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Toucher les plus vulnérables Jaclyn Dolski, Fondation Aga Khan

La Fondation Aga Khan a lancé un programme quinquennal dans des régions montagneuses reculées de l’Afghanistan, du Pakistan et du Tadjikistan, dans le but d’améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle de communautés pastorales marginalisées dans des villages de haute altitude. L’histoire ci‑dessous illustre mes visites dans certaines de ces communautés du Tadjikistan et mes rencontres avec les familles avec lesquelles nous travaillons.

L’INSÉCURITÉ ALIMENTAIRE AU TADJIKISTAN

Le Tadjikistan est un pays agraire de près de neuf millions d’habitants, dont les trois quarts vivent dans des régions rurales. Malgré le fait que le secteur agricole représente 60 % des emplois, ce pays affiche le taux de malnutrition le plus élevé parmi les 15 anciennes républiques soviétiques. Les catastrophes naturelles fréquentes exposent les familles à faible revenu dans les collectivités rurales à une insécurité alimentaire chronique tandis que d’importantes surfaces agricoles se dégradent progressivement en raison de la déforestation systématique, de l’érosion des sols et des sécheresses. Environ 31 % des jeunes enfants dans les collectivités montagneuses de la région autonome de Gorno Badakhshan (RAGB) affichent des retards de croissance modérés à graves attribuables à une mauvaise hygiène, à un manque de connaissances ou d’éducation, à des services de santé inadéquats et à l’insécurité alimentaire dans les ménages. La Fondation Aga Khan relève ces défis en travaillant au niveau de la sécurité alimentaire et nutritionnelle immédiate et long terme des collectivités de la GBAO, la région la plus reculée et isolée du Tadjikistan.

LE VILLAGE DE SEJD

Il y avait un peu de trafic sur la route vers Sejd, un village éloigné dans les montagnes de la GBAO. En arrivant, j’ai été accueillie par Gulrukh, un homme 39 ans père de cinq enfants. Trois générations vivent sous un même toit : les parents de Gulrukh, son épouse, sa sœur, sa nièce et ses enfants. Traditionnellement, le plus jeune fils reste à la maison pour s’occuper de ses parents tandis qu’ils vieillissent. Cette tradition a été particulièrement difficile pour Gulrukh en raison du manque d’occasions d’emploi dans le village et de la mauvaise santé de son père. Akbarsho a 80 ans, et il a une tumeur. Depuis trois ans, il utilise un cathéter qui doit être changé et remplacé régulièrement :

« Je suis le seul homme à la maison – je dois rester ici pour m’occuper de lui. Il y a toujours des problèmes avec son tube, donc je dois être là pour le réparer. »

La mère de Gulrukh, Azizbegim, a près de 72 ans. Elle entend mal et ne peut se déplacer sans assistance. Cela dit, elle est le genre de personne dont on se sent proche dès la première rencontre. Pendant ma visite, je crois qu’elle n’a pas arrêté de sourire un seul instant. Les enfants en sont à un âge de croissance critique, mais la famille n’a souvent rien à manger à part du thé servi avec du lait, du sel, du beurre et parfois du pain. La famille n’a aucune source de revenus autre que la pension des grands-parents de 50 $ par mois, ce qui la rend admissible au soutien de la Fondation Aga Khan pour ménages hautement vulnérables.

« Les hivers sont très difficiles. Nous devons faire du troc pour chauffer notre poële à bois. Mes enfants vont à l’école, mais je ne peux pas leur acheter de vêtements chauds. Nous avons du mal à trouver assez de nourriture. »

Pour relever ce défi, la Fondation donne à Gulrukh et sa famille des aliments nutritifs produits localement pour la saison maigre, y compris des mûres séchées, des abricots, du jus, des confitures de fruits, des haricots, des pommes de terre, du chou et des noix.

À long terme, les investissements dans des innovations menées par les citoyens, telles qu'une serre toutes saisons et une agriculture résiliente au climat, aident les hommes et les femmes de la région à trouver de nouvelles solutions à leurs problèmes communs. Lisez à propos de ce travail : Feeding a hunger for solutions in rural Tajikistan (en anglais seulement).

NE LAISSER PERSONNE POUR COMPTE

Les progrès mondiaux en matière de pauvreté sont les plus lents pour les plus pauvres. Les personnes les plus vulnérables sont souvent les plus difficiles à atteindre, parce qu’elles vivent dans des milieux caractérisés par des infrastructures endommagées, de faibles densités de population et des opportunités économiques minimales. Ces facteurs complexes signifient que les améliorations sont plus lentes et moins importantes pour les personnes les plus vulnérables, ce qui pousse souvent les organismes de développement à les ignorer. Cependant, bien que ces facteurs rendent le milieu de travail plus difficile, ils reflètent également un plus grand besoin d’assistance. Après avoir rencontré des gens comme Gulrukh et avoir vu les difficultés quotidiennes auxquelles lui et sa famille font face, il me semble évident que nous travaillons au bon endroit. Je suis extrêmement fière de l’engagement de la Fondation Aga Khan à appuyer de telles collectivités malgré les difficultés, et j’espère que nous mènerons par l’exemple dans le monde du développement.

Jackie, une femme née à Montréal, a été affectée à Dushanbe, au Tadjikistan, dans le cadre du Programme de stages de la Fondation Aga Khan Canada.

Depuis 1989, la Fondation Aga Khan Canada contribue au développement de jeunes leaders canadiens dans le domaine du développement international par le biais de son programme de bourses internationales pour la jeunesse.

Created By
Aga Khan Foundation Canada
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