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Megan is missing 2006 – États-Unis. Réalisation : Michael Goi. Scénario : Michael Goi. Avec : Amber Perkins, Rachel Quinn, Dean Waite, Jael Elizabeth Steinmeyer, Kara Wang.

Personnes sensibles, abstenez-vous.

Il ne s'agit pas là d'une mise en garde contre des sursauts. Ou contre des effets gores. Il s'agit là d'un avertissement quant à la vraie horreur. Insidieuse, réaliste et crue. Celle qui frappe psychologiquement et émotionnellement. Vous êtes prévenus.

« I think we're going to have amazing lives »

Amy et Megan sont les meilleurs amies du monde. Les deux adolescentes passent leur temps à discuter en ligne quand elles ne se voient pas. Et elles discutent aussi avec des garçons. Quand Megan disparaît sans laisser de trace, Amy va tenter de découvrir ce qui lui est arrivé. Quitte à se mettre à son tour en danger.

Il y a de bons films. Et puis, il y a des films puissants. Qui vous heurtent et vous marquent. Ce sont rarement ceux qui en appellent à des puissances surnaturelles. De ce côté, les Freddy, esprits vengeurs et autres créatures monstrueuses peuvent aller se rhabiller. Les pires atrocités sont celles qui peuvent avoir lieu en ce moment même. Quelque part dans le monde, au moment où vous lisez ces lignes. Celles-là sont vraiment terrifiantes.

C'est cette façon de s'ancrer dans la réalité qui fait de Megan is missing un film bouleversant. Partant d'une simple succession de scènes présentant la vie de deux adolescentes, le film de Michael Goi nous enferme doucement dans une horreur crédible, qui montera lentement avant de culminer dans un dernier tiers atroce.

Pour nous mener à ça, Michael Goi à su mener sa barque. Si la première moitié du film semble lente et, au final, pas si intéressante, elle joue un rôle clé dans la réaction des spectateurs. On nous y présente nos deux héroïnes.

Très différentes, mais attachantes chacune à leur manière. On peut parfois reprocher au réalisateur d'avoir hypersexualisé la vie des adolescentes de cet âge. Mais il faut lui reconnaître ça : il a réussi à ancrer une ambiance glauque derrière le vernis habituellement gentillet de la vie des jeunes filles. Il y a bien quelques facilités, mais elles sont pardonnables.

« You're such a stalker »

Puis, quand Megan disparaît, le rythme s'accélère. Et Michael Goi distribue les mauvais points. Aux médias, notamment, et au traitement qu'ils réservent aux faits-divers. Sous couvert d'inquiétude et d'engagement, les journalistes de Megan is missing montrent en fait une délectation pour ce qui se passe, capitalisant sur la disparition d'une jeune fille, la dramatisant au maximum, pour faire de l'audimat. Un brin caricatural, mais pas tant éloigné que ça de la réalité.

Commence aussi l'enquête d'Amy, et l'installation d'un sentiment de malaise qui ne nous quittera pas, nous spectateurs. Et on arrive à la finale. Et là, il vaut mieux être solide.

« I would never hurt you, Megan »

Tout le film nous mène vers ça. Les 22 dernières minutes. Éprouvantes. Interminables. Tellement vraies qu'elles touchent au cœur bien mieux que n'importe quel bain de sang. Usant de suggestion, Michael Goi nous plonge en enfer. Mais encore une fois, pas un enfer grandiloquent. D'où la dureté du film. Et son impact.

L'anecdote

Megan is missing commence par un message indiquant que le film est tiré de faits réels. Il s'agit de la disparition de deux amies, Ashley Pond et Miranda Gaddis, en 2002, Le scénario modifie toutefois très largement les faits.

Megan is missing n'est pas agréable à voir. Ce n'est même pas un film recommandable, en soi. C'est un long-métrage dur et choquant. Excellent, certes. Mais à ne pas mettre en n'importe quelles mains.

4,5/5

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