kegaska

Vent d’hiver en été

Pêche aux crabes

Temps suspendu

They speak English

The end of the road !

Le boutte d'la route !

Il est bon que notre voyage ait un but, mais en définitive c’est le voyage qui importe.

CONTEMPLER les ciels de LA BELLE Minganie !

Il fallait produire, changer le monde. Peut-être faudra-t-il apprendre à le contempler.

Dominique Bourg, philosophe français

Observe les trombes d'eau qui s'affalent et ondulent telles rideaux de fines soies filtrant les couleurs du couchant. Que dire cet oiseau de feu écarlate qui suspend son vol pour mieux se faire apprécier. Et cette plage qui se fait miroir de la pyrotechnie des cieux !

Entre ciel et terre, comment ne pas perdre ses repères ?

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Que de kilomètres avalés à poursuivre les cieux

Tandis que l'ocre soleil du soir se moque de ma caméra, les îles conservent jalousement les chapeaux coniques de quelques prélats qui, il y a fort longtemps, les ont oublié là. Trois goélands poursuivent les nuages qui s'étirent alors qu'à l'horizon l'astre du jour pointe un œil rougeoyant, annonçant son éveil. Aux Galets les nuages fouettés de vent s'étirent et courent. Comme le sable décapant, ils laissent leurs traces sur les hangars désertés par les pêcheurs. Et toujours cette plage lumineuse où se fond ciel et terre.

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Quand arrive-t-on, maman ?

Maman ?

Chérie, pourquoi se presser quand la route mène au ciel !

Frêle amphibien de l'azur à la tête d'esturgeon qui laisse dans son sillage les turbulences engendrées par son passage.

Regarde attentivement les nuages, côté clair. Tu y trouveras un bien heureux cochon aux sourcils expressifs dont la tête est surmontée d'une crête de coq. À droite : une fenêtre avec son faîte en demi cercle et ses barreaux en croix. Toujours vers la droite se profile un petit diable aux grands yeux, aux grandes oreilles. Il semble vouloir ouvrir la fenêtre. Derrière lui apparaît une majestueuse tête de cygne au bec élancé. Devines-tu ses longues ailes fermées, repliées sur son corps ? Plus bas, en marge de tout ça, un petit canard - noir - qui nonchalant va son chemin glissant sur un faisceau de lointains et vaporeux nuages blancs. Et puis à gauche, au-dessus de la route qui se perd dans les épinettes, le visage assoupi d'un autre petit cochon qui flotte sans se soucier du lapin aux grandes oreilles qui semble lui faire un câlin sur la nuque.

Les Ciels de la Minganie s'offrent en spectacle : épique, onirique et poétique

ÉPILOGUE

Dîner à la Pointe-aux-Anglais. Délices niçois sur un caillou. Moment parfait !

Ze end !

Created By
MARC FISET
Appreciate

Credits:

Textes et Photos : Natalie Roy et Marc Fiset, juillet 2016

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