A la lumière de la cathédrale de Strasbourg

Depuis le 29 octobre 2016, 19h30, la lumière est revenue habiter la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg (Bas-Rhin) un an après avoir soufflé les bougies de son millième anniversaire.

Redorer l’éclat de la plus vielle cathédrale gothique du monde, tel a été le défi confié aux équipes de Citeos et d'Acte Lumière, bureau de conception spécialisé dans la mise en valeur par la lumière.

A L'APOGEE D'UNE MISE EN SCENE LUMINEUSE

Le projet de mise en lumière pérenne de la cathédrale Notre-Dame s’inscrit dans le cadre du plan Lumière de la ville lancé en 2013. Né d’une volonté de passer d’une gestion de l’éclairage urbain fonctionnel à la production d’un paysage nocturne spécifique, le plan met particulièrement l’accent sur la mise en lumière architecturale et patrimoniale. Il aura fallu près de trois ans pour passer de la réflexion, à la conception et réalisation de ce projet.

Symbole gothique, symbole alsacien, symbole strasbourgeois, l’impressionnant édifice de 142 m de haut et classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1988 est une sorte de repère. Repère pourtant éteint pendant plus d’un mois (du 21 septembre au 29 octobre) pour permettre aux équipes de Citeos de mettre en place les derniers réglages.

Construit dans une logique scénographique, plonger la cathédrale dans le noir correspond également au premier temps fort de l’illumination de l’édifice ayant pour but d’attiser l’attention et l’attente des alsaciens et visiteurs.

Se dévoilant subtilement en trois décors, l'orchestration lumineuse a pour but de valoriser et de révéler la finesse et la richesse chromatique de la cathédrale.

La première scène d'illumination, du crépuscule à la " zehnerglock", met en exergue une lecture globale de la cathédrale tout en l'associant à la thématique iconographique des statuaires, du détail de l'architecture, et de ses vides par un soulignement des plans alternants extérieur et intérieur. La succession de teintes de plus en plus chaleureuses favorise la découverte des ornements, visibles avec quelques variations, permettant de différencier les symboliques des statuaires monumentales.

Le deuxième décor, recherche, quant à lui, une élévation du regard, que l'on obtient en estompant le détail iconographique. De 22h00 à 1h00 du matin, le détail iconographique est estompé, l’ensemble des rehauts lumineux du statuaire et de l’architecture ne sont plus dissociés ce qui permet une lecture plus globale du monument.

Tout en gradation, seules la flèche qui tutoie les étoiles et la tour croisée de la partie supérieure de la cathédrale restent éveillées toute la nuit réduisant ainsi la pollution lumineuse au niveau des bâtiments voisins.

L’évolution des différents états lumineux permettra de modifier les perceptions et d’offrir de nouvelles lectures à travers trois temps principaux dans l’année.

L'EQUILIBRE DANS L'ECRITURE DES VOILES LUMIERES
Le point clé de ces travaux menés par Acte-Lumière et Citeos était de rendre ce miracle d'équilibre et d'ornementation aussi majestueux de nuit, qu'il l'est de jour.

Auparavant, la lumière orangée ne rendait pas justice à la cathédrale, écrasant ses détails, ses statues. Opter pour la lumière blanche et les diodes permet de rendre l'édifice "séduisant", "sobre", faisant des détails l'acmé du monument, et respectant également le contexte urbain dans lequel il s'inscrit.

"Le nouvel éclairage de la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg répond aux enjeux de la modernité sur le plan technologique, esthétique et environnemental. L'éclairage, exclusivement en LED de teintes blanches, permet, par exemple, d'économiser 25 % d'électricité par rapport à l'ancien éclairage, et pour un degré d'illumination incomparablement plus complet et puissant", rappelle Alain Fontanel, premier adjoint au maire de Strasbourg. La lumière blanche assure une consommation énergétique maîtrisée.

Prenant en compte les mauvaises performances des LED dans le rouge, le concepteur a particulièrement travaillé sur une qualité de lumière spécifique aux grés. Suite à des tests grandeurs natures, Lumenbeam et Lumenfaçade LED, proposés par LumenPulse, ont été choisis dans un soucis de cohérence ainsi que pour la gestion de la qualité des blancs identiques quelle que soit la puissance des projecteurs.

Au-delà de la conception, l'entreprise Citeos - qui pose les câbles de la cathédrale depuis 1996 - s'est aussi pleinement impliquée dans la réalisation. Remportant l'appel d'offres en 2014, la marque spécialisée dans l'éclairage public et les équipements urbains dynamiques a effectué un travail minutieux en faisant de nombreux essais en soirées - du tirage des câbles électriques jusqu'à l'installation des projecteurs, des réglages lumières jusqu'à la programmation des lectures lumineuses. L'installation des projecteurs pour les tests lumières, par exemple, a été effectuée en trois étapes :

  • Tout d'abord, il s'agit de positionner chaque encastré de sol à sa bonne position. Chaque projecteur encastré s'adapte au carroyage des dalles historiques afin de minimiser le nombre de dalles qui seront, à terme, percées. Le but étant de se servir de l'existant afin de ne pas abîmer la pierre.
  • Après avoir positionné correctement les encastrés de sol, il faut connecter le projecteur à un câble de commande DMX (câble à deux brins permettant de donner les commandes d'allumage et d'éclairage).
  • Enfin, le projecteur doit être relié à un ordinateur de pilotage - avec une interface et un logiciel DMX, permettant de régler la puissance des projecteurs, et de graduer, à son gré, les teintes.

Au total, 6 000 heures de travail ont été nécessaires à Eric Stengel, responsable d'affaires, assisté de son équipe, pour poser l'ensemble de l'installation : 18 km de câbles et 12 armoires électriques, 660 points lumineux.

Passant d'une consommation énergétique de 94 MWh à 75 MWh (estimation), la renaissance lumineuse de la cathédrale rend tant hommage à la richesse chromatique du monument, qu'au plan Lumière de la ville.

"Plus je contemple la façade de la cathédrale, plus je suis confronté dans ma première impression qu'ici élévation est alliée à la beauté." Goethe.

Maîtrise d'ouvrage : DRAC Alsace — Archevêché de Strasbourg — Fondation de l’Œuvre Notre Dame

Maître d'ouvrage délégué : Ville de Strasbourg — Département Éclairage Public du service des Voies Publiques

Maître d'œuvre éclairage : Acte Lumière

Concepteur-lumière : Jean-Yves Soetinck

BET : fluides Lollier ingénierie

Architecte du patrimoine : JCBA

Installateur : Citeos

Matériel d'éclairage : Lumenpulse — Louss — Insta

Système de contrôle : Pharos

Credits:

Xavier Boymond

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