Présidentielle "Moi électrice, Virginie Blons, médecin"

Depuis plus de dix ans, à Rennes, le Dr Virginie Blons sillonne la capitale bretonne dans sa voiture de SOS Médecins. Elle soigne les gens chez eux. Au fil du temps, elle est devenue une observatrice de la société et de ses problèmes de santé. Elle craint l'arrivée en France d'une médecine à deux vitesses.

Aujourd'hui, Virginie Blons, 42 ans, est la patronne de SOS Médecins en Ille-et-Vilaine et dirige une équipe de quatorze toubibs. Une baroudeuse de la santé qui, pour rien au monde, ne changerait de métier. Une vocation précoce sans doute due à l'influence de son père, médecin généraliste à Brest. « Il avait son cabinet à la maison. » Elle grandit dans cet univers et restera fixée à son rêve. « En fait, initialement, je voulais devenir infirmière. Mais j'ai raté le concours et réussi celui de médecine. » Un comble. D'habitude, c'est plutôt l'inverse ! Elle sera donc médecin.

Finalement, elle fera le choix d'entrer à SOS Médecins en 2006. « Ça correspondait vraiment à ce que je voulais faire. De la médecine très polyvalente et, surtout, qui permet d'être toujours sur le terrain. » Pour s'armer, Virginie Blons va se former à la médecine d'urgence. Prête aussi bien à faire tomber la température d'un petit bébé qu'à ranimer un homme terrassé par une crise cardiaque !

Elle doit aussi s'adapter au rythme. « On travaille la nuit et les week-ends, et on doit se relayer pour être disponible 24 heures sur 24. Les semaines de 50 heures sont habituelles. » Là où certains verraient un fardeau, le Dr Blons estime « que c'est une vraie chance ». D'ailleurs, elle affectionne particulièrement le travail de nuit. Pour l'ambiance « très différente de celle de la journée », mais aussi pour des raisons pratiques : « Ça me laisse aussi plus de temps pour mes trois enfants. » Médecin mais aussi maman !

Mais a-t-elle déjà eu peur d'aller dans des zones dites sensibles au coeur de la nuit ? « Non. Nous n'avons jamais eu de problème. On vient aider des gens qui attendent aussi beaucoup de nous. On ne représente pas une autorité. »

L'année dernière, entre deux rendez-vous, elle a manifesté avec ses collègues contre la généralisation du tiers payant. Elle aimerait aussi que la santé s'invite un peu plus dans la campagne électorale. « Par exemple sur la question de la continuité des soins. Ça va devenir un enjeu de plus en plus important avec le vieillissement de la population. » Virginie Blons en a aussi un peu marre d'entendre les récriminations sur la médecine libérale. « On assure une vraie mission de service public et nous avons notre rôle à jouer. » Cet hiver, les urgences des CHU, débordées, avaient d'ailleurs conseillé de ne pas hésiter à faire appel à SOS Médecins. Et comme beaucoup de ses confrères et consoeurs, elle redoute « que l'on arrive en France à une médecine à deux vitesses ».

Credits:

Texte: Samuel Nohra                         Photos: Thomas Brégardis

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