Nouveau départ pour la Cantine Atlantic 2.0

Après le terrible incendie qui a ravagé les locaux de la Cantine le 20 novembre dernier, l’association Atlantic 2.0 a bénéficié d’un incroyable élan de solidarité. Installée boulevard Gaston Doumergue dans ces locaux provisoires prêtés par le conseil départemental depuis le 1er février, la cantine numérique déménagera en juin dans l’immeuble Unik, sur l’île de Nantes, au cœur du quartier de la création avant de rejoindre ses nouveaux locaux définitifs dans la halle 6 courant 2018.

Le défi était de taille et il a été relevé haut la main. Grâce à la mobilisation de l’écosystème numérique nantais et des collectivités, la Cantine Atlantic 2.0 va renaître au cœur du quartier de la création sur l’île de Nantes. Au mois de juin 2017, elle s’installera dans l’immeuble Unik (rue de la Noüe Bras de Fer). Créée en 2008, l’association Atlantic 2.0 a grandement participé au développement et à l’ascension de l’écosystème numérique nantais, aujourd’hui reconnu comme l’un des plus attractif de France. Retour sur cette renaissance et rencontre avec celles et ceux qui font la Cantine.

A partir de juin 2017, la Cantine occupera 1000 m² (rez de chaussée et 1er étage) sur les 2500 m² du bâtiment. Le lieu rassemblera à la fois des Start up, mais aussi des entreprises comme Go Capital, Externatic, Windreport. « Ce sera également un lieu d’accueil, ouvert à tous, précise Yannick Perrigot, directeur de l’agence Windreport. Ce n’est parce que nous travaillons dans le digital que la bonne vieille poignée de main n’a pas son importance. Au contraire, il faut du contact humain ». (Pierre Leroy (EP) Julien Hervouet (iAdvize) Yannick Perrigot (Windreport) et Adrien Poggetti (Atlantic2.0). Photo : Philippine Da).

« Ce n’est pas évident de trouver des locaux de 700 à 1000 m², sympas et dans le centre de Nantes », rapporte Adrien Poggetti, directeur de la Cantine Atlantic 2.0. Grâce notamment à la Samoa et à la Start up EP, la Cantine va s’installer dans des bureaux flambants neufs. « Pour nous c’est rapidement devenu évident », raconte Pierre Leroy de chez EP. La start up spécialisée dans les solutions digitales pour la maison et la transformation numérique des métiers du bâtiments avait déjà entamé la construction de ses nouveaux locaux dans le Quartier de la Création. Elle a donc proposé à Atlantic 2.0 de s’associer à ce projet qui coïncidait avec une ambition commune : construire un lieu à l’image de l’écosystème numérique nantais, collaboratif, créatif et audacieux.

Julien Hervouet (iAdvize) et Yannick Perrigot (Windreport)

Chiffres clés de la Nantes Tech

« L’idée c’est de faire de Nantes une place forte de l’économie digitale en Europe et le meilleur endroit pour faire naître et développer son entreprise », insiste Julien Hervouet, patron d’iAdvize à la tête du réseau Atlantic 2.0. Dans ces futurs locaux, 120 postes de travail seront disponibles. Ils pourront être loué à la carte (Flex) ou en résidence (Fixe). Des salles de réunions pourront être réservées sur un temps donné pour profiter de l’émulation des lieux. Pour se détendre, un bar et un restaurant sont prévus ainsi qu’une terrasse sur le toit. Et bien entendu, la Cantine continuera d'organiser des événements tout au long de l'année. Courant 2018, la Cantine intégrera la Halle 6, mais pourrait conserver une partie de ses locaux dans l'immeuble Unik.

D’ailleurs, si vous cherchez un lieu pour vous installer, un formulaire est disponible sur le site de la Cantine.

Solidarité

Les anciens locaux de la Cantine ravagés par un incendie le 20 novembre dernier (Photo : Patrick Garçon)

Elles et ils font la Cantine

« Après l’incendie, l’élan de solidarité a été incroyable. Plus de 250 entreprises ont proposé de nous héberger, on nous a aussi proposé du matériel, bref, de quoi nous remettre sur pied. L’incendie a été une rude épreuve. Le lieu tel qu’il existait, notamment par son architecture, facilitait le passage, les rencontres et les échanges », raconte Emmanuelle Cotta, responsable de la communication d’Atlantic 2.0."

Emmanuelle Cotta, responsable de la communication d’Atlantic 2.0

Photo : Régis Routier

Trois question à Adrien Poggetti, directeur de la Cantine Atlantic 2.0 et directeur délégué de Nantes Tech.

Quel était l’état des lieux du numérique à Nantes lorsque la cantine est née en 2008 ?

En 2008, sur la carte du numérique, Nantes n’existait pas ou peu. La création de la Cantine a permis de fédérer des acteurs pas forcément représentés dans des réseaux à ce moment-là. Les premières rencontres ses sont faites dans les cafés et dans les bars. Et puis, petit à petit, à force, on a commencé à construire quelque chose et a créer une dynamique. En 2010 les collectivités ont commencé à suivre. Les locaux de la Cantine ont ouvert en février 2011. A ce moment là, il y avait déjà une petite communauté (une soixantaine de membres dans le réseau). La première année, plus de 200 événements ont été organisés. Cela nous a donné une grande visibilité et permis d’attirer plus d’entreprises et de partenaires.

Quelle a été l’étape suivante ?

A ce moment-là, on a commencé à s’intéresser à l’écosystème, à avoir une vision plus globale. C’est là qu’est née la démarche French Tech. Ce label correspondait à nos objectifs, mais aussi aux autres acteurs comme les associations, les technopoles, et tombait vraiment au bon moment. Nous avions enfin une vision commune sur le numérique. La Métropole a confié la mise en œuvre de la feuille de route à Atlantic 2.0. A ce moment là, l’écosystème national est devenu mature, avec de plus en plus de levées de fonds, même au niveau régional. 60M€ ont été levés en 2016, ce qui était inimaginable avant. Le Web2day (lire plus bas) est devenu une vraie vitrine, un point de rassemblement, qui permet de valoriser les pépites.

Et aujourd’hui, où en est-on ?

Il y a beaucoup plus de porteurs de projets qu’il y a 8 ans. Le numérique suscite des vocations et est aujourd’hui un atout stratégique qui créé de l’emploi et qui représente une économie importante. Le numérique est par essence transversal. Il doit irriguer tous les secteurs. C’est la transition numérique des entreprises. Le vrai sujet aujourd’hui c’est le déploiement à l’international. A Nantes on a fait ce qu’il faut pour faciliter ce développement. C’est le fameux jeu à la nantaise. Il y a eu une prise de conscience des acteurs de Nantes que leur territoire a énormément de force mais ne fonctionne que si tout le monde travaille ensemble et se serre les coudes. (Photo : Régis Routier).

Lise Thébault. Elle prend soin des adhérents, en lien direct avec les communautés de Nantes.

« La Cantine compte 280 adhérents. Majoritairement des TPE, des start up, mais aussi des freelances, des agences, et quelques PME qui pour certaines sont des start up qui se sont développées. C’est un cercle vertueux. Les entrepreneurs qui ont intégré le réseau il y a quelques années proposent aujourd’hui un retour sur leur expérience. Notre rôle est aussi de faciliter le matching entre deux individus ou entre entreprises pour faire émerger des collaborations, voir des opportunités de business. Nous mettons en relation, nous identifions le besoin, c’est notre cœur de métier. Mais en retour, il faut aussi que l’entreprise participe à la vie de l’association, c’est du donnant donnant. La plupart du temps les échanges se font de manière informelle, autour d’un café, quand les gens passent, lors d’un événement. Le contact humain est important, nous essayons de faciliter la rencontre au maximum et sommes ouverts à tous, aux dirigeants comme aux salariés et à tous les corps de métier issus du web et du numérique. » (Photo : Régis Routier)

Volodia Lepron. Il guide les Start up et entreprises qui veulent rejoindre la cantine.

« Il faut que les start up viennent nous voir le plus tôt possible afin d’éviter les écueils. Nous avons un vrai rôle d’éducation à entrepreneuriat. Nous avons également un travail d’information et de mise en relation avec notre réseau de partenaires. Nous pouvons nous appuyer sur l’expertise et l’expérience des autres. La notion de collaboration est essentielle. Nous nous efforçons également de mettre en avant les différents dispositifs de financement et d’accompagnement (networking, rendez-vous événementiels, ou de simples échanges par mail). Nous essayons également d’apporter à quelques start up une offre plus spécifique, avec des problématiques plus pointues, plus techniques. » (Photo : Régis Routier).

David Lalès, co-fondateur de SportinTown

David Lalès a créé avec Jérémy Amar SportinTown, un site qui référence tous les événements sportifs. « C’est un peu le même principe qu’Airbnb, sauf qu’à la place des logements, ce sont des événements sportifs », explique David. Une seule contrainte il faut que ces événements soient ouverts à tous. « Jérémy et moi aimons faire du sport, mais en arrivant sur Nantes, nous n’avions pas envie de nous inscrire dans un club. C’est comme ça qu’est née l’idée de SportinTown », raconte David. Originaires de Cherbourg et de Paris, les deux jeunes entrepreneurs on trouvé à Nantes et à la Cantine numérique la « clé de voûte et le point de croisement » de tous les acteurs du numérique. « Rejoindre la Cantine nous a donné un second souffle, se souvient David. Il y a une vraie émulation et une proximité. Un jour j’ai eu besoin d’un graphiste, un type était assis à côté de moi, j’ai regardé par-dessus son épaule comment il bossait, j’ai un peu discuté avec lui et il a travaillé avec nous pendant un an. Quand je retourne sur Paris et que je dis que je travaille à Nantes, on me regarde avec envie. l’écosystème numérique nantais est vraiment reconnu. » (Photo : Régis Routier).

Mael Hillerau, fondateur d' Alnitaka

Mael a franchi le cap il y a 5 ans. « J’avais envie d’être à mon compte », raconte-t-il. C’est comme ça qu’est née, il y a 5 ans, Alnitaka, une société de conseil en développement web. Après un passage à Paris, Mael est revenu sur Nantes. « J’avais entendu parlé de la Cantine, mais je ne savais pas vraiment ce qu’on pouvait y trouver ». Mael y est désormais installé, et cela fait 4 ans que ça dure. « En plus d’un lieu de travail, j’ai trouvé un vrai lieu d’échange, une dynamique, avec accès à la fois à un réseau très riche, avec des échanges et des retours sur expérience mais également à de l’innovation et à des événements ». Et ce qui au départ ne devait être qu’un « simple lieu de travail », s’est transformé en véritable support professionnel. « Des événements comme le Web2day sont très fédérateurs, il y a un vrai dynamisme du numérique à Nantes, quelque chose de très porteur et de très positif ». (Photo : Régis Routier).

Focus : Le Web2day

La 9e édition du Web2day aura lieu les 7, 8 et 9 juin 2017 à Nantes. Au programme de ces trois jours de digital springbreak, la recette qui a fait le succès de l’événement : Plus de 200 speakers nationaux et internationaux, un concours de start up, un village de 3500 m2, des animations et des soirées festives. Sous les nefs des Machines de l’île, le village du Web2day est au cœur du festival. La journée, il rassemble les exposants, les star tup, les démos, les robots et autres animations. « Nous envisageons l’événement plus comme un festival que comme un salon professionnel. Cette année, pour la 9e édition, nous attendons 4000 personnes contre 3400 l’an dernier, ce qui correspond bien à notre ambition qui est de grandir à l’échelle internationale », rapporte Emmanuelle Cotta .Grande nouveauté en 2017, une scène extérieure avec un écran géant sera installée sous les nefs afin de profiter au grand air de conférences, des pitchs de startups et de la remise des prix du Global Challenge. Plusieurs foodtrucks, des espaces de détente et de coworking seront également à votre disposition.Le soir, le village passe en mode Web2night avec cette année des afterworks jusqu’à 23h.« Le Web2Day est devenu une vraie vitrine, un point de rassemblement qui permet de valoriser les pépites », ajoute Adrien Poggetti.

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Ville de Nantes .
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