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niane naïane Arts visuels (Arts Pastiques • Photographie Plasticienne • Photographie • Graphisme)

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UNDEADGROUND : Une nuit avec Sabi blacknote

Niane Naïane est un artiste de la limite : celle du rêve, du mythe, de la mémoire, de l’obscurité. Sa recherche l’entraine dans les profondeurs de l’âme, particulièrement des figures féminines qui portent en elles des dualités ou des multiplicités, alliant la perte et la résilience, la crainte et la lumière, la sensibilité et la force. Avec Sabi, il rencontre un modèle de choix et une guide dans l’univers des vampires et autres créatures nocturnes de la capitale.

La série UNDEADGROUND présente les premières impressions d’une nuit païenne par une série de portraits retravaillés qui frôlent le cauchemar et explorent la beauté de la nuit, de la mort et du sacré. Sorcières, prêtresses, déesses, morts-vivants se dévoilent dans ces œuvres qui semblent essentiellement capter l’intensité des sujets et la complexité qui les anime, dans ce qu’elle a de sublime. Le regard de l’artiste entre en résonance avec cette nuit intérieure et les œuvres apparaissent comme des empreintes de son passage.

Depuis sa première exposition à Paris autour de la figure de Bethsabée, Niane Naïane a exposé à Barcelone, Bruxelles et Montréal, explorant le mythe nordique de Sedna, la culture autochtone, les racines du nomadisme, mais aussi Barbe-Bleue et autres contes de la mémoire collective. "UNDEADGROUND : une nuit avec Sabi Black Note ", inaugure sa démarche avec Sabi et le monde souterrain parisien.

Marie-Paule Grimaldi

A Propos de Ma Démarche Artistique

UNDEADGROUND,une nuit avec Sabi Blacknote : ma nouvelle série de tableaux ouvertement et volontairement «dark», interroge nos références tant classiques que fantastiques en se penchant sur la complexité de la nuit, lumineuse, protectrice, croissante et obscure jusqu'au cauchemar, terrifiante jusqu’à la brutalité immémoriale de l’humain.

Print UNDEADGROUND Herxheim© Niane naïane 2018

Une nuit définitivement riche de ses figures et mythes, autant de liens évidents au féminin sacré, aux déesses-mères, dont la complexité et le potentiel de sagesse a su, par des traces et dans les cœurs et l’imaginaire, résister à l’effacement.

Rester vivantes, même à travers leur mort, est l'ultime acte de résilience.

UNDEADGROUND Pérsephone © niane naïane 2018

Résilience du féminin et renaissance... Cette réflexion débute pour moi dans les années 2000. L'exposition Bethsabe memories (Salon Automne -Maison des artistes, Paris, 2009) m’amena à me pencher sur l’extraordinaire résilience d’une figure biblique, Bethsabée, mais aussi à questionner le sort réservé à la narration qui lui est faite. Ce travail partait d’une des questions qui grandit en moi depuis l’enfance : pourquoi, comment et depuis quand se perpétuent la violence et l’inégalité structurelle et culturelle (y compris esthétique) faite aux femmes.

Bethsabe-Memories © Niane Naïane 2009
Bethsabe-Memories © Niane Naïane 2009

Cette recherche m’accompagna jusqu’au Canada. J’y rencontrais un nouveau volet de ma francophonie et de ma vie personnelle, vocationnelle et professionnelle. Rencontres profondes, sincères et durables, notamment avec une langue et ses poètes.

Poésie à l'envol©Niane Naïane

Aussi, une nouvelle culture pourtant ancienne se présenta à moi: celle des Premières Nations. Là aussi, la rencontre eu et continue d’avoir lieu. Une étrangeté et une proximité dont je ne saisissais pas au début l’envergure étaient en train de faire naitre des amitiés, une affinité et un amour culturel toujours présent à ce jour.

La porte du voyage © Niane Naïane 2016 ( Photo Iphone)

La sagesse, la poésie, mais aussi le sort réservé à ses nations souvent matriarcales s’imposaient à moi, me parlaient, me relisaient tout en me reliant. Découverte, redécouverte touchante et complexe, mais aussi stupeur. Stupeur face à un constat: la continuité d’un effacement, d’une négation culturelle, narrative, humaine jusqu'à un passé proche. Je parle ici de l’épisode tragique des pensionnats dans lesquels les enfants autochtones étaient placés afin d'être réformés et assimilés à la culture coloniale, ainsi qu’une indifférence, maintenant dénoncée, face aux violences et aux disparitions des femmes autochtones.

De ces amitiés naquit ODAYA MUSHUM (Montréal 2012, merci aux membres du groupe ODAYA ) puis la série Sedna (Galerie Luz, Montréal 2013) qui prit l’artiste autochtone multidisciplinaire Émilie Monnet pour inspiratrice et modèle.

Sedna, figure et divinité nordique dont les récits et destins varient, se retrouve tout le long des nations du cercle polaire. Mais partout où on la retrouve, il s’agit de son sacrifice, de sa traversée de la nuit, jusqu’à sa renaissance victorieuse et essentielle.

Photo Vernissage exposition Sedna , galerie Luz, BELGO Montréal. Sur la photo mon ami Poète et chroniqueur Bertrand Laverdure. L'une de mes premières rencontres, qui m'a amené à la découverte d'une langue et d'un peuple. Je remercie Émilie Monet pour ce shooting éprouvant (en eau froide) et ses conseils ainsi que la Galerie Luz.

Pour plus d'information sur ma démarche , je vous invite à lire l'article qui suit. Bien que datant de 2010 et traitant de Bethsabe, il reste une photographie qui fait sens. C’est dans cette continuité que se situe ma nouvelle exposition UNDEADGROUND, une nuit avec Sabi BlackNote.

Les mots de Sabi : Témoignage d'une vampire "modèle"

Ma rencontre avec Niane Naïane remonte à 2015 lors d'un défilé aux caves Saint Sabin où il m'avait approché pour me parler de son travail de photographe et d'un projet qu'il avait en tête depuis un certain temps sur la thématique Vampire. Après avoir vu son travail et la singularité de sa technique, j'ai tout de suite adhéré et ce fut le début d'une belle collaboration, unique en son genre...

Les œuvres de Niane sont à la croisée des chemins entre la photo et la peinture. Au-delà de l'image et de la représentation du modèle dans un univers particulier, Naïane va rechercher l'essence de la personne pour essayer de la retranscrire sur l'image.

L'image sera déformée, bousculée, étirée, éclatée, retravaillée, afin de faire ressortir, une émotion, de déclencher un sentiment chez le spectateur que ce soit l'angoisse, la peur, la tendresse.

Ce n'est donc pas la modèle qui est mise en avant, étant quasiment méconnaissable, mais ce qu'elle dégage, ce qu'elle arrive à faire ressentir au photographe, qui, par sa technique, saura le retranscrire sur l'image finale.

Pour arriver à un tel résultat, il fallait bien que les conditions du shooting soient elles aussi singulières.

Extrait de "Nephtys Sabertooth" © Niane naïane 2018 - tous droits réservés.

Le shooting allait se passer en immersion totale, sur 12 heures consécutives. Nous avions décidé de le faire de nuit, dans mon appartement, endroit familier qui fut transformé pour l'occasion, le tout après que je sois sortie d'une semaine de travail intense… Il avait ses raisons.

C'est ainsi que nous allions passer « une nuit ensemble ». La volonté de l'artiste était d'emmener sa modèle jusqu’à un état de fatigue aussi bien physique que mentale.

Après plusieurs heures de travail, les poses ne sont plus calculées, ni pensées… on ne pose même plus d'ailleurs. Les gestes se font plus lents, plus lourds et les traits sont plus tirés. C'est là que Niane pouvait puiser sa matière pour, après une longue attente de 2 ans arriver à ce résultat final.

En découvrant les premiers résultats, j'ai compris que Naïane, avait réussi à exprimer ce que j’avais en moi et que j’avais toujours voulu dire, sans encore jamais y parvenir.

Sabi Black Note

SABI BLACK NOTE gère l'association Black Note Asso dont le but est de promouvoir les événement culturels en rapport avec la culture "Dark" .

Le monde des vampires, le costume et l'underground Parisien

Il est des rencontres... certaines en pays lointains, mais parfois le voyage est a notre porte. Dans ce cas c'est dans ma ville, sous le sol, que cela est advenu. Le costume chez certains révèle la profondeur, épaissit et creuse le mystère, exprime ce qui à la lumière du grand jour est vite réprimé ou raillé. Qu'elles soient celle d'un peuple qui rencontre une géographie, son Histoire ou celle d'un groupe ou d'un individu, les narrativités que nous produisons peuvent toute faire sens. Il n'y a pas d’échelle face a un horizon de sens, il y a des humains capables ou non d'embrasser l'horizon. L'underground Parisien des vampires, pirates ou voyageurs spatiaux est multiple. C'est pour certain, un espace possible de liberté. Rêver un monde ancien ou futur n'est jamais dangereux me semble t'il, s'il n'est pas nostalgique.

niane naïane2015© Niane's Time Travel Report : Valkyrie

L'importance du modèle dans ma démarche

Il est rare que je sache ne serait-ce que le titre d'une série que je prépare. J'ai une approche vivante plutôt que systématique ou contrôlée. Le point de départ est souvent la rencontre avec le modèle. Le shooting qui suit sera alors plus tard retravaillé. La seule consigne fixe est " bouge lentement " car j'ai besoin de m’immerger dans l'espace pour y naviguer... le temps a sa vitesse, je l’écoute, il me transporte, je ne le contrains pas, nul ne le peut. J’aime découvrir une fois le travail effectué ce qu'il reste, ce que c'est. Cela me permet de ne pas planifier "un concept trop propre et convaincant". Le départ est chaos, il s’ordonne de lui même en évoluant. Il n’est pas un point ordonné qu’on élargi pour le refermer, tel un entonnoir des possibles.

Coté technique et acte créatif

Il s'agit de photographie plasticienne. L’acte est photographique. Toutefois, je ne tente pas de figer la fraction d'un fragment d'une représentation d'un réel. Je la saisis pour la laisser s'échapper à nouveau, être, en mouvement. Mouvement chaotique transformateur : vivant. Une série d’étapes, process de déformations artisanales que j’ai mis au point , me permet de travailler dans l'espace en récupérant la dimension manuelle et sensible que les écrans ou les boitiers photographiques enlèvent au travail plastique. À cette étape, nul FX issu d'un algorithme ne vient de lui-même modifier l'image. Cette dernière dans son instabilité, éphémère, sera perturbée et déformée puis re-photographiée . Il ne reste qu'un fragment de mouvement, qui se faisant, garde et porte la trace de plusieurs univers et temporalités. Un fragment de fragment, un mouvement de mouvement, un chaos qui relève de la "dé-maîtrise". Finalement, un cliché final, décision de l’artiste et témoignage d’un moment révolu. Un univers visuellement et affectivement ambiguë, comme nos mémoires, notre nature peut-être.

Le(s) moment(s)

Autoportrait à la lumière 1996-1997 - republié 2015© Niane Naïane

J'aime à travailler et retravailler la nuit lorsqu'il s'agit de créations visuelles. J’aime suivre l’inspiration et sa fièvre sans repos. Il arrive un moment ou, à la limite de l’épuisement physique, s'ouvre un second espace de vision. L’esprit trop émoussé par un corps épuisé ne sait plus alors très précisément ce qui relève du réel habituellement expérimenté ou d'une fiction qui s’incarne avec véracité. À la manière d'un cerveau d’enfant dont les connexions permettent encore d'impossibles possibles. Un croire qui fait exister, c'est a mon sens cela créer.

Niane Naïane

• Artiste professionnel • la Maison Des Artistes - Paris •

Created By
Niane Naïane
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All content All right reserved©Niane Naïane / Tout le contenu du site est : tous droits résérvé © niane Naïane

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