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1944 : le chemin vers la Liberté Le 15 août 1944, les forces alliées débarquent en Provence. La Résistance, dans les départements alpins et dans le sud de la France, repousse l'occupant nazi. Jusqu'à la Libération...

Dans cette prison qu'était devenue la France, la Résistance a renseigné efficacement les Alliés, a contribué avec peu d'armes à vaincre l'occupant, a libéré seule une partie de notre pays, a aidé les Alliés sur le sol français, a poursuivi avec eux l'armée allemande jusqu'à sa totale défaite." Lucie Aubrac, résistante.

1944. La France est sous occupation allemande. En Europe, la guerre est partout. Les opérations de libération sont imminentes sur le territoire français. Au nord-ouest, l'opération Overlord est lancée. Les forces alliées débarquent en Normandie pour libérer le peuple français de l'occupant nazi.

Le 15 août, un second débarquement se déroule sur la Côte d'Azur. C'est l'opération Dragoon. 350 000 hommes arrivent sur les plages du sud de la France. L'objectif ? Faire reculer l'envahisseur et procéder à la jonction des deux forces armées. En deux semaines, la Provence est libérée, les départements alpins aussi...

La Libération de la Haute-Savoie

Les Forces françaises de l'intérieur ont libéré à elles seules le département.

Durant le mois d'août, le département de la Haute-Savoie est en pleine insurrection. Le 15, les forces alliées débarquent en Provence et embrasent le département. La ville d'Evian-les-Bains est la première libérée dans cet élan. Et rien n'arrête le mouvement. Thonon-les-Bains suit le 17 août, Annemasse, Bonneville, Cluses le 18 et enfin Annecy le 19 août. Le colonel nazi signe l'acte de reddition à l'hôtel Splendid et évite ainsi un bain de sang. La libération de la Venise des Alpes marque également celle du département haut-savoyard. En quatre jours, la Haute-Savoie se retrouve libérée du joug allemand.

La Résistance, très organisée, a permis aux Forces françaises de l'intérieur (FFI) de prendre rapidement le contrôle du département. C'est un cas unique en France. Cependant, les pertes sont importantes du côté français. Les résistants ont payé un lourd tribu, avec notamment l'attaque des nazis au plateau des Glières, le 26 mars 1944. C'est ici que les maquisards organisent dans un premier temps les mouvements résistants. L'endroit est régulièrement attaqué par les forces vichystes et allemandes. Ce 26 mars, les Allemands attaquent et investissent le plateau. Lors de la retraite française, ils capturent 210 résistants et tuent une centaine d'entre eux.

La Libération du Vaucluse

Bombardement et destruction...

Les troupes américaines, après avoir débarqué en Provence le 15 août, remontent la vallée du Rhône rapidement pour libérer le département.

Le département du Vaucluse subit de plein fouet, avant le mois d'août 1944, les bombardements alliés. Le territoire est régulièrement sous les bombes pour préparer le débarquement de Provence et détruire tous les nœuds ferroviaires, de transports, pour empêcher l'occupant de battre en retraite.

Au mois d'août, les bombardements sont incessants et les dégâts sont considérables. Le viaduc du Rhône est particulièrement visé. Les villes aux alentours, dont Avignon, paient le prix fort. 1 000 hommes perdent la vie durant cette période dans la Cité des papes. Les gares du département sont elles aussi visées. Orange, L’Isle-sur-la-Sorgue, Entraigues, pour ne citer qu'elles, sont détruites.

À partir du 20 août, alors que les combats ne cessent depuis le débarquement en Provence, les forces alliées arrivent dans le Vaucluse. La ville d'Apt, dans le Lubéron sera l'une des premières libérées le 22 août. Avignon est libre le 25 août.

La reconstruction commence alors dans le Vaucluse. Les travaux se concentrent surtout autour des infrastructures ferroviaires et routières. Les villes, elles aussi durement touchées, doivent être reconstruites.

La Libération de la Savoie

La ville de Chambéry a été bombardée par les Alliés en mai... libérée en août

La Savoie a aussi été un des foyers de la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale. Durant les années d'occupation, les Résistants ne manquent pas de détruire les ponts et autres infrastructures pour empêcher la progression de l'ennemi et réduire sa production d'armes de guerre.

Le 1er août 1944, deux semaines avant le débarquement de Provence, un parachutage d'armes et de matériels a lieu au col des Saisies. 78 avions larguent 800 boîtes d'armes et de munitions qui équiperont les maquisards, au moins 3 000 à ce moment. La Haute-Tarentaise, est provisoirement contrôlée par les Résistants, dont la commune de Moûtiers. Le 13 août, les troupes allemandes reprennent le contrôle de la ville avant qu'elle soit définitivement libérée quelques jours plus tard.

À Chambéry, le 21 août, les nazis font fusiller 17 résistants emprisonnés à la caserne Curial. La ville est libérée le lendemain. Le 23 août, le Comité départemental de libération nationale (CDLN) s’installe dans la ville préfecture. Pour les autres communes du département, Aix-les-Bains est libérée le 21 août et investie par les Forces françaises de l’intérieur (FFI).

À Albertville, le capitaine Jean Bulle, chef de la Résistance en Savoie, est arrêté et fusillé par les Allemands. Héros de guerre, la mort du résistant intervient quelques jours avant la libération de la ville qui aura lieu le 23 août.

Le capitaine Jean Bulle, figure de la Résistance dans la Tarentaise et le Beaufortain.

Le 25 août, le mouvement de libération s’accélère. La Tarentaise voit les premiers chars américains arriver. Coincés entre le mouvement de la Résistance en Haute-Savoie et la libération de Grenoble au sud, les nazis se tournent vers la Maurienne pour franchir les Alpes et rejoindre l’Italie. Sur le chemin, ils n’hésitent pas à massacrer des civils. Modane ne sera libérée que plusieurs semaines plus tard, le 14 septembre.

La Libération des Hautes-Alpes

Gap rapidement libérée et endeuillée par la mort du chef de la résistance locale, Paul Héraud.

Rapidement, après le débarquement des forces alliées en Provence, le département des Hautes-Alpes est libéré. Dès le 20 août, soit cinq jours seulement après l'opération Dragoon.

Dans le sud de la France, les mouvements des armées sont très rapides. Une fois le débarquement réalisé, les forces allemandes reçoivent l'ordre de se replier pour éviter d'être prises au piège. Seules les villes de Marseille et de Toulon doivent être défendues coûte que coûte par les nazis. Elles seront libérées le 28 août, après des combats sanglants.

Dans les Hautes-Alpes, les Américains décident de passer rapidement à l'action. Trois mille hommes sont détachés pour remonter vers le nord. Ils arrivent à Sisteron, dans les Alpes-de-Haute-Provence, aux portes des Hautes-Alpes, le 19 août. Le lendemain, le 20 août 1944, le général américain Butler et ses hommes couvrent les résistants conduits par Jean Drouot l'Hermine. Le résistant fait croire à l'ennemi que Gap est encerclé, en réalisant une série d'attentats pendant plusieurs jours. La capitale douce des Hautes-Alpes est libérée le 20 août, sans qu'aucun civil soit blessé ou tué. Les soldats allemands sont capturés.

Au nord du département, Briançon est libérée le 23 août avant d’être reprise dans la foulée par l’occupant. Elle sera définitivement défaite des Allemands le 6 septembre par des troupes d'infanteries marocaines.

Paul Héraud, alias commandant Dumont, héros de la Résistance haut-alpine.

Dans le département, la Résistance s'est organisée autour du chef des Forces françaises de l'intérieur du département, Paul Héraud. Le 8 août 1944, le résistant participe à une réunion pour organiser la libération du département haut-alpin. Le 9 août, le chef de FFI se rend à Savournon pour transmettre ses instructions aux maquisard et repart, en tant que passager d'une moto, en direction de Gap. À Tallard, à quelques kilomètres de la capitale douce, les deux compagnons de route rencontrent une colonne allemande. Le gendarme Marius Mayère est fusillé sur le champ, Paul Héraud parvient à s'enfuir. Il détruit des documents secrets avant de tomber sous les balles nazies.

La Libération de l'Ardèche

Des villes libérées dès le mois de juin par la Résistance...

Les Forces françaises de l'Intérieur parviennent à rapidement libérer la commune d'Annonay. Un fait d'arme unique car il s'est produit le 6 juin 1944, bien avant le débarquement de Provence.

En Ardèche, les mouvements pour la libération du département débutent rapidement. Bien avant le débarquement de Provence. Dès le 6 juin 1944, la Résistance parvient à prendre le contrôle de la ville d'Annonay, dans le nord du département et devient la première ville libérée par les Forces françaises de l'intérieur (FFI). Un fait d'arme inédit. Cet épisode ne dure que 11 jours. Les forces allemandes reprennent le contrôle de la commune. Située sur l'axe rhodanien, la ville est essentielle pour les nazis. Annonay est libérée deux mois en août.

À Privas, l'insurrection ardéchoise gagne aussi du terrain. Trois jours avant le débarquement de Provence, la ville préfecture du département va être libérée.

Des combats sanglants se poursuivent un peu partout sur le territoire. Ainsi, les communes de Bourg-Saint-Andéol ou encore Le Pouzin subissent de nombreux dégâts à la suite des bombardements alliés. Les dégâts sont considérables pour ce département rural. Durant le conflit, on estime à 2 600 le nombre de morts ardéchois, essentiellement des civils. Soit un peu plus de 1 % de la population totale à cette époque.

La Libération de la Drôme

Des combats sur la Nationale 7... Valence, ville martyre

Après avoir été mis en difficulté dans le sud de la France, les Allemands reculent et veulent garder coûte que coûte la main sur le couloir rhodanien.

Dans la vallée du Rhône, l'armée allemande est obligée de battre en retraite. Elle subit de plein fouet les bombardements alliés, fait face aux Américains et se retrouve avec les hommes de la Résistance à leurs trousses. Les affrontements se concentrent entre Montélimar et Livron. La ville du nougat sera libérée totalement le 28 août, avec des combats sanglants, barbares. Sur l'axe de la Nationale 7, Montélimar est un endroit stratégique. Les Alliés voient là l'occasion d'affaiblir l'armée hitlérienne alors que les forces allemandes, espèrent, elles, rejoindre le nord via la Nationale 7. Les Alliés décident de mettre en place un barrage sur la route, que les Allemands essaient de contourner, sans succès. S'en suit une longue bataille où des milliers d'hommes perdent la vie sur la route. Après une bataille d'obus aux alentours de la ville nougatière, les Allemands sont contraints de prendre la fuite vers le nord et vers Valence. Montélimar est libérée le 30 août.

Les forces alliées, avec les résistants, doivent aussi s'occuper de libérer le nord du département. Le 22 août, Romans est libérée provisoirement. Elle sera reprise du 27 au 29 août par l'occupant avec son lot de représailles. Romans est libre le 30 août. Les Allemands, totalement isolés, se cantonnent à Valence. Là, les Forces français de l'intérieur investissent la ville et font 500 prisonniers le 31 août. Treize membres des FFI meurent au combat. Le département est alors libre et la commune reçoit, en 1949, la Croix de guerre et le titre de ville martyre.

La Libération de l'Isère

Le 22 août, Grenoble est libérée... sans aucun coup de feu

La ville de Grenoble a été libérée rapidement par les Alliés. Les combats se sont concentrés essentiellement dans le Nord-Isère.

À Grenoble, tout s'est passé dans le calme. Quelques jours après le débarquement de Provence, les forces alliées arrivent rapidement à hauteur de la capitale des Alpes. Les plans initiaux prévoyaient une libération de la ville 90 jours après le débarquement, elle n'est intervenue que sept jours plus tard !

Dès le 20 août, les Américains franchissent le col de Lus-la-Croix-Haute, dans la Drôme, et se rapprochent de la ville préfecture. Le 21, des parachutistes, qui ont atterri dans le Diois, arrivent de l'agglomération grenobloise, à haute du Pont-de-Claix. Les premiers affrontements ont lieu. Les Allemands quittent rapidement les lieux. À Grenoble, l'Occupant quitte précipitamment la ville et les Alliés, avec les FFI, parviennent à rentrer dans la ville dès l'aube du 22 août. Grenoble est libérée. Des combats se déroulent encore à Vizille, où une garnison allemande s'est retranchée dans le château. Après d'intenses affrontements, l'ennemi dépose les armes. Une colonne de 1 500 soldats parvient à réinvestir la vallée du Grésivaudan, à Domène, mais les forces alliées, trop nombreuses, parviennent à arrêter rapidement les velléités ennemies. Ils se rendent le 24 août.

La Libération de l'Ain

Pays de Gex : quatre ans d'occupation nazie

Pendant quatre ans, le Pays de Gex a été sous occupation nazie. Frontalière avec la Suisse, cette zone était avant tout un atout stratégique pour l'occupant.

Le 31 août, une offensive nazie a lieu à Meximieux, afin de se rendre le plus rapidement possible à Lyon. La bataille dure jusqu'au 2 septembre. Ces combats ne sont qu'une demi-réussite pour les Allemands, car une partie des troupes réussit à franchir la commune alors que l'autre est faite prisonnier par les Alliés, soutenus par les Forces françaises de l'Intérieur. Les Nazis détruisent une partie des ponts sur le Rhône pour éviter la poursuite des Américains.

Après la bataille de Meximieux, les troupes ennemis se dirigent vers Bourg-en-Bresse pour se replier. Deux jours plus tard, le 4 septembre, les Allemands quittent la ville préfecture et la commune est libérée, sans combat. Le département sera complètement libéré le lendemain.

Réalisation Louis ANDRÉ. Vidéo Mégane GILLET

Crédits photos : © Cliché Musée savoisien, Conseil général de la Savoie, © Coll. MRDI, © Collections départementales des Musées de l’Ain, inv. N1998.10.311, © Association des Glières, fonds Raymond Perrillat, Conseil général de la Haute-Savoie, inv. AGB2-P156, © Musée d’Histoire Jean Garcin : 39-45 L’Appel de la Liberté, Coll. Gazette provençale, M. Gromelle, © Musée d’Histoire Jean Garcin : 39-45 L’Appel de la Liberté, Coll. UNEG, © Archives départementales des Hautes-Alpes, inv. 2 FI 121, le 20 août 1944, © Archives départementales de l’Ardèche, fonds du Musée de la Résistance et de la Déportation, fonds Oisel, inv. 41 FI 03075-7,© Cliché Musée savoisien, Conseil général de la Savoie, © Fonds Association des Glières, Conseil général de la Haute-Savoie, inv. AGB2-P256

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