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La Cravate solidaire TORDre LE COU À LA DISCRIMINATION À L’EMBAUCHE

Pour réussir un entretien d’embauche, mieux vaut avoir les bons codes et la bonne tenue. Mais, pas toujours facile de savoir quoi dire ni comment se présenter quand le doute s’est installé. Alors, pour lever ces freins à l’emploi, une association vient en aide aux chômeurs. La Cravate solidaire, c’est son nom, met gratuitement à leur disposition un vestiaire et un accompagnement professionnel.

Le stock de costumes, tailleurs, chaussures et accessoires est alimenté par des collectes organisées chaque semaine en entreprise et par des dons de particuliers. En moyenne, 8 tonnes sont collectées chaque année.

Au local de l’association, les vêtements sont triés et mis à la disposition des candidats.

À l’occasion des collectes en entreprise, l’association organise des actions de sensibilisation sur les questions de discrimination à l’embauche. Elle incite aussi les salariés à venir participer aux opérations de tri au siège de l’association.

Collecte de vêtements au siège social de l'entreprise Desigual à Paris

À l’origine du projet, il y a Yann, Jacques-Henri et Nicolas, trois anciens étudiants en école de commerce. En janvier 2012, à Paris, ils créent une association pour donner un coup de pouce à des personnes en insertion ou réinsertion professionnelle.

Chemises et cravates disponibles
« Dans notre association, si tu viens, on peut t’aider sur des outils pratiques, comme le don de vêtements ou une belle photo, mais aussi sur le fond de l’entretien d’embauche, avec des professionnels en poste en entreprise. On est surtout là pour redonner confiance aux gens », explique Yann, cofondateur et salarié.

C’est dans les locaux de l’association, au cœur du 13e arrondissement, que sont accueillis les candidats. La prise de contact s’effectue dans l’espace convivialité, autour d’une table proposant boissons et confiseries. Des bénévoles enthousiastes expliquent au petit groupe juste arrivé le déroulement de l’atelier de la Cravate solidaire.

Collection de cravates offertes par des dirigeants d’entreprises partenaires et des responsables politiques.

L’association reçoit en moyenne 900 personnes par an, rien que dans la capitale. Les bénéficiaires, majoritairement envoyés par des associations ou des missions locales, sont de tous âges et avec des profils très divers. L’équipe parisienne qui les accompagne est composée de 400 bénévoles et 6 salariés. Elle organise environ 150 ateliers chaque année.

Première étape, la séance de relooking

Des conseillers en image, bénévoles de l’association, reçoivent chaque bénéficiaire individuellement. Mètre de couturier au cou, ils font essayer costumes, tailleurs et chaussures, recueillent les impressions et prodiguent des conseils.

Une conseillère en image choisit une chemise pour Aboubakar

L’objectif est double : proposer une tenue complète (y compris les accessoires et le maquillage pour les femmes) et redonner confiance. À l’issue de l’essayage, un changement d’attitude est déjà visible.

Aboubakar passe les boutons de sa nouvelle chemise
« Je suis vraiment convaincue, cela fait sauter des barrières. On ne va pas tout régler, mais on fait notre possible .» Anaïs, en service civique pour la Cravate solidaire
La conseillère en image aide Aboubakar a faire son nœud de cravate

Deuxième étape, l’entretien

Après avoir soigné l’apparence, l’association propose aux bénéficiaires de passer un entretien blanc, en conditions réelles, avec un binôme de spécialistes du recrutement.

Aboubakar, lors de son entretien blanc d'embauche

Afin d’en tirer le meilleur, profit, il est demandé au candidat de se munir d’un CV et d’une lettre de motivation.

« La maison n'accepte pas l'échec »

dernière étape, la photo professionnelle

Prise dans le studio de l’association, la photo peut être utilisée dans le CV du candidat ou sur les réseaux sociaux.

Près de 70 % des candidats réussissent leur entretien d’embauche après leur passage par la Cravate solidaire. En cas d’échec, on peut revenir passer un second entretien.

Avec ses antennes, la Cravate solidaire couvre déjà 9 bassins d’emplois en France : Caen, Clermont-Ferrand, Dijon, Le Mans, Lille, Lyon, Paris, Pau et Rouen. D’autres ouvertures sont à l’étude à Montpellier, Bordeaux…

Également en projet, une cravate solidaire mobile, en bus, pour aller à la rencontre des jeunes dans toute l’Île-de-France. Une nouveauté attendue fin 2019.

Credits:

Arnaud Bouissou - TERRA

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