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L’économie se porte-t-elle mieux grâce à Donald Trump ? Road trip en Ohio

Aurélie Didier et Christophe Bernard

Aucun président ne gagne une élection présidentielle sans l’Ohio

C’est ce que vous diront les habitants de cet État du midwest américain. Et c’est effectivement le cas depuis 1856. En 2016, les électeurs y ont voté à 52% pour Donald Trump. Deux ans après, vont-ils encore le soutenir et voter majoritairement républicain pour les élections législatives de mi-mandat ? Réponse ce 6 novembre 2018.

« Promises made, promises kept » : Donald Trump affirme qu’il a tenu ses promesses, il le répète à tous ses meetings. Un des enjeux cruciaux de ces élections, c’est l’économie. Sur le terrain, que pensent les électeurs de ses mesures économiques ? Road trip dans l’Ohio à leur rencontre.

Bill Adler, Cleveland

Bill Adler est le patron et le fondateur de Stripmatic, une entreprise de transformation de l’acier à Cleveland. Il s’est spécialisé dans la fabrication de cylindres à haute valeur ajoutée et fournit des clients variés, tant dans l’automobile que dans l’alimentation.

Traditionnellement, il vote républicain. Mais il est déçu par la politique de Donald Trump concernant les droits de douane de 25% sur l’acier et de 10% sur l’aluminium.

L’intention affichée du président est de protéger l’acier américain par rapport aux concurrents chinois notamment. Mais Bill Adler se dit être une victime collatérale de cette politique.

J’achète 90% de mon acier aux Etats-Unis…
Scott Chittock, Youngstown

Scott Chittock a travaillé pendant 10 ans chez General Motors à Lordstown, près de Youngstown. L’entreprise, qui assemble la Chevy Cruze, comptait 4500 salariés. Le jour de l’investiture du président américain Donald Trump, le 20 janvier 2017, 1500 d’entre eux ont été licenciés.

Puis en juin 2018, 1500 autres ont également été renvoyés. En deux années, le site de production est passé de trois pauses à une seule pause.

Scott a fait partie de la deuxième vague de licenciement en juin dernier. Depuis, lui et ses ex-collègues demandent de l’aide au président et l’interpellent très régulièrement sur le sujet.

Il pourrait signer un décret présidentiel et leur dire : « Si vous ne ramenez pas les emplois, vous n'avez pas de cadeaux fiscaux ».
Christopher Irion, Columbus

Christopher Irion est le fondateur d’e-Cycle, entreprise fondée en 2005 et aujourd’hui leader dans le recyclage de téléphones portables et de tablettes aux États-Unis, revendus partout dans le monde. Il emploie 65 personnes, qui recyclent entre 1 et 2 millions d'appareils par an.

Le zoning industriel où se trouve e-Cycle, pareil à tant d'autres
Je suis certain qu’il va rester président huit ans.

Christopher Irion a voté pour Donald Trump et croit en lui à 100%. Il affirme que grâce à la réforme fiscale - baisse de l'impôt sur les sociétés de 35 à 21% - adoptée en décembre 2017, il a pu en faire profiter ses employés : “Les trois derniers mois, nous avons engagé dix nouveaux employés et nous avons pu augmenter les salaires. Tous nos employés ont reçu un bonus de 1000 dollars grâce à la réforme fiscale. De plus, nous avons partagé 350 000 dollars en bonus avec tout le monde grâce à la première bonne année après l'élection de Donald Trump”.

Richard Potts, Columbus

Rick Potts a fondé son entreprise de post-impression en 1985, Harris Paper Crafts. Avec ses huit employés, il propose un service très recherché par les entreprises.

Nous travaillons beaucoup pour des imprimeurs commerciaux et je vois que nous avons plus de demandes actuellement. Nous avions eu un ralentissement sous Barack Obama. Mais ça a bien repris donc je trouve cela très positif.

Il a voté pour Donald Trump et compte à nouveau voter républicain lors des midterms du 6 novembre 2018. Même s’il ne cautionne pas toutes les déclarations fracassantes du président américain, il approuve en tout cas sa politique économique.

C'est vrai que parfois je vois un de ses tweets et cela ne me plait pas toujours, parfois ça me pose problème, mais globalement, si vous me posez la question, oui je revoterais pour lui aujourd'hui.

Son fils Alexis Potts travaille aussi dans l’entreprise et partage son avis sur Donald Trump. Que pense-t-il de ses déclarations polémiques ?

Je suis allé la semaine dernière en Belgique pour ma lune de miel. J'ai logé chez une famille dans le sud de la Belgique, et ils m'ont dit qu'ils aimeraient avoir quelqu'un comme Donald Trump pour nettoyer et essayer de faire quelque chose plutôt que rien.

Il approuve également la volonté du président de construire un mur à la frontière avec le Mexique et de réformer la politique d’immigration.

Jean-François Flechet, Cincinnati

Jean-François Flechet fait partie de ces Belges qui croient au rêve américain. Il a ouvert un restaurant de “Belgian Waffles”, de gaufres belges, puis a développé son entreprise. Aujourd’hui, avec Taste of Belgium, il emploie près de 300 personnes à six endroits dans l’Ohio où l’on peut déguster des frites, de la bière belge ou encore des boulets liégeois.

Lui ne soutient absolument pas la politique de Donald Trump, ses réformes économiques et fiscales n'ayant eu aucun effet sur son business.

Par contre il déplore le fait que depuis l’élection du 45ème président américain, les relations entre les gens se sont tendues. C’est une conséquence selon lui du discours présidentiel et de la dégradation des relations entre Démocrates et Républicains.

Il affirme que dans son entreprise, il tente de créer un microcosme “à la Belge”, où “on prend soin les uns des autres” et où la restauration est considérée comme une carrière en soi, ce qui n’est pas le cas aux États-Unis.

Chaque année, le quart du PIB mondial est produit aux Etats-Unis par une population qui représente moins de 5% de celle de la planète. (…) Elle n’est d’ailleurs par seulement la plus productive des grandes économies développées, elle est aussi celle où s’inventent en permanence de nouveaux produits.

Un livre référence : L’économie américaine”, Anton Brender et Florence Pisani

Pourtant (…) depuis les années 70, l’économie américaine peine de plus en à produire… du progrès social.

Credits:

photos: Christophe BERNARD – vidéos & drone: Christophe ZENKO

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