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Une année de ras-le-bol sur les routes Dossier réalisé par Jean-Lou Dauvergne

Cette année 2018 a été marquée par d'importantes mobilisations de la part des usagers de la route. 80 km/h, hausse du prix des carburants... Les Côte-d'Oriens ont manifesté leur mécontentement à plusieurs reprises.

80 km/h : le déclencheur

En cette fin d'année 2017, alors que la décision doit être prise au mois de janvier 2018, l'information de l'hebdomadaire Le Point promet de faire grand bruit : une limitation à 80 km/h au lieu de 90 km/h sur les routes dites bilatérales, c’est-à-dire celles qui n’ont pas de séparation centrale entre les deux voies de circulation. Une décision capitale dans la lutte contre l’insécurité et la mortalité routière pour le Premier ministre Édouard Philippe, mais un point de vue contesté par les associations de défense des automobilistes, comme la Ligue de défense des conducteurs pour qui la corrélation entre vitesse et nombre de morts n’a jamais été prouvée.

Pour Yves Lemaire, directeur régional de la Prévention routière pour la Bourgogne-Franche-Comté, en revanche, cette réduction de la vitesse sur les routes nationales et départementales peut "être un moyen de réduire le nombre de morts sur les routes", comme il l'exprime dans les colonnes du Bien public. "Aujourd’hui, les excès de vitesse sont présents dans 36 % des accidents qui se produisent à des vitesses situées entre 70 et 110 km/h. Or, si l’on baissait de 1 % la vitesse sur les routes, il y aurait 1 % d’accidents, 2 % de blessés et 4 % de morts en moins."

Le débat est lancé et attise la colère de certains politiques, qui apprennent que la Sécurité routière a envoyé aux préfets une note dans laquelle sont détaillés des arguments en faveur de l’abaissement controversé de la vitesse.

"Dans les faits, il apparaît que le Gouvernement a d'ores et déjà tranché et qu'il l'annoncera officiellement en janvier, lors de la prochaine réunion du Comité interministériel à la Sécurité routière", lance le président du conseil départemental, François Sauvadet, particulièrement impliqué puisque la mesure concerne près de 4 500 km de routes en Côte-d’Or.

100 € le panneau

Mille euros sont estimés par le conseil départemental concernant le changement des panneaux "90" en panneaux "80" sur le réseau secondaire en Côte-d’Or. Un chiffre qui peut paraître très faible mais que la collectivité justifie ainsi : "Le coût de la mesure sera marginal sur les finances départementales, a priori, puisque le nombre de panneaux limitant explicitement la vitesse à 90 km/h est très faible. Les panneaux sont d’ailleurs souvent placés aux abords des radars automatiques et possiblement pris en charge par l’État. Le coût du changement est de l’ordre de 100 € par panneau."

En France, la colère monte depuis le début de l'année. Samedi 13 janvier, un premier rassemblement de quelque 1 800 usagers, dont de nombreux Côte-d'Oriens, a lieu à Sevrey, en Saône-et-Loire. Réunis à l’initiative de Sortie Motards 71, les bikers majoritaires sont rejoints par des automobilistes, des jeunes à scooter mais aussi des routiers qui, pour l’occasion, ont laissé les 40 tonnes au garage.

Photo archives Catherine Zahra (JSL)

Le mouvement grandit et arrive jusqu'à Dijon. Dénonçant la limitation de vitesse, les nouveaux tarifs de stationnement au centre-ville, l’instauration d’un contrôle technique annuel obligatoire pour les véhicules de plus de six ans ou encore la hausse des prix du carburant et du péage, environ 750 conducteurs de motos et de voitures manifestent sur la rocade de Dijon, samedi 27 janvier, à l'initiative d'un collectif formé sur Facebook et intitulé Colère 21, entraînant un certain nombre de perturbations.

Le Département s'engage

Alors que François Sauvadet a pris la tête d’une liste de départements frondeurs, pour demander au gouvernement de revenir sur cette décision jugée pénalisante pour les personnes qui vivent en milieu rural, trente-cinq présidentes et présidents de conseils départementaux se réunissent à Dijon, au mois de mars, dans le cadre d’un séminaire du groupe de la Droite, du centre et des indépendants (DCI) au sein de l’Assemblée des Départements de France (ADF). Un groupe qui rassemble soixante-huit collectivités – sur les cent trois que compte l’ADF – et présidé par... François Sauvadet. Le groupe plaide pour une "application différenciée de la limitation de vitesse à 80 km/h", face à un Premier ministre déterminé : "Indéniablement, et on ne peut l’accepter, on meurt plus à la campagne qu’en ville. D’abord parce que les habitants passent quotidiennement plus de temps sur les routes, mais aussi parce que ces routes sont les plus dangereuses." Comme annoncé, la loi s’appliquera bien le 1er juillet 2018.

Dominique Bussereau (président de l’Assemblée des Départements de France) et François Sauvadet (président du groupe DCI au sein de l’ADF). Photo archives LBP

Dans ce contexte, la mobilisation se poursuit à Dijon. Le 3 mars, environ 400 motards et automobilistes manifestent en prenant le départ du Zénith de Dijon avant de prendre l'avenue du Drapeau, la place de la République, la place Darcy. Après un rendez-vous en préfecture, les motards se rendent place du Théâtre, place Wilson, place du 30-Octobre avant un retour vers l'Auditorium, l'avenue du Drapeau et le Zénith. Une manifestation qui n'arrangera pas la colère ambiante : des motards du Doubs, qui ont circulé vers Dijon pour participer à la manifestation du 3 mars, reçoivent des contraventions pour "vitesse anormalement réduite". Une "hérésie", un geste "petit et bas" ou encore un "excès de zèle" pour Laurent Fasel, coordinateur de la Fédération française des motards en colère du Doubs, qui compte alors faire annuler ces PV.

Photo archives Philippe Bruchot

Le 14 avril, ce sont cette fois plus de 600 motos et 75 voitures qui manifestent à Dijon contre la limitation de la vitesse à 80 km/h, à l'appel de la section Côte-d'Or de la Fédération française des motards en colère. Parmi les moments forts : un faux radar brûlé symboliquement devant la préfecture.

Photo archives Dominique Trossat

En juin, cette même fédération organise une veillée funèbre contre la politique de sécurité routière, place de la République à Dijon. Quelques jours plus tard, mardi 26 juin, François Sauvadet, toujours farouchement opposé à cette nouvelle limitation, participe avec des agents du conseil départemental à l'installation, sur la route départementale 974, d'un panneau 80 km/h. "Tous les panneaux 90 km/h, actuellement sur des routes à 90 km/h devant passer à 80 km/h le 1er juillet, auront été remplacés pour le jour J", prévient de son côté la préfecture.

Un nombre de flashs doublé en juillet

Mais quatre jours après le passage de la réforme sur la limitation de vitesse à 80km/h sur les routes secondaires, des nouveaux panneaux sont tagués dans le département. À proximité du radar d'Asnières-lès-Dijon, sur la départementale 903, un "Non" à la peinture orange recouvre la nouvelle vitesse maximum autorisée sur l'axe inscrite sur deux panneaux. À cette même période, la Côte-d’Or suit la tendance nationale et double presque son nombre de flashs pour le mois de juillet : "Sur un parc de radars identique concerné par le changement de la limitation de vitesse maximale autorisée à 80 km/h, le nombre de flash est en augmentation de 47 % de juillet 2017 (1 696 flashs) à juillet 2018 (2 491 flashs)", détaille la préfecture.

Photo archives Stéphane Trannoy

LES RADARS en prennent plein la tête

Pendant cette année 2018, les radars du département ont été la proie de nombreuses dégradations, coïncidant avec des réformes polémiques. Sacs poubelle, peinture, tags, goudron et plumes, gilet jaune... Les actes de vandalisme se suivent et ne se ressemblent pas. Il y a plusieurs mois, le ministère de l’Intérieur expliquait dans nos colonnes qui payait les coûts de remise en état des radars vandalisés. Contrairement à ce que l’on pense, il ne s’agit pas du contribuable. "Ce ne sont pas les citoyens par leurs impôts qui s’acquittent des frais. C’est une idée fausse. Le budget global consacré aux radars est alimenté par le produit des recettes des amendes radars… Si vous ne commettez pas d’infractions, vous ne payez pas."

Côté facture, la note peut aller de 500 € pour du vandalisme léger nécessitant de petites réparations à 60 000 € et même 80 000 € dans les cas plus lourds, avec remplacement de l’engin détérioré. La préfecture rappelle "qu’un bilan des effets de cette mesure sera dressé dans deux ans. Selon la volonté du gouvernement, l’éventuel surplus des amendes perçues par l’État lié à l’abaissement de la vitesse à 80 km/h sera affecté à un fonds d’investissement pour la modernisation des structures sanitaires et médico-sociales spécialisées dans la prise en charge des accidentés de la route."

Le radar automatique de Marsannay-le-Bois, au bord de la RD 974, le 6 mars. Depuis octobre 2016, ce radar est régulièrement pris pour cible. Photo archives Cyrill Bignault
Le radar de Domois, entre Ouges et Fénay, tagué le 30 avril. Ce n'est pas une première pour ce radar automatique. Photo archives Céline Gillot
Le radar de Longeault, vandalisé au début du mois d'octobre mais également au mois de novembre. En 2017, ce radar a recensé 13 587 dossiers d'infractions. Photo archives Catherine Bonnet
Au mois d'octobre, ce même radar de Volnay a été recouvert de goudron et de plumes. Une dégradation façon "western". Photo archives DR
Le radar de Marsannay-la-Côte situé route de Beaune, à proximité de Cora a été recouvert pendant le mois de novembre. Photo archives Annie Goubet
Le radar de Soirans habillé la veille du 17 novembre, journée de mobilisation nationale des "gilets jaunes" contre la hausse des taxes sur les carburants. Photo archives Bruno Sylvestre

Les gilets jaunes : l'exaspération générale

Ils sont au cœur de l'actualité de ces dernières semaines. L'objectif des gilets jaunes : obtenir un recul du gouvernement sur des taxes sur le prix des carburants justifiées par des impératifs écologiques et sanitaires. Pour le Premier ministre Édouard Philippe, le besoin de combattre les émissions de gaz à effet de serre prime sur les autres considérations, comme la grogne des Français : "Il faut pouvoir inciter nos concitoyens à changer un certain nombre de comportements qui sont problématiques du point de vue des équilibres environnementaux".

Lors d'un déplacement au Vietnam, Édouard Philippe a par ailleurs fait valoir, pour "accompagner" ce changement, les primes à la conversion du gouvernement dans l'automobile ou pour changer les chaudières au fioul. Pas de quoi convaincre nombre d'automobilistes, qui ont alors lancé un appel au blocage des routes pour le 17 novembre. À l'origine venu des réseaux sociaux, ce mouvement des "gilets jaunes" est largement relayé. De nombreux appels au rassemblement se font aux quatre coins de la Côte-d'Or.

Le mouvement des gilets jaunes commence à faire beaucoup parler de lui dans le département, notamment à l'annonce d'un blocage des accès à la ville de Beaune pendant le week-end du 17 novembre. Un week-end sacré dans la cité beaunoise, avec le déroulement des festivités de la Vente des vins, qui attire des dizaines de milliers de personnes, mais aussi la tenue du semi-marathon, où 5 000 coureurs sont espérés. Cette possible mobilisation, qui se présente alors comme "pacifique", pourrait bouleverser les choses.

"On veut frapper fort"

"La hausse du carburant a été l’élément déclencheur, il faut que le gouvernement arrête de nous prendre à la gorge en augmentant les taxes en général. On sait que les rassemblements dans les grandes villes vont être médiatisés, mais on veut aussi faire prendre conscience au gouvernement que, même dans les villes plus petites, on peut manifester", déclare Guillaume Larbi, 29 ans, dans nos colonnes. Avec son collectif, il souhaite "frapper fort" et bloquer les trois principaux ronds-points de la ville : celui de la route de Pommard et ceux situés à l’entrée des deux sorties d’autoroute.

Finalement, à la suite d'une entrevue avec le sous-préfet et le commandant de police, les gilets jaunes ont finalement décidé d'assouplir le mouvement de contestation. Ils seront bien présents aux ronds-points mais n'empêcheront pas les automobilistes de passer et distribueront des tracts et une pétition.

17 novembre. Jour J pour le premier acte de la mobilisation. Six manifestations ont été déclarées sur le territoire de la Côte-d'Or. À la fin de la journée, la préfecture recense 43 barrages filtrants (30 en zone de gendarmerie et 13 en zone de police), dont sept à Dijon (un à la Toison-d'Or) et six à Beaune. Si 7 000 personnes ont manifesté, aucun blocage n'a eu lieu dans le département.

Le rassemblement au Zénith de Dijon. Photo archives Benjamin Gil

Une tournure imprévue à Dijon

À Dijon, les gilets jaunes se sont donné rendez-vous à 14 heures sur le parking du Zénith. Sur les pancartes, on peut lire “Macron tu nous pompes”, ou encore “Le peuple travaille pour vivre et non survivre”. Les motards font pétarader leurs moteurs : c’est le coup d’envoi. Une immense vague jaune fluo, composée de 5 000 manifestants, se met en marche. Retraités, étudiants, salariés, tous viennent crier leur ras-le-bol de la politique gouvernementale. Initialement, le cortège devait se diriger sur la rocade, en direction du rond-point Pompidou, et revenir sur ses pas.

Finalement, les gilets jaunes se scindent en deux groupes : l’un emprunte le chemin traditionnel et met en place un barrage filtrant au niveau du centre commercial de la Toison d’Or, tandis que la majorité préfère s’orienter vers le centre-ville de Dijon et emprunter l’avenue de Stalingrad. Quelques mètres plus loin, les gilets jaunes se heurtent à un cordon de CRS, qui font usage de gaz et de grenades lacrymogènes, sous les cris de la foule scandant : « CRS avec nous ! ».

Le barrage des CRS devant la préfecture, à Dijon. Photo archives Benjamin Gil

La présence d’enfants conduit les forces de l’ordre à ne pas répliquer et à laisser la vague poursuivre son sillon. Survolé par un hélicoptère de la gendarmerie, le mouvement, réclamant la démission d’Emmanuel Macron, passe ensuite place de la République et place de la Libération, avant de rejoindre la place Darcy, sous le slogan “Macron t’es foutu, les gilets sont dans la rue”. Sans savoir comment va évoluer le mouvement, les CRS sont postés devant la Préfecture et les locaux du conseil départemental. Les gilets jaunes arrivent finalement jusqu’à la gare, située à 6 km du Zénith. Une dizaine de manifestants s'assoient au milieu des voies de chemin de fer, conduisant la SNCF à interrompre le trafic momentanément. Ils lèvent le camp quelques minutes plus tard.

Des organisateurs dépassés

Quelques échauffourées éclatent rue de la Préfecture, blessant deux policiers. Puis, le mouvement s’estompe avant de se disperser. Dépassés par les événements, les organisateurs, qui ont pris l’initiative de convoquer le rassemblement devant le Zénith, se désolidarisent des participants qui ont pris la direction du centre-ville. Annie Gambon, l’une des quatre organisatrices du mouvement en Côte-d’Or, se dit "profondément déçue" dans les colonnes du Bien public. Elle espère que les gilets jaunes ne s’arrêteront pas, même si, pour l’instant, elle n’entend pas reconduire de nouvelles actions.

Photos archives Dominique Trossat et Benjamin Gil

Dans le reste du département...

À Beaune, 300 retraités, jeunes, mais aussi des actifs, ont répondu à l’appel de Guillaume Larbi, l’un des six organisateurs de la manifestation beaunoise, qui a été déclarée en préfecture. Le cortège intergénérationnel défile sur la rocade, vers 15 heures. Les gilets jaunes, qui ont fabriqué de nombreuses banderoles contre le gouvernement et la hausse des taxes, entonnent, à tue-tête, des “Macron démission” mais aussi "La Marseillaise" à de nombreuses reprises. L’ambiance est alors bon enfant.

C’est après le rond-point de l’autoroute Beaune-Sud que les choses changent. Sans concertation, les groupes se séparent en deux. L’un décide de suivre l’itinéraire prévu jusqu’au rond-point de Pommard, tandis que l’autre (environ 80 personnes) bifurque vers le centre-ville. Les policiers tentent de les arrêter une première fois, mais le groupe force le passage dans des cris de “Nous sommes un mouvement pacifiste”, et remonte le boulevard en sens inverse, jusqu’à l’intersection avec le faubourg Bretonnière. Après une bonne demi-heure de patience, les gilets jaunes reprennent leur marche et ont le droit de faire un tour de boulevard, escortés par les policiers qui bloquent à chaque fois les entrées au centre-ville, de peur que les manifestants n’entrent.

Photo archives Thibault Simmonet

À Montbard, près de 600 gilets jaunes s'installent aux ronds-points et endroits stratégiques pour bloquer les accès à la ville. Les manifestants entravent les voies permettant de se rendre à Intermarché et Aldi. Ils mettent fin à leur action dans la bonne entente vers 18 heures en se rendant devant la boutique du fleuriste, point de ralliement.

Photo archives Dominique Ragot

À Châtillon-sur-Seine, les gilets jaunes défilent dans tout le centre-ville. Ils sont à peine 400 au départ jusqu'à être rejoints par d'autres manifestants. Au final, ils seront environ mille. Tous sont là pour exprimer leur ras-le-bol. "C’est notre pouvoir d’achat qui en prend un coup", peut-on entendre parmi les manifestants. "C’est un mouvement citoyen, pacifique, apolitique", souligne Alain Moret, à la tête de ce rassemblement. Une fois le défilé terminé, des barrages filtrants sont mis en place route de Montbard et de Dijon, route de Chaumont et route de Troyes, jusqu'à 17 heures. Aucun débordement n’a été signalé.

Photo archives Astrid Gayet

Avant 9 heures, une soixantaine de gilets jaunes prennent possession du rond-point de Pont-Hémery, à l’entrée de Brazey-en-Plaine. La circulation est filtrée par la mise en place de tracteurs, fourgonnettes et pneus aux endroits stratégiques. Quelques pneus sont enflammés dans un fossé, mais l’ambiance reste bon enfant. Un automobiliste pressé manque provoquer un accident en milieu de matinée. La manifestation se termine dans le calme aux alentours de 14 h 30.

Photo archives Bruno Thiebergien

Les gilets jaunes ne lâchent rien

Nouvelle mobilisation le 24 novembre. Alors qu'à Paris, sur les Champs-Élysées, des casseurs monopolisent le mouvement des gilets jaunes, la manifestation dijonnaise, qui rassemble 300 personnes, se fait avec quelques incidents. Au centre-ville, les gilets jaunes tentent de rejoindre la préfecture mais sont stoppés par les forces de l'ordre qui font usage de gaz lacrymogènes. En marge de la manifestation, les policiers interpellent un jeune homme de 17 ans, qui a revêtu un gilet jaune et a dissimulé son visage derrière un masque, alors qu’il lance des pierres sur les forces de l’ordre. Ailleurs dans le département, des groupes se rendent dans une petite dizaine de péages d'autoroute pour lever les barrières.

Au centre-ville de Dijon, samedi 24 novembre. Photos archives Philippe Bruchot

Barrages filtrants, opérations "péage gratuit"... Depuis le 17 novembre, les gilets jaunes sont restés mobilisés et se sont relayés sur des rond-points ou des sorties d'autoroute. À Saulieu, le discours très attendu du Président de la République Emmanuel Macron, prononcé mardi 27 novembre, n'a pas apaisé les gilets jaunes qui promettent de poursuivre le mouvement. À Beaune, un campement a été mis en place sur le rond-point Philippe-le-Bon, à la sortie de l’autoroute Beaune Sud. Jour et nuit, les gilets jaunes se relaient pour distribuer des tracts tandis qu'autour d’eux, la solidarité s’organise. Autre exemple à Chevigny-Saint-Sauveur, où plusieurs personnes ont passé plusieurs nuits au rond-point de l'A 39.

Au rond-point de l'A 39 à Chevigny/Crimolois. Photo archives Alicia Warcholinski

1er décembre : le mouvement ne s'essouffle pas

La contestation semble ne pas s'essouffler pas puisque samedi 1er décembre, plus de 1 000 gilets jaunes se rassemblent à Dijon, contre 300 la semaine précédente. Une manifestation beaucoup plus radicale, sans parcours défini, qui vire à l'affrontement contre la gendarmerie mobile, rue de la Préfecture. Poubelles incendiées, voitures retournées... La cité des ducs devient, le temps d'un après-midi, le théâtre d'impressionnantes scènes de violence. Neuf personnes sont interpellées à Dijon et plusieurs sont blessées. Dans le reste du département, en revanche, les gilets jaunes mènent des actions pacifiques : opérations "péage gratuit", barrages filtrants, récoltes de nourriture pour la Banque alimentaire ou pour le Téléthon... Autant de belles initiatives qui contrastent drastiquement avec les violences qui se sont emparées du cœur de Dijon.

Photos archives Philippe Bruchot

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