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Michelin : Osiris ou le secret d'une révolution technologique « Nos pneumatiques vont être assemblés d’une façon plus automatique, plus autonome avec une évolution des compétences », Laurent Carpentier directeur du site Michelin de Blavozy

A l’usine Michelin de Blavozy, on travaille à la mise au point d’une innovation majeure dans le domaine de la fabrication de pneumatiques destinés au génie civil. Secret industriel oblige, impossible de connaître les détails du projet « Osiris » développé à l’abri des regards, dans une zone protégée du site. Laurent Carpentier, le directeur, en dévoile toutefois les contours. « Nous menons l’expérience depuis 2012. Il s’agit d’un prototype décalé par rapport à notre processus de fabrication actuel. En vulgarisant à outrance, ce procédé se rapproche d’un module d’impression en 3D. »

Dernière ligne droite de la phase de test

De manière très schématisée, il suffit d’injecter les matières premières dans la machine, elle s’occupe du reste… Dans la réalité, c’est un peu plus compliqué que cela… « En s’appuyant sur une technologie que l’on connaît déjà, nous travaillons à adapter un procédé et à le prendre en main. »

Chaque bandage de pneu est pesé avant la cuisson.

La phase de tests dans les conditions de production industrielle entre dans sa dernière ligne droite. Le premier pneumatique devrait sortir début avril pour subir une batterie d’essais. En cas de succès, Michelin s’attaquera alors au déploiement progressif d’« Osiris » sur son site de Blavozy et ailleurs. Décision en fin d’année.

Osiris une véritable révolution technologique ?

Moins d’intervention humaine dans la chaîne de fabrication, et donc moins de risques d’accidents (le challenge de la direction est d’atteindre le zéro accident du travail) ; meilleur en termes d’ergonomie ; plus précise… « Osiris » serait une véritable révolution technologique. « L’idée est de se démarquer encore plus de la concurrence en termes de qualité tout en augmentant la production. C’est un virage nécessaire pour rester compétitif et mettre tous les atouts de notre côté afin de pérenniser le site », déclare Laurent Carpentier.

Quid de l’emploi ?

Si la machine remplace l’homme, quid des effectifs ? « Attention ! Nous n’en sommes encore qu’au stade du prototype, son fonctionnement reste à confirmer », rappelle le chef du personnel Frédéric Valéau qui avance avec prudence sur ce terrain. « Si c’est le cas, il est clair que le processus de fabrication sera simplifié, l’organisation des ateliers s’en retrouvera modifiée. À coup sûr, cela va transformer les métiers : passer d’ateliers manufacturiers à une production sur des lignes automatisées réclamera de nouvelles compétences aux équipes. Mais, il est prématuré de parler de baisse d’effectifs. » A la direction de l’usine, on l’assure : la mutation technologique ira de pair avec une augmentation des volumes production.

Des voyants au vert

Le site de Blavozy est spécialisé dans l’équipement d’engins utilisés sur les chantiers d’infrastructures, les mines, la grosse manutention, etc. Des secteurs qui, au plan mondial, sont prospères depuis deux années. « Le marché allant plus vite que nous, notre problème est un bon problème : comment faire davantage encore plus vite. Maintenant, ces marchés sont cycliques. Le challenge est de s’adapter à la demande des clients », confie Laurent Carpentier. Michelin répartit sa gamme pour le génie civil sur cinq sites : Lexington (USA), Campo Grande (Brésil), Vittoria (Espagne), Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire) et Blavozy.

Sur le site de Haute-Loire, 30 % de la production est destinée à la première monte (pneumatiques d’origine), les 70 % restant partent sur le marché de remplacement. Environ 70 % des pneus sont expédiés en dehors de l’Europe.

La sortie du premier pneu

Le 15 juin 1977, le site de Blavozy sortait son premier pneumatique de génie civil. L’activité allait ensuite fortement se développer. Sur les trente premières années, 1,35 million d’exemplaires ont été produits. Aujourd’hui, le site tourne à une cadence de près de 200 par jour.

En 2018, 70 000 pneumatiques ont été produits à l’usine de Blavozy. L’objectif est de faire encore mieux cette année. « Si on parle en tonnage, la progression est de 17 % entre 2017 et 2018, Entre 2018 et 2019, nous cherchons à atteindre les 18 %. On vise le record de production », indique Laurent Carpentier, le directeur du site de Blavozy.

Avec 650 salariés aujourd’hui, nous sommes plutôt à la hausse depuis deux ans. En plus de pallier aux départs en retraite, nous créons des postes supplémentaires. Il y a eu plus de 250 recrutements sur la période 2017-2018 afin de répondre au marché. Nous en prévoyons une centaine cette année.

Laurent Carpentier, directeur du site.

Textes : Christophe Bouyer; Photos : Michel Taffin.

Mise en page : Célia Chebbah

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