L'hôpital de Niort Une vie dans la ville

Episode 11 : Le centre d'accueil pour apaiser les crises

18 mai 2017

Au CAC, infirmiers et psychiatres apportent écoute et bienveillance aux patients pour répondre aux situations de crise, souvent suicidaires.

Au-dessus de la porte d'entrée, le nom du service s'inscrit comme un message, une incitation à entrer : centre d'accueil et de crise (CAC). Un premier élément de réponse au moment de franchir le seuil. Après la crise qui a conduit le patient jusqu'ici, c'est un lieu d'accueil qui s'ouvre. Pour un temps de pause, d'écoute. Un apaisement.

A l'étage du bâtiment de l'hôpital psychiatrique, le CAC est né en mai 2011 de la volonté des responsables de secteurs : « Les services de psy ne répondaient pas aux demandes des urgentistes, à la prise en charge des états de crise et de suicides. Les patients étaient rebutés par l'étiquette de la psychiatrie », indique le docteur Philippe Robert.

L'enjeu était double : permettre une hospitalisation rapide et spécialisée tout en évitant la confrontation avec des malades atteints de lourdes pathologies. Avec l'idée que les refus de prise en charge d'alors se transforment en acceptation.

" Cette verbalisation peut leur permettre de porter un regard critique sur leur geste suicidaire, de chasser ces idées "

C'est au sein même du service des urgences qu'infirmiers et psychiatres du CAC interviennent sur demande du médecin. « Lors de l'entretien, l'équipe d'appui donne un avis spécialisé, établit surtout une relation de confiance avec le patient », précise Patrice Talbot le cadre de santé. Apaisé par la bienveillance proposée, le malade arrive à mieux verbaliser sa souffrance. Et ses interlocuteurs évaluent rapidement la pathologie, mesurent les risques suicidaires, identifient ou non la nécessité d'une hospitalisation. « Parfois, après une réponse négative, des patients redemandent à nous voir une semaine plus tard. »

Car il n'est pas simple d'accepter l'idée d'une hospitalisation en psychiatrie. Quelles que soient les sources de son mal être : « Nous distinguons les pathologies chroniques des événements de vie qui conduisent aux lourdes dépressions : les ruptures conjugales, les pertes d'emplois, le harcèlement et le burn out. A cela s'ajoute parfois la consommation d'alcool, l'addiction qui favorise le passage à l'acte suicidaire. Auquel cas, nous proposons une consultation auprès de l'équipe de liaison en addictologie et un suivi au Csapa (*).»

De tous milieux et de tous âges, des hommes et des femmes partagent la scène du CAC, quelques jours, une semaine. En service libre après le passage obligé aux urgences. Trois quarts d'entre eux ressortiront pour rejoindre leur domicile, le suivi étant assuré au centre médico-psychologique ou par un psychiatre privé. D'autres seront orientés vers un secteur hospitalier ou des cliniques spécialisées. Tous repartiront sans doute avec un regard différent, c'est le dessein de l'équipe du CAC : « Ici, grâce à l'écoute bienveillante, les patients peuvent s'exprimer librement, poser leur problème, être entendus, se sentir en confiance. Cette verbalisation peut leur permettre de porter un regard critique sur leur geste suicidaire, de chasser ces idées. De se projeter dans l'avenir. » De vivre.

Episode 10 : " A domicile, le patient reste au cœur du soin "

5 mai 2017

Le service d’hospitalisation à domicile (HAD), prépare, accompagne et coordonne les soins à domicile des malades qui ont fait ce choix.

Dans la salle du premier étage de la petite maison, derrière le bâtiment administratif de l'hôpital, c'est souvent l'effervescence. Nous sommes dans le QG du service d'hospitalisation à domicile, la HAD pour les initiés. Ici, les téléphones sont les instruments de travail de prédilection des quatre infirmières coordinatrices. La souris de l'ordinateur dans une main, les plannings des intervenants sous les yeux.

Dans le QG, de la HAD, le téléphone est l'outil indispensable.

Au bout du fil, des patients, des infirmiers libéraux ou des généralistes. Il s'agit de coordonner les soins, après les avoir organisés, une fois la demande du patient et du médecin traitant validée. Il convient au jour le jour, de veiller à distance la santé du patient, à sa sécurité.

On ne peut proposer une présence 24 heures sur 24 mais une prise en charge totalement individualisée, recentrée autour du patient.

C'est sur place, au domicile, que l'équipe s'est dans un premier temps, assurée de la possibilité de ce retour à domicile : « Deux tiers des malades concernés sortent d'une hospitalisation. Le service en lien avec des prestataires fournit et installe le gros matériel médicalisé et pharmaceutique. Tout ce dont on a besoin à l'hôpital, on peut l'installer à la maison. »

Créé en 2006, ce service c'est un peu le bébé de Nadine Maynard, la cadre de santé :

« Il répondait autant à la demande des malades qu'à la volonté de l'hôpital de Niort de s'ouvrir sur l'extérieur. » Autour d'elle, Hélène Casamayou, médecin coordonnateur, Christelle, Pascale, Sarah et Lorie, les infirmières et les sept aides-soignantes qui interviennent directement dans les domiciles niortais, partagent la même conviction. « Ce n'est pas l'hôpital à la maison, ni des soins d'hygiène pour personne âgée ou handicapée. On ne peut proposer une présence 24 heures sur 24 mais une prise en charge totalement individualisée, recentrée autour du patient, autour du soin. »

Parfois, il est nécessaire de s'adapter aux situations reculées ou inhabituelles : « Il nous est arrivé de mettre en place une HAD dans une caravane. » Chaque fois, il convient de s'appuyer sur l'accord du médecin traitant et de l'aidant, qu'il soit familial ou amical : « L'implication des aidants est primordiale. Ils nous appellent souvent, ont besoin de soutien moral. Si l'aidant s'épuise, le maintien à domicile ne peut plus continuer. »

« Je suis rentré chez moi. J'ai revu mon jardin. »

Car si la logistique représente une bonne part du travail, c'est le relationnel qui prime dans les propos de l'équipe : « Le patient est vraiment au cœur de la prise en charge. Le lien avec lui est préservé. Nous sommes à l'écoute de ses besoins. Nous ne nous retrouvions plus forcément dans les prises en charges hospitalières, c'est pour cela que nous sommes investies dans ce service. »

Maîtrisant parfaitement la technique médicale, l'équipe doit imaginer le soin à distance, anticiper : « C'est parfois plus complexe que de faire un pansement. » Elle gère aussi des situations compliquées, la prise en charge de la douleur, doit faire face au décès de malades qu'elles ont accompagnées. Mais les témoignages des familles, de l'entourage sont plus qu'un encouragement. Et certains mots des malades en fin de vie, une belle récompense : « Ce n'est pas grave. Je suis rentré chez moi. J'ai revu mon jardin. »

Episode 9 : Ils donnent une bouffée d'oxygène au monde médical

13 avril 2017

Le service des espaces verts de l’hôpital sème, plante, taille, entretient arbres et massifs pour apporter un peu de couleurs à l’univers de l’hôpital.

Donner de l'oxygène aux patients, aux personnels, aux visiteurs. Les jardiniers du service des espaces verts de l'hôpital cultivent plus que tout cette volonté. Ces massifs, ces ornements, ces arbres taillés et entretenus tout au long de l'année, c'est une bouffée de verdure pour tous ceux qui fréquentent le centre hospitalier.

Élagage, semis et repiquage, tel est le quotidien des opérations que les six employés exécutent au fil des saisons. Avec le sécateur ou le taille-haie pour instruments d'intervention. La balayeuse ou le tractopelle pour les cas les plus importants. Si le champ d'intervention de Pascal et de son équipe est vaste, leur « bloc opératoire » se situe du côté des serres, à l'arrière des services psychiatriques. C'est à la fois la maternité et le centre de soins des plantes de l'hôpital.

Une pièce pour la production, une salle de rempotage, une serre froide, c'est ici que les yuccas ou ficus, et « des plantes vertes qui tiennent bien de coup », constituent les compositions qui vont trouver leur place dans les salles d'attente des différents services. De quoi agrémenter aussi les pièces de conférence ou de réception, les lieux d'accueil, assortis de quelques conseils aux personnels pour l'arrosage.

C'est une petite parcelle dans le travail des jardiniers de l'hôpital car l'essentiel, c'est dehors que cela se passe. Les 350 arbres à tailler et élaguer, les quatre kilomètres de haies à entretenir, nécessitent une présence quasi-continue sur le terrain : « Nous passons même à tour de rôles le week-end, pour vérifier que les plantes ne manquent de rien. »

Sortir de l'univers un peu triste des chambres

Rien ne vaut le regard du jardinier. Telle est la devise de Pascal, Bruno, Dominique, Philippe, Christian, Simon et Isabelle. Ici l'arrosage, c'est du fait main, car toutes les plantes n'ont pas le même besoin en eau : « Nous veillons aussi à choisir des espèces qui sont compatibles avec le paillage. » Plus question de produits chimiques, évidemment. Le binage, c'est plus naturel.

Rien ne remplace leur coup de patte à chaque demi-saison, pour imaginer les massifs qui ornent la petite ville de l'hôpital. Le nouveau jardin du cloître, ce sont eux qui l'ont dessiné. Leur « fort Boyard », ce vaste vaisseau qui fleurit l'entrée de l'hôpital, ils l'ornent chaque année des plus belles pensées, des plus odorantes giroflées.

Sous les châssis en ce début de printemps, les 12.000 plants de sauges, impatiens, bégonias et œillets attendent leur heure. Attirant parfois quelques résidents venus s'accorder une respiration au milieu des fleurs. « La meilleure récompense pour notre travail, ce sont les retours des patients ou des personnels qui nous disent que l'hôpital est bien fleuri, que le site est agréable. Cela leur permet de sortir du quotidien un peu triste des chambres. »

Episode 8 : Elles dessinent des rayons d'espoir pour les malades

30 mars 2017

Marie-Christine et Christine exercent les métiers de dosimétriste et radiophysicienne en radiothérapie. Leur dessein : la guérison et la sécurité des malades.

Sur le grand écran de l'ordinateur, les clichés réalisés au scanner apparaissent plein champ. Le moindre détail est alors analysé par le médecin. Il s'agit de repérer la zone malade, de l'identifier, de la délimiter sur l'image. La plupart du temps, ce sont des tumeurs cancéreuses.

A l'aide d'un crayon numérique, Cynthia Martin, interne, dessine les contours, esquisse cette cartographie. C'est la première étape d'un processus pluridisciplinaire à l'ordre très établi. Sa finalité ? Aider à déterminer la thérapeutique qui sera mise en place, le traitement qui sera réalisé par l'opérateur dans l'une des trois machines à particules, isolées du monde dans leur bunker de béton.

Nous sommes dans le service de radiothérapie de l'hôpital de Niort. Dans cette salle d'analyse, des radiophysiciens et une dosimétriste apportent leur regard très technique sur la façon d'opérer. Afin de soigner le patient avec le maximum de chances de le guérir et un minimum de risques.

Irradier la tumeur en préservant les tissus sains

Marie-Christine Bonnet est dosimétriste. Elle propose en fonction de l'état des lieux, et en lien avec le médecin prescripteur, la « balistique » du traitement par radiothérapie : comprenez le nombre de faisceaux, leur énergie, leur puissance et leur géométrie. « Il s'agit de déterminer de quelle manière vont être dirigés les faisceaux d'irradiation vers la tumeur en préservant les tissus sains qui se trouvent autour. »

Son passé de manipulatrice et sa formation complémentaire dans ce nouveau métier sont les garanties d'un geste précis.

Qualité du traitement et sécurité du patient sont les maîtres mots, ici. Car les radiations que vont recevoir les malades allongés sous l'un des trois accélérateurs linéaires d'électrons doivent toucher leur cible en évitant d'altérer les tissus autour. Une mission délicate, au millimètre près.

Le rôle de Christine Godard, radiophysicienne consiste à valider les propositions de la dosimétriste. « C'est à moi de vérifier qu'elles sont réalisables. J'utilise des notions de physique médicale. C'est une profession très scientifique au sein du corps hospitalier. » Un vrai travail d'analyse et de décryptage.

Une nouvelle validation du médecin sera encore nécessaire avant que le patient fasse l'objet du traitement. Parfois, la sécurité du malade impose des compromis : « Nous préférons sous-doser afin de préserver les tissus autour des tumeurs. » Toutes ces opérations sont réalisées à l'aide d'outils et de logiciels spécifiques.

Plus que la technique, c'est aussi la passion qui prime au sein de l'équipe de vingt-cinq personnes. Toutes guidées par la volonté de soigner, mais aussi de protéger et d'accompagner le malade. Avec, pour cible, ces maudites tumeurs. Ces faisceaux que Marie-Christine et Christine dessinent, ce sont surtout des rayons d'espoir pour malades.

Episode 7 : DES EXPERTS QUI ONT L'OEIL POUR LE BON DIAGNOSTIC

16 mars 2017

Dans le service d’anatomie pathologique de l’hôpital, les tissus et les cellules des organes sont disséqués et étudiés afin d’établir un diagnostic précis.

Sur la table d'examen, l'estomac a le ventre ouvert. Pas en très bon état, des métastases un peu partout. Depuis trois jours, l'organe repose dans le formol, après l'intervention chirurgicale réalisée au centre hospitalier. Il s'agit d'établir un diagnostic précis des tumeurs. De transmettre, le compte rendu de l'examen à l'oncologue, afin qu'il détermine le traitement le mieux approprié. Une analyse en deux temps : d'abord macroscopique, visuelle et manuelle ; ensuite histologique c'est-à-dire au microscope, avec un regard d'expert. « Pour exercer notre métier de pathologiste, il faut d'abord avoir l'œil, précise Karine Boyé, responsable du service, se montrer méticuleux et méthodique. »

C'est au microscope que les lames contenant les cellules sont examinées.

Ce même jour, dans un petit flacon, un ganglion vient d'être transféré en direct du bloc opératoire. Prélevé sur le sein d'une patiente. Aussitôt, la technicienne de laboratoire, joue de ses instruments afin d'isoler quelques cellules toutes fraîches, de les congeler, les découper très finement, les colorer, de les fixer sur une fine lame. Pour une première analyse et un envoi rapide des résultats au praticien qui en tiendra compte pour la suite de l'opération. C'est ce qu'on appelle un examen extemporané. Là, il faut faire vite.

D'étranges machines, des colorants et le microscope

Nous sommes dans le laboratoire d'anatomie et de cythologie pathologiques de l'hôpital de Niort. L'Anapath, comme disent les pros. Un service précieux dont l'activité reste méconnue. Ici, l'équipe étudie les tissus et les cellules prélevés dans les blocs opératoires, effectue des dépistages à partir de frottis, afin de détecter une maladie débutante ou des facteurs de risques. Il s'agit aussi de rechercher les causes éventuelles de lésions, de juger de l'effet d'un traitement en cours.

Dans les salles d'examen de l'Anapath, les machines sont étranges. Les automates à colorant, à immunohistochimie (réaction antigène-anticorps) ou à inclusion (dans la paraffine) côtoient le microtome pour la coupe des prélèvements, la centrifugeuse ou la colleuse de lamelle. Outre le formol, pour empêcher la destruction des organes, la paraffine durcie pour la coupe en tranche de quelques microns, les colorants (hémalun, éosine et safran), permettent de réaliser les fines petites lames.

Elles vont être interprétées au calme, par les médecins pathologistes. Chacun dans son bureau, la tête au-dessus du microscope. C'est chaque fois « un vrai challenge ». De la technique médicale pure, qui peut devenir un relais pour la recherche. Il arrive que pour des cas difficiles, des labos spécialisés de Poitiers, Bordeaux ou Toulouse soient sollicités pour une recherche approfondie. Un temps nécessaire afin d'apporter la meilleure réponse. Car c'est un regard responsable que le pathologiste porte à travers les lentilles du microscope. Sans être directement au contact des malades, il joue un rôle primordial dans leur prise en charge.

Episode 6 : Une enseignante aux petits soins pour ses élèves

Dans sa classe au cœur du centre psychothérapique pour enfants, Aude donne des cours à des enfants souffrant d’autisme, de troubles cognitifs.

26 janvier 2017

Sur la porte d'entrée, le mot « classe » est simplement écrit sur le petit écriteau. En ouvrant sa salle du centre psychothérapique pour enfants de l'hôpital de Niort, c'est un univers chaleureux et rassurant que la professeure des écoles spécialisée invite à découvrir.

Pour la quatrième année, Aude Vanitel assure des cours pour des enfants de 3 à 11 ans, souffrant d'autisme notamment, de troubles cognitifs et du comportement. Au cours d'une semaine, elle accueille vingt-cinq élèves dans cet espace assez épuré. Pour des leçons à leur mesure. Entre une demi-heure de cours et une heure et demie.

Dès leur arrivée, les petits sont invités à retrouver l'étiquette portant leur prénom et à l'accrocher sur un tableau. A côté de dessins illustrant une humeur, un sentiment : « Certains enfants sont non verbaux ; les pictogrammes leur permettent de s'exprimer. Je m'adapte. Je pars de ce que l'enfant sait faire. Pour certains, il s'agit juste d'acquérir la posture de l'élève. »

" Je me donne du temps, l'essentiel est que l'enfant avance "

Le bien-être, la sérénité, ce sont les mots clés. Ici, pas question de notes, Aude parle volontiers de « cahiers du savoir ». Elle préfère pourtant dire « j'apprends » plutôt que « je sais ». Avec un principe, presqu'un idéal : « Je me donne du temps, l'essentiel est que l'enfant avance. »

Les outils, le mobilier autant que les méthodes sont adaptés. « Les projets pédagogiques sont individualisés. Je me donne des objectifs en lien avec le personnel soignant ou avec les enseignants lorsque l'enfant est scolarisé. J'essaie d'associer les parents pour qu'ils deviennent des partenaires, que nous avancions ensemble. »

Aude propose aux enfants de s'installer devant une table, d'y disposer des caissettes colorées, d'y puiser des lettres, de reproduire les mêmes gestes selon les méthodes Makaton ou de la langue des signes français.

Dans la pièce, à côté, une mini-médiathèque, les livres de sorcières et de « copains-cochons » permettent d'autres découvertes.Et l'ordinateur adapté favorise des échappées vers le monde numérique. Chaque exercice s'effectue en toute bienveillance : « En aidant les enfants à mettre des mots sur des émotions. »

L'enseignante veille à rythmer la séance, à canaliser l'enfant, à changer rapidement d'activités, à utiliser les mêmes matériels d'un rendez-vous à un autre. Elle fait face parfois à des situations troublantes : « J'ai un élève qui se cache les yeux en entrant. Certains peuvent se jeter par terre. » Aude anticipe beaucoup. Toujours aux petits soins pour ses élèves : « Il m'arrive de les prendre sur les genoux. » Un geste de plus pour rassurer l'enfant.Pour que le pictogramme choisi passe de « triste » ou « fâché » à « heureux ».

Episode 5 : Des rayons où les romans côtoient les revues pros

Au cœur de l’hôpital, le Centre d’information et de documentation est ouvert aux malades, personnels soignants et étudiants. Une vraie richesse.

12 janvier 2017

Dans le vaste espace vitré en plein cœur du centre hospitalier, les romans côtoient les bandes dessinées et la presse récente. Les dernières revues spécialisées sont alignées dans les rayons. Les livres et documents réservés aux professionnels de santé ou élèves infirmiers attendent de susciter l’intérêt d’un lecteur initié.

Nous sommes au milieu des rayons de la bibliothèque de l’hôpital de Niort. Plus précisément, du Centre d’information et de documentation.

La vocation de ce CID est multiple, pluridisciplinaire, depuis sa création voici une quinzaine d’années. Ici, guidé par Sylvie Massé la documentaliste responsable, Emmanuelle Novier, la bibliothécaire ou Danielle Mercier et Doris Beaujeault, les agents administratifs, malades, praticiens et étudiants, se côtoient, à la recherche d’un peu d’évasion littéraire pour égayer leur séjour. A la quête d’un article très technique apportant des réponses pour la prise en charge d’un cas concret.

“ La lecture un loisir qui permet de sortir de la maladie ”

Les patients peuvent accéder dès leur hospitalisation au fonds loisirs du CID. « Ils sont plutôt à la recherche de livres légers, dans tous les sens du terme. Tenir un livre peut être compliqué selon le mal dont ils souffrent. Ils ont envie d’histoires brèves et distrayantes. Nous ne devons pas oublier que la lecture est un divertissement, qu’elle leur permet de se sortir de la maladie. »

Des ouvrages écrits en gros caractères, des CD et DVD leur sont aussi proposés. Gratuitement bien sûr : « C’est l’un des volets de la loi de santé de Marisol Touraine, l’hôpital se doit de d’offrir l’accès à la culture par tous les moyens. Des personnes en difficultés séjournent ici, malades qui n’ont pas l’habitude de fréquenter les bibliothèques. »

Equipées de leur chariot, le mini-bibliobus de l’hosto, les bibliothécaires passent régulièrement dans certains services, de chirurgie, de cardiologie, d’alcoologie ou de longue durée pour présenter un panel d’ouvrages : « C’est une proportion sans obligation. Nous interrogeons tout d’abord le patient pour savoir s’il a envie de lire ou non. » Conscientes des difficultés liées à certaines pathologies, elles conseillent, orientent, évitent aussi l’accès des malades à des informations d’ordre médical « qui risqueraient d’être mal interprétées. » Elles respectent des choix parfois surprenants : « Un patient emprunte le même livre depuis quatre ans. Il est très attachant. »

En pédiatrie, avec leur blouse blanche décorée, pour ne pas ressembler à un personnel soignant, elles connaissent leur petit succès : « C’est le service où nous sommes les plus attendues. Il représente la moitié des livres empruntés. C’est très enrichissant de travailler auprès des enfants. Très émouvant. » Auprès d’eux, la formule cousue main sur leur tenue, prend toute sa signification : « A l’hôpital, je lis. »

Episode 4 : " Le principal pour nous c'est le sourire des enfants "

Les deux éducatrices de jeunes enfants, en plus des jeux et des jouets, apportent écoute et partage aux hospitalisés. De la bienveillance pour les parents.

22 décembre 2016

C'est un peu la caverne d'Ali Baba du service pédiatrie de l'hôpital de Niort. Une grande salle où plein de jouets, de jeux et de livres sont à la disposition des enfants. Dans cette cour de récré intérieure aux murs chaleureusement décorés, au mobilier adapté aux petites tailles, les deux Isabelle, la brune et la blonde, sont comme deux fées. A la fois des copines et des grandes sœurs pour les petits malades. Celles qui prennent le relais des mamans pour prononcer quelques mots rassurants en lançant les dés sur un plateau, ou en racontant une histoire de princesses.

Isabelle Tedesco et Isabelle Dugué exercent leur métier avec passion et enthousiasme. Elles sont éducatrices de jeunes enfants. « Nous sommes là pour accompagner l'enfant et sa famille, pendant ce temps de séparation, de rupture, de perte de repères qui peut être angoissant. Nous essayons de rassurer. Nous proposons sans imposer. »

" Les parents ont besoin de souffler un peu, d'être rassurés "

En lien constant avec le personnel soignant, les deux EJE, vont à la rencontre des petits hospitalisés dans leurs chambres. Des plus grands aussi qui séjournent dans le service chirurgie. Là encore avec l'intention de proposer un temps d'écoute et de partage : « Un peu de bienveillance, une présence physique et psychologique, sans jugement. » En toute connaissance du dossier médical et social de l'enfant, elles jouent un rôle éducatif : « Nous aidons l'enfant à respecter les règles de la vie en groupe. Nous nous efforçons de créer du lien social, de permettre aux enfants de se rencontrer, de jouer ensemble. »

Cette oreille attentive, les deux Isabelles l'accordent aussi aux papas mamans. Car l'hospitalisation de leur petit, même si elle est souvent courte « en moyenne quarante-huit heures » en pédiatrie, provoque des angoisses et des émotions, auquel le personnel soignant ne peut pas toujours répondre : « Nous faisons un peu office de médiatrices, parce que nous sommes plus neutres. Les parents peuvent venir jouer aussi. Ils ont besoin de souffler un peu, d'être rassurés. Nous essayons de leur donner confiance. »

Pleinement impliquées, convaincues de l'intérêt de leur présence, de l'importance de leur statut de professionnelle en milieu hospitalier, les deux Isabelles partagent volontiers leur passion : « Notre métier n'est pas forcément connu et reconnu. Nous nous sentons plus proches de la psychologie que de l'animation. Nous faisons surtout attention à ne pas mettre l'enfant en situation d'échec, nous l'aidons à réussir. Le fait que ce soit possible de jouer à l'hôpital est très rassurant. »

Un métier pas forcément connu et reconnu

Plus que leur légimité, c'est le plaisir d'exercer leur profession qu'elles défendent. Avec une réelle force et une douceur apaisante : « Le principal pour nous c'est sourire des enfants et ces instants magiques quand des parents jouent avec nous. En fait, si nous donnons un peu de plaisir, nous recevons beaucoup. Plein de leçons de vie. »

Episode 3 : Un service en veille continue pour la sécurité de tous

8 décembre 2016

Sous le bâtiment central de l’hôpital, le service de sécurité et d’incendie est une vraie une tour contrôle. Ses agents sont prêts à intervenir à tout instant.

Des écrans lumineux, des outils informatiques en alerte constante, une vaste carte numérique des lieux affichée plein cadre. Des bips et des sonneries intermittentes… Nous sommes dans le poste de sécurité du service d'incendie et de secours à la personne de l'hôpital de Niort.

Dans cette salle située au sous-sol du bâtiment général, c'est l'ensemble du centre hospitalier qui est sous contrôle. Vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Par roulement, trois des dix-huit agents placés sous la responsabilité de Christophe Parra sont toujours prêts à intervenir. Le plus rapidement possible.

« Un départ de feu détecté et nous devons être sur les lieux dans les cinq minutes », explique-t-il. Vigilance, tel est le maître-mot ici. Car il s'agit de vérifier, une fois l'alerte donnée, que tous les systèmes de sécurité fonctionnent correctement : désenfumage, fermeture des portes de sécurité qui isolent les zones en danger, issue de secours… Une fuite d'eau, là encore, il faut faire vite, pour éviter les dégâts.

" Un départ de feu détecté et nous devons être sur les lieux dans les cinq minutes "

En plus de cette surveillance au poste de sécurité et des interventions in situ, les agents effectuent des rondes selon des rythmes quotidiens. Avec des zones où les risques sont identifiés comme plus importants, le secteur de psychiatrie par exemple.

Ces patrouilles rassurent autant les salariés que les patients et sont plutôt bien accueillies. Elles permettent évidemment des observations garantissant la sécurité de tous, favorisent aussi une parfaite connaissance des lieux et permettent un contact direct avec les agents hospitaliers.

Ces relations, les membres du service leur donne une vocation pédagogique lors d'opérations de formation régulières consacrées à la sécurité. Parce qu'ils connaissent parfaitement l'utilisation des outils de sécurité, ils sont capables d'en assurer la démonstration.

Leur présence continue dans le poste de contrôle en fait un point de passage régulier pour de nombreux intervenants extérieurs. Pas forcément les pompiers, dont la présence reste exceptionnelle. « Ils viennent plutôt pour effectuer des exercices grandeur nature, en situation réelle. C'est un terrain de jeu pour eux ! »

Serviables et polyvalents, les agents du service assurent encore des petits dépannages ou la gestion des bouteilles de gaz médicaux. Là encore avec une connaissance nécessaire des outils. Cette multiplicité des tâches ne les éloigne pourtant pas de leur fonction initiale. Au service incendie et secours, l'agent veille, surveille. Avec à chaque prise de service, le même rituel, un petit test de signalisation pour vérifier que tout fonctionne. La sécurité, c'est un métier.

Episode 2 : Un service aux petits soins pour les appareils médicauX

Les agents du service biomédical surveillent la vie des outils médicaux à la trace. Ils choisissent, entretiennent, contrôlent, réparent.

24 novembre 2016

Les salles ressemblent à un vaste magasin de pièces détachées. A une grande boîte à outil. Avec des pousse-seringue en panne, des stéthoscopes défectueux, des générateurs de dialyse éventrés…

Nous sommes dans les locaux du service biomédical de l'hôpital de Niort, du côté des bâtiments techniques, à l'arrière de la psychiatrie. Avec Joël Fabre, l'ingénieur responsable, une équipe d'une dizaine de personnes est en veille. Ces techniciens et agents administratifs ont des rôles multiples, des connaissances incroyablement vastes : médicales, techniques, électriques, électroniques et désormais informatiques.

"L 'idée est de suivre la vie du dispositif médical jusqu'au bout ".

« De son entrée à l'hôpital jusqu'à sa fin de vie, l'idée est de suivre la vie du dispositif médical jusqu'au bout. » De l'accompagner avec attention, car ces outils-là jouent un rôle primordial dans la prise en charge des patients. Un dysfonctionnement et c'est le suivi voire le traitement d'une personne hospitalisée qui risquent d'être pénalisés. Le service biomédical veille, dépanne, assure la maintenance et le contrôle qualité du matériel, en fonction de certaines qualifications techniques. Pour le mobilier, c'est la serrurerie qui intervient. Il s'agit sans cesse de déceler la panne et surtout de diagnostiquer. Avec, en fonction des services, une proximité nécessaire à une intervention rapide, comme sous l'hôpital général où les générateurs de dialyse ont le ventre ouvert. L'intervention du technicien se veut aussi méticuleuse que les gestes d'un chirurgien. Calant au plus près et au plus vite aux attentes des personnels médicaux et des patients.

C'est aussi en fonction de ces besoins que le service biomédical est amené à se prononcer chaque année sur le plan d'investissement médical : « Chaque pôle exprime ses besoins. Ils sont souvent liés à la vétusté du matériel en bout de course, sachant que la vie moyenne d'un appareil est de dix ans. Ces achats sont aussi associés à l'ouverture de nouveaux services. L'outil choisi doit être adapté aux objectifs, à la façon de travailler. Il faut choisir le bon matériel, au bon moment, dans la bonne discipline. »

Après la validation de la liste d'équipements pour chaque service par un comité de pilotage et l'achat qui répond aux règles du marché, l'arrivée du matériel est accompagnée d'un plan de formation, indispensable aux utilisateurs ainsi qu'aux techniciens. Car chacun dans leur atelier, avec une grande adaptabilité à l'outil et au problème rencontré, ils vont devoir tester, diagnostiquer, mesurer le degré de « criticité » et puis surtout soigner. Réparer. Avec toujours à l'esprit une notion très hospitalière : « Il nous arrive d'intervenir dans l'urgence. »

Episode 1 : La chaleur partagée du service de néonatalogie

10 novembre 2016

Les familles de bébés prématurés et le personnel bénéficient de l’écoute et du soutien d’associations concernées et impliquées.

Dans le couloir du service de néonatalogie de l'hôpital, des parents affichent leur sourire sur les photos couleur. Entre eux, leur bébé, petit bout de vie né ici trop avant l'heure. Au bout des branches d'un arbre dessiné sur le mur d'à-côté, le prénom et fonction de chacune des salariées du service.

Aux yeux de Karine Rousseau, cadre de santé, ces deux fresques imagées sont bien plus qu'une décoration, elles marquent l'entrée dans un espace, médical certes mais où le lien entre parents et personnels s'impose comme une priorité : « Dans l'esprit de beaucoup, la néonat' reste un service très technique, qui fait un peu peur. C'est l'enfant malade… »

" Les bénévoles de ces associations proposent une oreille attentive parce qu'elles ont elles-mêmes vécu la naissance d'un enfant prématuré ", assure Karine.

Une visite des chambres rappelle la présence d'instruments médicaux nécessaires au suivi des bébés autour des quatorze berceaux. Pourtant, dans le service qui accueille une trentaine de nouveaux-nés en moyenne chaque mois, c'est une autre impression qui s'impose, chaleureuse, presque apaisante. Toute douce, comme l'image de cette maman câlinant son bébé entre deux tétées.

Au-delà de la prise en charge des petits prématurés séjournant en moyenne un mois et demi, l'accompagnement, le conseil, l'écoute des parents est l'une des clés qui leur permet de se préparer à une nouvelle existence quand s'ouvre la porte de sortie. Et pour mieux répondre à cette volonté partagée, davantage encore depuis l'inauguration du pôle femme-mère enfant en 2011, des associations ont ici le droit d'entrer. « Les bénévoles de ces associations proposent une oreille attentive parce qu'elles ont elles-mêmes vécu la naissance d'un enfant prématuré, assure Karine, pensant en premier lieu à Véronique Saunier, correspondante locale de SOS Préma. C'est une association très respectueuse, ses bénévoles proposent une liberté de paroles aux parents, leur permettent de verbaliser d'autres choses qu'avec le personnel médical. Il existe une véritable confiance et c'est un travail, une démarche différente de la nôtre. »

La néonatalogie, c'est vraiment un chouette monde. »

En plus des mots de réconfort, ce sont parfois de petits objets pour de délicates intentions qu'apporte SAS Préma. Noël, la fête des mères ou Pâques, les occasions ne manquent pas. Des cache-couveuse ou des ciels de lit traduisent aussi une aide plus matérielle. Plus symbolique encore, l'association a initié le projet de réaménagement de la salle des parents, un endroit aménagé et équipé où une petite pause est offerte à la famille, pour grignoter, se reposer. « Nous avons fait appel à une maman designer pour rendre cet espace plus chaleureux. » Bien plus que l'aspect matériel, c'est le soutien, le témoignage de mamans directement touchées, leurs petits conseils, qui importent. De belles intentions qui touchent tout le service, notamment lors de périodes symboliques de l'année comme Noël. « Pour le personnel aussi, les associations apportent beaucoup. Un vrai confort et beaucoup d'émotion. La néonatalogie, c'est vraiment un chouette monde. »

Ce long-format est réalisé par La Nouvelle République Deux-Sèvres à partir des textes de Jean-Michel Laurent, avec Eric Pollet et Mathilde Leclerc.

Created By
La Nouvelle République Deux-Sèvres
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Credits:

Jean-Michel Laurent, Eric Pollet, Mathilde Leclerc

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