Ombria by dAdU phOEnIx

« Comme le ver mange le vêtement, et la pourriture le bois, ainsi la tristesse de l'homme lui ronge le coeur. » - La Bible. - Le Livre des proverbes 25:20.

J’avais avancé, toute la nuit, sur ce chemin qui m’eut éloignée de la cité où, parmi mes semblables, je m’étais brûlée les ailes aux flammes de ses lumières infâmes. Au petit matin, j’eus été plantée là au beau milieu d’un marécage - où j’avais perdu mes chaussures -, nulle trace de ce droit chemin. J’avais scruté l’horizon quand au loin s'était profilée l’orée d’un bois. Je m’étais approchée lentement de cette majestueuse et obscure nature. Je m’étais dirigée vers ce breuil où je trouverais enfin refuge - pensais-je en cet instant. J’avais écarté - non sans peine - les branchages épais de cette haie pour le pénétrer.

En cet instant, le ciel et moi étions tout aussi chagrin. Je me laissais bercer, le temps de reprendre mon souffle, par les ondes douces et calmes de l’un des quatre bras de celui qui arrosait le jardin d’antan.

Puis j’allai me poser à même le sol au pied d’un baliveau, m’abandonnant à de sombres rêveries.

Je me redressai et quittai ces oripeaux - empreints de cette odeur âcre, qui me collaient tant à la peau et, me rattachaient encore à cette humanité que je voulais fuir.

Je scrutai les cieux au travers des cimes que l’aquilon agitait d’un souffle malicieux tandis que de ses morsures il me caressait l’échine. Ma gorge se nouait - plus que jamais, je me sentais abandonnée.

A mesure que la pluie fouettait mon corps et que la froideur enveloppait mon coeur meurtri , je sentis dans les tréfonds de mon âme tout l’effroi de ma nature.

- « Ô, toi qui nous as engendrés, pourquoi m’as-tu abandonnée ici-bas, tel un gibier ? Qu’avons-nous fait, mes soeurs et moi, pour que tu les laisses nous accabler de leur faiblesse ? » m’écriai-je dans une ultime colère.

Tu ne dénias point me répondre. Je baissai alors les bras et me détournai de toi.

Plus les lunes se succédèrent et plus la bête grandissait en moi.

- « Ô toi, Porteur de Lumière, qui fût ici-bas avant moi, entends-tu mes prières ? ».

Puis un matin tu te manifestas. Un rai de lumière tu m’adressas.

« Lucifer oriatur in cordibus vestris » - 2 Pierre 1:19. J’avais oublié, ô combien, ton astre réchauffait le mien.

Je resterais là, éternel gardien privé de ses ailes, dans ton jardin aux sombres clartés, à guetter les égarés. Les larmes de tes cieux et tes lueurs se joindraient aux miennes, pour les y guider loin de la cité intérieure.

C’est ainsi que dans l’ombre, celle que l’on pensait née de la pluie, trouva la lumière et brilla dans l'infini.

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Ombria

by dAdU phOEnIx

with Fany as Ombria

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Dadu Phoenix
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