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Être soldat à 2O ans : vocation ou dernière chance ?

« Au pire, je m’engage dans l’armée » Qui n’a jamais entendu cette phrase dans la cour du lycée? Souvent prononcés par l’élève en difficulté, ces mots peuvent devenir réalité. En 2016, 16 491 personnes sont rentrées dans les rangs, un recrutement qualifié d’historique par Jean- Pierre Bosser, chef d’état major de l’armée de Terre. Mais parmi les soldats vingtenaires, combien avaient fait de l’armée leur premier choix ?

Revenons en 1996, année où Jacques Chirac propose de professionnaliser les armées. Année clé pour nos hommes et nos armées puisqu’elle marquera la fin de l’obligation du service national. Ainsi s’amorce une grande campagne de recrutement. Car pour pallier le manque d’effectifs, il faut que les armées, plus particulièrement l'armée de Terre, communiquent sur leurs métiers. À l’époque, la campagne s’adresse prioritairement aux jeunes peu diplômés qui ont du mal à trouver un emploi.

20 ans après, où en somme-nous ? Les jeunes choisissent-ils l’armée parce qu’elle vient à eux? Force est de constater que l'intérêt pour celle-ci ne décroit pas, c'est même tout l'inverse! En témoigne le cru 2016, une année record en matière de recrutement puisque 16 491 personnes ont signé pour servir la France.

L'armée de Terre représente plus de la moitié des effectifs de la Défense (54,8%)

Par passion des soldats portent fièrement le treillis et protègent leur nation. Mais pas seulement, l’institution est, pour beaucoup, devenue gage d’épanouissement, l’occasion de se faire une place dans notre société. Décryptage.

Au plus près de sa cible

« Notre marque, c’est s’engager.fr : nous vendons de l’emploi », explique l’officier en charge de la communication pour le recrutement de l’armée de Terre du sud-ouest. « Pour ce faire, nous n’hésitons pas à renouveler notre campagne de recrutement nationale tous les trois ans, que nous déclinons en région ».

La publicité de l'armée de Terre ne se résume pas à des spots télévisuels clinquants aux messages évocateurs. Des affichages urbains aux encadrés dans la presse locale, en passant par des messages radiophoniques, une chaîne Youtube, une application mobile, un compte Instagram et une page Facebook, l’institution est sur tous les fronts pour renseigner « sa cible ». Ce terme, purement marketing, désigne l’ensemble des personnes susceptibles d’être intéressées par une carrière sous les drapeaux. Ici, il s’agit des jeunes, et plus particulièrement des moins de 25 ans.

Extrait du rapport du Haut Comité d'évaluation de la condition militaire 2017

Le but est « d'amener le jeune sur s’engager.fr » (le site de l’armée de Terre) pour qu'il obtienne toutes les réponses à ses questions. En effet, l’armée peut se vanter de la clarté de sa plateforme web. Avec une charte graphique moderne, des infographies lisibles et une interactivité entre militaires et civils, tous les ingrédients sont réunis pour séduire notre génération zap.

« La génération Z (née après 1995, NDLR) est très demandeuse d’informations, mais il faut les lui donner vite et bien. Avant de pousser les portes d’un CIRFA (Centre d'information et de recrutement des forces armées), il est très important qu’elle puisse avoir toutes les réponses dont elle a besoin via notre site», ajoute la gradée.

En plus de sa communication digitale « dernier cri », la Grande Muette présente régulièrement son travail aux étudiants, lors de forums de l'emploi et de salons sur l'orientation professionnelle, ainsi que dans des lycées et des écoles post-bac via « la campagne scolaire ». «Encouragés par le ministre des Armées, les recteurs en région peuvent ouvrir leurs portes aux armées. Ce n’est pas une obligation » précise la chargée de communication. Elle ajoute que « les lycées professionnels peuvent faire aussi l’objet d’une convention de partenariat. Bordeaux en est un très bon exemple ».

Un officier explique à un adolescent les différents parcours qu'il peut emprunter pour devenir soldat lors d'un forum de l'emploi à Bordeaux

Les exigences du métier de soldat

L'armée est le premier employeur chez les jeunes. Elle ne scrute pas les curriculums vitae mais reste sélective. Pour un poste, il y a en moyenne deux candidats.

Après leurs dépôts de candidatures, les futurs engagés volontaires de l'armée de terre (EVAT) sont convoqués au département d’évaluations pour subir des tests physiques et psychotechniques. L'équivalant d'un entretien d'embauche, sauf que celui-ci dure 3 jours.

Très peu se retrouveront face à un psychologue mais devant des évaluateurs formés à l’évaluation psychologique. « Il n‘y a pas assez de psys dans l’armée », explique une officier psychologue dans la chaîne recrutement. La gradée précise : « le but de cette étape est d’écarter les personnes qui ne sont pas adaptées à l’institution militaire, qui peuvent être dangereuses, soit pour elles-mêmes, soit pour l’institution.

Certains candidats idéalisent le métier. Ils pensent que l’armée c’est super, qu’il y a peu de contraintes, que c’est du boulot à vie. »

En ce qui concerne les exigences physiques, Emile, un soldat âgé de 20 ans, pense que tout le monde peut réussir les épreuves. « À travers ces tests, l’armée veut savoir si on est capable de donner le meilleur de nous-mêmes, pas besoin d’être un sportif de haut niveau ». Il ajoute «Pendant les 12 semaines de formation militaire, ça se corse mais c'est progressif donc chacun peut y arriver!».

Discipline, solidarité et mérite, les valeurs de l'armée séduisent. Motivés par une soif d'aventure et l'envie d'entretenir une bonne condition physique, ils signent. C’était le cas d’Hugo*, « Je voulais apprendre un métier où il y avait de l’action. Je suis très sportif ». Théo, lui, cherchait à se dépasser. Cet ancien grenadier voltigeur dans l’Infanterie, se rappelle que cela pouvait poser problème au sein de son régiment. Certains de ses camarades « bombaient le torse » et comparaient continuellement leurs performances physiques. « Ce qui nuit grandement à la cohésion de groupe », déplore t-il.

À la signature de leur premier contrat, les EVAT partent dans un Centre de formation initiale des militaires du rang (CFIM). C’est au sein de l’un des 13 CFIM, que le recruté devient soldat. C’est aussi à ce moment que tout se joue. « Certains déchantent car il n’avaient pas cerné toutes les exigences du métier. D’où la nécessité de bien les informer en amont » explique l’officier psychologue.

De l’emploi à l’heure du chômage

« Désolé mais nous cherchons une personne avec plus d’expériences » : la « it phrase » des recruteurs en a fait hurler plus d’un. Car oui, toute la problématique réside ici: comment acquérir de l’expérience sans travailler ? Ajoutez à cela un vocabulaire pessimiste tel que « génération sacrifiée » ou « fléau du chômage » et vous obtiendrez la réalité du marché du travail chez les jeunes: 1/4 des moins de 25 ans pointe au Pôle Emploi.

Emile, technicien des télécommunications depuis deux ans, se souvient : « Avant l’Armée, certes j’étais mauvais élève mais je savais ce que je voulais faire! Mais à l’heure actuelle, qui vous embauche lorsque vous n’avez aucune expérience ? La sécurité de l’emploi m’a poussé à franchir le pas

Face aux difficultés de trouver un emploi dans le civil, les arguments de la Grande Muette rassurent. De plus, porter le treillis ne veut pas dire pour autant combattre.

« 80% de nos postes sont peu connus. On emploie des cuisiniers, des maîtres chiens, des secrétaires, des juristes des météorologues, des informaticiens, mécaniciens. Qui peut se vanter d’avoir autant de métiers ? Dans l’esprit commun, être militaire c’est être combattant. Pourtant, ce n’est pas que ça », rappelle la chargée de communication.

Pour être recruté dans l’armée de Terre, les diplômes ne sont pas obligatoires. Un candidat « sans bagage scolaire » peut ainsi prétendre à devenir chef de char, pilote d’hélicoptère ou encore artilleur.

Paul*, perdu dans ses voeux post-bac, se rappelle la détresse dans laquelle il se trouvait une fois « le bac en poche ». « Je ne savais pas ce que je voulais faire, aucun métier dans le civil ne semblait me correspondre ». Il reprend : «Un jour, lors d’un salon des métiers, surpris par la présence d'un stand de militaires, je m'y suis arrêté. Ce fut le déclic. » Charmé par les valeurs de l’armée mais surtout par la possibilité d’exercer un métier hors du commun, il devient militaire du rang à 18 ans.

Même si l’armée ne met pas la barre très haute en termes de qualifications, elle poussent les jeunes à poursuivre leurs études avant d'entamer une carrière sous les drapeaaux.Un jeune avec une spécialité sera tout aussi bien accueilli qu’un bachelier sans compétences spécifiques car l'institution a besoin de tous les corps de métiers.

Théo se souvient, en plein CAP (certificat d'aptitude professionnelle) cuisine, le jeune homme pousse les portes du CIRFA de Bordeaux. Les étoiles dans les yeux, ce passionné de boxe thaï explique au recruteur qu’il souhaite arrêter sa formation et s’engager. À l’époque, le recruteur lui conseille de revenir le voir une fois sa formation achevée. C’est ce qu’il a fait. Bien qu'il ait préféré abandonner les fourneaux pour partir en OPEX (opération extérieure) en tant que combattant.

Lalie, Mathilde et Benoit quand à eux sont lycéens et espèrent réussir le concours de l’école du personnel paramédical des armées (EPPA) pour devenir infirmier dans l’armée de Terre. « À l’issue de mon premier rendez-vous au CIRFA, aiguillé par les recruteurs, j’ai décidé de devenir infirmer dans l’armée de terre », se rappelle Benoit, élève en terminale STI (sciences et technologies de l’industrie).

Salaire et nouvelles compétences à la clé

« L’objectif est de montrer qu’un passage au sein de l’armée de Terre est un tremplin pour l’avenir», écrit sur son site l’agence Insign, chef d’orchestre de la dernière campagne de recrutement de l’armée de Terre.

À la signature de son contrat, le militaire du rang touche 1480€ brut, sans compter les nombreuses primes auxquelles il a droit lorsqu’il part en OPEX. Logé, nourri, blanchi, le soldat ne dépensera que très peu, l’occasion d’économiser sa solde.

Hugo*, agent de logistique réformé, raconte qu’il a pu ainsi mettre, pour la première fois, de l’argent de côté.

« À mes débuts dans l’armée, je me suis dit : « je fais 5 ans, puis je me reconvertis. Je voulais devenir éducateur sportif. Grâce à l’armée, je peux m’offrir cette formation »

100% des militaires du rang sont des contractuels. L’engagement est donc limité dans le temps. La durée des contrats varie entre 2, 3, 5, 8 ou 10 ans. Le soldat n’est donc pas pieds et poings liés à l'institution mais il est tenu d’honorer son contrat.

«Une fois la formation militaire effectuée, on se spécialise sur le tas. La pratique l’emporte sur la théorie. Contrairement aux bancs de l'école, ici t'es sur le terrain ça va vite et rapidement on acquière de nouvelles compétences », explique Emile.

« En vingt ans, les frais de scolarité ont été multipliés par deux et demi », écrit l'Institut Montaigne dans un rapport publié en 2014. L'accès aux études supérieures peut être synonyme de prêt étudiant, un frein pour beaucoup.

Benoit, à tout juste 17 ans, en est persuadé « L’armée peut être une issue de secours, quand on n’a pas les moyens ou tout simplement pas la possibilité de faire des études, s’engager dans l’armée peut être l’occasion de se prouver qu’on est tout simplement capable. On en ressort formé et fier ».

Message posté sur un forum de militaires

L’officier psychologue, face à des candidats sortis du système scolaire sans bagage pour rentrer dans la vie civile, a observé que « pour ces recrues, l’armée peut être une planche de salut, elles la voient comme quelque chose de sécurisant. Le but étant de savoir si elles ont prise en considération les exigences du métier et qu’elles les acceptent.»

Un militaire ne reste en moyenne que 6 ans dans les rangs. L'institution a un nouveau défi, garder ses recrues plus longtemps. Elle vise 8 ans.

« Recruter c’est bien. Fidéliser c’est mieux », conclut la gradée.

Patriotisme et fierté

« Mon rêve, c’est de faire carrière dans l’armée, de vivre armée », confesse Mathilde. C’est à l’âge de 12 ans, devant son poste de télévision, les yeux rivés sur le défilé du 14 Juillet, que la jeune femme comprit qu’elle emprunterait cette voie. Actuellement en terminale ES, la Stéphanoise n’a pas perdu de temps. L’été dernier, elle a effectué une Préparation militaire découverte (PMD). « Avant de m’engager, je voulais être sûre que l’ambiance militaire me convienne ». À présent réserviste, elle effectuera sa première garde pendant les fêtes de fin d’année.

Selon le rapport 2017 de l’HCECM (Haut Comité d’évaluation de la condition militaire), 64% des jeunes de 15 à 29 ans «considèrent qu’être militaire ne peut pas être considéré comme un travail comme un autre» et qu’être militaire est avant tout une vocation.

L'embuscade d'Uzbin en 2008, Charlie Hebdo et le Bataclan en 2015, Nice en 2016 ... Après chaque événement dramatique, l'armée de Terre observe une forte hausse des candidatures.

Cela se ressent lors des Journées de Défense et de Citoyenneté (JDC). À l’issue de ce rite obligatoire dans le parcours de la citoyenneté, les adolescents, âgés en moyenne de 16 ans, peuvent faire des demandes d’informations sur le volontariat et l’engagement -ainsi transmettre leurs coordonnées aux Armées pour obtenir toute la documentation qu’ils souhaitent-.

Les années marquées par des attentats sont synonyme d'une hausse de demande d’informations sur l’engagement dans l’armée de Terre.
« L’armée observe toujours une hausse de candidatures. Mais ce n’est pas la majeure partie des candidats », nuance la capitaine psychologue.

Certains se découvrent une vocation, d'autre sont confortés dans leurs choix de servir sous le drapeau tricolore. Mathilde avait 15 ans lors de la tuerie du 13 novembre. À l'époque, choquée, l'adolescente explique émue : « Comment peut-on s’en prendre à nos valeurs? La France est trop belle pour qu’on s’en prenne à elle. Je veux me battre pour conserver cette beauté ». La lycéenne ajoute : « J’ai envie de porter le treillis et de me sentir utile, être patriote c’est être utile à la France »

Seulement 2,7 % des militaires engagés entre 2014 et 2016 avaient un père militaire.

C’est le cas d’Emile. Ce fils et petit fils d’anciens légionnaires assure n’avoir jamais été poussé par sa famille et espère faire carrière dans l’institution.

Soutenue par une famille étrangère au monde militaire, Mathilde raconte : « C’est un choix très personnel; je ne me sens pas influencée. Le stéréotype de la famille avec le chien, la maison, les repas du dimanche, ça ne m’intéresse pas du tout. Je veux vadrouiller. Je ne suis pas accrochée à ce genre d’idées. Je ne veux dépendre de personne sauf de l’armée ». L’adolescente rêve de devenir infirmière des Armées pour «sauver la vie de ceux qui nous la sauvent ».

Mathilde qui a entamé sa transformation physique, au programme : musculation et coupe garçonne.

Benoit, quand à la lui, s’est rendu au CIRFA en compagnie de ses proches. Soutenu, il rend fier son père.

46% des Français ayant des enfants scolarisés leur conseilleraient de s’engager dans l’armée.

La majorité des EVAT n’a donc pas d’histoire personnelle avec l’armée mais elle bénéficie d’un soutien familial important.

Porter l’uniforme kaki, un gage de respect en société

Selon le rapport 2017 de l’HCECM, 88% des français ont une bonne image des armées. Credit Photo @Simonbenatar

Selon Emile « quand tu dis en société que tu as été militaire tu es de suite respecté ». C’est aussi le sentiment de Thomas*, un EVAT de 19 ans, actuellement en formation dans un CFIM: « C’est le début de ma formation et je remarque que certains de mes camarades se sont engagés seulement pour le statut » dans un soupir il reprend « j’espère qu’ils abandonneront car selon moi on ne s'engage pas pour un uniforme, on s'engage pour des valeurs ».

À la fin de leurs contrats, en moyenne 70% des militaires trouvent aisément un emploi dans le civil. Se faire une place dans l’armée peut leur permettre de trouver une place en société. La reconversion dans le civil est d'ailleurs l'un des arguments phare de la communication de l'institution. Théo approuve « Avoir servi dans l’armée rassure les employeurs. En plus des compétences acquises, le boss se dit ok il a servi dans l’armée, c’est quelqu’un qui en veut et qui n’a pas froid aux yeux ».

Pour le jeune EVAT Thomas* «ça va plus loin» explique t-il. «Tu es respecté par les autres parce que tu te respectes avant tout. Tu t'es prouvé que tu étais capable. Je pense à mon grand frère quand je dis ça. C'était un véritable cancre, mais grâce à l'armée il s'en est sorti ». Le jeune homme grimace et reprend sur un ton sérieux: « C'est difficile à l'école d'être pris au sérieux et valorisé quand ton bulletin scolaire n'est pas très reluisant. Ca peut même te démolir psychologiquement. Ici, on est sur un même pied d'égalité. On gagne en expérience, on murit et au final tu te dis " bah oui mec tu n'es pas une merde". Au final mon aîné voit du pays et protège la France, c'est une belle revanche! »

La grande désillusion ?

Malgré une sélection rude à l’entrée et des candidats avertis, 20 à 28% abandonneront lors des 6 premiers mois, la fameuse période probatoire.

Capture du rapport du Haut Comité d'évaluation de la condition militaire 2017

Pour l’officier psychologue, « c’est du cas par cas. Les raisons de dénonciations sont diverses ». Paul*, bien que très motivé avoue «avoir eu du mal au début à lâcher son iPhone». «Ici t'oublies snapchat et compagnie» plaisante t-il.

Hugo*, réformé officiellement pour cause de dépression, a un tout autre avis. Catégorique, il dit: « le CIRFA te vend du rêve ». Après ses classes (12 premières semaines), «la désillusion fut grande» pour cet hyperactif « Je passais mes journées assis à faire de la théorie» dénonce t-il. Il reprend :

« J'avais déjà des doutes pendant ma période d’essai mais mes supérieurs, rassurants, m’ont promis que l’action et les missions afflueraient lors de ma spécialisation. Au final, rien ».

Avec le recul, le jeune homme pointe du doigt un manque de moyens financier, ce qui nuit selon lui à la qualité de la formation.

Mais ce n’est pas tout : pour ce futur éducateur sportif, l’esprit solidaire vanté par les "spots pub" n’est qu’un leurre. « Je pensais arriver dans l’armée et trouver cet esprit de cohésion, de camaraderie. On peut être amené à partir en guerre, il faut être soudé! Au final, chacun cherche à se mettre en avant, c’est un concours de coqs en permanence ».

Théo le déplore également. Le jeune homme se remémore: « L’armée c’était mon rêve et j’encourage tous ceux qui le souhaitent à tenter l’aventure. Mais pour moi ça ne l’a pas fait. La faute à pas de chance, je suis tombé dans la section la plus stricte dans l’un des groupes des plus difficiles ». Le jeune homme a déserté après 2 ans de bons et loyaux services.

Bien que tout ne se déroule pas toujours comme ils l'avaient espéré, les nouvelles et anciennes recrues, qui ont participé à cette enquête, s'accordent pour vanter les bienfaits de l'institution sur leur carrière professionnelle.

Résultat de l'enquête évolutive "Génération What"
Résultat de l'enquête évolutive "Génération What"

Majoritairement hostiles (68%) au retour du service militaire, les jeunes générations souhaiteraient à 79% la mise en place d'un service civil dit alternatif à celui de l'armée. Courant 2019, ce sera peut être chose faite. Un service national universel obligatoire d'une durée d'un mois devrait être expérimenté. Emmanuel Macron en avait fait l'une de ses promesses de campagne. Le président avait précisé que «cela permettrait de disposer, en cas de crise, d’un réservoir mobilisable complémentaire de la Garde nationale et que cela aiderait les jeunes à préparer leur entrée dans la vie professionnelle comme dans leur vie de citoyen». Une première immersion militaire qui forgera peut être de nouvelles vocations...

*Prénoms modifiés

Crédit photo de couverture @Simonbenatar

Created By
Marie Neaud
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