La raspoutitsa en rêvant d’un synthétique… WEBREPORTAGE D'UN MERCREDI a l'ecole de foot du FC Guichen

« La raspoutitsa (en russe : распу́тица, mot à mot « saison des mauvaises routes ») désigne en Russie, Ukraine et Biélorussie la période de l'année durant laquelle, du fait de la fonte des neiges (au printemps) ou des pluies d'automne, une grande partie des terrains plats se transforment sous l'action de l'eau en mer de boue. »

Aujourd’hui, on avait vraiment envie de rire tant la scène était grotesque, et pourtant…

Environ 200 jeunes joueurs ont enchainé les entraînements du mercredi après-midi tels des jeunes marcassins s’agitant frénétiquement dans une mer de glaise. Le terrain en stabilisé, seul terrain capable d’accueillir les entraînements de foot du FC Guichen pendant l’hiver, était une nouvelle fois dans un état dramatique empêchant un jeu de ballon un tant soit peu décent et réduisant le plaisir d’un loisir sain à bien peu de choses.

La scène fait rire. Mais de loin bien sûr, car les enfants sont les premiers à se plaindre de l’inconfort physique et du déplaisir de pratiquer un sport de ballon les pieds dans l’eau, la glaise et le froid. De loin également, car pendant que nos jeunes piétinent sans plaisir, les joueurs des clubs voisins, et de même dimension que le FC Guichen, jouissent d’un terrain synthétique pour leurs entraînements et leurs matchs hebdomadaires.

Les enfants avaient déjà subi la dureté des 3 terrains en herbes non arrosés faute d’infrastructures pendant la sécheresse estivale et automnale. Une longue période, certes très agréable pour son climat, mais très éprouvante pour les jeunes organismes progressivement traumatisés par la répétition des entrainements et des matchs sur des terrains aussi durs. Preuve en est, le nombre de blessés aux adducteurs, aux talons et aux tendons que nous avons compté dans nos équipes cette année. Puis la période hivernale s’est directement installée, leur imposant le terrain stabilisé après les dalles herbeuses.

En ce début d’année 2017, il est de coutume de formuler ses vœux. Avant que nos joueurs délaissent définitivement la pratique d’une activité sportive au profit des manettes et des consoles vidéos, gageons que dans un avenir proche, nous aurons la chance et le plaisir de voir s’épanouir les jeunes de la commune sur des terrains de bonne facture, et pourquoi pas sur un terrain en herbe synthétique. De la science-fiction à la réalité, il n’y a qu’un chemin : la volonté.

Les parents de joueurs et les bénévoles du FC Guichen, mercredi 18 janvier 2017.

De la raspoutitsa...
... au gazon synthétique ?

Pour alimenter les réflexions sur la nécessité d’un terrain synthétique à Guichen, n’hésitez pas relire un extrait du rapport d’étude publié par le FC Lorient au moment où il avait décidé de transformer la pelouse du stade du Moustoir en synthétique.

Le cabinet Bio Intelligence Service a réalisé une étude Analyse de Cycle de Vie (ACV) comparative entre le gazon naturel et le synthétique.

Comme dans toute ACV, il a fallu définir une unité fonctionnelle (UF) commune aux deux types de supports afin de pouvoir les comparer sur un même pied d’égalité.

L’UF retenue est « permettre la pratique du football 30 heures par semaine, 9 mois par an, pendant 40 ans ». Selon cette UF, il faut donc 5 terrains en gazon naturel contre 2,7 terrains en gazon synthétique pour y répondre.

Indicateur 1 - Consommation d’eau : ramenée en litres pour 1h30 de jeu

  • Gazon naturel : 25.000l
  • Gazon synthétique : 300l
  • La consommation d’eau est 83 fois plus importante pour les terrains en gazon naturel

Indicateur 2 - Production de déchets : ramenée en kg pour 1h30 de jeu

  • Gazon naturel : 122 kg
  • Gazon synthétique : 108 kg
  • Si le naturel génère principalement des déchets organiques verts (tonte), le synthétique génère des déchets plastiques (granulats EPDM) issus des brossages.

Indicateur 3 - Potentiel de réchauffement climatique : ramené en kg de CO2 pour 1h30 de jeu

  • Gazon naturel : 276 kg Eq CO2 (soit, selon l’outil Bilan Carbone de l’ADEME, 1840km en voiture de moyenne cylindrée)
  • Gazon synthétique : 17 kg Eq CO2 (soit 115km en voiture)
  • Les émissions de gaz à effet de serre (eq CO2) sont 16 fois plus importante pour un gazon naturel
  • L’utilisation de matières recyclées (Thermoplastique et Élastomère) et la recyclabilité du gazon en fin de vie allègent considérablement l’impact environnemental de la solution synthétique.

Indicateur 4 - Eutrophisation (pollution nitrates et phosphates) des eaux : ramenée en kg de nitrates pour 1h30 de jeu

  • Les impacts du gazon naturel sont environ 85 fois plus élevés que les impacts dus au gazon synthétique. Cette différence significative provient des engrais utilisés pour l’entretien du gazon naturel.

Indicateur 5 - Écotoxicité sédimentaire (intoxication du sol et de l’eau) : ramenée en kg de métaux lourds pour 1h30 de jeu

  • L’écotoxicité sédimentaire est 60 fois plus importante pour le gazon naturel que pour le gazon synthétique.

Conclusion

Au final le gazon synthétique s’avère être un équipement durable et économique. Si le coût d’achat d’un terrain en gazon synthétique est plus important qu’un terrain en gazon naturel, son utilisation peut être plus intense (la durée d’utilisation est différente de la durée de vie) et le coût lié à son entretien est très inférieur. La solution synthétique est aussi très largement moins impactante sur l’environnement que le gazon naturel.

Source : http://www.fclorient.net/Pelouse-synthetique-mais-encore,8755.html

Created By
Patrick Marques
Appreciate

Made with Adobe Slate

Make your words and images move.

Get Slate

Report Abuse

If you feel that this video content violates the Adobe Terms of Use, you may report this content by filling out this quick form.

To report a Copyright Violation, please follow Section 17 in the Terms of Use.