Soirée animée par Sébastien Folin

En 2016, pour leur 14e édition, Les Victoires du Jazz retrouvent la sublime Pinède Gould de Juan-les-Pins, en ouverture du 56e Festival Jazz à Juan. La cérémonie sera animée par Sébastien Folin et réalisée par Miguel Octave, avec les équipes de La Belle Télé.

Avec plus de 500 festivals en France célébrant le jazz, des milliers de jeunes musiciens dans les conservatoires, et des enregistrements se hissant régulièrement au plus haut des palmarès musicaux, Les Victoires du Jazz est pourtant la seule émission consacrée à cette musique sur une chaîne de télévision nationale. En collaboration avec les professionnels de la filière et avec le soutien de France 3 et de Radio France, Les Victoires du Jazz offrent aux improvisateurs qui ont marqué l’année, une tribune plus que jamais précieuse, où ils peuvent exprimer leur grande liberté et révéler la diversité qui caractérise ce répertoire.

La Grande Bleue en cinémascope

Impossible pour un musicien qui a déjà foulé la scène de la Pinède Gould du mythique Festival Jazz à Juan d’oublier ce lieu totalement magique, dressé face à la Méditerranée. Tous les plus grands artistes s’y sont produits depuis plus d’un demi-siècle ! L’ancêtre des festivals européens rouvre ses portes aux artistes des Victoires du Jazz pour une soirée de live unique et magique.

Photo Patrick Gherdoussi / FTV

Sébastien Folin Photo Jean Philippe Baltel / FTV

LES INVITÉS

LUCKY PETERSON

Dès l’âge de 5 ans, l’enfant prodige né en 1964 à Buffalo écume les plateaux télé nationaux avec Willie Dixon, et grave l’album « Our future : 5 years old Lucky Peterson ». Après des études à la Buffalo Academy for Visual and Performing Arts, il est engagé par Little Milton, chanteur et guitariste phare du label Stax. Puis il intègre le groupe du chanteur Bobby « Blue » Bland, adepte d’un blues mêlé de soul. En 1987, il débute sa carrière solo, avec deux albums chez Aligator Records. Il joue avec Etta James et Otis Rush et perfectionne son jeu de guitare. Les années 90 sont très prolifiques, élargissant chaque fois un peu plus sa palette. En 1996, sa présence au côté de Mavis Staples dans un hommage à la grande Mahalia Jackson le fait revenir à ses racines gospel. On le voit aussi travailler avec Bootsy Collins, l’exubérant sorcier du funk. Au fil des années, écrivant et composant de plus en plus, il apparaît peu à peu sous sa vraie nature : un aristocrate du blues, organiste audacieux doublé d’un guitariste inspiré, dont la voix, immédiatement reconnaissable, et divinement rocailleuse devient la marque de fabrique ! Les Victoires sont fières de célébrer la carrière de ce grand nom de la musique noire américaine.

Soul, gospel, rhythm and blues, rock and roll, funk : c’est tout ce mélange d’influences, avec toujours de belles rencontres à la clef, qui contribue à forger le style unique de Lucky Peterson, façonné par tout un patrimoine de blues et de black music.

Photo Jean-Marc Lubrano

KYLE EASTWOOD

Né en 1968 à Los Angeles, le fils aîné de Clint Eastwood a grandi auprès d'un père passionné de musique et tout spécialement de jazz. Les premières musiques qui ont marqué sa jeunesse sont celles de Duke Ellington, Count Basie et de Miles Davis qui venait jouer chez ses parents... Après des études de cinéma, il devient musicien, bassiste et contrebassiste, puis compositeur. Il a composé avec son père certains thèmes des musiques des films Mystic River, Million Dollar Baby, ou encore Gran Torino. Son tout premier disque, « From There to Here », paru en 1998 , ancrait ses références dans l’âge d’or du jazz orchestral des années 50.

Kyle Eastwood repousse toujours plus loin les frontières de son univers personnel en déclinant avec beaucoup d’élégance et de savoir-faire toute l’étendue de ses goûts musicaux au fil d’albums aussi éclectiques que raffinés.

Dans son dernier opus, « Time Pieces », entouré d’un groupe de jeunes musiciens anglais, le contrebassiste fait un retour, tant dans la forme que dans l’esprit, à un jazz plus direct, lyrique et mélodique, en quête d’une relation « à la tradition » à la fois réaffirmée et renouvelée.

Photo Sylvain Gripoix

STACEY KENT ET ANDRÉ MANOUKIAN DUO

HOMMAGE À GAINSBOURG

Stacey Kent Photo Diane Sagnier / André Manoukian Photo Gilles Gustine / FTV

Pour commémorer les 25 ans de la mort de Serge Gainsbourg, Les Victoires réunissent un tandem inédit : la plus française des chanteuses américaines, Stacey Kent, égérie d’un jazz glamour et désinvolte, qui sait comme peu d’autres « habiter une chanson » et en extraire la substantifique moelle, et le pianiste dandy André Manoukian, le touche-à-tout, musicien, auteur, compositeur, producteur, directeur de festival, animateur télé et radio, au cœur aussi tendre que l’album de Stacey, mais surtout un vrai amoureux des notes bleues et des femmes qui les chantent. Amoureux de Duke Ellington, de Dizzy Gillespie et de Thelonious Monk, Serge Gainsbourg a baigné dans le jazz dès le début de sa carrière. Entre 1958 et 1964, dans ses quatre premiers albums ou pour le cinéma, il a écrit et gravé une foule de petites perles jazzy Du jazz dans le ravin, Ce mortel ennui, Intoxicated Man, dans lesquels se révèlent déjà un style à nul autre pareil, et une talentueuse habileté à jouer tant sur les mots que sur les rythmes.

Camélia Jordana Photo Franco P Tettamanti

CAMÉLIA JORDANA ET AIRELLE BESSON « AUTOUR DE CHET »

L’empreinte de Chet Baker déborde largement les seules frontières du jazz. Le musicien (trompette, bugle) et chanteur, emblématique du style « west coast » des années 50, a laissé une marque indélébile dans l’histoire. Disparu en 1988, Chet Baker est ici incarné par des trompettistes et des chanteurs d’aujourd’hui, venus du jazz et de la pop pour réinterpréter des thèmes de son répertoire devenus des classiques. Parmi ces artistes, Les Victoires ont choisi d’inviter la chanteuse Camélia Jordana, révélée par l’émission La Nouvelle Star en 2009 et la trompettiste Airelle Besson, révélation des Victoires du Jazz 2015, qui livrent une version bouleversante, en apesanteur, de The Thrill is Gone, une chanson des années 30, reprise par Chet dans son album « Chet Baker sings » en 1953. Une interprétation à l’image de ce personnage iconique au destin fracassé, visage crépusculaire éminemment photogénique à travers les époques, beau et désenchanté, comme celui de James Dean dans ses 20 ans, parcheminé dans ses dernières années, témoignage d’une existence bouleversante.

« Autour de Chet » , Verve/Universal Jazz, 2016

LES ARTISTES NOMMÉS

L’académie des Victoires du Jazz est composée de 200 personnalités, professionnels et mélomanes de tous les horizons - directeurs de festivals, agents, producteurs, journalistes, enseignants, artistes qui ont pour dénominateur commun l’amour du jazz et une connaissance de l’actualité du disque et des concerts. À la suite d’un vote organisé en deux tours, et après dépouillement sous contrôle d’un huissier, trois nommés ont été retenus dans chacune des trois catégories.

ARTISTE OU FORMATION DE L’ANNÉE

GÉRALDINE LAURENT

Une approche très personnelle du saxophone alto, un jeu incandescent dont les phrases sont empreintes d'un lyrisme toujours surprenant, un son qui n'appartient qu'à elle.

Géraldine Laurent fait partie de ces figures ayant prouvé qu’elles avaient leur mot à dire et que le jazz n’était pas seulement une affaire d’hommes. Née en 1975 à Niort, Géraldine débute ses études musicales par le piano classique puis avec le saxophone à l’âge de 13 ans. À sa majorité, elle est vite remarquée pour son talent de sidewoman et la sincérité volcanique de son jeu. Elle forme son propre groupe, le Time Out Trio, à 30 ans et grave deux albums pour le label Dreyfus Jazz « Time Out Trio » en 2007 et « Around Gigi » en 2010. En 2008, elle est élue Révélation de l’année aux Victoires du Jazz, ex aequo avec Yaron Herman. Géraldine participe ensuite à un collectif autour de la musique de Charlie Parker « Looking for Parker » en 2013, sans négliger ses plaisirs de jouer en sidewoman au côté d'Aldo Romano, Henri Texier, Riccardo Del Fra, Rhoda Scott ou Terez Montcalm. En 2015, Géraldine décide de reprendre sa carrière de leader et réunit autour d'elle un groupe rassemblant les étoiles montantes de la nouvelle génération : Paul Lay au piano, Donald Kontomanou à la batterie et le fidèle Yoni Zelnik à la contrebasse. Le disque qui en résulte, « At Work », est constitué de compositions personnelles et de quelques standards historiques, tous approchés avec une fraîcheur déconcertante. À entendre le résultat, on se demande quel est le secret de Géraldine pour conserver intacte la grande tradition lyrique du jazz tout en la renouvelant radicalement avec autant de naturel et de talent.

Photo Steve Wells

CÉCILE MCLORIN SALVANT

Cécile McLorin Salvant est une chanteuse franco-américaine de jazz, née en 1989 à Miami, en Floride. Elle débute le piano à l’âge de 5 ans et le chant choral et lyrique dès 8 ans. En 2007, elle poursuit des études de jazz (piano et chant dans la classe de Jean-François Bonnel) et de chant lyrique et baroque (dans la classe d'Anne Florentin) au conservatoire d’Aix-en-Provence. De retour chez elle aux États-Unis, elle tente en 2010, sans trop y croire, le fameux Concours international de jazz vocal Thelonious Monk, qu’elle remporte devant un parterre composé notamment de jurés tels que Dianne Reeves, Al Jarreau, Dee Dee Bridgewater, Kurt Elling. Suite à son triomphe, le monde du jazz attend son premier enregistrement américain « WomanChild » sorti en 2013. Pour la première fois, elle est nommée aux Grammy Awards et aux Victoires du Jazz. Son second album, « For One To Love », gravé en compagnie du Aaron Diehl trio, paraît en 2015. Il expose brillamment les contrastes entre l’amour et l’envie, le plaisir et le désir, met en valeur la voix fascinante de Cécile. L’album est élu Meilleur album de jazz vocal aux Grammy Awards 2016.

Des aigus frémissants et des graves qui remuent l’âme, le tout livré avec grâce et style. Précision des attaques, justesse, sautes de registre, chaleur du timbre, thèmes abordés : la jeune femme de 26 ans étonne par tant de maturité et de maîtrise stylistique.

Photo Mark Fitton

ANNE PACEO

Anne Paceo se distingue par un parcours singulier et exceptionnel. Née en 1984, batteuse sans frontières et globe-trotteuse, elle est portée depuis son plus jeune âge par un besoin viscéral et insatiable de jouer et créer. Cette passion l’a amenée à jouer dans plus de 41 pays sur les 5 continents, à remporter une Victoire du Jazz (Révélation) en 2011, ou encore à publier quatre disques en leader salués par la critique dont le premier « Triphase » en 2008, à 24 ans avec le label Laborie. Elle commence la batterie à l'âge de 10 ans et fait ses premières armes en 1998 au Festival Les Enfants du jazz de Barcelonnette. À 21 ans, Anne intègre la classe de jazz du CNSM de Paris, où elle fait la rencontre de celui qu’elle considère comme son maître, le batteur Dré Pallemaerts. « Circles », son dernier opus paru en 2016, marque vraiment son entrée dans la cour des grands. Parallèlement à ses activités de leader, elle est aussi une accompagnatrice recherchée qui se plaît à jouer toutes les musiques. À 19 ans elle est repérée par le guitariste Christian Escoudé. Depuis on peut l’entendre sur scène avec les grands noms du jazz tels que Rhoda Scott, China Moses, Yaron Herman, Rick Margitza, Henri Texier, Alain Jean-Marie, de l'électro pop comme Jeanne Added, Mélissa Laveaux ou encore de la musique du monde comme Lena Chamamyan, Myanmar meets Europe…

Elle passe sa jeunesse à Daloa, en Côte d’Ivoire, bercée par les percussions des grands maîtres qui répètent à côté de la maison familiale.

Photo Sylvain Gripoix

RÉVÉLATION DE L’ANNÉE

PRIX FRANK TÉNOT

Pierre Perchaud Photo Eric Garault ; Laurent Coulondre Photo Renand Baur ; Joce Mienniel Photo Sylvain Gripoix

PIERRE PERCHAUD

Instrumentiste à la virtuosité admirée, fruit d'un apprentissage approfondi, Pierre Perchaud est considéré comme l'un des plus brillants guitaristes de l'Hexagone. Révélé au sein de l’Orchestre national de Jazz de Daniel Yvinec, comme Joce Mienniel, il s'affirme comme un soliste à l'inspiration constante, conjuguant de manière personnelle les influences, entre autres, de John Scofield et de Kurt Rosenwinkel et se distingue par son attention constante au son et à la précision du phrasé. Compagnon de route du tandem Charlier/Sourisse, il s'est fait entendre auprès de la batteuse Anne Paceo, travaille régulièrement avec Michel Legrand et fait partie du groupe The Watershed (avec Christophe Panzani et Tony Paeleman, membres du groupe actuel d’Anne Paceo et le batteur Karl Jannuska). Il est l'auteur de trois disques sous son nom, « Par quatre chemins » en 2010, avec Pierre de Bethmann au piano, « Waterfalls » en 2013, en trio avec Nicolas Moreaux et le ténor américain Chris Cheek, et le récent « Fox », où la contrebasse du même Nicolas Moreaux est sublimée cette fois par le jeu du grand Jorge Rossy. Marqué par une reprise de la chanson And I Love Her des Beatles, le répertoire de « Fox » réunit des compositions de Perchaud et Moreaux, dont les couleurs renvoient selon les endroits aussi bien au rock, au blues qu'à la pop ou la sphère classique. Lesté de la poésie de ses interprètes, « Fox » dévoile un univers contrasté aux paysages évocatoires, qui invitent l'âme à vagabonder et à se laisser emporter vers un ailleurs aux contours oniriques.

LAURENT COULONDRE

Laurent Coulondre fait partie de cette jeune génération de musiciens qui participe avec talent et sans tabou à l'évolution du jazz en France. Doté d'un sens rythmique et harmonique sans pareil, il s'exprime au piano comme à l'orgue dans une liberté sans limite, faisant preuve pour son jeune âge — il est né en 1989 — d'une musicalité, d'une maîtrise et d'une sensibilité à couper le souffle. Laurent Coulondre se démarque à travers un concept totalement inédit de « trio réversible » créant ainsi une identité sonore sans précédent. Oscillant entre trio classique piano/contrebasse/batterie et trio orgue/basse 6 cordes /batterie, Laurent Coulondre propose une musique étonnante et détonante, très groovy, toujours dans une démarche de création mais sans jamais laisser le public de côté. De plus en plus sollicité sur la scène jazz, il multiplie les expériences en sideman avec Nicolas Folmer « Horny Tonky », Pierre de Bethman « Shift », avec Sylvain Beuf, Stéphane Huchard, ou encore comme arrangeur sur le nouvel album « Nu-Soul » de Laura David… Auteur de trois albums, dont le récent « Schizophrenia »Laurent a été élu Génération Spedidam en 2014, Talent Adami 2015, et est lauréat du Concours national de jazz de la Défense.

JOCE MIENNIEL

Flûtiste classique de formation, saxophoniste, compositeur, orchestrateur, producteur, arrangeur et touche-à-tout en électronique musicale, Joce Miennel obtient le Premier Prix de Jazz à l'unanimité et avec les félicitations du jury du Conservatoire Supérieur de Musique de Paris en 2004. Le très large spectre de ses influences et activités rend ce musicien définitivement hors normes. Joce Mienniel, en véritable caméléon, déploie ses talents dans de nombreux univers et est un artiste de 42 ans recherché et estimé. Il se livre avec une égale maestria aux flûtes, aux instruments de musique du monde, aux claviers et à l’exploration électronique, tel un prodigieux créateur d’ambiances. En 2012, « Paris Short Stories (saison 1) », son premier album, voit le jour avec pléthore d’invités autour de la musique du XXe siècle. Il fonde la même année, avec Sylvain Rifflet, l’Ensemble de musique de chambre Art Sonic, « Cinque Terre » en 2014. «Tilt » est le titre de son nouvel album cette fois à consonance beaucoup plus électrique et rock progressif, avec des ambiances très cinématographiques rappelant parfois l’univers des films de David Lynch. Joce Mienniel sera à double titre en compétition aux Victoires 2016 puisqu’il est présent dans la l'album de son vieux compère Sylvain Rifflet pour l'album « Mechanics » !

ALBUM DE L'ANNÉE

« AnD the » de PIERRICK PÉDRON

Début décembre 2013, durant cinq jours, Pierrick Pédron convie une équipe polyglotte dans le temple multipistes des studios ICP de Bruxelles. Ils sont venus de Berlin, Munich, Barcelone, Paris, Londres... pour servir « la recréation d’un souvenir de jeunesse » selon le saxophoniste, et retrouver la vibration de deux expériences entre funk et jazz-rock qu'il avait vécues avec Juan Rozoff et les Zucchini Metal Flashers à l'Hôpital éphémère. Comme toujours, il a tout préparé en amont.

Phase une. Il rencontre à Paris Jan Weissenfeldt (l'un des frères du mythique Whitefield Brothers) et met la machine en route, lui se chargeant des morceaux, Jan rassemble l’équipe. Il y retrouve Chris de Pauw, son fidèle guitariste, et son collègue hard bopper anglais, le trompettiste Damon Brown.

Phase deux. Il compose les mélodies, puis dirige quatre jours de répétitions à Munich.

Phase trois. Les bandes tournent… Des thèmes propices à extensions et improvisations surgissent. Aux manettes, Manu Gallet, le sound cooker, conduit cette délicate opération de live réalisé en studio. En cinq jours l'affaire est entendue.

Phase quatre. 2014, porte de Montreuil, Paris XXe. Pierrick Pédron retravaille la matière pendant un an, il la sculpte pour tailler ce disque… Son alter ego, Vincent Artaud entre dans la danse, autrement dit, dans le dédale des multipistes.

Au final, près de trois ans auront été nécessaires pour accoucher de « AnD the », un album qui doit autant aux partages de l’instant qu’aux bidouillages. Plusieurs couches et autant d'étapes façonnent ce disque aux nombreux reflets. Le funk s'y teinte de psyché, l’esprit du jazz souffle, le rock prog y fait des percées, des ambiances électro pointent... Pas de doute, Pierrick Pédron signe un nouvel « OSNI », traduisez « objet sonore non identifiable ». C’est un peu aussi la suite d' « Omry », ce disque novateur paru en 2009.

« AnD the », Jazz Village Harmonia Mundi, 2016

« Love for Chet » de STÉPHANE BELMONDO

L’histoire remonte aux années 1980, quand Stéphane Belmondo, jeune homme à la trompette venait de monter de son Sud natal, habitait les clubs de la capitale de manière quasi quotidienne. Un soir qu’il joue au Palace, Chet Baker vient l’écouter, comme font les jazzmen, l’air de rien, d’une oreille faussement distraite. Mais à l’issue de sa prestation, Chet l’invite à venir jouer le lendemain à ses côtés sur la scène du New Morning. De cette rencontre suivront de longues conversations en tête-à-tête et des bœufs nocturnes au gré des passages de Chet à Paris, qui ne s’achèveront qu’avec sa disparition tragique, quelques mois plus tard, à Amsterdam, en 1988. Entre-temps, quelque chose s’était lié entre les deux hommes, qui excède les mots et ne peut s’exprimer qu’en musique… De l’amour, oui, comme entre père et fils, qui prend la forme d’un disque « Love For Chet ». Pour chanter son amour pour Chet, Stéphane a choisi la formule qui est sans doute l’une de celles qui permet d’approcher au plus près l’art de Baker. Un trio sans piano, ni batterie, tout en apesanteur, comme son aîné l'affectionnait. Pour l’accompagner dans cet hommage, il a fait le choix de musiciens tels que le guitariste hollandais Jesse van Ruller et le contrebassiste Thomas Bramerie, un compagnon de longue date. Sur les chansons qu’aimait Chet, Stéphane Belmondo vient apporter sa propre respiration. Pas question pour lui de jouer « à la Chet », ni de chercher à singer son ancien mentor, non, rien de tout cela. La meilleure chose que pouvait faire Stéphane, était de jouer son propre style, en laissant parler ce lyrisme qui est le sien, en laissant parler le cœur et échapper cet amour qu’il porte à son ancien ami et qui transperce à chaque note qui sort du pavillon de son cuivre.

« Love for Chet », Naïve, 2016

« Mechanics » de SYLVAIN RIFFLET

Ici, la musique est conçue comme une utopie, une vision métaphorique d’un futur imaginé, où l’univers est fantasmé, onirique ou visionnaire, comme pour réinventer un jazz tendance Lukas Vojir. Sylvain Rifflet a construit la musique de cet album autour de ses influences – on peut citer, pêle-mêle, Steve Reich, Moondog, Philip Glass ou Terry Riley – mais aussi autour du son hybride de ses compagnons de route à l'instrumentation singulière : les percussions de Benjamin Flament mélangées à la kalimba ou à la flûte de Joce Mienniel, soutenues par la guitare électrique de Philippe Gordiani tissant ici et là des ambiances oniriques et déconcertantes, ou plus post-rock et ciselées, des illusions sonores singulières sur lesquelles le saxophoniste et clarinettiste pose son timbre si personnel se faisant tantôt lyrique, tantôt rythmique ou percussif. « Mechanics » se place à la fois dans la continuité du 1er album du groupe mais aussi dans la droite ligne de son travail autour de la musique de Moondog avec « Perpetual Motion » en 2014.

« Mechanics », Jazz Village/Harmonia Mundi, 2016

DIFFUSION DES VICTOIRES DU JAZZ

Le 13 juillet vers 23.35 sur France 3 et en simulcast sur :

Jazz à FIP exceptionnel le 17 juillet de 19 heures à 20 heures sur FIP

Dès le début du mois de juin, et pendant un mois et demi, retrouvez chaque jour des vidéos, infos, témoignages des artistes sur

GENERIQUE

France Télévisions

Directrice de l’Unité musique et spectacle vivant : Pascale Dopouridis

Conseillère de programme : Hélène Peu du Vallon

Victoires du Jazz

Président des Victoires du Jazz : Sébastian Danchin

Directeur général de l’Association « Les Victoires de la Musique » : Gilles Désangles

Directeur artistique : Jonathan Duclos-Arkilovitch

Production exécutive : La Belle Télé

Réalisateur : Miguel Octave

Directeur de la photographie : Swann Mytnik

L’ADAMI, la CEMF, le CNV, la CSDEM, le FCM, le PRODISS, la SACEM, la SCPP, le SFA, le SNAC, le SNACOPVA, le SNAM, le SNEP, le SNES, la SPEDIDAM, la SPPF, l'UNAC, l'UPFI, et le Ministère de la Culture et de la Communication constituent l’association Les Victoires de la Musique.

Les Victoires du Jazz n’existeraient pas sans le soutien du Crédit Mutuel, du CIC et du CNC. Partenaires : Jazz à Juan et Office du Tourisme et des Congrès d’Antibes Juan-les-Pins

CONTACTS PRESSE

France 3 : Solène Evrard - 01 56 22 54 59 - solene.evrard@francetv.fr

Les Victoires du Jazz : Anne Gubian - 06 03 40 17 03 - annegubian@gmail.com

Festival Jazz à Juan : Béatrice di Vita - 04 22 10 60 29 - beatrice.divita@antibesjuanlespins.com

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France Télévisions - Juin 2016 - Édité par la Direction de la communication éditoriale, visuelle et digitale. Chef de projets et réalisation :  Béatrice Austin. Secrétariat de rédaction : Aline Guyard. 

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