La crise agricole Travaux personnels encadrés : sabah adjerime, leonore BATTISTELLA, Eliot gil

Bienvenue sur notre site internet, créé dans le but de vous présenter notre TPE au lycée Berthollet à Annecy, portant sur la crise agricole en France. Nous constituons le groupe E101, dans la classe 1ère ECO1.
Photo prise par Yann Arthus Bertrand, photographe professionnel

PLAN

INTRODUCTION

I. Les aspects de la crise agricole en France

II. Origines et solutions de la crise agricole en France

III. L'étude de cas : la Haute-Savoie

CONCLUSION

ANNEXES

GLOSSAIRE

CREDIT PHOTOS YANN ARTHUS BERTRAND

BIBLIOGRAPHIE, SITOGRAPHIE, VIDEOGRAPHIE

REMERCIEMENTS

Photo prise par Yann Arthus Bertrand, photographe professionnel

INTRODUCTION

Au début du 19ème siècle, en France, l'agriculture était le domaine le plus pratiqué pour une majeure partie de la population, et de tous les secteurs, elle représentait plus de 50% de la production totale des richesses. Cependant, deux siècles plus tard, le secteur de l'agriculture se réduit à quelques pourcents de la production nationale. L'agriculture a connu en effet une forte évolution que l'on peut qualifier de "paradoxale" car malgré une forte production, les produits agricoles comme le lait sont dévalorisés et perdent de leur valeur marchande. Ceci est dû au fait qu'ils sont produits en très grande quantité. Face à cette baisse des prix, le métier d'agriculteur est toujours plus rude et demande des moyens financiers personnels considérables. La vente des produits ne permet plus, ou presque plus, aux agriculteurs de vivre de leur métier, c'est pourquoi les agriculteurs sont nombreux à quitter cette profession. D'autres facteurs entrent en compte dans la hausse de la difficulté à vivre des métiers agricoles. Ce phénomène porte un nom : la crise agricole.

Nous sentant concernés par les implications de ce sujet, nous avons choisi de traiter ce thème pour nos travaux personnels encadrés.

Cette crise agricole se traduit par de nombreux facteurs que nous allons étudier à travers notre problématique : Comment la crise agricole se manifeste-t-elle en France ?

Pour cela, nous analyserons dans un premier temps les aspects et conséquences de la crise, puis dans un second temps nous tenterons de retracer ses origines et de présenter quelques solutions. Dans un dernier temps, au travers de deux interviews, nous étudierons particulièrement la place et l'influence de la crise agricole dans notre département, la Haute-Savoie.

Photo prise par Yann Arthus Bertrand, photographe professionnel

I. Les aspects de la crise agricole en France

PLAN

I. Les aspects de la crise agricole en France en 2015

INTRODUCTION

A. Une crise des filières

1. Les éleveurs français

2. Les producteurs de lait

3. Les producteurs de végétaux

B. Les conséquences

1. Baisse des revenus

2. Surendettement

3. Suicides

C. Pourquoi une nouvelle PAC ? (Selon la Chambre de l'Agriculture)

1. Bilan de la PAC définie dans l’Union Européenne

2. Les perspectives

CONCLUSION

Photo prise par Yann Arthus Bertrand, photographe professionnel

INTRODUCTION

Au début du XIXème siècle, en France, l'agriculture était l’activité dominante de la population et de tous les secteurs. Cette dernière était à l’origine de plus de 50% de la production totale des richesses. Deux siècles plus tard, le secteur de l'agriculture n’occupe plus que 3,4% de la population active en 2007 (selon l’INSEE). En revanche la France reste le premier pays producteur agricole de l’union européenne, sa filière agro-alimentaire est excédentaire depuis plusieurs décennies. Néanmoins, les médias relatent régulièrement les mécontentements paysans : les manifestations sont récurrentes tandis que les cours des principales denrées chutent et les revenus moyens baissent. La crise agricole est bien là et l’exode rural se poursuit : en 2010 on ne comptait plus que 516 000 exploitations dont la plupart étaient de petites unités à dominante familiale (selon la Chambre de l’Agriculture). C’est ce tableau assez contrasté qui nous a conduit à choisir pour objet d’étude la crise agricole, au travers de la problématique : Comment la crise agricole se manifeste-t-elle en France ? Nous analyserons dans un premier temps les aspects et les conséquences de la crise. Dans un second temps ses origines, ses solutions. Enfin, par l’intermédiaire de deux interviews, nous étudierons la place et l'influence de la crise agricole dans notre département, la Haute-Savoie.

Photo prise par Yann Arthus Bertrand, photographe professionnel

A. Une crise des filières

En 2015, la valeur de production de la branche agriculture, hors subvention, stagne. Le prix de la plupart des produits animaux recule, avec notamment la poursuite de la crise laitière. Quant aux volumes, ils diminuent incontestablement, les productions végétales ayant subi durant l’été de mauvaises conditions météorologiques. Ainsi, les consommations intermédiaires s’amoindrissent entrainées par la baisse des volumes et des prix.

1. Les éleveurs français

L’année 2015 manifeste un accroissement du volume de la production animale (+1,5%), mais aussi un recul du prix (hors subvention) de 6% pour l’ensemble des produits animaux, hormis les oeufs, qui, de par un assainissement du marché en 2013 sont les seuls à se maintenir.

Le prix recule sensiblement pour le veau qui fait face à une demande atone. Le tarif des volailles continue lui aussi à se replier. Quant au marché porcin, les coûts poursuivent leur chute étroitement liée avec l’abondance européenne et au maintien de l’embargo Russe.

Nous nous intéresserons plus particulièrement au marché porcin pour illustrer la crise des éleveurs français.

Le prix du porc est défini pour l’ensemble de la France par une bourse établie en Bretagne à Plérin, elle porte le nom de marché au cadran ou bien se reconnaît sous le sigle MPB (Marché du Porc Breton). Cette dernière se tient deux fois par semaine, et a pour but originel de réguler les transactions entre les vendeurs et les acheteurs, id est, entre les éleveurs et les industriels de la viande.

Le marché national du porc est perturbé par les pays européens où la production abonde. En effet, l’afflux de marchandise, additionné à l’embargo Russe qui représente jusqu’en 2014 le troisième marché d’exportation pour les opérateurs français, et parallèlement une baisse de la demande de porc en France, saturent le marché et ainsi exacerbe la concurrence. Aussi, des tensions naissent et le marché de Plérin est sujet à de violentes altercations entre les éleveurs et les industriels qui veulent des prix moindres. Le marché du porc Breton est alors suspendu pendant sept semaines. Les négociations se sont faites alors en l’absence d’un prix de référence, de gré à gré. Les industriels imposaient leurs prix aux éleveurs : le kilogramme de porc qui s’établissait à 1,70 euro en février 2012 est à moins de 1 euro fin 2015. L’intervention du ministre de l’agriculture, Stéphane le Foll, a permis une stabilisation des prix en janvier 2016 à 1,40€/kg. C’est un prix de survie pour les éleveurs qui sont contraints à prendre des crédits et à s’endetter.

2. Les producteurs de lait

L’année 2015 est touchée également par une crise majeure de la filière laitière. En effet, les prix n’ont cessé de chuter au fil des mois. Cet effondrement est dû à la conjonction de plusieurs causes qui accroissent le déséquilibre entre l’offre et la demande : l’explosion de l’offre laitière en Europe, l’embargo Russe ainsi que la crise chinoise. Ainsi, le recul du prix du lait standard est en moyenne de 57 € pour 1000 litres en 2015 (- 16 %).

La confirmation de la fin des quotas en 2007 a conduit les pays producteurs, plus particulièrement d’Europe du Nord, à une nouvelle orientation stratégique dans la structuration de leurs filières laitières. Le coût du foncier est un facteur décisif pour expliquer ces choix. Le prix de la terre en France (6 000 euros par hectare en moyenne) contraste avec des prix qui s’élèvent jusqu’à 53 000 euros par hectare comme aux Pays-Bas par exemple. Les producteurs ont donc été incités à accroître le nombre de vaches par bâtiment pour maximiser la productivité à l’hectare, et ainsi diluer les charges fixes.

Le 1er avril 2015 marque la fin officielle des quotas laitiers, dès lors la crise déjà présente s’accentue. Les industriels qui collectent plus de 20% du lait français auprès de 17 000 producteurs revendiquent une crise de surproduction et la concurrence rigoureuse des autres pays européens. Aussi le cours du lait s’écroule, la tonne de lait est en juin 2014 à 382 euros, en juin 2015 à 301,38 euros et en juin 2016 à 276,4 euros.

En somme, la demande mondiale baisse, l'offre augmente, par conséquent le prix du litre de lait chute. C'est la loi du marché, mais aussi celle du plus fort. En effet, les éleveurs ne font pas le poids face aux géants du secteur. Lactalis collecte à lui seul un cinquième de la production française : soit 5 milliards de litres par an.

Il est intéressant de noter que les Français consomment davantage de produits laitiers bio, grâce à leur qualité et à la baisse progressive de leur prix, consécutivement à un accroissement des disponibilités dans les différents circuits de distribution.

3. Les producteurs de végétaux

Après un bond en 2014, le volume de la production végétale subit une baisse de 3,7% en 2015. En effet, les canicules et la sécheresse estivale n’ont pas épargné les plantes fourragères (le maïs et l’herbe fourragère) ainsi que les oléagineux. Les légumes sont eux, plus légèrement touchés par les conditions météorologiques.

Les récoltes se contractent pour la betterave et la pomme de terre, qui retrouve par ailleurs sa valeur habituelle après une année pléthorique. Ainsi, le prix de la production végétale (hors subventions) s’accroît de 6,3% sur l’ensemble des grandes catégories concernées (légumes et pommes de terre, fruits, fourrages, plantes et fleurs, céréales). Le prix de la pomme de terre se redresse très fortement, en lien avec une offre moins abondante. Pour cause, il s’était effondré en 2014, suite aux difficultés de commercialisation de l’excédent de production.

Nous nous intéresserons particulièrement aux grandes cultures céréalières de l’année 2015.

La production de blé en France en 2015 est considérable. Elle atteint même un niveau historique avec une quatrième hausse annuelle. Néanmoins, lors de la campagne de commercialisation de 2014-2015, le prix du blé tendre s’affaiblit et subit une diminution de 24% entre 2014 et mars 2016, il est ainsi passé de 185€ la tonne fin 2014 à 140€ la tonne début 2016. Dans ce contexte de prix bas, la concurrence internationale s’accroît considérablement. De plus, l’Egypte, principal client de la France en terme de blé s’oriente vers le marché russe, ce qui freine les exportations nationales de la France.

Les productions végétales enregistrent une chute des rendements pour les grandes cultures liée à des conditions météorologiques défavorables (-9,7%). Une situation très difficile avec une perte moyenne estimée entre 60.000 et 70.000 euros pour une exploitation de 120 hectares. Ainsi en 2016, les céréales passent du troisième rang au cinquième rang dans le classement des principales productions agricoles.

B. Les conséquences

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1. Baisse des revenus

Il est difficile d’évaluer de façon précise le revenu des agriculteurs, c’est pourquoi nous avons choisi un élevage de truies, classique et concret, pour illustrer la baisse des revenus.

Les agriculteurs non salariés sont entrepreneurs individuels. Un élevage de truie comprend en moyenne 200 animaux, 60 hectares de terre, un salarié. Le chiffre d’affaire mensuel est de 47 370 euros. Cependant, l’agriculteur doit payer :

  • La nourriture des animaux, soit 65% de ses dépenses de fonctionnement
  • L’employé, 1600 euros par mois auxquels s’ajoutent plus de 40% de charges patronales
  • Les charges courantes dont l’essence et le loyer

Le montant de ces différentes retenues est très élevé, 46 790 euros par mois. En somme, il ne reste à l’exploitant que 580 euros. Néanmoins, ce n’est pas son salaire net. En effet, ces 580 euros servent de valeur de calcul pour la sécurité sociale agricole obligatoire : assurance maladie, allocations familiales, accidents du travail et assurance vieillesse. Au total, 270 euros sont déduits du salaire brut, l’éleveur ne perçoit plus que 310 euros net par mois. Un revenu qui ne cesse de diminuer depuis quatre ans sous l’effet de la baisse des prix. Un grand nombre des agriculteurs français se retrouvent dans des situations financières affligeantes.

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2. Surendettement

Pour moderniser leurs exploitations, les agriculteurs ont dû emprunter. Selon Agreste, « en 2014, l’endettement des exploitations agricoles moyennes et grandes s'élève à 189 000 euros en moyenne, en hausse de 4 % par rapport à 2013. Deux tiers de l’endettement est constitué d’emprunts à long ou à moyen terme, destinés à financer les investissements des exploitations, ainsi qu’à leur agrandissement. » Le niveau d’endettement des exploitations est très hétérogène : il est inférieur à 50 000 euros pour 28 % des exploitations, mais dépasse 300 000 euros pour 18 % d’entre elles. Le montant des dettes dépend par ailleurs de la taille des exploitations : les très grandes exploitations concentrent 43 % du total de l’endettement. L’endettement diffère également selon l’orientation : il atteint 438 800 euros en moyenne pour les éleveurs porcins contre 106 100 euros pour les éleveurs d’ovins et de caprins. Il dépend enfin du cycle de vie de l’exploitation : une exploitation dont le propriétaire est âgé de moins de 40 ans, recourant à l’emprunt pour financer les investissements nécessaires à son installation, est endettée à hauteur de 250 200 euros en moyenne, soit 80 % de plus qu’une exploitation dont le responsable est âgé de plus de 60 ans, qui elle, a amorti une partie importante de ses actifs.

3. Suicides

La profession agricole enregistre près d’un suicide d’agriculteur tous les deux jours. En effet, les agriculteurs doivent employer au quotidien leur force physique, mais également mentale. Avec de larges amplitudes horaires, une pression économique importante notamment via la dépendance directe des fluctuations des politiques publiques européennes, des contraintes environnementales et climatiques, ainsi que des événements sanitaires, la vie des agriculteurs est extrêmement stressante et usante. De plus, les agriculteurs font face à un isolement professionnel et social important.

Image issue du court métrage
Pour illustrer ce sujet difficile, nous avons choisi un court métrage réalisé en décembre 2016 par de jeunes agriculteurs de Haute Marne.

Synopsis : ''Fils d’une famille d’agriculteurs depuis plusieurs générations, le jeune Vincent a un rêve depuis sa plus tendre enfance : devenir agriculteur. Plus tard, il reprendra la ferme de ses parents pour exercer ce métier avec passion. Cependant, la réalité des marchés financiers, des politiques nationales et européennes, la pression des banquiers et des huissiers puis celle des proches sont tout autre. Cette réalité finira par le rattraper.''

C. Pourquoi une nouvelle PAC ?

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1. Bilan de la PAC définit dans l’Union Européenne

Une politique historique de la construction européenne, d'après La chambre de l’agriculture française.

‘’Première politique commune de l’Union européenne, la Politique Agricole Commune (PAC) créée en 1962, est le symbole de l’ambition européenne et du choix des états européens de mettre en commun leurs ambitions et leurs moyens pour nourrir l’Europe exsangue de l’après-guerre. Cette politique a permis de relever le défi de l’autosuffisance alimentaire à l’échelle de notre continent. Elle a contribué à développer une offre alimentaire européenne qui constitue par sa qualité, son abondance et sa diversité, notamment en France, une composante essentielle de notre patrimoine historique et culturel. En mettant en œuvre la PAC, les états européens se sont également dotés d’outils puissants permettant d’orienter l’agriculture en fonction d’objectifs stratégiques répondant aux attentes des citoyens.’’ D'après la Chambre de l'agriculture française.

Les grands principes directeurs de la PAC sont les suivants :

  • Accès à un marché agricole unique aux bénéfices des agriculteurs et des consommateurs européens
  • Solidarité financière entre les Etats membres dans la réalisation des objectifs
  • Préférence communautaire
Dates clés de la PAC

2. Les perspectives

Pour la mise en œuvre de la nouvelle PAC, entrée en vigueur dans sa globalité le 1er janvier 2015, la France est dotée d’un budget de 9,1 milliards d’euros par an.

La priorité est la mise en œuvre d’une PAC réformée, plus juste, plus favorable à l’emploi et à l’élevage.

Les orientations françaises :

  • Augmentation des aides couplées à la production, de 10% à 15%, au profit des productions animales et pour développer l’autonomie fourragère des exploitations d’élevage par le soutien à la production de protéines végétales
  • Revalorisation du soutien à l’agriculture des zones défavorisées (ICHN) pour atteindre un budget total de près de 1,1 milliards d’euros par an en fin de période, en 2020
  • Encouragement des installations de jeunes agriculteurs par le biais d’aides et de prêts préférentiels
  • Réduction des disparités entre agriculteurs, éleveurs et céréaliers
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CONCLUSION

Cette étude sur les aspects de la crise agricole en 2015 rend compte de l’injustice et de l’impuissance des agriculteurs français victimes de la course à la rentabilité. Face aux industriels de la filière agroalimentaire qui leur imposent leurs lois commerciales, les exploitants agricoles manquent de moyens pour y répondre. En effet, l’agriculture est un secteur de plus en plus dominé par les géants du commerce, par la concurrence internationale, et aussi par de multiples normes phytosanitaires draconiennes décidées à Bruxelles, ces dernières suscitant de nouveaux coûts de production. Le malaise paysan perdure dans les exploitations traditionnelles, en revanche les entreprises spécialisées par des productions labellisées (AOC, AOP, BIO) sont moins touchées par la crise.

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II. Origines et solutions de la crise agricole

PLAN

INTRODUCTION

A. Origines de la crise agricole

1. Origines histo-économiques

2. Origine politique

B. Solutions de la crise agricole

1. Solution nationales mises en place par l'Etat

2. Solutions locales mises en place par l'agriculteur

CONCLUSION

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INTRODUCTION

Pour donner une explication à ces conséquences, nous devons remonter aux origines de la crise agricole. Pour cela, la période historique que nous allons traiter débute lors de la première guerre mondiale en France et se déroule jusqu'à aujourd'hui. Nous traiterons donc dans un premier temps les origines historiques, économiques et politique de la crise agricole, puis en somme de notre réflexion nous déterminerons les différentes solutions possibles que l'on peut apporter à celle-ci.

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A. Origines de la crise agricole

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1. Origines historiques et économiques

Aujourd'hui, en France, le secteur agricole qui est presque en voie de disparition connaît de grosses difficultés, domaine dans lequel les agriculteurs n'arrivent plus à se relever. En effet, la crise agricole est un gros impact dans notre société mais où également de nombreux économistes se battent afin d'en trouver des solutions dans le but de préserver les générations futures en termes d'accès à l'alimentation tout en prenant en compte la préservation de l'environnement.

Mais avant tout, pour comprendre la crise agricole en France il nous faut remonter à son origine. Légèrement débutée lors de la première guerre mondiale, la crise agricole s'est ensuite accentuée à partir de la crise de 1929. Durant cette période, la France n’a quasiment pas été touchée par la crise agricole en raison d’un volume d’importations faibles mais aussi grâce à une structure fondée sur la petite entreprise. La France demeure alors à l’abri pendant quelques temps. Mais c'est bien à partir de 1929 que cette grande crise économique historique marque les débuts des problèmes que rencontreront les agriculteurs et qui ne feront que s’accroître jusqu'à nos jours. Suite à la dévaluation de la Livre britannique qui provoque l'instabilité du Franc, la France est alors touchée par la crise, d'autant plus qu’en raison des faibles investissements financiers français à l’étranger, la position politico-économique de la France reste fragile et son influence sur les décisions des pays étrangers ne pèse guère. La menace de retrait des faibles investissements français n’est pas suffisante pour infléchir les décisions protectionnistes des gouvernements étrangers. Dès lors, la France fait face à la baisse des prix agricoles ainsi qu’à un ralentissement du processus de la production agricole causé notamment par la chute des exportations. Les agriculteurs ne peuvent pas produire à un prix inférieur à leur seuil de rentabilité.

Cette baisse des prix est causée par deux facteurs essentiels :
  • La crise de marché
  • L'absence de compétitivité de l'élevage français.
La crise de marché est elle-même due à une conjonction de trois éléments :
  • Une production en hausse au niveau mondial
  • Des exportations en forte baisse (notamment avec la décision de la Russie de mettre en place en 2014 un embargo sur tous les produits agricoles externes, privant ainsi les producteurs français d'importantes opportunités d’exportations)
  • La fin des quotas laitiers résultant des chutes successives des cours du prix du lait, tout cela aggravé par une consommation intérieure qui ne cesse de diminuer.
Photo prise par Yann Arthus Bertrand, photographe professionnel
Ainsi le secteur agricole français se voit alors en situation de surproduction suite à la suppression des quotas laitiers, marquant une augmentation de la production pendant que la demande diminue.

Par ailleurs, la Chine, elle aussi, joue un rôle majeur dans la crise que traversent actuellement les éleveurs français. En effet, à partir de 2014, la Chine doit faire face à un ralentissement global de son économie, ce qui entraine une baisse des importations des produits agricoles et donc une situation de surproduction des produits laitiers pour les exportateurs, sachant que entre fin 2013 et début 2014, la Chine se démarquait fortement dans le secteur laitier avec le titre de premier importateur mondial. Cette situation a provoqué une saturation du marché laitier mondial et une baisse conséquente du prix du lait sur le marché international. C'est pourquoi les quantités de lait exporté par la France s’effondrent provoquant une nouvelle baisse des prix. Par conséquent, nous étions contraints, pour comprendre la crise agricole en France, d'expliquer ces différents facteurs au travers notamment de ces deux pays : la Chine et la Russie. Ils ont été les causes, et le sont encore actuellement, de la crise qui touche de nombreux agriculteurs ainsi que notre économie plus généralement. Néanmoins, nous pouvons noter que la demande en Russie a baissé, mais que cette baisse restera toutefois beaucoup moins importante que celle de la Chine.

A cela s'ajoute l'absence de compétitivité de l’agriculture français qui, elle, est due à un coût des salaires trop élevé ainsi qu’à des normes plus strictes et contraignantes (insecticides interdits en France notamment) mais aussi à un taux de TVA qui reste très important par rapport aux autres pays comme l'Allemagne, par exemple.

De plus, la consommation de viande connaît pour sa part un recul depuis plusieurs années. A cela s’ajoute une baisse des prix d’achat auprès des producteurs. En effet, les centrales d’achats, éventuellement les industriels dans le cas de produits transformés, puis la grande distribution, en achetant massivement, imposent des prix toujours plus bas lors de leurs achats afin de proposer des produits peu chers aux consommateurs malgré l’ajout de leurs marges bénéficiaires. S’ils s’accusent mutuellement d’être responsables de la crise actuelle, c’est bel et bien le producteur qui est la principale victime. Aujourd'hui, les prix de la viande ne suffisent plus à couvrir les coûts de productions en France.

Autrement dit, à cause de tous ces facteurs, la place de l'agriculture dans l'économie française ne cesse de se restreindre, représentant 4% dans les années 1980 et seulement 1,7% en 2014 (d'après « Le Monde »).

Graphique issu du "Monde" décrivant la part de l'agriculture dans le PIB national

Par ailleurs, la part de l'emploi dans le domaine agricole est lui aussi en chute, passant de 31% de la population active en 1955 à 3,3% aujourd'hui. D'autre part, on remarque également une chute libre des revenus des éleveurs bovins à partir de 2012, entraînant la faillite de 10 à 15% des élevages bovins.

Outre les origines historiques et économiques, la crise agricole est issue également de la politique européenne : la PAC.
Dessin issu du site internet "suprago.fr"

2. Origine politique

A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, les États fondateurs de l'Europe ont pour objectif, grâce à l’arrivée de la Politique Agricole Commune (PAC), d'augmenter la productivité du secteur agricole, d’augmenter l'approvisionnement des consommateurs européens et par conséquent, le revenu des agriculteurs. La PAC, instaurée par le traité de Rome en 1957, avait pour but premier de rénover et développer le domaine agricole. Ainsi cette politique s'est fondée sur des mesures très précises basées sur le contrôle des prix et des subventions. C'est ainsi que l'Europe cherche désormais à se reconstruire à la sortie de cette guerre qui a causé d'énormes dégâts, notamment en relançant et favorisant l’agriculture afin d’augmenter l’offre alimentaire nécessaire à la population.

En effet, mise en œuvre le 14 janvier 1962 par la direction générale « Agriculture et développement rural » de la commission européenne, cette politique de soutien des prix et de régulation des marchés s'appuie sur trois principes indispensables qui sont : l'unicité du marché, la préférence communautaire et bien-sûr la solidarité financière. D'une part, l'unicité du marché consiste à supprimer tout obstacle visant à freiner le libre échange des produits agricoles entre les États membres. D’autre part, la préférence communautaire s’appuie, elle, grâce à une protection aux frontières, sur la priorité à l'écoulement de la production européenne à l’intérieur du marché européen. En effet, puisque les prix communautaires sont relativement supérieurs aux prix mondiaux, le rôle de la PAC a donc pour objectif de protéger le marché intérieur contre les importations à faible prix. Les subventions favorisent alors les grands producteurs et la production intensive, au détriment des petites exploitations. Nous pouvons illustrer ce cas de figure avec les subventions que la Reine d’Angleterre perçoit par l’intermédiaire de ses terres en 2008 avec un total d’environ 530.000 euros pour son domaine agricole à l’est de l’Angleterre.

Et enfin, la solidarité financière entre les États, concrétisée par le FEOGA (Fonds Européens d'Orientation et de Garantie Agricole) et qui a pour but de financer les dépenses nécessaires à la politique agricole, est un fondement essentiel de la PAC. En effet, les Etats membres disposent d'un budget commun en fonction de leurs richesses produites. La création de la PAC, considérée au début comme une réussite, s’avèrera, cependant, être un échec quelques années plus tard. Aujourd'hui la PAC a beaucoup évolué, en se basant sur deux piliers essentiels qui restent assez différents des origines puisqu'ils s'appuient sur le soutien du marché, des prix et des revenus mais également sur un tout nouveau point: le développement durable.

Cependant pour essayer de sortir de la crise, le gouvernement met en place certaines solutions plus ou moins efficaces afin de valoriser l'élevage français et d’essayer d'atténuer cette crise agricole.
Photo prise par Yann Arthus Bertrand, photographe professionnel

B. Solutions de la crise agricole

Face à tous ces problèmes, que ce soit la surproduction, la libre entrée de plusieurs acteurs industriels dans le marché afin de vendre des produits en très grosse quantité mais dont les consommateurs ignorent totalement la qualité, ou encore la fin des quotas qui avaient pour but de contrôler la quantité de la production, deux « types » de solutions s'offrent aux agriculteurs.

Photo prise par Yann Arthus Bertrand, photographe professionnel

1. Solution nationales mises en place par l'Etat

L'Etat met en place depuis quelques années, en s'appuyant sur la grande distribution, une augmentation des prix des produits de quelques centimes dans le but de couvrir les coûts de production pour qu’ils deviennent rentables pour l'agriculteur.

Le gouvernement propose également en janvier 2016 de baisser les charges sur les revenus des agriculteurs pour qu'ils puissent continuer à produire, chose qui ne dérange pas plus que ça les consommateurs, mais aussi pour leur permettre d'être plus compétitifs face aux autres pays européens. En effet la FNSEA (Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles) propose une baisse des charge sociales des agriculteurs de 45 à 35%, soit une baisse de 10 points.

Les éleveurs, eux, demandent une augmentation de leurs salaires qui leur permettra de couvrir leurs coûts de productions. Pour ce faire, ils demandent tout simplement une hausse des prix de ventes de leurs produits.

De plus, l'idéal, pour les agriculteurs, serait de mettre en valeur leurs produits en garantissant une bonne qualité pour les consommateurs. En parallèle, pour défendre le secteur agricole, le gouvernement français plaide auprès de la Commission Européenne pour le rétablissement de quotas afin d’ajuster l'offre et la demande tout en garantissant une production agricole minimale suffisante à la survie des exploitations.

Logo officiel du FNSEA

2. Solutions locales mises en place par l'agriculteur

La mise en place de sites internets permettra aux consommateurs de comparer prix, origines et qualités des produits vendus. Ces sites permettront de mettre en valeur les points négatifs de certains produits dans le but d'informer les consommateurs que ces produits, certes venus d'ailleurs en grandes quantités et donc moins chers, ne sont pas forcément de très bonne qualité. En effet, c'est pour cela que les agriculteurs veulent, grâce à des labels, mettre en valeur leurs produits. Par exemple, l'AOC (Appellation d'Origine Contrôlée), qui est la preuve officielle de la qualité d'un produit français, a pour but de crédibiliser les produits en certifiant leur authenticité ainsi que leur singularité, et en valorisant leur origine géographique. L'AOC inventée en 1935 est une solution formelle pour les agriculteurs qui seraient fort démunis si celle-ci venait à disparaître.

Le développement de l'agriculture biologique permet d’augmenter la rentabilité des produits en dépensant moins en coûts de production par la suppression des intrants (engrais) et des pesticides mais aussi en supprimant les acteurs intermédiaires en ayant recours aux circuits courts. Selon le dictionnaire « Petit Robert » la permaculture est un mode d’aménagement écologique du territoire, visant à concevoir des systèmes stables et autosuffisants. Pour illustrer cette solution nous avons choisi de mettre à votre disposition une vidéo d'une série youtube présentant la permaculture de l'Ecole de Permaculture du Bec Hellouin fait le 8 janvier 2015, s'intitulant "Introduction à la permaculture".

CONCLUSION

Les origines de la crise montrent qu’elles sont issues de causes historiques, économiques et politiques. En effet, les origines de la crise lors de la Grande Guerre, constituent aujourd’hui les aspects économiques expliquant que de nombreux agriculteurs n'arrivent plus à survivre. Baisse des prix des produits, surproduction, manque de compétitivité, montrent que les agriculteurs cumulent les obstacles et sont par conséquent dans l'incapacité de produire à des coûts suffisamment élevés par rapport à ce qu'ils perçoivent en échange. Même avec l'installation de la PAC, qui est une aide favorable aux agriculteurs, celle-ci ne résout pas tous leurs problèmes. Pourtant, depuis quelques années, les gouvernements ainsi que de nombreux agriculteurs proposent des solutions plus ou moins efficaces comme le rôle essentiel de l'AOC, l’augmentation des salaires, la baisse des charges ou encore l'augmentation des prix de ventes des produits. Ces propositions ont pour objectif de réduire les problèmes financiers qu'affrontent les agriculteurs au quotidien et de rendre le secteur agricole de la France plus compétitif au niveau mondial. Cependant, ces solutions seront-elles efficaces pour lutter contre cette crise qui engendre de nombreux problèmes supplémentaires dans la société ? Cette question reste à ce jour sans réponse pour les économistes français.

Photo issue du site internet : mitrano.fr

III. Etude de cas : la Haute Savoie

PLAN

III. Etude de cas : la Haute Savoie

INTRODUCTION

A. L'influence négative de la crise agricole - interview de Pascal GUERS

1. Des agriculteurs ayant des exploitations trop petites

2. Une pression foncière caractéristique de notre département

3. Une évolution des exploitations agricoles nécessaire pour survivre

B. La place de la crise agricole presque inexistante - interview de Sandra ANGELLOZ-NICOUD

1. L'Appellation d'Origine Contrôlée et la vente de la production fromagère

2. Un produit sain et de qualité

3. Un faire-savoir médiatisé

CONCLUSION

Photo prise par Yann Arthus Bertrand, photographe professionnel

INTRODUCTION

La crise agricole est une crise économique et historique qui a de nombreuses répercutions dans le monde et notamment en France. Pour illustrer concrètement cette crise, nous travaillerons sur une étude de cas qui concerne notre département, la Haute- Savoie, suivant notre problématique : Quelle est la place actuelle et l'influence de la crise agricole en Haute-Savoie ?

Nous analyserons cela dans un premier temps au travers de l’interview de M. Pascal Guers, cadre dans la fonction publique à Meythet, issu d'une famille d'agriculteurs, qui a vécu personnellement cette crise de façon négative avec sa famille. Dans un deuxième temps, nous évoquerons une autre facette de la crise agricole en Haute-Savoie dans l'interview de M. et Mme Angelloz-Nicoud, producteurs de reblochon à Saint Jean de Sixt, et qui, eux, ne vivent pas la crise de façon négative. De par leurs actions ils sont peu impactés par cette crise et ont une vision optimiste de leur entreprise. Et pour illustrer nos propos nous prendrons pour exemple, dans chacune de nos parties, les informations recueillies auprès des deux personnes interviewées.

Photo prise par Yann Arthus Bertrand, photographe professionnel

A. L'influence négative de la crise agricole - Interview de Pascal GUERS

Questions posées lors de notre première interview avec Pascal GUERS

1. Des agriculteurs ayant des exploitations trop petites

Tout d'abord, nous commenterons en quoi la crise agricole a une influence négative en Haute-Savoie au travers de l'interview de M. Guers. En effet, la crise agricole ne permet pas aux agriculteurs ayant des petites exploitations de vivre de leur métier et les pousse au chômage.

M. Guers vient d'une grande famille, il a 6 frères et soeurs et a grandi dans la ferme familiale. Ses parents agriculteurs entretenaient leurs 3 hectares de terre où ils élevaient une dizaine de vaches laitières et vivaient de cette production dont ils gardaient une partie pour leurs besoins personnels. Leur exploitation à l'époque était viable mais au fur et à mesure du temps celle-ci n'arrivait plus à subvenir aux besoins de la famille. Il a donc fallu réagir et ils ont choisi de faire une exploitation hors-sol avec 150 poules pondeuses. Ils vendaient une majeure partie de la production à une coopérative et gardaient le reste pour leur propre consommation. 6 ans plus tard, c'est la coopérative qui fit faillite. Un changement fut encore nécessaire pour pouvoir vivre de leur production agricole. Cette fois-ci, ils ont acheté une dizaine de vaches de plus, ont loué quelques hectares supplémentaires et ont réaménagé la structure hors-sol en étable pour accueillir le nouveau bétail. Plusieurs problèmes financiers firent leur apparition avec le temps dans la ferme. La vie d'agriculteur est très difficile et rude, elle demande une très grande passion et un esprit discipliné. C'est bien ce que M. Guers nous a confirmé. En effet, sans passion, ses parents auraient déjà abandonné à l'apparition des premiers problèmes financiers majeurs. Cette même passion est restée chez M. Guers même après qu'il ait dû quitter la ferme familiale, celle-ci étant trop petite et ne permettant pas de subvenir aux besoins de tous.

Aujourd'hui cadre territorial suite à sa réussite à des concours qui lui ont demandé une remise en question totale et des efforts importants, il est resté attaché au monde agricole en devenant apiculteur amateur, récoltant et conditionnant du miel dont il vend une partie. Comme lui, ses frères et soeurs ont quitté la ferme familiale et celle-ci fût léguée à un de ses frères. Celui-ci a même cumulé le métier de facteur en parallèle de ces activités à la ferme, afin d'obtenir un complément de revenus que l'exploitation ne parvenait pas à lui offrir. Seulement 1 enfant sur 7 reste donc à la ferme, ce qui montre bien la grande difficulté et la formidable passion que ce métier exige.

520 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2012

Ici, on peut faire un parallèle avec l'évolution du nombre des exploitations agricoles françaises qui est passé de 1,017 million en 1988 à 452 000 en 2015, soit une baisse de 55%, d'après le journal télévisé de 20h sur France 2 du jeudi 29 décembre 2016. Ce métier, qui nécessite environ 75h de travail minimum par personne et par semaine, n'est pas très attractif et cela se transcrit par quelques chiffres concernant cette fois plus spécialement la Haute-Savoie. En effet, on remarque que lors du recensement de 2010, les exploitations de Haute-Savoie étaient au nombre de 3120. Leur nombre a baissé de 37% en 10 ans et de 71% en 30 ans, s'accompagnant de la disparition de la moitié des petites exploitations (production inférieure à 25 000 €), d'après les Chambres d'Agriculture de Rhône-Alpes. M. Guers nous explique qu'en effet il ressent les effets de la crise de part le fait que son village était constitué d'une trentaine de fermes il y a 40 ans mais qu'avec le temps, les plus petites firent faillite alors que les moyennes s'agrandissent jusqu'à devenir des grandes exploitations. Il ne reste aujourd'hui que 4 fermes conséquentes comptant minimum 100 vaches chacune.

Donc, de part son histoire familiale, très personnelle, nous illustrons bien la réalité ainsi que la place conséquente et néfaste de la crise agricole qui frappe certains agriculteurs de la Haute-Savoie. Cette influence est due à plusieurs facteurs comme la chute des prix des produits agricoles, les pressions normatives de la Communauté Européenne et à une particularité de la Haute-Savoie, dont les agriculteurs souffrent spécialement, la pression foncière. Celle-ci est due à l'attractivité du Département ainsi qu'à son fort développement touristique.

Pascal GUERS lors de notre entrevue

2. Une pression foncière caractéristique de notre département

En effet, à travers l'une de nos questions, M. Guers nous expliqua en quoi cette pression foncière représentait bien une facette de la crise agricole.

M. Guers nous expliqua alors que les terres agricoles sont la proie de pressions foncières importantes car la Haute-Savoie partage 2 frontières avec l'Italie et la Suisse. La Haute-Savoie est en quelque sorte un carrefour européen et doit assumer les conséquences que cela implique. Les terres agricoles sont achetées une à une par des promoteurs immobiliers qui construisent alors des logements dont la demande est très forte. Construisant de plus en plus haut en vallée et en montagne, les agriculteurs n'ont qu'une seule solution : acheter et non plus verser des dividendes aux réels propriétaires des terres ou alpages. Le métier d'agriculteur étant l'un des plus rudes, cela le rend d'autant plus fragile face à cette pression immobilière car les propositions financières des entrepreneurs n'en sont que plus attirantes pour les agriculteurs en difficulté. Les mairies tirant une grande part de leurs revenus de taxes liées aux logements, celles-ci sont tentées de déclasser des terres agricoles en terrains constructibles. Tout cela explique que l'urbanisation détruit peu à peu les terres agricoles favorisant les aspects négatifs de la crise agricole.

Et ce n'est pas tout, car cette urbanisation qui s'intensifie de par la pression foncière, affecte aussi l'écosystème et la biodiversité dont les agriculteurs ont besoin pour le bien être de leur production. M. Guers par exemple, apiculteur amateur, se sent démuni et sans aucun pouvoir face à la détérioration de son environnement. D'après lui, ses abeilles trouveraient aujourd'hui une plus grande diversité de fleurs en zone urbaine plutôt qu'à la campagne ! Cela peut s'expliquer aussi par les pratiques discutables de certains agriculteurs afin d'intensifier leur production. La pression foncière les force à produire plus pour maintenir leurs revenus car sinon ils vont devoir vendre leurs terres et abandonner un métier (comme vu précédemment) alors qu'ils lui témoignent un attachement non négligeable.

De plus, l'ajout d'intrants comme les OGM ou les produits phytosanitaires dans les exploitations, peut être considéré comme un agrosystème contrôlé par l'Homme dans le but de produire le plus possible en le moins de temps. Ces méthodes, quoi que efficaces à court terme, dégradent constamment la biodiversité et engendrent des effets presque irréversibles sur les biotopes et au final dégradent la situation des agriculteurs.

La pratique de la mono-culture est aussi considérée comme néfaste pour le sol, car de par la présence d'un seul type de plante, le sol est très vite épuisé de tous les sels minéraux nécessaires à la plante. Le sol nécessitera donc plus tard un apport en sels minéraux extérieurs comme des engrais par exemple.

Label officiel français du bio

On remarque qu'en Haute-Savoie seulement 145 exploitations sont certifiées bio, soit 3% du total des exploitations et que 4% envisagent l'utilisation du bio dans les 5 ans, d'après les Chambres d'Agriculture de Rhône-Alpes. Il y a donc une très faible proportion d'exploitations valorisant des produits sains et cultivés sans l'ajout d'intrants. Cette pression préoccupe trop les agriculteurs qui doivent faire l’impasse sur un des rôles fondamentaux de leur métier : nourrir les populations certes, mais tout en régulant l'environnement et en conservant la biodiversité.

Donc, la pression foncière a beaucoup plus d'impacts que l'on ne peut l'imaginer et c'est pour cela qu'elle représente bien la crise agricole en Haute-Savoie. Cette pression, et d'autres facteurs plus mineurs, rendent cette crise agricole très négative, et entraine donc forcément une adaptation des agriculteurs pour pouvoir s'en sortir financièrement. Cela peut être un retrait pur et simple de la production du marché de l'agriculture (cessation d'activité) ou sinon, comme le frère de M. Guers étant resté à la ferme, exercer un autre métier à temps partiel puis transformer à nouveau certains corps de bâtiments en gîtes.

Remerciements à M. GUERS

3. Une évolution des exploitations agricoles nécessaire pour survivre

Ainsi, nous allons évoquer maintenant l'influence de la crise agricole en Haute-Savoie, à l'origine de la transformation partielle d'une ancienne exploitation agricole en une autre structure combinant les valeurs et traditions agricoles avec la pression du tourisme vert, au travers d'un gîte aujourd'hui existant et faisant parti de la ferme familiale.

En effet, suite à la multiplication des contraintes du métier d'agriculteur, ceux-ci doivent réagir et prendre des mesures parfois extrêmes pour pouvoir vivre de leur métier et de leur passion. Nous prendrons comme exemple les informations données lors de notre interview par M. Guers. Il nous a raconté comment la ferme a évolué sous la responsabilité de son frère. Celui-ci mena la ferme avec passion mais elle finit par ne plus être rentable ni même viable et ceci malgré une augmentation de la taille de l'exploitation et les investissements réalisés. Alors, avec l'accroissement du marché du tourisme, il décida de faire un gîte pour héberger des personnes de tous horizons afin de leur faire passer un séjour atypique et des plus authentiques. Il abandonna donc partiellement son métier d'agriculteur pour pouvoir créer et entretenir ses gîtes. Cette nouvelle activité étant située sur l'emprise de la ferme familiale, cela lui permet de transmettre sa passion à des personnes d'un milieu plutôt urbain. Le gîte est pour le coup une réussite surprenante, avec 40 semaines réservées par an. Il apporte au frère de M. Guers une certaine stabilité financière.

Label officiel des gîtes de France

Le gîte est une bonne alternative à l'ajout de nouvelles terres à cultiver auxquelles on ajoute des intrants. Il permet un réel contact avec l'acheteur et une transmission du savoir et des valeurs du métier d'agriculteur. En cultivant quelques produits en parallèle, les clients du gîte auront plus tendance à en consommer et à en parler autour d'eux. Le gîte, surtout, permet d'être labellisé, garantissant une certaine notoriété. En effet la société actuelle est friande de labels, pensant que ceux-ci sont les garants d'une meilleure qualité. Le cadre naturel de la Haute-Savoie étant authentique et diversifié, il permet donc à plus de 15 000 locations de vacances d'exister. On peut remarquer aussi que la Haute-Savoie est la quatrième destination préférée et privilégiée par les clients Gîtes de France.

Le changement est donc un effet inévitable induit par la crise agricole. Il peut se traduire de différentes manières : soit un changement, une réorganisation des exploitations, soit un changement du type de produit cultivé, soit une sortie du marché de l'agriculture ou encore un ajout d'un atout financier en plus de l'exploitation (comme les gîtes). La crise agricole a donc bien une place négative et une influence néfaste sur le maintien en poste des agriculteurs de Haute-Savoie de par plusieurs choses : la taille trop petite des fermes, exploitations, les différentes pressions présentes en Haute-Savoie et le changement inévitable choisi par les agriculteurs. Mais, la crise agricole à une influence très différente sur certains producteurs agricoles souvent protégés par des labels comme l'appellation d'origine contrôlé (AOC).

B. La place de la crise agricole presque inexistante - Interview de Sandra ANGELLOZ-NICOUD

Questions posées lors de notre deuxièe interview avec Sandra ANGELLOZ-NICOUD

1. L'Appellation d'Origine Contrôlée et la vente de la production fromagère

Tout d'abord, nous commenterons en quoi la crise agricole a une place presque inexistante sur des exploitations précises en Haute-Savoie grâce à l'interview de Mme Angelloz-Nicoud. En effet, de par la taille de leur exploitation, des atouts la rendant originale comme leur savoir-faire, de leur diversification des filières de vente de leurs produits et de leur faire-savoir, ils arrivent à surmonter cette crise en diversifiant leurs sources de revenus.

En effet, la taille de leur exploitation est moyenne, leur permettant de moins subir les dures réalités du métier d'agriculteur et de leur savoir-faire mis en valeur par l'Appellation d'Origine Contrôlée (AOC).

Mme Angelloz-Nicoud va nous le confirmer en disant qu'elle ne subit et ne ressent que peu les effets de la crise agricole mais qu'elle les voit tout de même autour d'elle. Il y a 30 ans, il existait 180 exploitations de fabrication de reblochon (produit protégé par une AOC) dans le département. Aujourd'hui il n'en reste que 130, dont seulement 20 sont actives réellement contre la crise en proposant une qualité de produits très élevée et une forte communication. Cette exploitation d'en moyenne 45 vaches maximum s'accompagne aussi d'une diversification des sources de revenus, permettant à leur ferme d'être souvent caractérisée d'originale. En effet, celle-ci n'est pas entièrement dépendante d'une coopérative comme la majorité des fermes. Mme Angelloz-Nicoud ne vend que partiellement sa production de fromages à la coopérative. 70% de ses fromages sont vendus à la coopérative, ce qui reste une grande proportion mais 30% de sa production fromagère sont vendus directement, comme j'ai pu le constater, aux consommateurs. L'allocation de sa production agricole lui permet de générer 800€ net par mois, ce qui d'après Mme Angelloz-Nicoud est plus rentable que de ne dépendre que de sa coopérative.

Sigle officiel français de l'appellation d'origine côntrolée

L'un des facteurs lui permettant de vendre 30% de sa production fromagère est l'AOC du reblochon. En effet, l'AOC reblochon, l'une des plus ancienne AOC fromagère datant de 1958, d'après le livre "Atals, Savoie Mont-Blanc", protège une zone de production et valorise le lien au terroir et est à l'origine du Reblochon. Cela permet aux producteurs de toucher une plus grande clientèle. Il y a actuellement 130 producteurs de reblochon en Haute-Savoie et Mme Angelloz-Nicoud nous a bien indiqué que sans cette AOC ou AOP (Appellation d'Origine Protégée) son fromage ne serait plus reconnu et ce serait "sans espoir" et qu'elle ressentirait alors les grandes difficultés de la crise agricole.

Mais l'acquisition de cette AOC n'est pas sans conditions très contraignantes. Bien sur, l'AOP est délimitée géographiquement aux montagnes de la Haute-Savoie et au Val d'Arly en Savoie, d'après le Syndicat Interprofessionnel du Reblochon. Il est donc légalement interdit de produire le Reblochon en dehors de ce terroir. Il n'y a que certaines races de vaches qui sont autorisées à produire le lait nécessaire au Reblochon, avec une alimentation saine et naturelle. Il faut aussi décrire précisément les étapes de la fabrication, la durée minimale d'affinage et son format. Ce dispositif de suivi et de gestion des AOC est contrôlée par l'INAO (Institut National de l'Origine et de la Qualité). Il y a énormément de restrictions supplémentaires comme la taille, la couleur, la température, la façon de fabriquer le reblochon dont le respect est rendu obligatoire par l'Union Européenne. Mme Sandra Angelloz-Nicoud nous exprime bien son mécontentement sur ce point, affirmant qu'elle passe autant de temps à remplir des papiers qu'à s'occuper de sa ferme.

Donc, Mme Angelloz-Nicoud ne ressent que très peu les effets de la crise agricole de par la taille de son exploitation, la manière de vendre sa production fromagère mais aussi et surtout par l'attribution de l'AOC Reblochon qui est un référentiel de qualité normatif mais non de qualité gustatif. Alors, que certains ayant cette AOC produisent en quantité, Mme Angelloz-Nicoud, elle, produit son Reblochon en valorisant sa qualité.

Photo prise dans leur magasin à Saint-Jean de Sixt

2. Un produit sain et de qualité

Mme Angelloz-Nicoud valorise en effet plus la qualité de son fromage que le nombre de Reblochon produits. Le fait de produire du fromage protégé par une AOC ne signifie pas forcément que le goût en sera meilleur ou que le fromage sera sain.

Mme Angelloz-Nicoud veut produire un Reblochon de qualité, étant bon et sain donc bio. Durant un aparté, elle nous confessa que le goût dépendait de très nombreux facteurs et que le Reblochon n'avait jamais le même goût. Ces facteurs peuvent être la nourriture, le climat ou l'activité des vaches. Pour Mme Angelloz-Nicoud, ce reblochon est un bien spécifique du terroir et mérite d'être fait dans de bonnes conditions et d'être fait non pas pour le vendre en très grand nombre dans le but d'un profit maximal mais de préserver le patrimoine gastronomique de la Haute-Savoie et de le transmettre. Un appel à l'utilisation du bio est présent aussi en Haute-Savoie. En effet, 213 exploitations ont le label bio, ce qui représente 3,7% du total des exploitations de Haute-Savoie. Même si le pourcentage est faible, le bio est bien présent en Haute-Savoie malgré la présence de beaucoup de produits AOC ou IGP (Indication Géographique Protégée) dans le domaine laitier, arboricole et du vin. Le bio se traduit aussi par une vente directe aux consommateurs pour 75% des fermes savoyardes, d'après la Chambre de l'Agriculture Savoie Mont- Blanc. Il existe également des marchés ou des amaps. En faisant cela, Mme Sandra Angelloz-Nicoud nous garantit, dit-elle, le respect de l'éco-système par cette agriculture bio, elle n'utilise aucun produit chimique comme les OGM ou les produits phytosanitaires. C'est un label reconnu au niveau européen, valorisant ses produits. On recense chaque année en Haute-Savoie une vingtaine d'exploitations s'engageant dans le bio. C'est aussi un atout car une partie des consommateurs réclame de plus en plus des produits sains, bio.

Donc, Mme Angelloz-Nicoud choisit une production saine et de qualité pour ne pas dépendre seulement du label européen qu'on lui a attribué et pour toucher une plus grande clientèle cherchant des produits toujours plus sain. Mais cette qualité doit se faire connaître, c'est pour cela que pour ne presque pas ressentir l'influence de la crise agricole, Mme Sandra Angelloz-Nicoud est très présente médiatiquement pour valoriser son faire-savoir.

Mme Sandra ANGELLOZ-NICOUD dans son magasin

3. Un faire-savoir médiatisé

Ensuite, la médiatisation est un point essentiel pour lutter contre la crise.

En effet, Mme Angelloz-Nicoud est l'un des visages principaux représentants l'AOC Reblochon. On peut l'observer sur le fait qu'elle fait visiter sa ferme à des particuliers ou à des groupes scolaires, lui permettant aussi de transmettre une image plus positive du métier d'agriculteur tout en se faisant connaître. Elle montre la qualité de ses produits et le revendique aussi en étant présente aux grands évènements de Haute-Savoie comme à "La semaine du goût" aux Haras d'Annecy. Il s'agit d'un salon d'une semaine promulguant des produits du terroirs spéciaux pour leur qualité avérée. Elle utilise la publicité pour se faire connaître, attirant alors d'avantage de renommé et de clientèle. Sur les 130 producteurs d'AOC Reblochon en Haute-Savoie, son exploitation fait partie de l'une des plus engagée parmi les 20 producteurs promulguant le label et on le remarque notamment sur le site www.reblochon.fr, où elle est directement mise en première page du site représentant officiellement le Reblochon. Cela montre bien la qualité de ses produits puisqu'ils sont promus par une organisation reconnue par l'Etat. Elle est aussi très active sur les réseaux sociaux comme Facebook où elle a, avec son mari, une page atteignant presque les 4000 abonnées.

Photo prise dans leur magasin à Saint-Jean de Sixt

Elle a donc différents moyens pour toucher, concerner plusieurs générations à l'excellence de ses produits agricoles. Elle participe aussi à plusieurs concours chaque année et remporta en 2005 la médaille de bronze puis d'argent en 2006 au concours général agricole de Paris, qui est le plus grands concours en France dans le domaine de l'agriculture. Cela lui apporte une grande renommée auprès des consommateurs achetant des produits classés. Elle apparaît plusieurs fois dans le Dauphiné Libéré, journal emblématique de plusieurs départements comme la Haute-Savoie. C'est un journal très lu dans cette région et il est nécessaire pour eux d'être reconnus par celui-ci et d'être médiatisés aussi par ce journal. Ils sont aussi référencés au guide du "Petit Futée" pour leur Reblochon en 2014, un guide réputé dans toute la France, promulguant leur savoir-faire. Et pour finir, ils ont un site internet très bien décrit contenant une grande source d'informations sur eux et leur production. Elle reçu même la visite de Jamy dans sa nouvelle émission "Le monde de Jamy" (voir photo ci-dessous).

Donc, c'est toute une démarche importante à mettre en oeuvre pour contacter et recevoir les journalistes, entretenir les sites internets dans une semaine demandant minimum 75h de travail mais étant essentielle pour faire face à la crise et ne pas subir ses effets.

Mme et M. ANGELLOZ-NICOUD en compagnie de Jamy, de l'émission télévisé "Le monde de Jamy" sur France 3, le 19 octobre 2016. (http://www.programme-tv.net/programme/culture-infos/r252657-le-monde-de-jamy/8350676-bien-manger-c-est-encore-possible/#serie-header)

CONCLUSION

En somme, la crise agricole a une place qui varie en fonction des agriculteurs. Certains, ressentent grandement la crise agricole et celle-ci a alors une place négative dans leur quotidien, pouvant les conduire à la faillite en raison d'exploitations trop petites, d’une pression foncière caractéristique au département de la Haute-Savoie et poussant les agriculteurs à évoluer, changer leur exploitation pour survivre. D'autres ressentent peu ou pas la crise agricole et celle-ci a une place inexistante dans le quotidien de ces agriculteurs, grâce à des protections comme l'AOC ou l'AOP, leur savoir-faire et leur faire-savoir.

Image issue de la page Facebook de M. et Mme ANGELLOZ-NICOUD

CONCLUSION GENERALE

En somme, la part de l’agriculture dans l’économie nationale ne cesse de décroitre depuis une cinquantaine d’années. Les agriculteurs sont devenus minoritaires, en revanche ils sont de véritables entrepreneurs, des chefs d‘entreprises à part entière. Aussi, ils doivent gérer des exploitations de plus en plus grandes mais pas toujours très rentables du fait des charges très importantes (achat de matériel très couteux, normes phytosanitaires et environnementales draconiennes…). Le recul du nombre d’exploitations se poursuit corrélé à la chute des prix agricoles qui se répercute sur les revenus des agriculteurs. Les fluctuations des marchés du fait de la confrontation de l’offre et de la demande, et de la concurrence internationale accrue, ne font que renforcer la précarité des revenus disponibles des exploitants. Il semblerait que la PAC ait permis pendant quelques décennies le maintien du pouvoir d‘achat des agriculteurs par le jeu de diverses taxes et subventions. Aujourd’hui, elle s’avère moins adaptée au contexte international, d’où l’idée d’une nouvelle PAC. Aussi, nous pouvons nous demander s’il ne serait pas préférable d’orienter les agriculteurs français vers une agriculture plus durable, aux circuits courts (du type amap, AOC, AOP, Bio…) afin de leur assurer un niveau de vie satisfaisant. Il semblerait que le département de la Haute-Savoie soit significatif car il est moins impacté par la crise agricole du fait de nombreuses productions labellisées, du type AOC.

Sommes-nous à la veille d’une reconversion totale de la filière agricole ?

Durant le temps imparti de nos TPE nous avons effectué un sondage nous permettant de tester les connaissances de la population d'Annecy, tous âges confondus, sur la crise agricole. Ce sondage et toute son analyse peuvent être observés dans l'annexe. D'après nos constations, la population d'annecy, notamment chez les lycéens, ne connait que peu de choses sur cette crise. Alors, nous pouvons nous demander si la crise agricole devrait avoir une place plus conséquente dans le système éducatif français et pourrait notamment être enseignée dès le collège pour mieux éduquer la jeunesse sur cette crise nationale.

Photo prise par Yann Arthus Bertrand, photographe professionnel

ANNEXES

SONDAGE

Durant notre temps imparti à la réalisation de nos TPE, nous avons réalisé une étude quantitative représentée par un sondage de 50 lycéens et 50 adultes. Les 100 personnes sont interrogées sur la crise agricole au travers de 7 questions et répondent par "oui" ou par "non" :
Graphique n°1 représentant le nombre de réponses "oui" au sondage en fonction de l'âge, en pourcentage
  1. Avez-vous déjà entendu parlé de la crise agricole ?
  2. Savez-vous ce qu'est la crise agricole ?
  3. Vous sentez vous concernés par celle-ci ?
  4. Connaissez-vous des solutions à cette dernière ?
  5. Savez-vous ce que les agriculteurs demandent ?
  6. Connaissez-vous certaines conséquences qu'elle a provoqué ?
  7. A votre avis, pensez-vous que le département de la Haute Savoie est t-il touché par cette crise agricole ?

Avec les résultats obtenus nous avons réalisé différents graphiques pour illustrer le taux de pourcentage de réponses « oui » en fonction des questions posées. Nous remarquons qu’un fort contraste se forme entre les questions 2, 3 et 4 par rapport au reste. Ces dernières concernent la connaissance concrète de la crise agricole, l'intérêt de la personne par rapport à ce sujet et les possibles solutions que l'on peut lui apporter. Celles-ci représentent une grande proportion des questions posées et font partie des plus importantes du sondage. On remarque donc que seulement la moitié des lycéens ont répondu à la question n°2 et le pourcentage décroit avec 28 % pour la question n°4 et 18% pour la question n°3. Le pourcentage de réponses positives des adultes interrogés est de l’ordre de 65% pour la question n°2, 37% pour la question n°4 et enfin 35% pour la question n°3. Les adultes interrogés répondent plus souvent juste que les lycéens, ce qui est rationnel.

Graphique n°2 représentant le nombre de réponses "oui" au sondage en fonction de l'âge, en pourcentage

D'après des informations non stipulées sur les graphiques, comme le sexe ou la profession, nous avons remarqué que les hommes ou femmes cadres répondent plus souvent positivement aux réponses que les adultes venant de la classe ouvrière. La crise agricole est donc moins connue dans des milieux socio-professionnels inférieurs à ceux des cadres. Les adultes de la classe ouvrière, n'ayant généralement pas de proches inculquant des notions ou connaissances sur des sujets divers et variés, n'ont pas étés assez sensibilisés sur le sujet lors de leur scolarité. Cette ignorance sur le sujet de la crise agricole est aussi fortement apercevable chez les lycéens.

Photo prise par Yann Arthus Bertrand, photographe professionnel

ANNEXES

Lettre au Ministre de l'Agriculture

Image issue de notre magasine

GLOSSAIRE

  • AMAP : ASSOCIATION POUR LE MAINTIEN D’UNE AGRICULTURE PAYASANNE : Une AMAP (Association pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne) est un partenariat de solidarité et de proximité, entre un paysan et consommateurs, pour une agriculture pérenne, économiquement, socialement et écologiquement.
  • L’AOC : APPPELATION D’ORIGINE CONTRÔLLÉE : L'appellation d'origine contrôlée (AOC) est un label officiel français identifiant un produit dont les étapes de fabrication (production et transformation) sont réalisées dans une même zone géographique et selon un savoir-faire reconnu. C'est la combinaison d'un milieu physique et biologique avec une communauté humaine traditionnelle qui fonde la spécificité d'un produit AOC.
  • L’AOP : APPELLATION D’ORIGINE PROTÉGÉE : L’AOP , l’appellation d’origine protégée, désigne la dénomination d’un produit dont la production, la transformation et l’élaboration doivent avoir lieu dans une aire géographique déterminée avec un savoir-faire reconnu et constaté. Il s’agit de la déclinaison au niveau communautaire de l’AOC.
  • BRANCHE AGRICOLE : La branche agricole est le regroupement de toutes les unités d'activité économique qui exercent les activités suivantes : culture de végétaux (y compris maraîchage et horticulture) ; élevage d'animaux ; activités de travaux agricoles à façon ; chasse et activités annexes. Outre les exploitations agricoles, les unités caractéristiques de la branche comprennent les groupements de producteurs (coopératives) produisant du vin et de l'huile d'olive et les unités spécialisées qui fournissent des machines, du matériel et du personnel pour l'exécution de travaux agricoles à façon.
  • CONSOMMATION INTERMEDIAIRES : Les consommations intermédiaires de la branche agricole correspondent aux biens et services qui entrent dans le processus de production.
  • FEOGA : FONDS EUROPÉEN D’ORIENTATION ET DE GARANTIE AGRICOLE : Créé en 1962, le Fonds européen d'orientation et de garantie agricole (FEOGA) est l'instrument financier de la Politique agricole commune (PAC), chargé de soutenir les marchés agricoles (section Garantie) et de contribuer au développement du secteur rural (section Orientation). Le fonctionnement interne de ce mécanisme est assuré par des “prélèvements” sur les prix à l'importation qui équilibrent globalement les “restitutions” sur les prix à l'exportation.
  • FILIERE ou INDUSTRIE AGROALIMENTAIRE : L'industrie ou filière agroalimentaire (en abrégé IAA) est l'ensemble des activités industrielles qui transforment des productions issues de l'agriculture ou de la pêche en produits alimentaires destinés essentiellement à la consommation humaine. Ce secteur économique comprend les transformateurs de produits de grande consommation tels que Nestlé, Danone, Lactalis, Savencia Fromage & Dairy, Pernod Ricard, Unilever, le groupe Bel, Mondelēz International ou encore United Biscuits.
  • FNSEA : FÉDÉRATION NATIONALE DES SYNDICATS D’EXPLOITANTS AGRICOLES La Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), fondée en 1946, est le syndicat professionnel majoritaire dans la profession agricole en France avec 53,39 % des votes aux élections aux chambres d'agriculture en 2013, dans la liste commune avec le syndicat Jeunes Agriculteurs.
  • L’IGP : INDICATION GÉOGRAPHIQUE PROTÉGÉE : L’IGP, l’indication géographique protégée, désigne des produits agricoles et des denrées alimentaires dont les caractéristiques sont étroitement liées à une zone géographique, dans laquelle se déroule au moins leur production, leur transformation ou leur élaboration.
  • PRODUCTION : La production de la branche agriculture est valorisée au prix de base. Le prix de base est égal au prix de marché auquel vend le producteur, plus les subventions sur les produits qu’il perçoit, moins les impôts spécifiques sur les produits qu’il reverse.
Photo prise par Yann Arthus Bertrand, photographe professionnel

Crédit photos YANN ARTHUS BERTRAND

Capture d'écran du mail envoyé au bureau de Yann ARTHUS-BERTRAND

BIBLIOGRAPHIE, SITOGRAPHIE et VIDEOGRAPHIE

BIBLIOGRAPHIE
  • CASTORIADIS Cornélius, « De l’écologie à l’autonomie », Au bord de l’eau, 1981, (livre lu en janvier 2016)
  • DAUCE Pierre, « Agriculture et monde agricole », la documentation Française, 2015 (lu en décembre 2016)
  • Florent PECCHIO et Florian POTTIEZ, « Face à l'urbanisation l'agriculture veut maintenir son poid économique », L'Essor Savoyard Annecy et sa région, jeudi 10 octobre 2016, pp.6-7 ( journal consulté le 11 octobre)
  • Lionel LASLAZ, GAUCHON Christophe et PASQUET Olivier, Atlas Savoie Mont-Blanc, Autrement, 2015 (livre consulté le 18 octobre)
  • RABHI Pierre, « La Sobriété Heureuse », Actes SUD, 2010, (livre lu en septembre 2016)
  • VANDANA Shiva, « Le terrorisme alimentaire : Comment les multinationales affament le tiers-monde », Fayard, 2001, (livre lu au cours de l’année 2015)
SITOGRAPHIE
  • Agreste Ministère de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, « Statistique agricole annuelle » http://agreste.agriculture.gouv.fr/ (page consultée aux files des séances)
  • ANGELLOZ-NICOUD Sandra et Pierre, « Reblochon Fermier des Aravis » www.reblochon-fermier-aravis.com (page consultée le 31 décembre)
  • Chambre de l'Agriculture Savoie Mont-Blanc, « Agriculture biologique » www.producteursdesavoie.com/agricult vure-biologique.html (page consultée le 19 décembre)
  • Chambres d'Agriculture de Rhône-Alpes, « L'agriculture des Savoie, en quelques chiffres » rhone-alpes.synagri.com/portail/7374---les-cles-de-l-agriculture (page consultée le 19 décembre)
  • DENOËL Charlotte, « La crise de 1929 en France », https://www.histoire-image.org/etudes/crise-1929-france, septembre 2005 (vu le 16 décembre)
  • Eurostat, « Evolution du salaire des agriculteurs »,http://ec.europa.eu/eurostat (page consultée le 23 décembre)
  • GOLLA Mathilde, Le Figaro, « Crise de lait, de l'élevage, des céréales… L'agriculture française est en faillite », https://www.lefigaro.fr/conjucture/2016/08/20/20002-20160820ARTFIG00036-crise-du-lait-del-elevage-des-cereales8230-l-agriculture-francaise-est-en-faillite.php, 20/08/2016 (consulté le 12 décembre)
  • Institut de l’élevage, « Economie des filières », http://idele.fr/ (page consultée le 22 novembre)
  • Institut du porc, « Documents statistiques », http://www.ifip.asso.fr/fr (page consultée le 22 novembre)
  • Le Centre d'études et de prospective (CEP), « Production et filières », http://agriculture.gouv.fr/le-centre-detudes-et-de-prospective-cep (page consultée le 13 décembre)
  • Pierre RABHI, « Vers une agriculture durable », http://www.pierrerabhi.org/ (page consultée le 11 octobre)
  • Observatoire des prix et des marges des produits alimentaires, « Lait » « Viandes » « Grandes cultures », http://www.franceagrimer.fr (page consultée le 20, 21, 22 décembre)
  • Syndicat Interprofessionnel du Reblochon, « Le cahier des charges », www.reblochon.fr/aop-reblochon/le-cahier-des-charges/ (page consultée le 19 décembre)
Filmographie
  • CREYSSEL Jacques, « Quels sont les origines de la crise agricole », BFM business, http://bfmbusiness.bfmtv.com/mediaplayer/video/crise-agricole-quelles-sont-les-originesjarques-creyssel-2107-390464.html, 21/07/2015 (vu en novembre 2016)
  • Cyril DION et Mélanie LAURENT, « Demain », Décembre 2015 (film vu en décembre 2015)
  • L'Ecole de Permaculture du Bec Hellouin, « Introduction à la permaculture », https://www.youtube.com/watch?v=FXaD3NGRQQo, 8 Janvier 2015 (vu en décembre 2016)
  • Nathanaël COSTE et Marc DE LA MENARDIERE, « En quête de sens », Janvier 2015 (film vu en mars 2015)
  • TV5MONDE, « France : les enjeux de la crise agricole », http://information.tv5monde.com/info/france-les-enjeux-de-la-crise-agricole-91790, 27 Février 2016 (vu en novembre 2016)
  • V. FREDERIC, E. STERN, C. DECHASSEY, « JT de 20h du jeudi 29 décembre 2016 », 2016, mobile.francetvinfo.fr/replay-jt/france-2/20-heures/jt-de-20h-du-jeudi-29-décembre-2016_1981905.html (reportage consulté le 29 décembre)
  • Yann ARTHUS-BERTRAND, « Human », Septembre 2015 (films visionnés en novembre 2016)
  • Yann ARTHUS-BERTRAND, « La terre vue du ciel », 1999 (film vu en avril 2015)
France Culture
  • L’Invité des matins France Culture Guillaume Erner, « Crise agricole une histoire sans fin », Février 2016
  • Cultures monde France Culture, « Paysannerie, rebonds et sursis. Crise du lait : vers une re-feodalisation du monde », Août 2016
Photo prise par Yann Arthus Bertrand, photographe professionnel

REMERCIEMENTS

Notre groupe aimerait remercier plusieurs personnes qui ont contribué à notre TPE. Tout d'abord nous remercions nos professeurs : M. GAUGENOT et Mme CHAPELET, pour nous avoir aidés et guidés pendant nos deux heures hebdomadaires de TPE. Merci à M. Yann ARTHUS BERTRAND pour nous avoir donner accès à ses photos, et ainsi permis d'agrémenter notre dossier et notre site internet. Enfin, un grand merci à M. Pascal GUERS et à Mme Sandra ANGELLOZNICOUD pour nous avoir accordé de leur temps précieux, nous permettant par la suite d'acquérir de nombreuses informations et connaissances.

Notre groupe de TPE : Léonore BATTISTELLA, Eliot GIL et Sabah ADJERIME

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