Loading

Souviens-toi... l'été dernier 1997 – États-Unis. Réalisation : Jim Gillespie. Scénario : Kevin Williamson. Avec : Jennifer Love Hewitt, Freddie Prinze Jr., Sarah Michelle Gellar, Ryan Phillippe, Muse Watson.

La fin des années 90 a marqué le renouveau du slasher.

Tombé en désuétude à la fin des années 80, le sous-genre a pu renaître. Deux films sont principalement cités comme sources d'inspiration pour les productions ayant suivi. Deux long-métrages écrits par la même personne : Kevin Williamson. Le premier a été Scream, qui jouait habilement sur les codes du slasher, devenant une savoureuse satire des films d'horreurs et de leur public. Le second a été Souviens-toi l'été dernier. Un long-métrage plus classique, aujourd'hui presque désuet, mais qui à l'époque a su faire son effet.

WE MADE A PACT AND WE'RE KEEPING IT !

Dans une petite ville de pêcheurs, le 4 juillet, quatre amis fêtent la fin de leur vie de lycéens sur la plage. Sur le retour, ils renversent et tuent accidentellement un homme. Ils décident de cacher le corps et se font la promesse de ne jamais en reparler. Un an plus tard, quelques jours avant le 4 juillet, l'une d'entre eux, Julie, reçoit une note : « Je sais ce que tu as fait l'été dernier ». Chacun leur tour, les quatre amis vont se rendre compte que quelqu'un a prévu de leur faire payer leurs actes de l'année précédente.

Ah, ça fleure bon l'ambiance nineties tout ça. Dès le lancement de Souviens-toi l'été dernier, un sentiment de nostalgie envahira les spectateurs ayant connu cette époque. Tous les éléments sont au diapason, du casting aux références émaillant le film, en passant par la bande-son. On se croirait revenu 20 ans en arrière. Et c'est tout ce qui fait la faiblesse du film de Jim Gillespie.

Souviens-toi l'été dernier fait partie de ces oeuvres qui souffrent d'avoir été trop copiées. Durant les deux décennies qui ont suivi sa sortie, le long-métrage a servi d'inspiration à de nombreuses autres productions. Déjà pas ultra original à la base, il passe aujourd'hui dans la catégorie des films vraiment clichés.

When you leave a man for dead, make sure that he's REALLY dead !

Et c'est dommage, car il y a du bon dans Souviens-toi l'été dernier, c'est d'ailleurs ce qui lui a valu son succès. Dans sa façon de s'inspirer de ses frères aînés d'abord. Contrairement à Scream qui se détachait allègrement des codes du slasher, Souviens-toi l'été dernier les embrasse, tout en y ajoutant sa patte. Niveau codes, on a dans l'ordre, la faute qui doit être absoute, la final girl, le tueur insaisissable qui joue avec ses proies. Et côté nouveauté, on a principalement deux choses, qui sont liées : le sous-texte et les personnages.

Souviens-toi l'été dernier tourne autour des quatre jeunes responsables de l'accident. Des personnages archétypaux, mais pas stéréotypés pour autant. Chacun dans son genre représente les difficultés de la vie d'adulte, comparée à celle de l'adolescent. On n'est pas dans un camp de vacances où tout le monde pense à coucher et à se bourrer la gueule. On a quatre jeunes, les pieds sur terre, souffrant des conséquences de leurs actes. La vengeance du tueur, bien sûr, mais aussi la culpabilité, les rêves brisés, la popularité perdue.

Ces désillusions permettent à nos quatre héros de devenir attachants, et nous invite à nous intéresser à leur survie. L'interprétation aide, notamment du côté des femmes, avec Jennifer Love Hewitt et Sarah Michelle Gellar, toutes deux impeccables. Ryan Phillippe est correct. Seul Freddie Prinze Jr., atone, est en dessous. En s'armant de cette façon, le film de Jim Gillespie se dote d'un peu plus de profondeur que ses prédécesseurs (attention, un peu seulement). L'ensemble est plus crédible que les slashers habituels, ce qui a certainement valu son succès au long-métrage.

How many fucked up fishermen are out there ?

Côté suspense, Souviens-toi l'été dernier fait le boulot. Plutôt qu'un body count élevé, Williamson a choisi d'écrire une histoire où le tueur joue avec ses victimes principales. Quelques meurtres rapides sont là pour rythmer le tout, mais ce ne sont au final pas les plus intéressants. Le fait que notre antagoniste s'amuse à torturer psychologiquement ses proies permet de maintenir la tension un bon moment, avant l'affrontement final. Un combat qui se termine de façon un brin ridicule, mais divertissante. Ça reste donc satisfaisant. La dernière scène, en revanche, est tout à fait inutile et n'apporte rien au film.

L'anecdote

La maison des Egan que l'on voit dans le film a été réutilisée pour un autre film en 2013. C'est la maison hantée des Perron, dans le film The Conjuring.

Lors de sa sortie, le succès commercial de Souviens-toi l'été dernier était mérité. Sans être extraordinaire, il a contribué à dépoussiérer le slasher et à relancer le sous-genre. En ce sens, il mérite d'être vu. Aujourd'hui, il va surtout rester efficace pour les néophytes qui veulent s'initier au genre. Les autres risquent de trouver que le film a des airs de déjà-vu. Ce qui n'empêche pas de le garder de côté pour un jour où on n'a pas envie de se prendre la tête.

Parce que même en étant devenu un peu dépassé, Souviens-toi l'été dernier reste une œuvre sympathique.

2,5/5

Report Abuse

If you feel that this video content violates the Adobe Terms of Use, you may report this content by filling out this quick form.

To report a copyright violation, please follow the DMCA section in the Terms of Use.