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L'hôpital de Niort Une vie dans la ville

Episode 19 : Elles veillent sur l'hygiène dans les actes de soins

16 novembre 2017

La chasse aux infections nosocomiales, telle est la mission du service d’hygiène hospitalière. Pour y remédier, il propose conseils, protocoles ou formations.

Pour conserver la santé, il faut la propreté… Le microbe, voilà l’ennemi. Sur les deux affiches accrochées aux murs de son bureau, les messages illustrent des affiches de sensibilisation aux couleurs sépia. Le propos du Dr Catherine Chubilleau, est lui, plus que jamais d’actualité. « L’hygiène fait de chaque acte, un soin » ou « Le soin c’est l’hygiène ».

Dans tout l’hôpital de Niort, son équipe véhicule ses conseils, ses protocoles avec pour objectif la lutte contre les infections nosocomiales. Les maîtres mots du service de l’hygiène hospitalière, ce sont les trois piliers de ses missions : la prévention, la surveillance et l’évaluation. Et les bénéficiaires, les soignants autant que les patients.

« Nous travaillons avec tout le monde, partout, tout le temps. Les services médicaux, paramédicaux, techniques et médico-techniques, le labo, la direction, les achats ou les cuisines. » Avec sur chaque site, la volonté d’adapter les propos ou les méthodes au public.

Avec l’intention affirmée d’être à l’écoute. Car il ne s’agit simplement de décréter des méthodes pour assurer la bonne hygiène dans la réalisation de gestes, de choisir des outils ou des équipements, il convient de tenir compte des remarques, de noter les dysfonctionnements pour améliorer les conditions de travail et favoriser l’exercice des différents métiers en milieu hospitalier.

CHERCHER LES CAUSES DES ACCIDENTS ET PRÔNER LES BONNES PRATIQUES

Dans les barrières successives du contexte, de l’organisation, des conditions de travail, des tâches, de l’équipe, du soignant et du patient, il s’agit de déterminer la cause de l’incident. D’associer investigation et prévention pour faire en sorte qu’il ne se reproduise plus.

Et les règles d’hygiène, si elles sont respectées, font partie des solutions pour qu’il en soit ainsi. De la néonatalogie à l’Ehpad, des blocs opératoires aux services psychiatriques, la veille, les protocoles, les formations, l’information et les conseils sont les secteurs d’interventions de l’équipe d’hygiène médicale. Assurant autant la surveillance que la réponse aux signalements, aux besoins.

En 2016, par exemple, des situations à potentiel épidémique ont occasionné l’intervention de l’équipe. Pour des infections respiratoires ou des gastro-entérites aiguës, la recherche du caractère nosocomial a été réalisée.

Parfois des cas plus compliqués, (légionelles) font l’objet d’un signalement externe. Face à ces situations un peu exceptionnelles, il convient d’apporter des réponses : « Nous passons une partie de notre temps à rectifier des erreurs, à chercher à quel moment ça n’a pas marché et à tout mettre en œuvre pour que cela ne se reproduise pas. »

Mais plus que ces inévitables accidents Catherine Chubilleau, préfère mettre en avant les gestes du quotidien. En pool position l’hygiène des mains et la désinfection avec une solution hydro-alcoolique nécessaire avant et après chaque geste : « Même à l’hôpital, quelques précautions évidentes et acquises s’oublient parfois. On se lave les mains en sortant des toilettes, par exemple. » Mais gare, le service d’hygiène veille aux bonnes pratiques. Le bon geste, au bon moment, telle est sa devise.

A l’écoute des soignants, l’œil sur les outils

Les actions de l’équipe du service d’hygiène sont multiples. Exemple, ce mardi, dans le service de néonatalogie. Stylos et bloc-notes à la main, il s’agit d’écouter les remarques concernant l’abandon de l’utilisation d’une surblouse au profit de tablier jetable en plastique.

La cadre de santé de néonat', les infirmières et auxiliaires de puériculture, font part de leurs remarques sur le côté pratique, ou les tâches sur les vêtements liées aux régurgitations. Et la discussion s’élargit, liée à la présence des parents dans les locaux. Avec à chaque fois, l’idée de proposer la bonne pratique, qu’il s’agisse d’envelopper le bébé ou de permettre aux papas-mamans de manger dans les locaux.

Un soignant passe par hasard, le masque de protection sur le menton : « Ça c’est uniquement dans la série Urgences à la télé. » Avec une pointe d’humour dans le rappel à l’ordre, le message passe mieux. Autre sujet de préoccupation, les poux : « Ils ne volent pas, ils ne sautent pas », rappelle la praticienne, rassurante.

Dans une autre salle, c’est un cystoscope qui est l’objet de l’attention du médecin et de l’infirmière hygiénistes. Il s’agit d’effectuer un prélèvement sur cet endoscope souple pour vérifier que les acides désinfectants utilisés sont efficaces. Un geste de vérification régulier, effectué tous les trois mois, du fait de l’utilisation de l’outil pour analyser des parties sensibles du corps, en l’occurrence la vessie. Le liquide récupéré sera transmis au laboratoire, mis en culture.

En cas de présence de germe, le protocole sera modifié. Dans la mire, toujours ces fameuses infections nosocomiales. Traquées partout. Et les thématiques sont variées. Avec pour objectif d’assurer des formations de l’ensemble des personnels de l’hôpital. En 2016, ils ont été 800 médicaux ou non, à en bénéficier pour un total de 2.033 heures.

800 à 1.000 infections par an

> En chiffres :

> Les infections nosocomiales (IN) touchent entre 800 et 1.000 patients par an à l’hôpital de Niort. Ce sont deux à trois cas par jour qui sont recensés sur une moyenne de 600 patients hospitalisés. En seize ans, la prévalence des IN, le nombre de cas de maladies à un instant donné ou sur une période donnée, a baissé de 11 % (58 cas sur 526 patients en 2001) à 5,4 % (27 cas sur 504 patients en 2017).

> 80 à 90 % des IN sont liées aux mains.

> En moyenne 7.000 litres de solution hydro-alcoolique sont consommés chaque année à l’hôpital de Niort.

> Entre 2.000 et 2.500 surveillances environnementales sont réalisées tous les ans (aérobiocontaminations, comptages particulaires, endoscopes, eau, eaux chaudes sanitaires, surfaces.)

> en savoir plus :

> Le service compte huit professionnelles : deux praticiennes hygiénistes, trois infirmières ayant bénéficié d’une formation complémentaire, une secrétaire, une agent préleveur et une responsable bionettoyage et environnement.

Episode 18 :Leur mission dans l’urgence, c’est de sauver des vies

2 novembre 2017

Au sein du Smur de l’hôpital de Niort, médecins, infirmiers et ambulanciers partagent la même vocation : agir vite et ensemble.

Lorsque nous partons, nous ne savons pas toujours pourquoi. Mais à chaque fois, nous devons faire vite, trouver la réponse adaptée. Il s’agit de sauver des vies. Ce sont les mots de Fabienne Mokrane, cadre de santé au Smur de l’hôpital de Niort. Ce service mobile d’urgence et de réanimation qui porte bien son nom.

Lorsque dans les deux unités mobiles hospitalières ou les deux véhicules légers médicalisés, l’ambulancier, le médecin et l’infirmier anesthésiste diplômé d’Etat (Iade) prennent place, qu’importe leur destination, leur objectif reste le même : « C’est souvent la dernière possibilité de vivre pour ceux que nous secourons. »

“ Un métier difficile surtout quand ce sont des enfants ”

C’est bien l’esprit d’équipe qui les guide sur les lieux des accidents de la route, les domiciles ou les entreprises, les établissements scolaires. « Même en prison. » Là où un problème de santé grave et soudain a poussé l’un des proches à numéroter le 15. « Dans l’urgence, nous faisons abstraction de tous les liens sociaux, notre seul objectif c’est d’aider, de trouver la réponse adaptée à la situation. »

Une fois sur place, il s’agit de perfuser, d’aspirer, de poser le scope, des sondes gastriques ou les appareils à oxygène, d’effectuer tous les examens et gestes médicaux d’urgence. En lien avec les sapeurs-pompiers. « Nous devons intervenir alors que des blessés sont encore dans les voitures, pendant que les pompiers sont en train de les désincarcérer. »

Sur le terrain, arrivés très vite grâce à la dextérité au volant de l’ambulancier, tous trouvent leur rôle. Le médecin examine, l’infirmier effectue les premiers gestes médicaux et l’ambulancier assure la gestion des soins. « Tout le monde fait confiance à tout le monde », assure Fabienne.

Alain, ambulancier, confirme : « On travaille en équipe pour sauver les gens. On prend parfois des risques pour y arriver. Notre mission est d’arriver le plus vite possible pour répondre au malheur des gens. » Dominique, son collègue, l’avoue : « Même si on aime notre métier parfois c’est difficile surtout quand ce sont des enfants. »

Accompagner et rassurer

Le véhicule médicalisé, vérifié chaque jour par l’ambulancier, ressemble à un mini-hôpital mobile. Tous les matériels sont à portée de main pour accomplir les premiers soins. Des médicaments également. Là encore il s’agit de faire le bon choix.

L’équipe du Smur doit aussi décider de la destination du malade ou du blessé. De la nécessité de faire appel à un héliportage, de prendre la direction d’un centre hospitalier répondant à la gravité des blessures. Tout cela se fait en lien avec l’équipe de régulation de l’hôpital. Et de retour sur place, après un éventuel passage dans la salle de déchoquage, dans l’un des boxes des urgences, c’est encore

l’équipe embarquée qui assure le transfert interne du patient vers le bon service. Pour l’accompagner et le rassurer.

Heureusement, le service est aussi appelé pour de meilleures nouvelles. Pour un accouchement qui nécessite un transport en urgence : « Le Smur, c’est aussi la vie. »

Le bip de départ de la tour de contrôle

Nous sommes dans la salle de régulation du Smur de l’hôpital de Niort. C’est ici que les appels au 15 aboutissent. La tour de contrôle dans l’un des étages supérieurs. C’est souvent l’effervescence.

Devant l’agent régulateur de mobilité qui répond au téléphone, quatre écrans d’ordinateur. Sur chacun apparaissent les données saisies en direct par l’ARM ou les infos nécessaires pour gérer les situations. A travers les questions posées, il s’agit de répondre aux questions : qui, quoi, où ; quand ? Pour arriver à travers des fiches types à consigner les bonnes infos : l’identité de la personne à

secourir, le motif de son appel, le lieu ou de l’incident, du malaise ou de l’accident et bien sûr les moyens à mettre en œuvre pour porter secours. Un état des lieux et un diagnostic pas toujours faciles à établir au téléphone. Et l’on comprend mieux pourquoi l’équipe s’insurge contre des appels malveillants, pour de fausses alertes qui font parfois perdre beaucoup de temps. Pour rien.

Dans cette salle sont régulés les appels de soins non programmés ou d’aide médicale urgente de l’ensemble du département des Deux-Sèvres, mais aussi les urgences sociales car les appels 115 aboutissent aussi ici. L’équipe, toujours à l’écoute de ce qui se passe dans la salle, est placée sous la responsabilité d’un médecin régulateur prêt à intervenir en direct et en simultané avec l’agent. C’est ici que se fait le choix des moyens à lancer sur le terrain. C’est d’ici qu’est déclenché le bip, pour lancer un véhicule du Smur sur le terrain.

> en savoir plus

Le Smur assure aussi le transfert inter-hospitalier des patients graves nécessitant un plateau technique spécifique (trauma crânien grave, brûlés, etc.), la participation aux différents plans de secours en lien avec la préfecture, le service départemental incendie et sécurité, la police et la gendarmerie, la gestion des situations sanitaires exceptionnelles en lien avec l’Agence régionale de santé de zone.

> en chiffres

Le Smur de l’hôpital de Niort, compte quinze ambulanciers, huit infirmiers anesthésistes diplômés d’Etat, trente-deux médecins.

Le Smur a assuré 6.164 sorties en 2016.

111.837 appels ont été reçus par le 15 en 2016.

Episode 17 : Quand l’arbre généalogique dessine le risque de cancer

le 12 octobre 2017

Le service d’oncogénétique est plutôt méconnu. On y travaille à déterminer les risques de cancers liés aux antécédents personnels et familiaux.

Au milieu des ramifications familiales, de petites formes de couleurs apparaissent sur l’écran de l’ordinateur. Ce sont les fruits de premières recherches. Plus que des signaux d’alarme, des indicateurs pour se diriger vers la voie à suivre, celle de la prévention et de l’analyse.

Cet arbre généalogique se dessine dans un objectif précis : évaluer un risque héréditaire de cancer. Nous sommes dans le service d’oncogénétique du centre hospitalier de Niort.

« Avant la consultation au cours de laquelle nous communiquons les résultats à la famille, certaines personnes nous disent que la nuit est plutôt difficile. » Ce sont les mots du docteur Paul Gesta, chef du service. Dans l’ancienne maison du directeur, toute son équipe s’est installée en mai 2015. Un groupe impliqué et soudé dans une mission souvent méconnue, même au sein de l’établissement.

“ Notre action s’inscrit dans le dépistage et la prévention ”

Il le sait, les personnes qui viennent frapper à la porte, qui prennent la peine d’appeler, ont besoin dans un premier temps d’être écoutées, accompagnées. Car leur démarche n’est pas guidée par le hasard. Pour la plupart, elles ont envie d’en savoir plus. D’accepter aussi cette idée qu’ils peuvent être concernés. « D’autres font l’autruche, sont bloqués par l’angoisse, la peur de la vérité. » Au fil des branches de leur arbre généalogique se précise, ou non, ce danger. Sur un logiciel adapté, les formes et couleurs permettent d’identifier les cas et les types de cancers connus dans la famille.

Des examens précoces et complets

Après le temps de l’écoute, des recherches et de la transmission de ces informations, l’outil donne une photographie de ces maladies, de leur nature. Une première image qui peut, aussi, lever les craintes et rassurer.

Lorsque des éléments se conjuguent, la nature de l’entretien proposé n’a pas la même teneur. Car il s’agit de proposer, en fonction du risque établi, un dépistage adapté et anticipé. Et même, dans certains cas, un traitement préventif : « Il arrive que des femmes qui se sentent en danger nous demandent l’ablation des deux seins, suivie d’une reconstruction. » Evidemment, cette demande est rare. Le plus souvent, ce sont des examens plus complets et précoces qui sont proposés. « Notre action s’inscrit avant tout dans le dépistage et la prévention. »

Des laboratoires spécifiques

Et dans les familles comportant de nombreux cas de cancers ou de maladies survenues pour des malades jeunes, voire très jeunes, le risque est avéré et peut être lié à des anomalies génétiques.

Une fois cet état des lieux établi, vient le temps des examens. Là encore, ils diffèrent selon les « patients ».

Cette analyse génétique ne peut s’opérer qu’avec le consentement des personnes concernées. Deux prises de sang peuvent suffire, confiées à un réseau de laboratoires spécifiques et agréés pour les analyses constitutionnelles et somatiques. Il faudra ensuite patienter, de quelques mois à un an, pour communiquer aux familles le résultat de ces recherches génétiques lors d’un nouvel entretien, en face à face, avec le docteur Gesta. Qui sait trouver les mots justes : « Certes, il existe un risque. Mais vous le portez depuis que vous êtes nés. Et nous allons faire ce qu’il faut… » Une empathie nécessaire pour évoquer ce risque de cancer.

Une équipe impliquée dans sa mission

> Chacun et chacune effectuent des missions qui leur sont propres. D’abord l’écoute, ensuite la collecte d’informations, la saisie de ces données dans des logiciels spécifiques pour établir l’arbre généalogique. Il s’agit aussi de travailler sur des dossiers médicaux, d’effectuer des recherches afin d’établir les facteurs de risques, le tout en respectant des protocoles, liés notamment à la confidentialité et au secret médical.

> Des fascicules expliquant « L’intérêt du test génétique » ou « L’annonce aux proches » sont à la disposition des visiteurs, reprenant notamment le principe qu’il s’agit de « faire de chaque histoire personnelle une force collective ».

Service d’oncogénétique, La Maison Clémentine, 69, rue de l’Yser, Niort. 05.49.78.36.81. Courriel : génétique@ch-niort.fr

> Témoignage

Un service tourné vers l’avenir

« Le déclic, je l’ai eu lorsque j’ai suivi par hasard une famille confrontée à plein de cancers très rares. » Dans l’esprit du docteur Paul Gesta, radiothérapeute, le poids de l’hérédité est évident. Il se souvient du temps où il dessinait à la main ces arbres généalogiques, convaincu que les liens génétiques pouvaient avoir une incidence. Il se rappelle aussi des propos d’un médecin qui prétendait que le cancer du sein n’est pas génétique. C’est à bout de bras qu’il a porté la création de ce service spécifique dans la Maison Clémentine. C’est aussi la bonne parole qu’il transmet dans toute la région, et au niveau national, convaincu que l’oncogénétique s’inscrit dans l’avenir de la médecine.

> En chiffres

1.451 consultations en 2016

> En 2016, 1.451 consultations ont été effectuées dans la région par le service d’oncogénétique qui rayonne jusqu’à Angoulême, Poitiers, Saintes et Angoulême. Elles se répartissent ainsi : 596 cas « index », correspondent aux premières consultations, 230 « apparentés », il s’agit personnes des familles relancées pour effectuer un test et 517 consultations de suivi.

> Environ 10 % des cancers sont d’origine héréditaire, liés à une mutation génétique dite constitutionnelle, transmise par la génération précédente et potentiellement transmissible à la génération suivante. Sont notamment concernés les cancers du sein, de l’ovaire, du colon, de l’estomac ou les rétinoblastomes (tumeurs cancéreuses de la rétine chez l’enfant).

Episode 16 : Les p'tits plats dans les grands récipients des cuisines

le 28 septembre 2017

Chaque jour, dans l’unité centrale de production alimentaire de l’hôpital de Niort, 3.250 repas sont préparés en veillant aux normes et au goût.

Dans le grand récipient, l'agent hospitalier brasse le riz à l'aide d'une immense spatule. Dans la marmite gigantesque à côté, le coulis de tomate mijote doucement. Un peu plus loin, les portions de saumon sont recouvertes de la sauce citronnée au menu du jour.

Nous sommes dans l'atelier de production chaude de l'unité centrale de production alimentaire (UCPA) du centre hospitalier de Niort. Pour faire plus court, les cuisines de l'hosto.

Dans l'atelier pâtisserie, les tartes fines aux pommes sont tout juste sorties du four. Dorées à souhait. Un peu plus loin, dans l'atelier salle propre, les rôtis sont tranchés, les portions mises en barquettes. A chaque salle, sa spécificité. Dans l'un des ateliers, ce sont les plats servis au personnel qui sont mitonnés. Dans un autre, les petits déj' des internes du centre de formation sont préparés.

Casser l'image de la mal bouffe à l'hôpital

A la tête de cette UCPA intégrée au centre hospitalier et installée depuis 1994 dans les locaux dédiés en face du pôle mères-enfants, Pierre Combes veille aux fourneaux. Guidé par l'envie de mettre en appétit les malades et personnels. De casser un peu l'image de la mal bouffe de l'hôpital, souvent associée aux plateaux servis dans les chambres. « Lorsque dans le questionnaire de satisfaction, des malades indiquent un mécontentement, je suis prêt à aller les rencontrer dans leurs chambres. » Afin de les écouter, de leur apporter des éléments de réponse sur les règles à respecter. Et elles sont multiples.

Ici la sécurité alimentaire, les contrôles qualité, le respect de l'hygiène sont les ingrédients de base, autant lors de la préparation que pour l'emballage ou le transport.

" Nous avons un rôle à jouer dans l'éducation alimentaire "

Réduire la cuisine de l'hôpital à ces seules normes serait oublier que l'ancien élève de l'école hôtelière de Nice tient à ce que les recettes préparées soient de bon goût et servies dans des proportions appropriées tant aux besoins alimentaires qu'aux pathologies des malades : « Nous avons un rôle à jouer dans l'éducation alimentaire des patients, pour ceux qui souffrent de problèmes diabétiques par exemple. »

Il convient aussi de s'adapter aux problèmes de mastication ou de déglutition rencontrés par certains résidents, dans les services long séjour notamment : « Nous proposons aujourd'hui des produits mixés ou hachés fins de bonne qualité avec de réelles saveurs. » Et lorsque le menu du jour proposé ne convient pas, des plats de substitution sont proposés. Avec des incontournables, comme la cuisse de poulet.

Cerise sur le gâteau, le choix des responsables de la cuisine centrale de l'hôpital est de privilégier les circuits courts à chaque fois que c'est possible.

Dans les chambres froides, les yaourts de la Bazinière à Ardin ou les tomates de Vix côtoient les produits laitiers de Montaigu et les porcs de Bretagne. Tandis que dans les congélateurs, quelques lasagnes d'une grande marque, attendent d'être réchauffés pour satisfaire les gourmands. Gage de la volonté de proposer du fait maison, la vinaigrette est préparée et assaisonnée sur place. Le pain est cuit tous les jours. Les fruits proposés sont de saison. Mieux que dans certains restos de la ville.

Il reste quelques attentions particulières pour accompagner le service de ces p'tits plats. « Dans le service de soins palliatifs, par exemple, nous veillons à assurer une belle présentation par assiette, surtout pas dans les barquettes. » Comme pour donner un peu de saveur à des heures douloureuses.

Quelques chiffres :

  • En 2016, 851.563 repas ont été préparés dont 99.652 pour le self destiné au personnel. En moyenne, ce sont 3.260 repas qui sont préparés chaque jour.
  • Le nombre moyen de barquettes de plats froids produites par an est de 1.100.000 et de 1.450.000 plats chauds. Soit une moyenne de 10.000 par jour.
  • L'UCPA compte un effectif moyen chaque jour de 52 agents en semaine, réduit à treize le week-end. Le service est ouvert de 5 h 45 à 17 h. L'équipe au total est constituée de 74 personnes.
  • Le coût moyen de la journée alimentaire (denrées uniquement) est de 4,68 €.

Episode 15 : L'école où les élèves apprennent à prendre soin

le 14 septembre 2017

Au centre de formations paramédicales de l’hôpital, futurs infirmiers, aides-soignants et auxiliaires de puériculture découvrent théories et pratiques.

" Ne vous inquiétez pas monsieur, nous prenons soin de vous. Le médecin va bientôt passer vous voir."

Au dessus du lit de la chambre d'hôpital, Stéphanie trouve les mots apaisants pour réconforter le malade. En guise de réponse, il lui bredouille quelques inquiétudes, d'une voix venue d'ailleurs.

L'une des formatrices prononce les phrases du malade.

Nous sommes dans l'une des salles de simulation du centre de formations paramédicales de l'hôpital de Niort. Le monsieur allongé est l'un des mannequins interactifs de l'école. Stéphanie est étudiante. Et les phrases du malade, c'est l'une des formatrices qui les prononce depuis la pièce d'à-côté, le casque sur les oreilles et les yeux rivés sur deux écrans d'ordinateur.

Le développement des compétences va bien au-delà de la technique

Ce labo complété bientôt par un autre, reproduisant une situation d'hospitalisation à domicile, est l'illustration palpable des méthodes pédagogiques de l'établissement, tout comme les salles de travaux pratiques, situées dans les étages. Ici les futurs infirmiers, aides soignants et auxiliaires de puériculture doivent joindre le geste à la parole. Celle qu'ils ont écoutée dans les amphis ou lors de cours magistraux universitaires, plus virtuels, sous forme de téléconférence. « L'objectif, c'est vraiment que les élèves n'agissent pas sans comprendre. Au début, les cours concernent beaucoup la technique mais le développement des compétences va bien au-delà de la technique. Prendre soin c'est bien autre chose même si les futurs soignants doivent être capables d'analyser rapidement la situation clinique », s'enthousiasment Sandrine Debarre et Stéphanie Siloret, cadres de santé et formatrices au CFP de Niort.

Après leur formation initiale, complétée de celle de puéricultrice et d'expériences dans les services de soins, toutes les deux ont fait le choix de rejoindre « l' école d'inf' » – expression aujourd'hui désuète – après avoir obtenu le statut de cadres de santé. Toutes les deux sont guidées par cette volonté de transmettre le savoir-faire mais aussi le prendre soin : « L apprentissage passe par le comprendre, l'agir et le transférer. Il s'agit de prendre toutes les dimensions de la personne soignée. »

La réalité des services est un peu différente des belles théories

Cet enseignement, c'est du 50-50. Moitié de théorie, moitié de pratique avec des stages à portée de main dans tous les services de l'hôpital d'à-côté où les professionnels accompagnent les élèves dans l'accomplissement de leurs gestes sur de vrais patients. « Nous formons des élèves pour que devenus novices et débutants, ils sachent s'adapter aux situations. Ils et elles construisent leurs connaissances, sont actifs dans l'apprentissage et la formation. »

L'écoute et la bienveillance sont aujourd'hui des priorités dans la transmission des savoirs. Les soins de confort et de bien-être également. Et même si parfois la réalité des services est un peu différente des belles théories, ces valeurs constituent des éléments clés de l'enseignement. Des études que beaucoup d'élèves ne choisissent plus « par vocation » mais bien avec l'envie de prendre soin de l'autre.

Ils donnent une belle image des morts pour les proches

29 juin 2017

Dans le service des chambres mortuaires, quatre aides-soignants préparent les défunts de l’hôpital, accueillent et conseillent les familles. Une leçon de vie.

" Nous voulons donner l'image la plus belle des défunts à leurs proches. La plus détendue et sereine. "

Lorsqu'ils parlent de leur métier d'aide-soignant dans les chambres mortuaires de l'hôpital de Niort, Bruno et Sylvette n'en donnent surtout pas un triste reflet. Au contraire, ils en parlent avec beaucoup de passion, une certaine fierté et même une pointe d'humour : « Nous sommes les médecins de la mort »« Nous surveillons s'ils bougent »« Mes morts, je ne vais dire que je les aime mais presque. »

Ces trois phrases résument toute la passion qu'ils partagent avec Stéphanie et Candy leurs deux collègues. « Une équipe soudée et dynamique convaincue de son rôle bienfaiteur », précise Béatrice Dumérat, la cadre de santé.

" Nous préparons les familles à l'image de la mort "

Nous sommes au rez-de-chaussée de l'hôpital. A la froideur ambiante, tant en terme de degrés (14) que du fait du triste contexte, les quatre soignants répondent par une écoute chaleureuse et respectueuse :

" Nous sommes là pour accueillir les familles, les guider dans les démarches à accomplir. Nous les préparons à l'image de la mort, leur apportons un soutien psychologique. Souvent il n'y a pas grand-chose à leur dire, elles ont juste besoin que nous soyons présents. "

En bas, à droite, Bruno se trouve devant les casiers prévus pour conserver les corps pour de plus longues durées.

Face au décès d'un proche, les interrogations sont multiples : les démarches administratives, l'organisation des obsèques… Les aides-soignants des chambres mortuaires sont là pour rassurer, guider, conseiller. Une aide précieuse accompagnée d'un devoir de neutralité, de tolérance : « Toutes les confessions sont accueillies, une salle est prévue pour les toilettes musulmanes. »

Ce temps d'échange et de partage est une priorité. Il s'agit aussi de répondre aux attentes, aux demandes parfois particulières des proches : « Si la toilette mortuaire est la plupart du temps réalisée dans les services, nous habillons les défunts avec les vêtements choisis. On peut réaliser des shampoings, des colorations, des maquillages, poser des bigoudis. »

Ces gestes, ils les accomplissent dans le respect des règles d'hygiène et de conservation des corps, sur des tables réfrigérées : « Nous n'injectons pas de produits, ne réalisons pas de soins de thanatopraxie. Les familles peuvent contacter des intervenants extérieurs pour le faire. »

Pratiquement plus aucune autopsie n'est réalisée au sein du service. Seuls les prélèvements de cornées sont accomplis dans une salle spécifique. Parfois, Bruno et ses collègues doivent effectuer des restaurations mortuaires sur des corps très abîmés : « Nous reconstituons des visages avec de la cire. Nous recousons, suturons, nettoyons. » Un travail délicat, difficile, méticuleux, toujours accompagné de cette volonté initiale, de donner la plus belle image des défunts.

L'équipe est parfois confrontée à l'émotion notamment dans le cas de décès d'enfants. Tous les quatre apprécient les retours des familles qui témoignent de leur gratitude, « racontent leur histoire ». Ils apprécient d'être intégrés à la vie de l'hôpital, tout en travaillant très isolés. « Nous sommes parfois seuls au milieu des morts. » Ils s'enrichissent enfin de ces rencontres quotidiennes, retiennent surtout de belles images, comme celles du petit pépé de 95 ans, venu accompagner sa mamie et confier, bouleversé : « Je vais partir avec elle. »

Episode 13 :Les préparateurs de chimios répondent à la commande

15 juin 2017

Dans l’unité de préparation des médicaments anticancéreux, ce sont des traitements adaptés à chaque patient qui sont réalisés au quotidien.

Derrière la vitre, coiffés d’une charlotte, le visage recouvert d’un masque, habillés d’une blouse stérile et les mains gantées de trois épaisseurs, les préparateurs sont isolés du monde. Protégés au même titre que les produits qu’ils manipulent. De la salle de contrôle, Thierry Boulet et Nicolas Soulet, s’ils ne sont pas à leur côté, les contactent par téléphone en cas de besoin.

Dans ce milieu confiné, aseptisé, climatisé, tout est sous contrôle. Nous sommes devant l’unité de préparation des médicaments anticancéreux (l’Upmac), au deuxième étage de l’hôpital de Niort. Juste à côté du service d’oncologie de jour. « C’était une obligation de notre tutelle en 2009 de centraliser la préparation des chimiothérapies dans une Zone à atmosphère contrôlée sous la responsabilité d’un pharmacien. »

En 45 minutes

L’objectif c’est assurer dans un délai de 45 minutes, un véritable service à la carte. Pour chaque patient, une formule différente. « Les oncologues voient les malades en consultation. En fonction du dernier bilan biologique, celui de la veille, de l’état général, de l’examen clinique, ils déterminent la prescription de la chimiothérapie adaptée. » La taille, le poids du malade, parmi d’autres critères permettent d’établir le bon protocole. A chaque cycle de traitement, les doses peuvent également être modifiées.

Sur la fiche de fabrication validée par le pharmacien, toutes les indications figurent. Précises. Les noms des molécules, les volumes, les montages, chaque mention doit être ensuite respectée minutieusement.

« Nous devons protéger la préparation et le préparateur »

C’est sur un plateau qu’un des manipulateurs prépare chaque commande. Dans chaque flacon, un des 49 produits disponibles dans la zone de stockage, réfrigérée ou non en fonction des molécules. Liquide ou en poudre, à chaque médicament un mode de préparation spécifique, des vertus différentes, des effets recherchés. « Le fluorouracil par exemple est réputé pour le traitement des cancers du sein ou colorectal. Ces produits peuvent être issus de plantes comme la pervenche et sont modifiés chimiquement. » A manipuler avec précaution. Car ces molécules sont souvent toxiques : « Nous devons protéger la préparation et le préparateur. »

Les bras glissés dans les grandes manches qui permettent de se glisser à l’intérieur de l’isolateur, les manipulateurs vont opérer à la main, avec minutie : « Il existe des robots, mais ici tout est réalisé manuellement. C’est le métier de base d’un préparateur en pharmacie. »

Le bon produit pour le bon patient

Il s’agit, à l’aide d’une seringue et d’un système de prélèvement sans aiguille, de réaliser la bonne dilution selon la prescription. Au dixième de millilitre près. L’opération nécessite 10 à 15 minutes de grande concentration. Ces mélanges sont glissés dans des poches souples stériles en veillant à ce que ce soit un solvant qui remplisse l’extrémité de la tubulure. Car une fois la préparation terminée, elle est extraite de l’isolateur, transférée via à un sas, à une infirmière qui va l’administrer directement au malade. Pas question qu’elle soit en contact avec les produits.

Au moment où elle effectue la perfusion par gravité ou à l’aide d’une pompe, elle le sait cette chimiothérapie a subi tous les contrôles. En toute sécurité. Car le leitmotiv de toute l’équipe de l’Upmac, celui qui guide tous les gestes reste immuable : « Le bon produit, la bonne dose pour le bon patient. »

En savoir plus

> Sur les vingt et un préparateurs de la pharmacie de l’hôpital, quinze se relaient du lundi au vendredi à l’Upmac. Ils sont quatre à travailler en même temps.

> Le service commence à fonctionner à 8 h 30 jusqu’à 17 h. Le premier travail lors de la mise en route consiste à vérifier le bon fonctionnement des isolateurs et les paramètres de la salle de préparation.

> L’Upmac est une zone à atmosphère contrôlée. Pression, flux d’air, empoussièrement… font l’objet de contrôles réguliers afin de garantir les conditions de protection et de stérilisation optimales.

> Tout au long de la journée, ces opérations de contrôles se multiplient, à toutes les étapes de fabrication des chimiothérapies. En bout de chaine, un prélèvement de solution est effectué pour réaliser un contrôle analytique. Le pharmacien peut alors « libérer » la préparation.

> Ce sont en moyenne 40 chimios qui sont réalisées au quotidien pour les patients accueillis en hospitalisation de jour. Il faut ajouter les préparations destinées aux autres services. 15.000 traitements sont réalisés chaque année.

Jean-Michel Laurent

Photos NR, Eric Pollet

Episode 12 : Au labo, l’œil des biologistes au milieu des automates

1er juin 2017

Le laboratoire d’analyses médicales est un monde de machines et d’écrans pour des résultats rapides et précis. Avec l’indispensable regard de l’homme.

Des milliers de tubes et de pochettes. Dans la première salle du laboratoire d'analyse médicale de l'hôpital de Niort, c'est le lot quotidien. Les prélèvements arrivent en direct des services ou des pièces juste à côté, prévues pour les prises de sang des patients extérieurs. Avec un gros coup de bourre le matin.

Pour chaque petit récipient, une couleur différente. Elle correspond à un type d'analyse. Le violet, c'est pour la numération. Associé au flacon, la prescription avec l'heure du prélèvement, le nom de l'infirmière, celui du patient évidemment. Pour compléter la carte d'identité, un code-barres. Sur celui, toutes les informations concernant les différentes analyses à opérer.

« Parfois, ce sont vingt-cinq paramètres différents, précise Pierre Lureau, le chef de service. Ils peuvent être réalisés en une vingtaine de minutes, notamment pour les urgences. » Et celles-ci peuvent survenir à tout moment, en provenance directe des services, du bloc. La nuit et le week-end deux pièces spécifiques servent à assurer la garde.

Avec des hommes et des machines toujours prêts à répondre. « Nous pouvons réaliser une numération en moins de cinq minutes si besoin. »

" La validation du résultat, cela reste notre corps de métier "

Le labo du XXIe siècle, c'est un peu le monde des automates, des machines ultramodernes et de la numérisation. Celui de la lecture en directe des résultats et de la transmission immédiate aux services par un vaste serveur : « L'univers de la biologie médicale a énormément changé en quinze ans. Il est rempli de beaucoup d'informatique et de bécanes, mais ici nous n'avons pas fait le choix d'une chaîne robotisée. La validation du résultat, cela reste notre corps de métier. »

Le labo des BK

Certes, après le passage du tube de sang dans l'un des automates, les données « anormales », apparaissent en rouge, accompagnée d'un T lorsqu'il convient de téléphoner au service. Des alertes établies en fonction de valeurs prédéfinies. Mais, c'est le professionnel qui valide. Autant une sécurité supplémentaire, qu'un véritable enrichissement pour le technicien.

Au milieu des étranges machines, comme ce spectromètre de masse dans la salle de bactériologie qui bombarde les bactéries de laser pour les identifier en deux minutes, les microscopes occupent encore une place de choix. Les gants et les masques sont de rigueur. Question de sécurité, c'est la règle ici. Car le sang, les urines, les crachats, la bile ou les tissus étudiés peuvent être infectés.

Ces précautions sont encore accrues dans la petite salle de biologie moléculaire et « Le labo des BK », selon les mots des pros. Comprenez bacille de Koch à l'origine de la tuberculose. Le virus des hépatites B ou C, les variantes " 2009H1N1 " responsables de la dernière pandémie de la grippe aviaire, le VIH peuvent aussi être détectés ici. Cela impose quelques sécurités supplémentaires.

Une vieille balance

Dans cette salle, vestige d'un autre temps, une vieille balance Roberval. Par l'existence de ses deux plateaux, elle permet d'équilibrer les plots de la moderne centrifugeuse. La maintenance fait aussi partie du travail des équipes. C'est le gage de la qualité et de la fiabilité des résultats. Ceux qui au terme de tous ces examens, figureront sur le compte rendu transmis par le biologiste. Porteurs de bonnes ou de mauvaises nouvelles. Mais surtout d'informations vérifiées et validées.

en savoir plus

> Le laboratoire de biologie médicale de l'hôpital de Niort s'appuie sur un effectif de 65 personnes : six biologistes, quarante techniciens de laboratoires, trois infirmières, sept secrétaires, deux cadres de santé et des agents de service hospitaliers.

> Le laboratoire est en activité sept jours sur sept, 24 heures sur 24. Deux techniciens assurent les nuits, pouvant si besoin solliciter un biologiste d'astreinte.

> Le labo réalise tout type d'examen : numération, chimie, bactériologie, microbiologie, gazométrie, sérologie, hormonologie, hémato-cytologie…

> Le service pour 30 % de son activité fonctionne comme un laboratoire de ville de 7 h 30 à 17 h 30. Il accueille une centaine de patients extérieurs par jour. Trois salles de prélèvements sont prévues à cet effet.

> Des infirmières libérales peuvent également déposer leurs prélèvements pour analyse.

> 70 % des prélèvements sont réalisés le matin. Environ 750 bilans sanguins sont effectués dont 300 à 400 entre 5 h et 9 h.

> 95 % des analyses sont réalisées sur place. Pour des examens très spécialisés – génétiques par exemple – les prélèvements sont transférés vers le CHU ou des centres médicaux de référence.

> Le laboratoire dispose d'un petit dépôt de sang : une douzaine de poches des groupes les plus fréquents. Il s'agit dans le cadre d'urgences vitales de se substituer à l'Etablissement français du sang.

Jean-Michel Laurent

Photos NR, Eric Pollet

Episode 11 : Le centre d'accueil pour apaiser les crises

18 mai 2017

Au CAC, infirmiers et psychiatres apportent écoute et bienveillance aux patients pour répondre aux situations de crise, souvent suicidaires.

Au-dessus de la porte d'entrée, le nom du service s'inscrit comme un message, une incitation à entrer : centre d'accueil et de crise (CAC). Un premier élément de réponse au moment de franchir le seuil. Après la crise qui a conduit le patient jusqu'ici, c'est un lieu d'accueil qui s'ouvre. Pour un temps de pause, d'écoute. Un apaisement.

A l'étage du bâtiment de l'hôpital psychiatrique, le CAC est né en mai 2011 de la volonté des responsables de secteurs : « Les services de psy ne répondaient pas aux demandes des urgentistes, à la prise en charge des états de crise et de suicides. Les patients étaient rebutés par l'étiquette de la psychiatrie », indique le docteur Philippe Robert.

L'enjeu était double : permettre une hospitalisation rapide et spécialisée tout en évitant la confrontation avec des malades atteints de lourdes pathologies. Avec l'idée que les refus de prise en charge d'alors se transforment en acceptation.

" Cette verbalisation peut leur permettre de porter un regard critique sur leur geste suicidaire, de chasser ces idées "

C'est au sein même du service des urgences qu'infirmiers et psychiatres du CAC interviennent sur demande du médecin. « Lors de l'entretien, l'équipe d'appui donne un avis spécialisé, établit surtout une relation de confiance avec le patient », précise Patrice Talbot le cadre de santé. Apaisé par la bienveillance proposée, le malade arrive à mieux verbaliser sa souffrance. Et ses interlocuteurs évaluent rapidement la pathologie, mesurent les risques suicidaires, identifient ou non la nécessité d'une hospitalisation. « Parfois, après une réponse négative, des patients redemandent à nous voir une semaine plus tard. »

Car il n'est pas simple d'accepter l'idée d'une hospitalisation en psychiatrie. Quelles que soient les sources de son mal être : « Nous distinguons les pathologies chroniques des événements de vie qui conduisent aux lourdes dépressions : les ruptures conjugales, les pertes d'emplois, le harcèlement et le burn out. A cela s'ajoute parfois la consommation d'alcool, l'addiction qui favorise le passage à l'acte suicidaire. Auquel cas, nous proposons une consultation auprès de l'équipe de liaison en addictologie et un suivi au Csapa (*).»

De tous milieux et de tous âges, des hommes et des femmes partagent la scène du CAC, quelques jours, une semaine. En service libre après le passage obligé aux urgences. Trois quarts d'entre eux ressortiront pour rejoindre leur domicile, le suivi étant assuré au centre médico-psychologique ou par un psychiatre privé. D'autres seront orientés vers un secteur hospitalier ou des cliniques spécialisées. Tous repartiront sans doute avec un regard différent, c'est le dessein de l'équipe du CAC : « Ici, grâce à l'écoute bienveillante, les patients peuvent s'exprimer librement, poser leur problème, être entendus, se sentir en confiance. Cette verbalisation peut leur permettre de porter un regard critique sur leur geste suicidaire, de chasser ces idées. De se projeter dans l'avenir. » De vivre.

Episode 10 : " A domicile, le patient reste au cœur du soin "

5 mai 2017

Le service d’hospitalisation à domicile (HAD), prépare, accompagne et coordonne les soins à domicile des malades qui ont fait ce choix.

Dans la salle du premier étage de la petite maison, derrière le bâtiment administratif de l'hôpital, c'est souvent l'effervescence. Nous sommes dans le QG du service d'hospitalisation à domicile, la HAD pour les initiés. Ici, les téléphones sont les instruments de travail de prédilection des quatre infirmières coordinatrices. La souris de l'ordinateur dans une main, les plannings des intervenants sous les yeux.

Dans le QG, de la HAD, le téléphone est l'outil indispensable.

Au bout du fil, des patients, des infirmiers libéraux ou des généralistes. Il s'agit de coordonner les soins, après les avoir organisés, une fois la demande du patient et du médecin traitant validée. Il convient au jour le jour, de veiller à distance la santé du patient, à sa sécurité.

On ne peut proposer une présence 24 heures sur 24 mais une prise en charge totalement individualisée, recentrée autour du patient.

C'est sur place, au domicile, que l'équipe s'est dans un premier temps, assurée de la possibilité de ce retour à domicile : « Deux tiers des malades concernés sortent d'une hospitalisation. Le service en lien avec des prestataires fournit et installe le gros matériel médicalisé et pharmaceutique. Tout ce dont on a besoin à l'hôpital, on peut l'installer à la maison. »

Créé en 2006, ce service c'est un peu le bébé de Nadine Maynard, la cadre de santé :

« Il répondait autant à la demande des malades qu'à la volonté de l'hôpital de Niort de s'ouvrir sur l'extérieur. » Autour d'elle, Hélène Casamayou, médecin coordonnateur, Christelle, Pascale, Sarah et Lorie, les infirmières et les sept aides-soignantes qui interviennent directement dans les domiciles niortais, partagent la même conviction. « Ce n'est pas l'hôpital à la maison, ni des soins d'hygiène pour personne âgée ou handicapée. On ne peut proposer une présence 24 heures sur 24 mais une prise en charge totalement individualisée, recentrée autour du patient, autour du soin. »

Parfois, il est nécessaire de s'adapter aux situations reculées ou inhabituelles : « Il nous est arrivé de mettre en place une HAD dans une caravane. » Chaque fois, il convient de s'appuyer sur l'accord du médecin traitant et de l'aidant, qu'il soit familial ou amical : « L'implication des aidants est primordiale. Ils nous appellent souvent, ont besoin de soutien moral. Si l'aidant s'épuise, le maintien à domicile ne peut plus continuer. »

« Je suis rentré chez moi. J'ai revu mon jardin. »

Car si la logistique représente une bonne part du travail, c'est le relationnel qui prime dans les propos de l'équipe : « Le patient est vraiment au cœur de la prise en charge. Le lien avec lui est préservé. Nous sommes à l'écoute de ses besoins. Nous ne nous retrouvions plus forcément dans les prises en charges hospitalières, c'est pour cela que nous sommes investies dans ce service. »

Maîtrisant parfaitement la technique médicale, l'équipe doit imaginer le soin à distance, anticiper : « C'est parfois plus complexe que de faire un pansement. » Elle gère aussi des situations compliquées, la prise en charge de la douleur, doit faire face au décès de malades qu'elles ont accompagnées. Mais les témoignages des familles, de l'entourage sont plus qu'un encouragement. Et certains mots des malades en fin de vie, une belle récompense : « Ce n'est pas grave. Je suis rentré chez moi. J'ai revu mon jardin. »

Episode 9 : Ils donnent une bouffée d'oxygène au monde médical

13 avril 2017

Le service des espaces verts de l’hôpital sème, plante, taille, entretient arbres et massifs pour apporter un peu de couleurs à l’univers de l’hôpital.

Donner de l'oxygène aux patients, aux personnels, aux visiteurs. Les jardiniers du service des espaces verts de l'hôpital cultivent plus que tout cette volonté. Ces massifs, ces ornements, ces arbres taillés et entretenus tout au long de l'année, c'est une bouffée de verdure pour tous ceux qui fréquentent le centre hospitalier.

Élagage, semis et repiquage, tel est le quotidien des opérations que les six employés exécutent au fil des saisons. Avec le sécateur ou le taille-haie pour instruments d'intervention. La balayeuse ou le tractopelle pour les cas les plus importants. Si le champ d'intervention de Pascal et de son équipe est vaste, leur « bloc opératoire » se situe du côté des serres, à l'arrière des services psychiatriques. C'est à la fois la maternité et le centre de soins des plantes de l'hôpital.

Une pièce pour la production, une salle de rempotage, une serre froide, c'est ici que les yuccas ou ficus, et « des plantes vertes qui tiennent bien de coup », constituent les compositions qui vont trouver leur place dans les salles d'attente des différents services. De quoi agrémenter aussi les pièces de conférence ou de réception, les lieux d'accueil, assortis de quelques conseils aux personnels pour l'arrosage.

C'est une petite parcelle dans le travail des jardiniers de l'hôpital car l'essentiel, c'est dehors que cela se passe. Les 350 arbres à tailler et élaguer, les quatre kilomètres de haies à entretenir, nécessitent une présence quasi-continue sur le terrain : « Nous passons même à tour de rôles le week-end, pour vérifier que les plantes ne manquent de rien. »

Sortir de l'univers un peu triste des chambres

Rien ne vaut le regard du jardinier. Telle est la devise de Pascal, Bruno, Dominique, Philippe, Christian, Simon et Isabelle. Ici l'arrosage, c'est du fait main, car toutes les plantes n'ont pas le même besoin en eau : « Nous veillons aussi à choisir des espèces qui sont compatibles avec le paillage. » Plus question de produits chimiques, évidemment. Le binage, c'est plus naturel.

Rien ne remplace leur coup de patte à chaque demi-saison, pour imaginer les massifs qui ornent la petite ville de l'hôpital. Le nouveau jardin du cloître, ce sont eux qui l'ont dessiné. Leur « fort Boyard », ce vaste vaisseau qui fleurit l'entrée de l'hôpital, ils l'ornent chaque année des plus belles pensées, des plus odorantes giroflées.

Sous les châssis en ce début de printemps, les 12.000 plants de sauges, impatiens, bégonias et œillets attendent leur heure. Attirant parfois quelques résidents venus s'accorder une respiration au milieu des fleurs. « La meilleure récompense pour notre travail, ce sont les retours des patients ou des personnels qui nous disent que l'hôpital est bien fleuri, que le site est agréable. Cela leur permet de sortir du quotidien un peu triste des chambres. »

Episode 8 : Elles dessinent des rayons d'espoir pour les malades

30 mars 2017

Marie-Christine et Christine exercent les métiers de dosimétriste et radiophysicienne en radiothérapie. Leur dessein : la guérison et la sécurité des malades.

Sur le grand écran de l'ordinateur, les clichés réalisés au scanner apparaissent plein champ. Le moindre détail est alors analysé par le médecin. Il s'agit de repérer la zone malade, de l'identifier, de la délimiter sur l'image. La plupart du temps, ce sont des tumeurs cancéreuses.

A l'aide d'un crayon numérique, Cynthia Martin, interne, dessine les contours, esquisse cette cartographie. C'est la première étape d'un processus pluridisciplinaire à l'ordre très établi. Sa finalité ? Aider à déterminer la thérapeutique qui sera mise en place, le traitement qui sera réalisé par l'opérateur dans l'une des trois machines à particules, isolées du monde dans leur bunker de béton.

Nous sommes dans le service de radiothérapie de l'hôpital de Niort. Dans cette salle d'analyse, des radiophysiciens et une dosimétriste apportent leur regard très technique sur la façon d'opérer. Afin de soigner le patient avec le maximum de chances de le guérir et un minimum de risques.

Irradier la tumeur en préservant les tissus sains

Marie-Christine Bonnet est dosimétriste. Elle propose en fonction de l'état des lieux, et en lien avec le médecin prescripteur, la « balistique » du traitement par radiothérapie : comprenez le nombre de faisceaux, leur énergie, leur puissance et leur géométrie. « Il s'agit de déterminer de quelle manière vont être dirigés les faisceaux d'irradiation vers la tumeur en préservant les tissus sains qui se trouvent autour. »

Son passé de manipulatrice et sa formation complémentaire dans ce nouveau métier sont les garanties d'un geste précis.

Qualité du traitement et sécurité du patient sont les maîtres mots, ici. Car les radiations que vont recevoir les malades allongés sous l'un des trois accélérateurs linéaires d'électrons doivent toucher leur cible en évitant d'altérer les tissus autour. Une mission délicate, au millimètre près.

Le rôle de Christine Godard, radiophysicienne consiste à valider les propositions de la dosimétriste. « C'est à moi de vérifier qu'elles sont réalisables. J'utilise des notions de physique médicale. C'est une profession très scientifique au sein du corps hospitalier. » Un vrai travail d'analyse et de décryptage.

Une nouvelle validation du médecin sera encore nécessaire avant que le patient fasse l'objet du traitement. Parfois, la sécurité du malade impose des compromis : « Nous préférons sous-doser afin de préserver les tissus autour des tumeurs. » Toutes ces opérations sont réalisées à l'aide d'outils et de logiciels spécifiques.

Plus que la technique, c'est aussi la passion qui prime au sein de l'équipe de vingt-cinq personnes. Toutes guidées par la volonté de soigner, mais aussi de protéger et d'accompagner le malade. Avec, pour cible, ces maudites tumeurs. Ces faisceaux que Marie-Christine et Christine dessinent, ce sont surtout des rayons d'espoir pour malades.

Episode 7 : DES EXPERTS QUI ONT L'OEIL POUR LE BON DIAGNOSTIC

16 mars 2017

Dans le service d’anatomie pathologique de l’hôpital, les tissus et les cellules des organes sont disséqués et étudiés afin d’établir un diagnostic précis.

Sur la table d'examen, l'estomac a le ventre ouvert. Pas en très bon état, des métastases un peu partout. Depuis trois jours, l'organe repose dans le formol, après l'intervention chirurgicale réalisée au centre hospitalier. Il s'agit d'établir un diagnostic précis des tumeurs. De transmettre, le compte rendu de l'examen à l'oncologue, afin qu'il détermine le traitement le mieux approprié. Une analyse en deux temps : d'abord macroscopique, visuelle et manuelle ; ensuite histologique c'est-à-dire au microscope, avec un regard d'expert. « Pour exercer notre métier de pathologiste, il faut d'abord avoir l'œil, précise Karine Boyé, responsable du service, se montrer méticuleux et méthodique. »

C'est au microscope que les lames contenant les cellules sont examinées.

Ce même jour, dans un petit flacon, un ganglion vient d'être transféré en direct du bloc opératoire. Prélevé sur le sein d'une patiente. Aussitôt, la technicienne de laboratoire, joue de ses instruments afin d'isoler quelques cellules toutes fraîches, de les congeler, les découper très finement, les colorer, de les fixer sur une fine lame. Pour une première analyse et un envoi rapide des résultats au praticien qui en tiendra compte pour la suite de l'opération. C'est ce qu'on appelle un examen extemporané. Là, il faut faire vite.

D'étranges machines, des colorants et le microscope

Nous sommes dans le laboratoire d'anatomie et de cythologie pathologiques de l'hôpital de Niort. L'Anapath, comme disent les pros. Un service précieux dont l'activité reste méconnue. Ici, l'équipe étudie les tissus et les cellules prélevés dans les blocs opératoires, effectue des dépistages à partir de frottis, afin de détecter une maladie débutante ou des facteurs de risques. Il s'agit aussi de rechercher les causes éventuelles de lésions, de juger de l'effet d'un traitement en cours.

Dans les salles d'examen de l'Anapath, les machines sont étranges. Les automates à colorant, à immunohistochimie (réaction antigène-anticorps) ou à inclusion (dans la paraffine) côtoient le microtome pour la coupe des prélèvements, la centrifugeuse ou la colleuse de lamelle. Outre le formol, pour empêcher la destruction des organes, la paraffine durcie pour la coupe en tranche de quelques microns, les colorants (hémalun, éosine et safran), permettent de réaliser les fines petites lames.

Elles vont être interprétées au calme, par les médecins pathologistes. Chacun dans son bureau, la tête au-dessus du microscope. C'est chaque fois « un vrai challenge ». De la technique médicale pure, qui peut devenir un relais pour la recherche. Il arrive que pour des cas difficiles, des labos spécialisés de Poitiers, Bordeaux ou Toulouse soient sollicités pour une recherche approfondie. Un temps nécessaire afin d'apporter la meilleure réponse. Car c'est un regard responsable que le pathologiste porte à travers les lentilles du microscope. Sans être directement au contact des malades, il joue un rôle primordial dans leur prise en charge.

Episode 6 : Une enseignante aux petits soins pour ses élèves

Dans sa classe au cœur du centre psychothérapique pour enfants, Aude donne des cours à des enfants souffrant d’autisme, de troubles cognitifs.

26 janvier 2017

Sur la porte d'entrée, le mot « classe » est simplement écrit sur le petit écriteau. En ouvrant sa salle du centre psychothérapique pour enfants de l'hôpital de Niort, c'est un univers chaleureux et rassurant que la professeure des écoles spécialisée invite à découvrir.

Pour la quatrième année, Aude Vanitel assure des cours pour des enfants de 3 à 11 ans, souffrant d'autisme notamment, de troubles cognitifs et du comportement. Au cours d'une semaine, elle accueille vingt-cinq élèves dans cet espace assez épuré. Pour des leçons à leur mesure. Entre une demi-heure de cours et une heure et demie.

Dès leur arrivée, les petits sont invités à retrouver l'étiquette portant leur prénom et à l'accrocher sur un tableau. A côté de dessins illustrant une humeur, un sentiment : « Certains enfants sont non verbaux ; les pictogrammes leur permettent de s'exprimer. Je m'adapte. Je pars de ce que l'enfant sait faire. Pour certains, il s'agit juste d'acquérir la posture de l'élève. »

" Je me donne du temps, l'essentiel est que l'enfant avance "

Le bien-être, la sérénité, ce sont les mots clés. Ici, pas question de notes, Aude parle volontiers de « cahiers du savoir ». Elle préfère pourtant dire « j'apprends » plutôt que « je sais ». Avec un principe, presqu'un idéal : « Je me donne du temps, l'essentiel est que l'enfant avance. »

Les outils, le mobilier autant que les méthodes sont adaptés. « Les projets pédagogiques sont individualisés. Je me donne des objectifs en lien avec le personnel soignant ou avec les enseignants lorsque l'enfant est scolarisé. J'essaie d'associer les parents pour qu'ils deviennent des partenaires, que nous avancions ensemble. »

Aude propose aux enfants de s'installer devant une table, d'y disposer des caissettes colorées, d'y puiser des lettres, de reproduire les mêmes gestes selon les méthodes Makaton ou de la langue des signes français.

Dans la pièce, à côté, une mini-médiathèque, les livres de sorcières et de « copains-cochons » permettent d'autres découvertes.Et l'ordinateur adapté favorise des échappées vers le monde numérique. Chaque exercice s'effectue en toute bienveillance : « En aidant les enfants à mettre des mots sur des émotions. »

L'enseignante veille à rythmer la séance, à canaliser l'enfant, à changer rapidement d'activités, à utiliser les mêmes matériels d'un rendez-vous à un autre. Elle fait face parfois à des situations troublantes : « J'ai un élève qui se cache les yeux en entrant. Certains peuvent se jeter par terre. » Aude anticipe beaucoup. Toujours aux petits soins pour ses élèves : « Il m'arrive de les prendre sur les genoux. » Un geste de plus pour rassurer l'enfant.Pour que le pictogramme choisi passe de « triste » ou « fâché » à « heureux ».

Episode 5 : Des rayons où les romans côtoient les revues pros

Au cœur de l’hôpital, le Centre d’information et de documentation est ouvert aux malades, personnels soignants et étudiants. Une vraie richesse.

12 janvier 2017

Dans le vaste espace vitré en plein cœur du centre hospitalier, les romans côtoient les bandes dessinées et la presse récente. Les dernières revues spécialisées sont alignées dans les rayons. Les livres et documents réservés aux professionnels de santé ou élèves infirmiers attendent de susciter l’intérêt d’un lecteur initié.

Nous sommes au milieu des rayons de la bibliothèque de l’hôpital de Niort. Plus précisément, du Centre d’information et de documentation.

La vocation de ce CID est multiple, pluridisciplinaire, depuis sa création voici une quinzaine d’années. Ici, guidé par Sylvie Massé la documentaliste responsable, Emmanuelle Novier, la bibliothécaire ou Danielle Mercier et Doris Beaujeault, les agents administratifs, malades, praticiens et étudiants, se côtoient, à la recherche d’un peu d’évasion littéraire pour égayer leur séjour. A la quête d’un article très technique apportant des réponses pour la prise en charge d’un cas concret.

“ La lecture un loisir qui permet de sortir de la maladie ”

Les patients peuvent accéder dès leur hospitalisation au fonds loisirs du CID. « Ils sont plutôt à la recherche de livres légers, dans tous les sens du terme. Tenir un livre peut être compliqué selon le mal dont ils souffrent. Ils ont envie d’histoires brèves et distrayantes. Nous ne devons pas oublier que la lecture est un divertissement, qu’elle leur permet de se sortir de la maladie. »

Des ouvrages écrits en gros caractères, des CD et DVD leur sont aussi proposés. Gratuitement bien sûr : « C’est l’un des volets de la loi de santé de Marisol Touraine, l’hôpital se doit de d’offrir l’accès à la culture par tous les moyens. Des personnes en difficultés séjournent ici, malades qui n’ont pas l’habitude de fréquenter les bibliothèques. »

Equipées de leur chariot, le mini-bibliobus de l’hosto, les bibliothécaires passent régulièrement dans certains services, de chirurgie, de cardiologie, d’alcoologie ou de longue durée pour présenter un panel d’ouvrages : « C’est une proportion sans obligation. Nous interrogeons tout d’abord le patient pour savoir s’il a envie de lire ou non. » Conscientes des difficultés liées à certaines pathologies, elles conseillent, orientent, évitent aussi l’accès des malades à des informations d’ordre médical « qui risqueraient d’être mal interprétées. » Elles respectent des choix parfois surprenants : « Un patient emprunte le même livre depuis quatre ans. Il est très attachant. »

En pédiatrie, avec leur blouse blanche décorée, pour ne pas ressembler à un personnel soignant, elles connaissent leur petit succès : « C’est le service où nous sommes les plus attendues. Il représente la moitié des livres empruntés. C’est très enrichissant de travailler auprès des enfants. Très émouvant. » Auprès d’eux, la formule cousue main sur leur tenue, prend toute sa signification : « A l’hôpital, je lis. »

Episode 4 : " Le principal pour nous c'est le sourire des enfants "

Les deux éducatrices de jeunes enfants, en plus des jeux et des jouets, apportent écoute et partage aux hospitalisés. De la bienveillance pour les parents.

22 décembre 2016

C'est un peu la caverne d'Ali Baba du service pédiatrie de l'hôpital de Niort. Une grande salle où plein de jouets, de jeux et de livres sont à la disposition des enfants. Dans cette cour de récré intérieure aux murs chaleureusement décorés, au mobilier adapté aux petites tailles, les deux Isabelle, la brune et la blonde, sont comme deux fées. A la fois des copines et des grandes sœurs pour les petits malades. Celles qui prennent le relais des mamans pour prononcer quelques mots rassurants en lançant les dés sur un plateau, ou en racontant une histoire de princesses.

Isabelle Tedesco et Isabelle Dugué exercent leur métier avec passion et enthousiasme. Elles sont éducatrices de jeunes enfants. « Nous sommes là pour accompagner l'enfant et sa famille, pendant ce temps de séparation, de rupture, de perte de repères qui peut être angoissant. Nous essayons de rassurer. Nous proposons sans imposer. »

" Les parents ont besoin de souffler un peu, d'être rassurés "

En lien constant avec le personnel soignant, les deux EJE, vont à la rencontre des petits hospitalisés dans leurs chambres. Des plus grands aussi qui séjournent dans le service chirurgie. Là encore avec l'intention de proposer un temps d'écoute et de partage : « Un peu de bienveillance, une présence physique et psychologique, sans jugement. » En toute connaissance du dossier médical et social de l'enfant, elles jouent un rôle éducatif : « Nous aidons l'enfant à respecter les règles de la vie en groupe. Nous nous efforçons de créer du lien social, de permettre aux enfants de se rencontrer, de jouer ensemble. »

Cette oreille attentive, les deux Isabelles l'accordent aussi aux papas mamans. Car l'hospitalisation de leur petit, même si elle est souvent courte « en moyenne quarante-huit heures » en pédiatrie, provoque des angoisses et des émotions, auquel le personnel soignant ne peut pas toujours répondre : « Nous faisons un peu office de médiatrices, parce que nous sommes plus neutres. Les parents peuvent venir jouer aussi. Ils ont besoin de souffler un peu, d'être rassurés. Nous essayons de leur donner confiance. »

Pleinement impliquées, convaincues de l'intérêt de leur présence, de l'importance de leur statut de professionnelle en milieu hospitalier, les deux Isabelles partagent volontiers leur passion : « Notre métier n'est pas forcément connu et reconnu. Nous nous sentons plus proches de la psychologie que de l'animation. Nous faisons surtout attention à ne pas mettre l'enfant en situation d'échec, nous l'aidons à réussir. Le fait que ce soit possible de jouer à l'hôpital est très rassurant. »

Un métier pas forcément connu et reconnu

Plus que leur légimité, c'est le plaisir d'exercer leur profession qu'elles défendent. Avec une réelle force et une douceur apaisante : « Le principal pour nous c'est sourire des enfants et ces instants magiques quand des parents jouent avec nous. En fait, si nous donnons un peu de plaisir, nous recevons beaucoup. Plein de leçons de vie. »

Episode 3 : Un service en veille continue pour la sécurité de tous

8 décembre 2016

Sous le bâtiment central de l’hôpital, le service de sécurité et d’incendie est une vraie une tour contrôle. Ses agents sont prêts à intervenir à tout instant.

Des écrans lumineux, des outils informatiques en alerte constante, une vaste carte numérique des lieux affichée plein cadre. Des bips et des sonneries intermittentes… Nous sommes dans le poste de sécurité du service d'incendie et de secours à la personne de l'hôpital de Niort.

Dans cette salle située au sous-sol du bâtiment général, c'est l'ensemble du centre hospitalier qui est sous contrôle. Vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Par roulement, trois des dix-huit agents placés sous la responsabilité de Christophe Parra sont toujours prêts à intervenir. Le plus rapidement possible.

« Un départ de feu détecté et nous devons être sur les lieux dans les cinq minutes », explique-t-il. Vigilance, tel est le maître-mot ici. Car il s'agit de vérifier, une fois l'alerte donnée, que tous les systèmes de sécurité fonctionnent correctement : désenfumage, fermeture des portes de sécurité qui isolent les zones en danger, issue de secours… Une fuite d'eau, là encore, il faut faire vite, pour éviter les dégâts.

" Un départ de feu détecté et nous devons être sur les lieux dans les cinq minutes "

En plus de cette surveillance au poste de sécurité et des interventions in situ, les agents effectuent des rondes selon des rythmes quotidiens. Avec des zones où les risques sont identifiés comme plus importants, le secteur de psychiatrie par exemple.

Ces patrouilles rassurent autant les salariés que les patients et sont plutôt bien accueillies. Elles permettent évidemment des observations garantissant la sécurité de tous, favorisent aussi une parfaite connaissance des lieux et permettent un contact direct avec les agents hospitaliers.

Ces relations, les membres du service leur donne une vocation pédagogique lors d'opérations de formation régulières consacrées à la sécurité. Parce qu'ils connaissent parfaitement l'utilisation des outils de sécurité, ils sont capables d'en assurer la démonstration.

Leur présence continue dans le poste de contrôle en fait un point de passage régulier pour de nombreux intervenants extérieurs. Pas forcément les pompiers, dont la présence reste exceptionnelle. « Ils viennent plutôt pour effectuer des exercices grandeur nature, en situation réelle. C'est un terrain de jeu pour eux ! »

Serviables et polyvalents, les agents du service assurent encore des petits dépannages ou la gestion des bouteilles de gaz médicaux. Là encore avec une connaissance nécessaire des outils. Cette multiplicité des tâches ne les éloigne pourtant pas de leur fonction initiale. Au service incendie et secours, l'agent veille, surveille. Avec à chaque prise de service, le même rituel, un petit test de signalisation pour vérifier que tout fonctionne. La sécurité, c'est un métier.

Episode 2 : Un service aux petits soins pour les appareils médicauX

Les agents du service biomédical surveillent la vie des outils médicaux à la trace. Ils choisissent, entretiennent, contrôlent, réparent.

24 novembre 2016

Les salles ressemblent à un vaste magasin de pièces détachées. A une grande boîte à outil. Avec des pousse-seringue en panne, des stéthoscopes défectueux, des générateurs de dialyse éventrés…

Nous sommes dans les locaux du service biomédical de l'hôpital de Niort, du côté des bâtiments techniques, à l'arrière de la psychiatrie. Avec Joël Fabre, l'ingénieur responsable, une équipe d'une dizaine de personnes est en veille. Ces techniciens et agents administratifs ont des rôles multiples, des connaissances incroyablement vastes : médicales, techniques, électriques, électroniques et désormais informatiques.

"L 'idée est de suivre la vie du dispositif médical jusqu'au bout ".

« De son entrée à l'hôpital jusqu'à sa fin de vie, l'idée est de suivre la vie du dispositif médical jusqu'au bout. » De l'accompagner avec attention, car ces outils-là jouent un rôle primordial dans la prise en charge des patients. Un dysfonctionnement et c'est le suivi voire le traitement d'une personne hospitalisée qui risquent d'être pénalisés. Le service biomédical veille, dépanne, assure la maintenance et le contrôle qualité du matériel, en fonction de certaines qualifications techniques. Pour le mobilier, c'est la serrurerie qui intervient. Il s'agit sans cesse de déceler la panne et surtout de diagnostiquer. Avec, en fonction des services, une proximité nécessaire à une intervention rapide, comme sous l'hôpital général où les générateurs de dialyse ont le ventre ouvert. L'intervention du technicien se veut aussi méticuleuse que les gestes d'un chirurgien. Calant au plus près et au plus vite aux attentes des personnels médicaux et des patients.

C'est aussi en fonction de ces besoins que le service biomédical est amené à se prononcer chaque année sur le plan d'investissement médical : « Chaque pôle exprime ses besoins. Ils sont souvent liés à la vétusté du matériel en bout de course, sachant que la vie moyenne d'un appareil est de dix ans. Ces achats sont aussi associés à l'ouverture de nouveaux services. L'outil choisi doit être adapté aux objectifs, à la façon de travailler. Il faut choisir le bon matériel, au bon moment, dans la bonne discipline. »

Après la validation de la liste d'équipements pour chaque service par un comité de pilotage et l'achat qui répond aux règles du marché, l'arrivée du matériel est accompagnée d'un plan de formation, indispensable aux utilisateurs ainsi qu'aux techniciens. Car chacun dans leur atelier, avec une grande adaptabilité à l'outil et au problème rencontré, ils vont devoir tester, diagnostiquer, mesurer le degré de « criticité » et puis surtout soigner. Réparer. Avec toujours à l'esprit une notion très hospitalière : « Il nous arrive d'intervenir dans l'urgence. »

Episode 1 : La chaleur partagée du service de néonatalogie

10 novembre 2016

Les familles de bébés prématurés et le personnel bénéficient de l’écoute et du soutien d’associations concernées et impliquées.

Dans le couloir du service de néonatalogie de l'hôpital, des parents affichent leur sourire sur les photos couleur. Entre eux, leur bébé, petit bout de vie né ici trop avant l'heure. Au bout des branches d'un arbre dessiné sur le mur d'à-côté, le prénom et fonction de chacune des salariées du service.

Aux yeux de Karine Rousseau, cadre de santé, ces deux fresques imagées sont bien plus qu'une décoration, elles marquent l'entrée dans un espace, médical certes mais où le lien entre parents et personnels s'impose comme une priorité : « Dans l'esprit de beaucoup, la néonat' reste un service très technique, qui fait un peu peur. C'est l'enfant malade… »

" Les bénévoles de ces associations proposent une oreille attentive parce qu'elles ont elles-mêmes vécu la naissance d'un enfant prématuré ", assure Karine.

Une visite des chambres rappelle la présence d'instruments médicaux nécessaires au suivi des bébés autour des quatorze berceaux. Pourtant, dans le service qui accueille une trentaine de nouveaux-nés en moyenne chaque mois, c'est une autre impression qui s'impose, chaleureuse, presque apaisante. Toute douce, comme l'image de cette maman câlinant son bébé entre deux tétées.

Au-delà de la prise en charge des petits prématurés séjournant en moyenne un mois et demi, l'accompagnement, le conseil, l'écoute des parents est l'une des clés qui leur permet de se préparer à une nouvelle existence quand s'ouvre la porte de sortie. Et pour mieux répondre à cette volonté partagée, davantage encore depuis l'inauguration du pôle femme-mère enfant en 2011, des associations ont ici le droit d'entrer. « Les bénévoles de ces associations proposent une oreille attentive parce qu'elles ont elles-mêmes vécu la naissance d'un enfant prématuré, assure Karine, pensant en premier lieu à Véronique Saunier, correspondante locale de SOS Préma. C'est une association très respectueuse, ses bénévoles proposent une liberté de paroles aux parents, leur permettent de verbaliser d'autres choses qu'avec le personnel médical. Il existe une véritable confiance et c'est un travail, une démarche différente de la nôtre. »

La néonatalogie, c'est vraiment un chouette monde. »

En plus des mots de réconfort, ce sont parfois de petits objets pour de délicates intentions qu'apporte SAS Préma. Noël, la fête des mères ou Pâques, les occasions ne manquent pas. Des cache-couveuse ou des ciels de lit traduisent aussi une aide plus matérielle. Plus symbolique encore, l'association a initié le projet de réaménagement de la salle des parents, un endroit aménagé et équipé où une petite pause est offerte à la famille, pour grignoter, se reposer. « Nous avons fait appel à une maman designer pour rendre cet espace plus chaleureux. » Bien plus que l'aspect matériel, c'est le soutien, le témoignage de mamans directement touchées, leurs petits conseils, qui importent. De belles intentions qui touchent tout le service, notamment lors de périodes symboliques de l'année comme Noël. « Pour le personnel aussi, les associations apportent beaucoup. Un vrai confort et beaucoup d'émotion. La néonatalogie, c'est vraiment un chouette monde. »

Ce long-format est réalisé par La Nouvelle République Deux-Sèvres à partir des textes de Jean-Michel Laurent, avec Eric Pollet et Mathilde Leclerc.

Created By
La Nouvelle République Deux-Sèvres
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Credits:

Jean-Michel Laurent, Eric Pollet, Mathilde Leclerc

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