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Anniversaire d'un géant Le barrage de Vouglans a cinquante ans. Le Progrès retrace l'histoire du chantier du XXe siècle le plus monumental du Jura.

Reportages: Philippe Bétry; Vincent Patrin; Nathalie Coron-Formentel; Philippe Beauve-Recordon; Jean Barthelet; François Tonnerre; Photos: Philippe Trias; Philippe Bétry; Paul Guy; archives Michel Jacquemin; Bernard Muyard; Paul Guy; archives départementales du Jura; archives Le Progrès

La troisième plus grande retenue de France

Avec ce projet hydraulique lancé en 1956 le Jura entre de plain-pied dans les trente glorieuses. Cinq cents personnes, souvent recrutées sur place, vont travailler sur cet immense chantier. Cent cinquante villageois seront déplacés.Ici, un million de kilos de béton retiennent 605 millions de mètres cubes d'eau

Ici, un million de kilos de béton retiennent 605 millions de mètres cubes d'eau

En 1968, un géant propulsait le Jura dans une nouvelle ère. Fruit d’une réflexion lancée dans les années cinquante sur les besoins croissants en énergie d’une société aux portes de la consommation de masse, le barrage hydroélectrique dresse fièrement son mur de béton et d’acier dans le sud Jura depuis 50 ans. Longue d’une trentaine de kilomètres, sa retenue d’eau qui épouse le relief de la vallée de l’Ain, devient rapidement le terrain de jeux préféré des Jurassiens et des touristes, faisant passer en arrière-plan la modification des paysages à laquelle ce projet titanesque a contribué.

La roche attaquée à coups de dynamite

Face à une consommation croissante, produire de l’électricité est primordial au milieu du XXe siècle. Dans les bureaux d’EDF, les ingénieurs se creusent la tête. Quelques années plus tard, la roche est attaquée à coup de dynamite dans le sud Jura où il a été décidé la construction d’un ouvrage hydroélectrique.

La décision de construire le barrage en amont de Menouille est prise en 1956.

En 1966, les économistes mettent en avant que « la consommation d’énergie électrique double tous les dix ans dans les pays civilisés. » En 1965, la France a consommé 100 milliards de kW/h « ce sera donc 200 en 1975 et 400 en 1985. »

« Or, à l’heure actuelle (1966) l’électricité d’origine atomique ne représente que 1 % de la production. Dans 20 ans elle atteindra vraisemblablement 40 % ; le reste sera encore d’origine thermique et hydraulique » estimait-on alors… Produire de l’énergie est donc primordial.

A la demande d'EDF le Groupe spéléologique jurassien a mené des missions exploratoires à la Caborne de Menouille.

L’Ain, un torrent impétueux et fantasque

C’est dans cette optique qu’ont été recensés de façon précise tous les points du territoire qui pouvaient se prêter à l’aménagement de nouvelles centrales hydrauliques ou thermiques.

Mais si la géographie permet d’envisager la construction d’un nouveau barrage hydroélectrique, celui-ci pourra – devra – répondre aussi à d’autres préoccupations.Parmi celles-ci, la régulation du cours du Rhône. En effet, si celui-ci apparaît comme un géant à côté du cours d’eau qui naît sur le plateau jurassien de Nozeroy (entre Conte et La Favière, à 700 m d’altitude), la rivière d’Ain y joue un rôle important.

Véritable torrent impétueux et fantasque, aux crues soudaines, notamment dans sa vallée entre Pont-de-Poitte et Menouille (35 km), l’Ain peut voir passer son débit à 1 800 m³ /s, alors que sa moyenne annuelle est de 38 m³ /s.

Au hameau de Brillat, la vie s'organisait autour des restaurants et des tourneries. En arrière-plan, les arbres coupés à hauteur de la cote de 429 mètres.

Ce qui n’est pas sans répercussions sur le grand fleuve et certaines de ses grandes crues sont dues à celles de la rivière jurassienne : en 1856,1918 et 1926 nous disent les archives, le Rhône présentait à Lyon un débit de 4 500 m³/s… dont la moitié provenait de l’Ain, conséquence de la fonte des neiges !

Inversement, l’étiage en été pouvait provoquer le chômage du trafic fluvial du Rhône. Les ouvrages d’art existant ne pouvaient répondre à cette nécessité de réguler le cours d’eau. Une retenue d’importance s’avérait nécessaire.

Voilà comment apparaissait la cité EDF sur la commune de Lect - Vouglans, au début des années soixante.

Et si l’énergie nucléaire était encore balbutiante, certains en haut lieu ne manquaient pas d’envisager déjà les moyens nécessaires au bon fonctionnement des futures centrales, c’est-à-dire l’approvisionnement régulier en eau de refroidissement.

En 1956, le choix du site de l’implantation du barrage est arrêtéEn remontant le cours du fleuve et des rivières, les ingénieurs se mirent donc à considérer attentivement celui de l’Ain où existaient déjà usines et barrages, examinant les éventuelles possibilités de développement.

Cette ferme, située entre Pont-de-Poitte et Largillay, dans le périmètre de la future retenue de Vouglans, a été détruite.

Avec aussi par la même occasion l’opportunité de multiplier la production électrique, répondant ainsi tant au souci de rentabilité qu’à celui de l’aménagement (régulations fluviales, création d’une retenue à plusieurs objectifs) et faisant d’un barrage plusieurs coups.

Où installer un nouvel ouvrage ? Différents lieux furent examinés : Pont-du-Navoy, en amont de Pont-de-Poitte, au niveau du Pont de la Pyle, ou agrandissement du barrage déjà existant de Saut Mortier en le relevant de 30 mètres.

L'ancienne porterie et ses deux pavillons ont été remontés pierre par pierre à Chavia, un hameau d'Onoz.

Mais à chaque fois les études butent sur des difficultés : mauvais état des roches d’ancrage, trop d’habitations, de champs, de routes qui se retrouvent noyés. Finalement la décision est prise courant 56 : c’est en amont de Menouille que sera construit le barrage. Mais ça, personne ne le sait encore sur le terrain…

Construit en 1920, le barrage de la Chartreuse de Vaucluse se situait au niveau de la boucle, et l'usine en amont de l'actuel barrage.

Peu après sa mise en eau, le barrage de Vouglans a été accusé d'être à l'origine des secousses telluriques. Des rumeurs vite démenties par la suite.

Vouglans a radicalement modifié le paysage touristique du Jura, même si les grandes envolées et les rêves d'investissement d'origine ont été revus à la baisse. Ce qui n'est sans doute pas plus mal pour la sauvegarde de la nature. Le site de Vouglans concentre aujoud'hui plusieurs attractions touristiques.

Un chantier exceptionnel

Après les fouilles des fondations du barrage, la “foration” (percement de la roche pour la mise en place d’explosifs) de la prise d’eau, des puits verticaux et des galeries d’amenée, le creusement des canaux de fuite et le canal de dérivation, ce fut celui de la cavité de l’usine.

Une salle de grande portée, 18 mètres, creusée dans un calcaire dur, bétonnée dans la partie supérieure par précaution dès la fin de l’excavation.

Puis vint la construction du barrage proprement dit. L’encastrement de l’ouvrage dans son assise rocheuse varie de 5 à 13 m. Il est construit en vingt-neuf plots de 13,50 m de largeur et deux massifs d’extrémité.

Une construction en "V"

Sans entrer dans l’extrême complexité d’organisation d’un tel chantier, retenons que plutôt que de l’exécuter en créneaux, l’Entreprise Industrielle proposa de construire le barrage en V, dans un axe décalé de trois plots. Cela eut l’avantage de ne nécessiter que la mise en œuvre de 17 coffrages, adaptant les tâches de réalisation de ceux-ci aux cubes de béton.

La construction du barrage a pris cinq ans.

Le décalage permettait aussi au béton d’un plot de sécher avant de monter celui d’à côté, qui s’y adaptait donc parfaitement. Cela donnait une vue insolite de l’ouvrage pour le non-spécialiste.

Les coffrages des parements et joints du barrage étaient de type semi-glissant et le bétonnage des plots s’effectua par levée de 2,50 m, mis en place par couche de 0,50 m sans reprise. Les bétons déversés dans les plots étaient vibrés par air comprimé.

Un important dispositif de surveillance dans le barrage

Pour ce qui est de l’étanchéité des joints, elle est assurée par une lame de cuivre à l’amont, incorporée à 30 cm de profondeur et par une lame de tôle d’acier à l’aval, à 25 cm du parement. Quant au clavage, il est réalisé par compartiment de 15 m de hauteur.

Bien entendu, différents systèmes d’auscultation de l’ouvrage ont été disposés dans le barrage pour en surveiller la tenue et en signaler d’éventuelles déformations. Entre autres : neuf sondes thermiques disposées en croix et placées tous les 20 m, cinq puits de pendules sur toute la hauteur et trois autres équipés de pendules inversés, des témoins optiques depuis la berge, des fils de fondation et 295 témoins sonores.

Un barrage : comment ça marche?

Les barrages fonctionnent grâce à la force de la gravité. Trois étapes se succèdent pour transformer l’eau en énergie électrique : un réservoir d’eau où est stockée l’énergie potentielle ; une turbine mise en mouvement par l’eau courante ; un alternateur pour transformer l’énergie mécanique de la turbine en électricité.Concrètement : l’eau stockée grâce au barrage, se trouve dirigée par l’ouverture des vannes et à travers les conduites forcées vers les turbines. Plus la chute d’eau est importante, plus elle contient d’énergie. Ici, la chute est de 100 m. À Vouglans, dans l’usine semi-souterraine à l’aval du barrage, on compte trois turbines, plus un groupe réversible qui pompe la nuit (ou en cas de faible demande) une partie de l’eau déjà turbinée et stockée dans la retenue de Saut Mortier qui « travaillera » donc une seconde fois. Chaque turbine est alimentée par une conduite forcée passant sous le barrage (à une profondeur variant de 30 à 70 m) et venant des puits de prise d’eau situés rive droite en amont du barrage. L’énergie produite est ensuite dirigée vers des alternateurs puis deux transformateurs (qui font élever les 10 000 volts produits à 225 000 volts) d’où l’électricité partira dans les câbles à haute tension pour se raccorder à la ligne Génissiat-Champvans.

Ces hommes qui ont fait le barrage

André Jacquemin, de Cernon montre son album de photos prises lors des trente ans du barrage.
"On était jeunes et le travail affluait aux portes du village. Tout le monde en a bénéficié. Mon expérience de l'armée m'a permis de m'investir sur des travaux de génie civil comme conducteur de pelleteuses, notamment. Je devais reprendre la ferme de mes parents, je les aidais chaque jour, et je travaillais au chantier."
Dominique Naccarato, mécanicien sur le chantier. Il est né à Mandone, en Italie, le 27 octobre 1941.
"J'intervenais sur les machines utilisées notamment pour le transport du béton fabriqué de jour comme de nuit à raison de 750 m3 par jour, par la tour à béton. Notre travail était exécuté à environ 150 mètres au dessus de l'ouvrage, avec les outils dans le dos. Le danger était là..."
Jean Monnier est né dans le petit village de Vouglans le 28 août 1934. Titulaire du certificat d'étude, il a été embauché sur le chantier du barrage comme manoeuvre, à l'automne 1960.
"Nous remontions des carottes tous les trois mètres pour arriver à environ soixante mètres de profondeur. Nous n'avions pas eu de surprise particulière, à part quelques petites failles sans importance. On nous répétait régulièrement que l'enrochement était bon."
Interlocuteur privilégié pour évoquer la mise en place et les débuts de Vouglans, sa mise en eau et sa mise en route, Georges Girard a été véritablement "habité" par le barrage et l'usine autant qu'il l'a habité.
"Je pourrais me balader dans le barrage les yeux fermés, tellement je le connais. Ce qui m'a peut-être le plus impressionné, c'est la prise d'eau à plus de 60 mètres de profondeur dans la roche. C'est une vraie cathédrale de 50 mètres de long, 20 mètres de large et 22 mètres de haut."
Guy Coulois, membre fondateur du Groupe spéléologique jurassien. Il se souvient avoir exploré un univers digne de Jules Verne, tout en découvrant des réserves d'eau incroyables.
« Entre 1957 et 1961, nous avons exploré la caborne de Menouille que nous avions découverte en 1948. À l’entrée, nous progressions à plat ventre. Là ont commencé de multiples expéditions sur une longue période. Il nous arrivait de rebrousser chemin ne pouvant aller plus loin. Nous avions de plus en plus besoin d’effectifs et de matériels. »
Georges Marza, qui vit actuellement près de Saint-Amour, a commencé à travailler au barrage de Vouglans en 1963. Cette expérience le conduira sur des chantiers aux quatre coins du monde.
« On était très jeunes et de retour d’Algérie, avec une vie à faire et des désillusions. J’ai travaillé un mois à la ferme familiale. C’était ça ou l’usine. Le travail ne manquait pas. J’ai quitté l’école à 14 ans. »
Joseph Viezzer était bucheron avant de devenir conducteur d'engins et grutier sur le site du barrage de Vouglans de 1964 à 1968.

L'argent de la paie était transporté par un fourgon de gendarmerie, escorté par deux motards, depuis la Banque de France.

"Les gendarmes avaient peur, ils passaient par Dortan pour éviter la forêt de Lect. Au bout de deux ans, le comité d'entreprise a décidé que ce n'était plus possible. L'Entreprise Industrielle nous a ouvert un compte en banque et on a reçu le salaire par chèque."
des chauffeurs sillonnaient chaque jour le gigantesque chantier pour garantir l'approvisionnement en gravillons. René Bernard, ancien chauffeur de camions, en était.
« Nous étions quatre à nous relayer chaque jour. Il y avait aussi Dédé Hotelier et Kiki Griffon, notamment. Au début, il y avait seulement deux camions, des Unic, sans direction assistée. Puis notre employeur, “Chalumeau”, a fait venir deux autres Willème beaucoup plus facile à conduire. Ils étaient vidangés chaque dimanche. »
« En 1966, on a été logé à la cité à Vouglans. C’était un chantier titanesque. Marius faisait équipe avec Bernard, Jean, Charly. Plus personne n’est de ce monde aujourd’hui. Les graisseurs devaient vidanger les bulls, les engins de chantiers. Au début, il n’y avait même pas de fosse. Un jour il a reçu 200 litres d’huile sur la tête. Il est rentré joli sur sa mobylette !" Marie-Louise Patrequin, épouse de marius, ancien graisseur
Georges Henrie et Jacques Piard, ex-chauffeurs de l'entreprise Piard-Transport
« Nous approvisionnions toutes les scieries des environs : Labrosse à Orgelet, Durand à Molinges, Faton à Dompierre, Faivre à Châtel-de-Joux, Courtois à Patornay et Bondivenne à Ecrille. EDF utilisait aussi certains arbres comme poteaux électriques : nous nous rendions donc en gare de Lons-le-Saunier où ils étaient chargés sur des convois ferroviaires. »
Bernard Muyard, 73 ans, embauché en octobre 1965 comme coffreur, vit toujours à proximité du barrage.
« Ce dont je reste le plus fier, c’est d’avoir coffré seul les “pointes de diamant” des quatre excavateurs d’eau du trop-plein, qu’on voit bien en haut de la voûte. Quand on a su qu’allait se construire un barrage, tout le monde était satisfait, ça allait donner du travail à tous. Et beaucoup de gens du barrage ont marié des filles du pays… »
Photo en haut à gauche: Tous les samedis, c'était soir de fête au bistrot Lacroix, dans le village de Cernon. Il était tenu par Marcel (au centre de la photo) et Rose (debout). Les ouvriers du chantier venaient se détendre et boire un verre le samedi soir. Photo en bas à gauche: La famille Ferrari originaire d'Italie, a travaillé sur le barrage. Les enfants ont fait leur communion à Lect. Photo en haut à droite :Le chef du Grand Véfour a suivi de près la construction du barrage Guy Martin, trois étoiles au guide Michelin, a passé quelques années dans le Jura quand son père travaillait sur le chantier du barrage. Bien avant de s’orienter vers la cuisine gastronomique et de présider aux destinées du Grand Véfour, le célèbre restaurant du 1er arrondissement de Paris, le jeune Guy a frotté ses fonds de culottes sur les bancs de l’école élémentaire de Moirans-en-Montagne où sa famille s’était installée pendant les travaux à Vouglans durant quelques années. Ses anciens camarades se souviennent d’un enfant enjoué. Daniel Mariller, son copain de jeu à l’époque, lui a rendu visite au Grand Véfour à Paris : « Nous avons parlé de nos jeunes années en toute simplicité ». Photo en bas à droite: en 1960, devant la fontaine de Lect, Elie et Rose Gougeon posent avec leurs douze enfants.

Ils y ont laissé la vie

S’il n’y eut pas, heureusement, une hécatombe de morts sur le chantier contrairement à ce que disaient certains, il y eut cependant quelques dramatiques accidents. Sept en tout. Cette photo montre l'opérateur radio Jean Bondier avec ses enfants, l'une des victimes du chantier du barrage de Vouglans.

"C’était pas facile à l’époque de faire observer les consignes : les ouvriers habitués à travailler à grande hauteur se moquaient des obligations en disant “on n’est pas des sarcleurs de betterave".

Chargé de la surveillance des divers chantiers (Vouglans, Saut Mortier, Coiselet, Pont de la Pyle), Michel Cathenaut, ingénieur de l’Équipement dirigeant la subdivision d’Orgelet, était chargé non seulement de faire respecter les consignes de sécurité mais aussi de faire un rapport après accident.

Robert Bride d’Onoz. Conducteur d’engins chez Pégaz et Pugeat. Le 7 juillet 1964, lors du déroctage de l’ancrage du barrage en rive, son bulldozer a glissé, avec une chenille dans le vide. Il s’est retourné sur la plateforme inférieure en écrasant son conducteur.

Robert Bride

M. Cessin de Villards-d’Héria. Conducteur d’engins à L’Entreprise Industrielle. En 1965, avant l’élargissement du pont de Menouille, le dumper qu’il conduisait en direction de Vouglans a accroché, au 3/4 du pont, les écrous de la roue avant-droite dans le garde-corps, le précipitant dans le vide.

Lakdar Trigoussine. Il travaillait dans les fouilles Bioge du bâtardeau aval. Un gros bloc de rocher a dévalé de l’ancrage haut de la rive gauche est venu s’éclater sur la plateforme bordant la fouille, projetant des éclats dont un a frappé M. Trigoussine à la tête. C’était dans l’année 1965.

M. Barbotin. Mécanicien de l’équipe d’entretien. Un dimanche matin, lors de l’opération de reprise de tension du câble porteur à la plateforme de la circulaire du blondin 3 à l’aide d’une grosse clé au bout d’une rallonge de 2 mètres, celle-ci est revenue brusquement le frapper mortellement à la tête. C’était en 1966.

Jean Bondier (photo). Le 15 octobre 1966 : il était radio pour guider la grue au fond du puits de prise d’eau et il a chuté d’une échelle.

Saïd Chouiek. Il travaillait au bétonnage dans les puits de prise d’eau. Une benne à béton qui descendait dans le puits a accroché la paroi, faisant tourner le volant d’ouverture et projetant 2 tonnes de béton sur l’ouvrier. C’était en 1967.

Pierre Charreteur. Chef d’équipe coffrage au barrage. Lors de la mise en eau, il y avait urgence à évacuer tout ce qui pouvait flotter. Il s’est chargé de l’enlèvement, avec le blondin à la radio, d’une plateforme bois posée sur des profilés métalliques scellés dans le béton du barrage. Il faisait -12°. Après avoir mis en tension les câbles de levage, comme rien ne bougeait, il s’est penché pour voir sous la plateforme ce qui se passait. A ce moment-là, la plateforme qui était collée par le gel sur les profilés est remontée brutalement, déséquilibrant. M. Charreteur fit une chute de 20 mètres. C’était au début de l’année 1968.

Ses turbines produisent 70 % de la consommation des habitants du Jura

L’usine de production électrique de Vouglans, installée au pied du barrage, génère chaque année en moyenne près de 300 millions de Kilowattheures. Ce chiffre ne vous évoque pas grand-chose ? Rassurez-vous, nous non plus… Maintenant, si on vous dit que l’énergie produite par les 4 turbines de Vouglans équivaut à 70 % des besoins des ménages jurassiens, ou encore, à la consommation cumulée des villes de Bourg-en-Bresse et Oyonnax, cela devient un peu plus concret, non ?« La Région peut s’enorgueillir d’avoir des énergies renouvelables pour principale source, avec l’hydroélectricité en premier lieu et Vouglans comme outil majeur de production. En tout, EDF exploite 22 ouvrages hydroélectriques en Franche-Comté et 7 en Bourgogne, ainsi que plusieurs installations éoliennes et un parc photovoltaïque. La région compte également des producteurs autonomes : soit sur l’hydraulique, soit sur l’éolien, et un peu sur le photovoltaïque », précise Romain Sarron, directeur du groupe d’exploitation hydraulique Jura Bourgogne d’EDF.La retenue, un “stock” potentiel d’énergie à produireMais si la Bourgogne Franche-Comté fait bonne figure au niveau des énergies renouvelables, un barrage, même immense, reste très loin des capacités de production d’une centrale nucléaire. Pour illustrer cela, rappelons juste que l’hydroélectricité est la première source d’énergie renouvelable en France, mais qu’elle ne couvre que 11 à 12 % de nos besoins.Rentrons un peu plus dans le détail maintenant, pour nous intéresser aux avantages et inconvénients de la production hydroélectrique. Avant toute chose, précisons qu’il y a des « bonnes », et de « moins bonnes » années. « On atteint en moyenne une production annuelle de 750 Gigawatt heure grâce à l’ensemble des ouvrages répartis sur la vallée de l’Ain, dont 40 % sont réalisés à Vouglans. Mais nous restons dépendants de l’eau qui arrive sur le bassin-versant. Les années très sèches, on peut descendre à 60 % de cette production, et les années humides elle peut grimper de 30 à 40 % », précise Romain Sarron.Autre point essentiel à prendre en compte : l’électricité ne se stocke pas au niveau industriel. Du coup, les barrages sont particulièrement pratiques, car ils constituent des réserves d’énergie à produire. « Notre stock, c’est l’eau, et c’est une ressource très rapidement utilisable. Sur Vouglans, on passe de l’arrêt des machines à la puissance totale en 5 minutes. L’usine fait 250 mégawatts, c’est donc une énergie qui peut servir à équilibrer les besoins sur les pointes du matin ou du soir, ou venir en secours du réseau en cas d’aléas. S’il y a un besoin direct pour une quelconque raison, on peut y répondre ».Un nouvel usage est aussi en train de pointer le bout de son nez avec le développement des énergies renouvelables. Prenons l’exemple du photovoltaïque. Lorsque le soleil se couche, il devient nécessaire de prendre le relais avec des installations susceptibles d’être démarrées rapidement, notamment l’hydroélectricité. Et n’allez pas croire que tout cela se gère ici dans le Jura. C’est depuis un centre de contrôle basé à Lyon que l’ensemble des programmes de production du barrage sont supervisés pour coller au mieux aux besoins du réseau global. Mais attention toutefois, l’hydroélectricité a aussi ses petits inconvénients. Si la production électrique du barrage est mobilisable rapidement, elle reste conditionnée à la quantité d’eau retenue et à la bonne gestion de la côte du barrage, notamment en été pour préserver les usages touristiques en amont, et en aval pour préserver la biodiversité de la rivière.

Une usine électrique ou une base de loisirs? Les deux

On peut avoir tendance à l’oublier, mais un barrage comme celui de Vouglans n’a pas pour fonction première d’offrir un superbe plan d’eau pour activités nautiques, ni un volume aqueux suffisant pour assurer la vie halieutique de la rivière, mais bien de produire de l’électricité ! Le barrage en lui-même, s’il est le plus important visuellement n’est donc qu’un élément pour le bon fonctionnement de l’usine.

Deux routes reliaient jadis le bas Jura lédonien au haut Jura avant la construction du barrage de Vouglans. L’une passait par l’ancien pont de la Pyle, l’autre par le pont de Brillat enjambant l’Ain. Ces deux voies allaient être recouvertes par les eaux, il fallait construire un nouveau pont.

Les travaux, qui ont duré 2 ans et demi, ont commencé en novembre 1965, mais les études préliminaires bien plus tôt, avec les forages menés par la société Intrafor. Si les piles situées de chaque côté des rives reposent sur le rocher (aux cotes respectivement de 387 et 392), il ne fut pas possible d’atteindre le rocher pour la pile centrale qui traverse un épais lit d’alluvions. Il fallut pour cela recourir à une technique spéciale, celle du ciment immergé, avec injection de bentonite plus lourd que l’eau et aux qualités diverses. Des fondations de 25 m constituées de six barrettes armées de ferraille qui tiennent par frottement. C’est la société Solétranche qui réalisa cette partie spécifique du chantier. Les trois piles reposent sur des semelles massives.

5000 m³ de béton, 350 tonnes d’acier, une vingtaine de gros câbles, renforcé en 1983 par une douzaine d’autres. Long de près de 390 mètres, large de 9,3 mètres, dont 7 mètres de chaussée, le pont de la Pyle surplombe en son milieu de 24 mètres le niveau de l’eau… lorsqu’elle est à son maximum.

Un projet dantesque, difficilement réalisable aujourd'hui

Sept années d’études préalables, 5 ans de travaux, jusqu’à 600 personnes travaillant sur le chantier, entre 150 à 180 habitants de la vallée déplacés… La question est de savoir si un tel projet serait réalisable aujourd’hui ? « En France, nous disposons encore d’un potentiel de développement hydroélectrique.

Mais il y a des choses que l’on acceptera plus de construire compte tenu des problématiques sociétales et environnementales que ces projets impliquent », précise Romain Sarron. « Après, il existe un potentiel réel pour de petits aménagements hydroélectriques et il n’est pas négligeable. L’État français a d’ailleurs lancé deux appels d’offres en ce sens ces deux dernières années ».

Mais concrètement, la construction d’un barrage similaire semble aujourd’hui inenvisageable. Pour s’en persuader, il suffit de se remémorer les événements qui ont suivi la décision de création d’un « petit » barrage à Sivens, dans le Tarn. Après la constitution d’une ZAD, une « Zone à défendre », des affrontements entre les opposants au projet et les forces de l’ordre ont abouti à la mort d’un jeune homme de 24 ans, Rémi Fraisse…

La naissance de la retenue artificielle, discrète, demande aujourd'hui un petit détour dans Pont-de-Poitte. Le lac alimenté par l’Ain – puis son bassin-versant – commence au saut de la Saisse à quelques dizaines de mètres des marmites visibles depuis le pont qui relie la commune à sa voisine Patornay. La où la famille Guy a pris cette photo, un an avant que l'eau ne recouvre les marmites. Incongruité géologique, la rivière fait ici un saut d’une dizaine de mètres. Le port de la Saisse, aménagé en 2004 au niveau des rochers du saut de l’Ain, marque donc les premiers mètres de la 3e plus grande retenue de France.

Aujourd'hui, le lac de Vouglans offre plusieurs bases de loisirs, des plages, comme celle de la Mercantine, de Bellecin ou encore du Surchauffant (photo) qui attirent chaque été beaucoup de monde.

Les plongeurs aiment le lac de Vouglans. Ils peuvent y descendre jusqu'à 60 mètres de profondeur et redécouvrir les ruines des villages engloutis.

Ils ont travaillé à Vouglans

Direction

Novello Jean (Directeur des Travaux); Uselle Louis (Adjoint au directeur des travaux); Sache Pierre (Responsable des Services Administratifs); Olivry Jacques (Responsable du Bureau d'Etudes); Mathieu Edouard (Responsable des Services Annexes auxTravaux); Dahon (Responsable des Terrassements); Hermitte Michel (Responsable des Travaux du Barrage); Pedroli Jacques (Responsable des Travaux Usine et Prisesd'Eau); Deslandres Daniel (Chargé du suivi des travaux du Pont de la Pyle-GTM).

Salariés

Ils étaient bétonniers, Charpentiers-coffreurs, Coffreurs, Conducteurs, Conducteurs d'engins, de grues, de blondins, Electriciens, Mécaniciens, Radios, Sondeurs, Soudeurs, Terrassiers…

Alonso (coffrage); Andrina (béton); Albanese Angeloz (minage-coffrage); Arcis (approvisionnement chantier); Argaud (bureau d'études); Arnaud Gaston (minage-coffrage); Aumont; Balligand André (mécanique); Barbarin (coffrage); Barbielli Liliane épouse Lacroix (accueil, standard, secrétariat); Barbotin (mécanique); Bardollet père (chef atelier mécanique); Bardollet Daniel (coffrage); Barmasse Alain; Barmasse Julien (conducteur engins); Barry (fabrication béton); Baujard Marcel (responsable bétonnage du barrage); Bellod René (électricien); Bergamini Christian (soudure); Bernard René (conducteur); Bertolino (conducteur de car); Bertrand André; Bielsa (conducteur engins); Blanc Marcel; Boatto Robert (électricien); Bois Maurice (silobus-coffrage); Bomont Jean (conducteur engins); Bondier Jean (radio); Bordal (topographie); Bouilliet René (conducteur); Bourgeois; Boursier; Bride Robert (conducteur engins); BringuezuWolfang (blondins); BrulandFirmin (adjoint Uselle); Brun Jésus (blondin); Brun Paul (mécanique);Brunet Claude (mécanique); Burignat Jean-Claude (radio); Caillon (soudure); Callizano (infirmier); Calvet Abel; Calvet Pedro (responsable minage); Cervoz Mamy (minage); Cessin de Villards d'Héria (conducteur engins); Chanine (minage); Chapelle (radio); Charreteur Pierre (CE coffrage); Chatelet (conducteur); Chauvin MoÏse (compta pointage); Chery Claude (responsable agrégats, fabrication, transport béton, manutention); Chouiek Saïd (béton); Ciseria Philippe (fabrication béton); Clapier Jean-Baptiste (conducteur de travaux); Claret Noêl (CE terrassement); Collantes (mécanique); Collomb Claude (béton); Colomb Jean (grue); Colombel Richard (coffrage); Colui (coffrage); Cuard René (mécanique); Cresta René (bureau d'études); Damevin (conducteur engins); Da Silva (coffrage); Darme Jean-Louis (Pégaz et Pugeat); de Froment; Davin (chef électricien); De Remuzat Georges (mécanique); Delacroix Michel (radio); Deprez Philippe (chef de poste barrage); Dorand Noël (coffrage); Duc Robert (bureau d'études); Dumas (coffrage); Dumont Charles (mécanique); Dupuis Bernard; Eon (coffrage); Fachinetti (blondins); Faivre Jean-Louis (magasinier); Faivre Omer (coffrage); Faivre Robert (coffrage); Faletti; Fiachetti (chef service entretien et graissage); Fieux André (responsable atelier soudure et tolerie); Fontanet (service achats); Forget (topographie); Forget Georges (électricien); Forget Maurice (électricien); Fourneron (radio); Gagnau (coffrage); Garambois Robert ( engins-blondins); Gasne Jacky (silobus); Gasne père (forge); Gauge (chef de chantier); Gheno Alfred (coffrage); GhenoHenri (engins-grues); Gil (minage); Gougeon Denis (topographie); Gougeon Marie-Françoise épouse Cresta (secrétariat); Grandclement Michel (conducteur); Gueuri (topographie); Guillermet Georges (blondins); Guillermet X (blondins); Ha Toan (atelier charpente); Henry (magasinier); Hubert Gérard (radio); Hugon Daniel (mécanique); Humbert-David Bernard (chef de poste); Jacquand (coursier); Jacquemin André (engins-radio); Jacquemin Maurice (atelier charpente); Jacquemin Michel; Jacquemin Pierre (conducteur engins); Janod Guy (fabrication béton); Janod Jean (silobus-radio); Jean Alain (chef d’équipe); Juan; Juano (minage); Julien; Jullien Paul (soudure-tolerie); Lacroix Roger (CE coffrage métallique-bois); Lahu Guy (soudure); Lancon Raymond (coffrage); Lefort Elie (électricien); Léger Michel (magasinier); Lanisse (coffrage); Lozono Daniel Martin (électricien); Luminais (topographie); Magoni Michel (Bureau d'études); Maksymio (conducteur engins); Maksymio Monique épouse Hermitte (secrétariat); Marechal Claude (mécanique); Marion Armand; Marti Pedro (conducteur engins); Marza Georges (béton); Massa Eliot (soudeur); Matkowick (soudure); Meilhac André (coffrage); Mermet de Choux; Millet (blondins); Miralles Vincent (électricien); Misak Fernand (atelier charpente); Mora Jean (comptabilité embauche); Morel; Moreno (conducteur engins); Moutain (atelier charpente); Multrier Georges (radio); Muyard Bernard (atelier charpente-coffrage); Nacaratto Dominique (mécanique); Normand Maurice (compta paye); Navaro Jésus (radio); Nicod Jean-Claude (électricien); Nil (mécanique); Nobs Emile (mécanique); Nobs fils (atelier charpente); Noyer Jean (responsable réseaux air-eau et des étaiements); Ocquet de la Valliere Paul (tireur de plans); Patacini Albert (responsable atelier charpente); Paturay (infirmier); Patureau pére (atelier charpente); Patureau fils (atelier charpente); Pavy Pierre (électricien); Peaquin Adelmo (électricien); Pequignot (mécanique); Père Pin (fabrication béton); Père Remi (électricien); Perioche (conducteur d'engins); Perrin Jacky (électricien);Personnaz François (minage-coffrage); Petrequin Marius (mécanique); Peuget Michel (coffrage); Peuget Robert (coffrage); Pisselor (conducteur engins); Pizzetta Jean-François (coffrage) Poignet Francis (coffrage); Pons (coffrage); Pontarollo (coffrage); Pourprix René (blondins); Prospero (coffrage); Puyremond Noêl (conducteur engins); Ravier Marcel (radio-coffrage);Raymond Maurice (chef électricien); Reydier (chef atelier mécanique);Rizzetto Jean (bureau d'études);Rizzetto Jean-Marie (atelier charpente); Robino Albert (responsable atelier mécanique); Robles (conducteur de car); Rochet Gabriel (silobus); Rochet Louis (atelier charpente); Roos (adjoint à Baujard); Salomon Michel (mécanique); Sauvin Marc (compta pointage); Scalvini Tarcisio (atelier charpente-coffrage); Serapione (coffrage); Seurre Jacky (radio-coffrage); Simonin Pierre (coffrage); Specia (minage-coffrage); Spontak Ladislas (fabrication béton); Tessier (grue); Thomas (mécanique); Tillignac (bétonnage); Togny Paul (responsable coffrages du barrage); Tonnaire Jean (mécanique); Trigoussine Lakdar (béton); Trouville Robert (électricien); Vallejo ALexandre (coffrage); Vallejo René (mécanique); Vallet (bétonnage); Vallin Claude (responsable atelier graissage et entretienpréventif); Vauchez Roger (soudure); Verdinini (coffrage); Viezzer Joseph (coffrage-grue); Villet Guy (soudure); Werner Erik (coffrage).

Intrafor

Blanc Marcel; Bouilloux René; Brantus Daniel; Brantus Robert; Cevoz Camille; Collinet Robert; Demougeot; Gougeon André; Gougeon Bernard; Gougeon Denis; Gougeon Georges; Guignard Henri; Janiac; Janod Pierre; Jeandot; Lamard Robert; Lancon Jean; Lancon Louis; Lancon Pierre; Martin; Monnier Jean; Peuget Michel; Peuget Pierrot; Valet Jean; Vicari.

Laboratoire Béton

Carron Georges; Léger; Mercier; Michoux Auguste; Patsounas; Rosset Mauric; Spiteri; Tissot Michel.

Liste non exhaustive

L'encadrement du chantier du barrage

Organigramme de l’Entreprise industrielle en charge du génie civil

Direction : Jean Novello; adjoint : Louis Uselle

Service administratif, sous la direction de Pierre Sache, avec : Accueil/Standard/Secrétariat : Liliane Barbielli épouse Lacroix; Marie Françoise Gougeon épouse Cresta; Monique Maksymio épouse Hermitte; Comptabilité/ Embauche/ Paye/ Pointage Pierre Sache, Jean Mora, Maurice Normand, Moise Chauvin, Marc Sauvin.

Achats/Courses : M. Fontanet, René Jacquand; Magasin : Henry Faivre Jean-Louis, Michel Léger; Infirmerie : M. Callizano puis M. Paturay.

Bureau d’études : Sous la direction de Jacques Olivry avec Daniel Deslandres, Jean Rizzetto , René Cresta, Jean Duc, Paul Ocquet de la Vallière, Daniel Bardolet, M. Argaud

Service Topographie: M. Forget puis M. Gueuri, Claude Champel, M. Bordal, Denis Gougeon, M. Luminais

Atelier de charpente : Sous la direction d’Albert Patacini avec Fernand Misak, Maurice Jacquemin, Ha Toan, Louis Rochet, Bernard Muyard, Taraisio Scalvini- Nobs fils, M. Moutain, Jean-Marie Rizzetto, Patureau père et fils.

Services annexes aux travaux: Edouard Mathieu

Service électrique: Responsable : M. Davin puis Maurice Raymond; Alfred Brémond, Robert Boatto, René Bellod, Georges Forget, Maurice Forget, Daniel Martin Lòzono, Jacky Perrin, Robert Trouville, Pierre Pavy, Vincent Mirallès, Adelmo Peaquin - père Rémi, Elie Lefort, Jean-Claude Nicod.

Atelier mécanique: Responsable Albert Robino; M. Reydier; Adjoint : Bardolet

Entretien préventif - graissage: Responsable Claude Vallin; Adjoint : Fiachetti.

Agrégats fabrication béton, transport béton, blondins, grues: Responsable Claude Chéry

Atelier soudure tôlerie: Responsable André Fieu

Réseau air eau et étaiement: Responsable Jean Noyer

Travaux terrassements : Dahon

Minage: Pedro Calvet; Sous-traitant : Pegaz- Pugeat

Barrage: Responsable Michel Hermitte/ adjoint coffrage : Paul Togny/ adjoint béton : Marcel Baujard.

Usine prise d’eau: Responsable Jacques Pedroli; adjoint : M. Petit

Armatures béton: Sous-traitant entreprise Rieffel : Benitt

Suivi des Grands Travaux de Marseille au Pont de la Pyle: Daniel Deslandres; Sous-traitants : Valérian - Pégaz et Pugeat Intrafor.

Le laboratoire béton était sous la direction d’EDF : Georges Carron ; M. Léger, M. Mercier, Auguste Michoux, Patsounas, Maurice Rosset Spitéri, Michel Tissot

Intrafor: René Bouilloux, Camille Cevoz, M. Demougeot, André Gougeon Georges Gougeon, Henri Guignard, Pierre Janiac-Janod, Jean Lançon, Louis Lançon, Pierre Lançon, M. Martin, Jean Monnier, Michel Peuget, Pierrot Peuget, Jean Valet, M. Vicari.

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