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Présentation des ressources pour la classe : "Les Heures Numériques en Lettres - 2018/2019" Hebdo Lettres N°7- Académie de Grenoble

Ce numéro vous propose de découvrir les productions "Heures numériques" des professeurs de Lettres impliqués dans le dispositif 2018-2019. Marc Zanoni, Délégué Académique au Numérique pour l'Académie de Grenoble répond à nos questions.

1) La DAN de l' Académie de Grenoble offre un dispositif particulier aux enseignants pour valoriser les expérimentations pédagogiques innovantes qui intègrent le numérique éducatif. Pourquoi cette volonté académique ?

Chaque année, de nombreux enseignants, seuls ou en équipe, inventent et/ou expérimentent de nouveaux dispositifs pédagogiques impliquant le numérique en lien avec les priorités nationales. Leurs initiatives, parfois confidentielles, suivent une méthode ou une intuition. Le dispositif « heures numériques » permet, en collaboration avec les inspecteurs, de proposer aux enseignants de partager leur démarche, leurs attentes, leurs réussites, leurs difficultés dans la mise en œuvre de ces projets et les pistes qu'il reste à explorer. La Délégation Académique au Numérique se place dans une logique ascendante : prendre en considération les besoins, les idées et les réalisations des équipes du terrain afin de les diffuser. Les enseignants impliqués perçoivent des heures supplémentaires pour la formalisation de leur compte-rendu au sein d'une publication en ligne sur le site de la DAN (catalogue des heures numériques). Les expérimentations les plus emblématiques sont présentées lors d’une journée de séminaire au mois de juin.

2)Comment les enseignants peuvent-ils retrouver les catalogues des Heures Numériques 2018-2019 ?

Les catalogues « Heures numériques » rassemblant les retours d’expérimentation des différents projets (environ cent projets par an) sont disponibles sur le site de la DAN . Ce site, en cours de migration, deviendra plus intuitif et complet à l’automne prochain.

3) Si un enseignant veut participer à une expérimentation Heures Numériques, comment doit-il procéder ?

Un appel à projets construit autour d’axes éducatifs prioritaires est proposé au mois de septembre aux inspecteurs. Ces derniers transmettent, après validation, les projets des enseignants à la Délégation Académique au Numérique. Une commission associant les corps d’inspection se prononce sur le volume d’heures supplémentaires accordées à chaque projet. La rémunération est déclenchée au mois de juin suite au retour du compte rendu d’expérimentation.

Nos collègues prennent la parole pour nous présenter les scénarii pédagogiques "Heures Numériques" conduits dans leurs classes.
Entretien avec Mme Clary, professeure de français, Mme Lasne, professeure de français et Mme Ravel, professeure documentaliste au collège du Mont des Princes à Seyssel (74) qui, en lien avec l' Atelier Cinéma du collège, ont proposé à une classe de 5ème de réaliser une anthologie poétique audiovisuelle.

1) Vous avez choisi de faire réaliser une anthologie poétique à vos élèves : comment est né ce projet ?

Une page de l'exposition "La poésie pour petits et grands" s'avère être à l'origine de ce projet. De cette visite est née l'envie de proposer aux élèves un voyage en poésie, une découverte d'autres poèmes sur le thème du voyage, et ce faisant d'autres poètes de notre patrimoine littéraire. Nous avons des élèves en 5ème dans le cadre du cours de français et de l'Atelier Cinéma (niveaux 5e et 4e). Nous avons dès lors élaboré et expérimenté ce projet de manière à permettre aux élèves de l'atelier cinéma, de mobiliser leur connaissance du logiciel de montage vidéo IMovie et leurs compétences d' « apprentis cinéastes » auprès d'autres élèves de 5ème.

Nous cherchions également à travailler et à évaluer les compétences orales en 5e : Photospeak nous a semblé être un outil idéal pour cette activité. L'application permet de mettre du son sur une image qui va ensuite s'animer. Le choix nécessaire d’un avatar sur Photospeak a permis de réfléchir au choix de l'image utilisée dans la production. Son usage a également incité les élèves à focaliser leur attention sur le travail de diction, l’élocution et l’expressivité de leur lecture sans impliquer leur image physique (comme cela aurait été le cas dans le cadre d’un simple projet vidéo). Évacuer d’emblée l’utilisation de l' image des élèves dans ce projet a donc permis de recentrer l'attention sur le travail du son et de l’oral.

2) Les questions d'enseignement de pair à pair sont au centre de votre démarche. Sur quoi vous êtes-vous appuyées pour permettre à des élèves participants à l'atelier cinéma de devenir « les enseignants » de la classe ? Quel rôle a pu jouer le numérique ?

Le numérique, en l'occurence l'application Photospeak et le logiciel Imovie, ont joué plusieurs rôles. En premier lieu, ils ont permis aux élèves d'être totalement acteurs de leurs apprentissages et de facto de travailler à leur rythme, et qui plus est avec un plaisir manifeste. En second lieu, ces outils numériques ont permis d'aborder autrement la poésie en « donnant vie » aux poètes et à leurs poèmes : un travail de mise en images et en voix que le numérique permet de pérenniser.

Par ailleurs, étant toutes deux utilisatrices régulières des tablettes Ipad dans nos cours, nous avons pu constater que des difficultés « techniques » de prise en main de l’outil numérique pouvaient faire entrave au déroulement d’une activité pourtant très planifiée et cadrée. Avoir recours à des élèves experts, non seulement dans la manipulation des tablettes, mais dans l’utilisation du logiciel Imovie nous a permis de nous affranchir de ces contraintes. Parce qu'ils n’étaient pas autorisés à manipuler la tablette eux-mêmes, les élèves de l’atelier cinéma ont dû guider oralement leurs camarades. Leur expertise a permis de lever la plupart des difficultés liées à la découverte d’un nouvel outil numérique en classe entière et de renforcer des compétences orales chez ces élèves, souvent très réservés.

Enfin, le travail qui a été mené dans le cadre de l’atelier cinéma sur le montage a permis aux élèves experts de proposer des pistes aux élèves novices, pas uniquement dans le cadre de l’utilisation du logiciel. En effet, ils avaient été sensibilisés aux questions cinématographiques posées par le montage (la mise en place d’un récit par le biais de l’organisation d’images dans un ordre précis, l’importance du point de coupe, l’effet Koulechov) et ont pu ainsi guider leurs camarades pour un montage qui fasse sens.

3) A l'issue du projet, quels ont été les retours des élèves « experts » ? Des élèves « novices » ?

Le projet s’étant déroulé assez tard dans l’année - au mois de mai - il est difficile d’en évaluer les effets à long terme sur les élèves. Cependant, au-delà du plaisir que les élèves semblent avoir éprouvé à réaliser les capsules vidéo puis le montage, des effets immédiats ont pu être observés. Tout d’abord, les élèves de l’atelier cinéma ont indéniablement été valorisés au sein de leur classe et cet effet positif a rejailli sur leur implication dans l’atelier : ils ont par la suite participé la finalisation du montage du projet annuel avec les élèves de 4e et ont pu se faire entendre, un binôme d’élèves de 5e prenant même en charge l’intégralité du montage d’une séquence. Par ailleurs, les élèves de la classe de 5e ont tous gagné en aisance vis-à-vis des tablettes, mais également en confiance en eux. Les utilisations ultérieures qui en ont été faites en classe entière n’ont pas rencontré d’obstacle et se sont avérées plus « fluides » que dans les autres classes de 5e.

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Entretien avec Annaïg Borne, webmestre du site "La page des Lettres" de l' Académie de Grenoble et professeure de Lettres au collège Salvador Allende à Bourgoin-Jallieu (38), qui propose à ses élèves des textes littéraires enrichis pour apprendre à comprendre et interpréter les œuvres lues.

1) Comment est venu votre projet de proposer des textes enrichis à vos élèves ? Qu’est-ce qui motive ce projet ? Dans quels buts ?

Depuis deux ans, mes élèves ont chacun une tablette prêtée par le conseil départemental, ce qui m'a amenée à réfléchir à la façon dont on pouvait utiliser le numérique pour travailler la compréhension de textes et aider les élèves à mobiliser différentes stratégies de lecture. J'ai choisi de proposer des textes enrichis aux élèves, en ajoutant des commentaires, des images ou des sons, car cela permet de montrer aux élèves comment mobiliser ces stratégies: réfléchir pour trouver le sens d'un mot, identifier l'idée principale, se poser des questions pendant la lecture...

2) Vos usages du numérique permettent de différencier le travail des élèves sur le texte littéraire. Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

Le numérique permet de différencier en proposant aux élèves le même texte plus ou moins enrichi, en fonction de leurs compétences de lecteur. Le texte peut, par exemple, être divisé en plusieurs parties pour les élèves les plus en difficulté, avec à la fin de chaque partie une question qui les incite à vérifier leur compréhension. On peut aussi fournir la version audio à certains élèves, proposer des aides plus ou moins précises sur le vocabulaire ou les inférences à faire. La différenciation ne réside pas dans le travail à faire sur le texte mais dans le support utilisé et les aides fournies, l'objectif étant évidemment que les élèves arrivent à se passer de ses aides.

3) Avez-vous un outil à recommander pour des collègues qui voudraient se lancer dans l’élaboration de textes enrichis ?

J'ai beaucoup cherché avant de trouver un outil simple à utiliser pour le professeur et pour les élèves, et ma préférence va à l'application en ligne Genial.ly, bien qu'il ne soit pas initialement destiné à ce type d'utilisation. Genial.ly permet d'ajouter des commentaires sous forme de texte ou d'image, de surligner certains mots ou passages, d'insérer du son ou des liens. L'interface est facile à utiliser. Par contre on ne peut pas mettre trop de texte sur une seule page si on veut que ce soit lisible.

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Entretien avec Sarah Cointepas, professeure de Lettres et Laïla Methnani, IAN lettres et professeure au collège Jean Lachenal à Faverges (74). A l'occasion du centenaire de la mort de Guillaume Apollinaire, elles ont proposé aux élèves de rendre hommage au poète en participant à la création d’une bibliothèque sonore et visuelle sur le réseau social Twitter.

1) Vous avez choisi de rendre hommage au poète Apollinaire à l'occasion du centenaire de sa mort en participant à un projet inter-académique sur Twitter. Que permet la mise en réseau des élèves ? Peut-on parler d’ouverture sociale et culturelle ?

La mise en réseau des élèves de 3 classes de 3ème du collège a eu trois impacts. Tout d'abord, elle crée une émulation entre les groupes. Le fait de voir le travail d'autres classes leur a montré concrètement qu’ils participaient à une œuvre collaborative. Ensuite, l' ouverture culturelle se concrétise grâce à la découverte d’autres poèmes d’Apollinaire à travers les vidéos réalisées par d’autres. Elle se caractérise aussi par une appétence nouvelle pour une poésie « modernisée ». Enfin, l' ouverture sociale se traduit par une valorisation des productions des élèves mises en ligne sur le compte Twitter du collège : les commentaires des personnes extérieures ont apporté un regard neuf et ont aidé les élèves à prendre confiance en eux, à apprécier leur propre travail.

2) Si la production finale attendue est identique pour chaque groupe d’élèves. Votre approche différenciée des corpus de textes est un enjeu fort de ce travail. Pouvez-vous nous expliquer comment vous avez procédé ?

Nous avons construit trois corpus, trois "tranchées" s’adaptant au niveau de lecture de nos élèves. Nous avons sélectionné les poèmes en fonction de leurs difficultés stylistiques et littéraires tout en essayant de varier leurs formes afin de placer chacun des élèves en position de réussir. Si nous avons "affecté" chaque élève à une tranchée, les élèves se sont mis en binôme par affinité à l'intérieur de chaque "tranchée". La différenciation s'est étendue à la réalisation de la production. En effet, certains élèves ont préféré recourir à Photospeak ou ont choisi de filmer un traitement de texte en faisant varier la graphie du poème, tandis que d'autres se sont essayés à des montages vidéo plus complexes. Le choix de faire utiliser les téléphones portables des élèves a aussi permis une appropriation pédagogique de cet objet personnel qui ne les quitte jamais.

3) L’opération autour du centenaire de la mort d’Apollinaire se termine, pourtant vous avez décidé de reconduire cette séquence l’an prochain. Dans quelle mesure l’usage du numérique a pu contribuer à développer les compétences d’analyse des textes littéraires d’ Apollinaire ?

Le fait de devoir imaginer une mise en scène plastique qui allait être filmée a obligé les élèves à s’interroger sur le sens du texte, sur son interprétation, sur l’émotion qu’ils souhaitaient faire passer et cela a donné un but concret à leur analyse. De plus, la possibilité de retravailler l’interprétation orale et artistique avec les enregistrements audio, le montage et différentes applications leur a permis de s’approprier véritablement le texte. C'est en entendant leurs erreurs, leurs maladresses qu'ils se sont interrogés sur le fonctionnement du poème, sur sa visée. Les élèves ont saisi le fait qu’une interprétation se base sur une analyse précise mais aussi sur un ressenti de lecteur. Ils ont pu vivre une expérience sensible de la poésie en participant à ce projet interacadémique #ApollinR18.

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Entretien avec Isabel BARAGLIOLI , professeure de lettres au collège Denis Brunet à Saint-Sorlin en Valloire (26) , qui a voulu renforcer l'apprentissage des élèves via un réseau social "Twitter"

1) Vous avez choisi le réseau social « Twitter » pour développer les compétences rédactionnelles et orthographiques des élèves. Pourquoi ce choix ?

J'ai découvert Twitter en participant au dispositif Twictée qui utilise ce réseau social pour communiquer entre les classes et entre les enseignants. J'avais également envie de travailler sur les réseaux sociaux pour une utilisation raisonnée (lien avec l'EMI). Le code "dicobalises" de la Twictée (élaboré et validé par Catherine Brissaud, enseignant-chercheur Université Grenoble Alpes et LIDILEM - Laboratoire de linguistique et didactique des langues étrangères et maternelles) catégorise les types d’erreurs orthographiques. Twitter utilise les balises avec le hashtag. J’ai pensé rapidement au potentiel de ce "dicobalises" en dehors de la Twictée d'autant que le nombre limité de caractères ( 280 caractères) oblige à une certaine concision. Les balises m’ont permis de trouver une solution pour aiguiller les élèves à corriger eux-mêmes leurs erreurs sans leur donner la solution.Je voulais les amener à avoir une attitude réflexive sur la langue.

2) Vous avez aussi eu pour ambition de mettre les élèves en réseau pour pratiquer une écriture régulière et normée. Cette pratique a-t-elle eu des effets positifs dans les productions écrites des élèves ?

J’ai pu constater que le fait de ne pas faire culpabiliser les élèves sur leurs erreurs,en particulier pour les élèves en difficulté, leur a permis de ne pas être bloqués par l’écriture et d’oser écrire tout en acceptant qu'il y ait des manques. De plus, au bout de quelques temps, certains élèves utilisaient les balises pour signaler à leurs camarades leurs erreurs ou réagissaient face aux erreurs que je signalais aux autres. Et, en parallèle de ce travail, j’ai pratiqué la dictée « quotidienne » donc la réflexion sur la langue se complétait bien et s’enrichissait à travers ces deux dispositifs.

3) Vous sensibilisez les élèves à l'ouverture culturelle. Dans quelle mesure, l'outil numérique permet-il cette ouverture ?

L’intérêt de l’outil numérique réside dans le fait qu’il y a un partage rapide d’informations et un enrichissement mutuel entre élèves. Chacun apporte quelque chose, en fonction de ses centres d’intérêt. De plus, les tweets ne comportent pas que du texte. Ils s’accompagnent d’images pour illustrer un propos et de liens vers des sites si on veut en savoir plus sur le sujet abordé. Cela donne un accès facilité à la culture. Et cela permet en plus aux élèves de découvrir et de s’informer sur des sujets vers lesquels ils ne seraient pas forcément allés. Comme le travail se fait principalement hors la classe, ils ne se rendent pas compte qu’ils travaillent. Enfin, les informations viennent de leurs pairs donc elles sont mieux « intégrées » par les élèves.

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Entretien avec Hélène Savin, professeure à l'ESPE de Grenoble et au lycée Marie Curie à Échirolles, (38) qui nous présente l'expérimentation "Par tous les moyens numériques" ou comment utiliser le numérique pour travailler l'argumentation et l'expression orale en classe de Première technologique .

1) Vous exercez en lycée et vous employez au quotidien des usages numériques pour développer les compétences orales et argumentatives de vos élèves. Pouvez-vous nous présenter deux usages pédagogiques numériques dont vous ne pourriez pas vous passer ?

Je répondrai : l’usage de l'application Padlet. Cet outil, de par ses fonctionnalités, permet à la fois de mettre à disposition des ressources ou des "coups de pouce » et d’engendrer des réflexions. Audio, écrit, vidéo, toutes les formes sont possibles. Ensuite, j’évoquerais l'application « la Quizinière » qui permet une entrée dans la tâche rapide et le recueil de copies numériques que les élèves nous adressent.

2) On découvre en lisant votre compte-rendu, l’expression « aucune page blanche n’est laissée avec le numérique ». Pouvez-vous nous expliquer pourquoi ?

Le numérique appartient au quotidien des élèves. Si la feuille peut effrayer certain.e.s élèves, écrire avec un outil numérique ne rebute aucun.e du fait de sa proximité. Il convient dès lors de rendre cet usage pédagogique possible. La feuille, norme pour l’examen, n’est pas oubliée, l’usage numérique la prépare et/ou la conforte car un.e élève écrit toujours avec un outil numérique.

3) Un des enjeux de votre expérimentation porte sur le développement chez l’élève de l’estime de soi. En quoi le numérique peut-il contribuer à développer la confiance des élèves ?

Le numérique autorise les retouches, et ne montre pas les ratures. On peut se tromper, effacer, déplacer. Nous (re)trouvons ici le rôle du brouillon : structuration de la pensée, écriture et réécriture. De plus, la mise en page est aisée et le rendu forcément soigné. Enfin, le numérique permet de bâtir de l’écrit, de l’oral ou de la vidéo. Il rend aisément possible une production travaillée. L’estime de soi est dès lors améliorée.

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Entretien avec Magali Eymard Piquette, professeure de Lettres au collège Seignobos de Chabeuil (26) qui participe à "la classe de 3ème jeune reporter sportif" avec Jacques Paris, professeur d’EPS et Olivier Dufaut, PFA et professeur documentaliste.

1) Votre projet interdisciplinaire permet aux élèves de travailler l'éducation aux médias, la production audio-visuelle tout en questionnant le statut du jeune reporter sportif. Comment les missions se sont-elles réparties entre les collègues ? Quelle place occupe le professeur de Lettres ?

Olivier Dufaut, mon collègue documentaliste est formateur académique spécialiste de l’EMI, Jacques Paris, mon collègue d’EPS est journaliste sportif pour le Dauphiné et photographe ; quant à moi, qui suis professeure de lettres, je travaille depuis longtemps autour de la presse avec les élèves (journaux anciens, papier, productions numériques) : nous avons donc des centres d’intérêt communs autour de la presse et des médias. Concrètement, lors des séances, le professeur d’EPS s’est occupé le plus souvent des prises de vue, puisqu’il accompagnait les élèves les mercredis après-midi lors des compétitions UNSS et qu’il est parti avec eux en séjour APPN au mois de janvier. Il a aussi partagé avec les élèves son expérience de reporter sportif en mettant à leur disposition les photographies qu’il avait pu faire lors de compétitions locales pour travailler sur le recadrage, la composition de l’image. Il a une grande expérience du matériel et a guidé les élèves dans la prise en main des caméras, zooms, tablettes, applications de montage, stabilisateurs, micros. Avec le documentaliste, nous avons plus particulièrement pris en charge l’analyse d’articles, de vidéos, le travail préparatoire au tournage (choix de l’angle de traitement pour un sujet, élaboration du story board … ). Le professeur d’EPS, amenait des exemples concrets grâce à sa pratique quotidienne du journalisme.

2) Cette pédagogie de projet a-t-elle eu des effets vertueux sur les compétences rédactionnelles et analytiques des élèves ?

Comme toute activité de création, les élèves se sont investis parce qu’ils étaient en situation réelle de communication. Cette motivation externe leur a permis de faire des progrès. En effet, les productions ont été réellement publiées, sur le site du collège, diffusées sur les écrans visibles dans l’établissement, ou ont participé au concours pour la promotion du sport féminin UNSS au niveau académique. La grande majorité des élèves ont validé le statut de jeune reporter sportif, et certains ont conclu un partenariat pour produire des vidéos pour le Dauphiné Libéré. Cette visibilité crée un enjeu : les vidéos devaient être impeccables en termes d’orthographe, d’expression écrite et orale. Je n’étais pas le professeur de français de la classe, mais nous avons cependant travaillé lors de ces séances sur plusieurs notions qui sont au coeur de l’enseignement du français : la cohérence des films, en construisant avant la prise de vue le story board, l’efficacité des images, les types de discours, les registres. Par exemple, lorsque nous avons participé au concours pour promouvoir la pratique sportive féminine, nous avons dû choisir quel type de vidéo produire : allions-nous raconter une histoire ? Décrire les sportives du collège ? Expliquer le fonctionnement de l’AS ? Argumenter ? Nous avons choisi cette dernière idée et avons travaillé sur les valeurs qui, d’après nos élèves, étaient partagées par les filles de l’UNSS. Ce n’est qu’après que les reporters sont allés chercher sur les terrains de sport du collège les images dont ils avaient besoin. Historiquement, le journalisme sportif utilise souvent l’épique. Nous nous sommes souvent servis de cette grille pour analyser les contenus médiatiques et avons utilisé les procédés de l’épopée pour rendre plus efficaces nos vidéos. Lorsque nous avons travaillé sur les raccords dans le montage, nous avons interrogé les notions de temps, d’espace, de rythme du récit filmique. Le parallèle avec le contenu du cours de français était évident.

3) Suite à la réussite de la « classe jeunes reporters sportifs », vous avez décidé de poursuivre l'aventure à la rentrée prochaine. Quelles évolutions envisagez-vous en français ?

Nous proposons en effet pour l’année prochaine de poursuivre cette «classe jeunes reporters sportifs » . Nous avons envisagé trois évolutions majeures. Tout d’abord, nous souhaitons rendre plus systématique le travail en réception, en le ritualisant. Chaque séance sera l’occasion d’une petite « revue de presse sportive» prise en charge par les élèves. Ils présenteront au groupe un reportage, une une, une émission de radio ou une vidéo sportive de leur choix et en analyseront les enjeux. Nous avons aussi décidé de travailler plusieurs types de médias en parallèle : la presse écrite, la photo, la radio (nous disposons d’un studio de web radio au CDI) et la vidéo afin que les élèves perçoivent mieux les différences, mais aussi les points communs de ces différents langages, au delà des questions techniques.

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Zoom sur le projet : " Au volant : Réalisation d'une création de littérature numérique" mené au Lycée René Perrin d'Ugine (73) par Charline Meurice, professeure de Lettres et professeur Relais Théâtre-Annecy DAAC et Céline Saluzzo, professeure de Lettres.
Extraits du compte-rendu d'expérimentation "Au volant"

Dans une séquence "E-TRACES. En prise avec le numérique", les enseignantes ont proposé l'étude de l'oeuvre intégrale Déprise de Serge Bouchardon pour les objets d’étude : "La question de l’homme dans les genres de l’argumentation du XVIème à nos jours et Le personnage de roman". Les élèves se sont questionnés sur la problématique : Comment une œuvre de littérature numérique peut-elle nous faire réfléchir à notre rapport au monde réel et virtuel ?

Cette problématique est naturellement en lien avec les programmes en vigueur en 2018/2019. En tenant compte des nouveaux programmes, une approche d'une telle œuvre est évidemment encore possible. On pourrait, par exemple, imaginer un parcours sur les moyens de communication contemporains, comme cela est envisagé au travers de l'objet d'étude « La littérature d'idée et la presse du 19e au 21e », en intégrant Déprise puisque les élèves doivent s'interroger autour d'un débat social ; les difficultés à communiquer, à maitriser sa vie qu'évoque l'oeuvre de Bouchardon aussi bien dans sa forme que dans son fond nous semble pouvoir entrer dans cette perspective. Cette œuvre serait ainsi étudiée dans une séquence plus large sur la communication à l'ère des réseaux sociaux et d'internet (communication facilitée mais dangereuse, fallacieuse).

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Created By
Laila Methnani
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Credits:

Laila Methnani Pixabay

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