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un projet de territoire autour de la filière laine Massif Central

Dans les territoires de montagne, l’Agence nationale de la cohésion des territoires accompagne les collectivités et les acteurs locaux grâce à ses cinq commissariats de massif, qui couvrent les Alpes, le Jura, le Massif Central, les Pyrénées et les Vosges. Cet accompagnement s’exprime à travers des réalisations concrètes.

Dans le Massif Central, le commissariat de massif a épaulé la réactivation d’une filière laine complète, aux côtés des Régions et des professionnels. Cette filière aide ses acteurs à se structurer et à trouver de nouveaux débouchés à leurs produits locaux, reconnus pour leur qualité et leur haute valeur ajoutée.

Le but de la filière : fédérer les entreprises qui ont un savoir-faire dans la laine et promouvoir leurs produits.

Valoriser des métiers et des produits hauts-de-gamme

Laine de l’Allier, de la Creuse ou du Limousin : dans le Massif Central, 70 entreprises travaillent la laine de mouton. Mais cette chaîne économique connaît une fragilité liée, notamment, à l’interdépendance entre chacun de ses maillons.

Créé en 2009, la filière laine Nouvelle-Aquitaine et Massif Central l’association – Lainamac – rassemble, à ce jour, une trentaine de professionnels. L’association collabore avec la fédération ovine de la Creuse, compte la Chambre d’agriculture de ce département ainsi que des éleveurs à son conseil d’administration et intervient aux côtés des entreprises.

Très active, Lainamac s’attache au développement économique local (filature, tissage, feutre, tuft…), à la valorisation de l’artisanat et au fait main. « En 2018, nous avons obtenu l’Indication géographique (IG) pour le tapis et la tapisserie d’Aubusson, produits par une dizaine d’entreprises dans la Creuse. Le commissariat du Massif Central de l’ANCT nous a aidé à décrocher ce label de qualité », se félicite Géraldine Cauchy, directrice de Lainamac.

Dans le Massif Central, 70 entreprises travaillent la laine de mouton. Un savoir-faire ancestral qui se renouvelle sans cesse.

L’ANCT a apporté son soutien financier et en ingénierie de projet

Le commissariat de massif a notamment mis Lainamac en relation avec des partenaires que la filière n’avait pas identifiés. Par exemple, en 2019, il l’a aidée à monter un atelier textile partagé avec quatre autres territoires. « Ces derniers avaient un projet similaire au nôtre, mais dans des filières différentes, comme le bois. Ce partage d’expériences nous a permis de voir comment ils travaillent et s’organisent. », poursuit la directrice.

« L’ANCT nous a accompagné pour obtenir le soutien financier de l’État (Fnadt*), de fonds européens et régionaux. Elle nous a apporté une aide méthodologique en mettant à notre disposition son ingénierie de projet pour le montage de chaînes de valeurs structurantes. » Géraldine Cauchy, directrice de Lainamac

Créer une chaîne de valeur à partir des produits locaux

En soutenant la structuration de cette filière laine, le commissariat de massif s’attache à renforcer l’attractivité globale du Massif Central, afin d’en dynamiser l’économie et la démographie.

« Parmi les leviers à mobiliser, nous intervenons sur la construction de chaînes de valeur, bénéfiques à l’ensemble des acteurs, à partir des produits locaux, expose Paul-Henry Dupuy, commissaire du Massif Central, à l’ANCT. Ainsi, nous avons conduit des démarches pour la valorisation de la pierre, du bois, des produits agricoles (lait, viande, cuir, etc.) et de la laine, en lien avec les acteurs du territoire. »

Dans le Massif Central, la filière laine s’attache à développer une production haut-de-gamme qui intéresse des designers et des architectes d’intérieur, notamment.

Concrètement, les fonds du Massif Central ont financé l’ingénierie de projet et ont permis de faire travailler ensemble les différents intervenants de la filière. « L’idée a été de partir de l’aval, c’est-à-dire du positionnement des produits finis sur leurs marchés. L’accompagnement de cette filière laine visait la création de nouveaux produits, avec l’aide de designers et de chercheurs, poursuit Paul-Henry Dupuy. Cette démarche a permis d’ouvrir de nouveaux débouchés à l’échelle nationale. »

Une plateforme pour valoriser la production locale

Et, la filière ne manque pas d’ambitions ! Son but est de monter un cluster et de référencer un réseau d’entreprises – artisanales, manufacturières ou industrielles – qui proposent des matières issues du travail de la laine, plus ou moins transformées, ou des services pour les marchés de la décoration, de l’architecture, de l’habillement et du grand public.

« Nous démarchons les 70 entreprises de la laine du Massif Central pour leur proposer d’adhérer à notre filière professionnelle et d’être référencées sur notre matériauthèque pour y valoriser leurs marques. En effet, la plateforme Lanathèque présente des exemples des productions locales, expose Géraldine Cauchy. L’enjeu, pour le marché, c’est de montrer l’étendue des possibles à partir de ces matières et de réaliser des produits finis transformés, avec une réelle valeur ajoutée et haut-de-gamme. »

« La création de la Lanathèque cible les acheteurs finaux, comme les architectes et les décorateurs d’intérieur, donc la dernière étape de la filière. Cette démarche a permis d’ouvrir de nouveaux débouchés à l’échelle nationale. » Paul-Henry Dupuy, commissaire du Massif Central, à l’ANCT

Le projet suivant est en cours, avec le soutien de l’ANCT. Il s’agit de renforcer des groupes d’entreprises constitués autour de la création de nouveaux produits et de nouveaux marchés. Cette méthodologie permet de relocaliser et de consolider des activités locales dans leurs capacités de production.

« Le commissariat du Massif Central nous apporte des subventions qui nous permettent d’expérimenter des innovations, de faire des croisements de marchés et de trouver de nouveaux modes d’organisation pour les entreprises du territoire. », se félicite Géraldine Cauchy.

« La ruralité a besoin de générer une économie locale sur son territoire » : Geneviève Barat est vice-présidente de la région Nouvelle-Aquitaine, où elle est chargée de la ruralité. Également agricultrice, elle explique pourquoi la Région s’implique dans la filière laine.

Structuration de la filière et création de la matériauthèque :

coût total du projet = 450 000 €

  • État : 150 000 €
  • Région Nouvelle-Aquitaine 45 000 €
  • Région Occitanie : 30 000 €
  • Autofinancement : 225 000 €.
Outre la promotion des produits, Lainamac assure des formations comme, ici, au tri de la laine.

Credits:

ANCT 2020 - Service communication avec la collaboration du commissariat de massif du Massif Central - Crédits photos : DR Lainamac, Ghislaine Garcin, Gregory Valton et Sophie Mallet ; DR Twin.