La Baule Un art de vivre

Art de vivre. Nom masculin. Mode de vie ou style de vie, manière de vivre, d’être et de penser, d’une personne ou d’un groupe d’individus.

Cet art de vivre n’est pas propre à une époque donnée, il a la particularité d’être intemporel, toujours riche des empreintes d’antan. Je vous laisse donc découvrir l'histoire de Louise et de Romane, deux femmes de tous les jours et de tous les temps, des femmes de leurs époques.

LOuise et ROmane, c'est vOus, c'est mOi.

La Baule, l'art de séjourner

1926. Initialement conçu comme hôpital pour les enfants atteints de tuberculose, l'institut Verneuil devient rapidement un hôtel de luxe. Louise, 40 ans, aime observer la mer depuis le balcon de la chambre n° 152, sa préférée.

©Archives municipales de La Baule

2017. L'hôtel Royal Thalasso Barrière a ouvert depuis peu le célèbre Fouquet's dont la carte est signée du Chef étoilé Pierre Gagnaire. Romane, 40 ans, aime boire son café au bar de l'hôtel avant d'aller profiter des bienfaits de sa cure de thalassothérapie.

La Baule, l'art de croire

1880. Tournée vers l'Océan, Notre-Dame des Flots accueille les fidèles venus se recueillir et prier chaque dimanche le jour du seigneur. Louise espère y croiser Lucien avant d'aller au marché.

©La Baule Sépia

2017. Cette année encore, l'Espace Culturel Chapelle Sainte-Anne présente une très belle exposition de peintures de la Société Littéraire et Artistique de La Baule. Romane souhaite assister au vernissage et pouvoir rencontrer ainsi les artistes.

La Baule, l'art de flâner

1913. D'abord réputé pour sa halle aux poissons, la marché se dote d'une allée aux bouchers mais également d'un auvent pour abriter les légumes. Aujourd'hui dimanche, Louise espère pouvoir acheter les tomates de son producteur préféré.

©Archives municipales de La Baule
Secret de Louise pour sa recette de tomates farcies : ajouter des herbes aromatiques pour apporter un peu de fraîcheur.

2017. Depuis 4 ans, la station s'est dotée d'une nouvelle halle et offre aux résidents comme aux vacanciers un florilège de produits frais et de saison. Aujourd'hui dimanche, Romane se réjouit à l'idée d'acheter les nougatines de son enfance.

Secret de Romane pour déguster ses nougatines : au goûter et en bonne compagnie !

La Baule, l'art de jouer

1925. Le plaisir de se parer de sa plus belle toilette pour sortir et aller au casino. Louise et Lucien vont sûrement jouer au baccarat avant d'aller voir le spectacle de music-hall.

©Archives municipales de La Baule

2017. Aux machines à sous, au black-jack ou à la roulette anglaise, de nombreux gains ont encore été remportés cette année au Casino Barrière. Romane espère pouvoir gagner la voiture !

Mais derrière ces portraits, ces époques et ces styles de vie se dessinent également une ville, une station à l'architecture controversée ...

La Baule, c'est du béton !

By © Aurore

©Archives municipales de La Baule

D’abord connue pour son sable fin, ses vacances parfumées aux odeurs de pins et son art de vivre, la station de La Baule l’est aussi pour ses 9 kms de remblai bétonné. Apprécié par certains, méprisé par d’autres, le front de mer ne laisse personne indifférent …

Retournons dans les années 1950 pour comprendre : essor d’après-guerre, congés payés et démocratisation de l’automobile participe au déploiement du tourisme de masse. Même si La Baule connaît les prémices du tourisme depuis l’arrivée du chemin de fer en 1879, le milieu du XXème siècle marque le point de départ de la bétonisation du remblai. Le beau monde débarque, il faut construire pour augmenter les capacités d’accueil ! En 1951, l’immeuble « Le Floride » ouvre la danse. Symbole de modernité, ces « grands ensembles baulois » permettent d’accueillir en abondance, offre une vue mer à tous, apporte un nouveau confort et facilite l’accès à l’océan. Les villas, plus coûteuses d’entretien et moins fonctionnelles, parfois objet de discorde entre familles héritières, se retrouvent brusquement abandonnées et éjectées au second plan. Les promoteurs immobiliers s’amusent, investissent, bâtissent des colosses pouvant compter plus de 10 étages. La « Tour Saint-Clair », avec ses 18 niveaux et 60m de hauteur, remporte aisément le prix du plus élevé des géants du front de mer.

« C’était mieux avant ! »
Une vague ... d'immeubles !

Intéressons-nous à la vision de la guide de l’Office de tourisme … Solenne, guide-conférencière depuis un an à La Baule, accuse constamment les mêmes remarques de la part des visiteurs : « c’était mieux avant », « c’est vraiment dommage, cette barre d’immeubles ! ». Les mots ne sont pas mâchés. Avec pédagogie, elle explique qu’il ne faut pas se contenter d’un simple regard contemplatif mais se réapproprier cette architecture, l’observer avec un regard aiguisé pour comprendre et accepter sa présence. Et surtout, oser la franchir, se retrouver au frais, à l’ombre des pins pour enfin découvre le vrai trésor de La Baule …

La Baule : aussi mondaine que discrète

© By Angela

Station balnéaire très prisée du Tout-Paris de l’entre-deux-guerres, aujourd’hui La Baule a toujours le vent en poupe mais les people n’y viennent pas pour s’exhiber. Le Tout-Paris se laisse séduire ! En 1929, La Baule se hisse à la troisième place du classement des stations du littoral atlantique et devient alors une destination très appréciée des personnalités artistiques de la capitale ! De nombreuses célébrités posent ainsi leur valise à La Baule : Edith Piaf, Tino Rossi, Charles Trenet, Joséphine Baker, Sacha Guitry et Dalida, pour ne citer qu’eux ! Tous tombent sous le charme du bel hôtel Hermitage, son casino et ses nombreux loisirs et spectacles. Un nouvel âge d’or malgré le bétonnage.

©Archives municipales de La Baule

Après-guerre, privés pendant cinq ans, les Français ont soif de vacances. Ils sont ainsi très nombreux à séjourner à La Baule, en quête d’iode et de soleil. Face à cette afflux de touristes, les constructeurs se précipitent et l’heure est alors à la construction verticale et aux appartements avec vue sur l’océan. Cette triste modernité n’empêche pas la station de vivre un nouvel âge d’or et malgré la concurrence des stations rivales, La Baule résiste.

De 1980 à 1989, le tournoi de tennis des hôteliers et restaurateurs, organisé par Moët & Chandon, attirera les chanteurs Sacha Distel et Pierre Perret, l’acteur Francis Perrin ou l'animateur Stéphane Collaro. En 1984, les Derbys sont lancés, des rendez-vous sportifs qui rythment la saison. Ainsi se côtoient à La Baule Sean Connery et Caroline de Monaco, Björn Borg et Juan Carlos, Mel Gibson et Yannick Noah, Jean Rochefort et Nicolas Sarkozy. Plus récemment, Marion Cotillard et Guillaume Canet se sont laissés enjôler par la plus belle baie d’Europe, ses villas, son stade équestre et... sa discrétion. Ici, ce n’est pas Saint Tropez ! Pas de paillettes ni de bling-bling, encore moins de paparazzis !

Sans artifice aucun. Authentique et réservée. Célébrité bauloise

Les stars se font discrètes et viennent surtout à La Baule hors saison, à l’occasion d’un court-séjour ou d’une thalasso. Elles flânent sur le marché, filent à la plage en vélo et passent chez Manuel s’offrir glace, gaufre ou niniche, comme tout le monde …

« L'existence est un fait, mais vivre est un art » Frédéric Lenoir, philosophe

©By Marie Bibard, l'art d'être reporter - #Haïkuku Reporter de territoire 2016/2017 .

Credits:

©Archives municipales de La Baule - ©La Baule Sepia

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