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Les dérives du volontourisme par Manon Seguin - 18 décembre 2019

Depuis les années 2000, un engouement s’est créé autour du volontourisme. Cette nouvelle forme de volontariat est plébiscitée par des milliers de volontaires désirant concilier vacances et bonne action. Si l’intention est louable, ce tourisme alternatif peut en réalité entraîner des dommages sur les populations et sur les pays visités, poussant d’autres organisations non gouvernementales (ONG) et associations, certains politiques et même d'anciens volontaires à dénoncer une pratique « immorale ».

"Je suis parti faire une année d’Erasmus en Finlande il y a plus de trois ans, mais à mon retour, je voulais continuer de voyager. Comme plusieurs de mes amis, je me suis engagé dans une mission de volontariat, afin de voyager et découvrir une nouvelle culture. Je suis donc parti au Cambodge au cours de l’été 2016" - Lucas.

Alors âgé de 20 ans, Lucas, étudiant en école de commerce, part au Cambodge avec l’organisme britannique Projects Abroad afin d’enseigner l’anglais à des enfants. Inconscient des possibles répercussions psychologique et culturelle qui suivront son passage, Lucas ne se doute alors pas un instant qu’il va contribuer à une mission de volontourisme. Si l’intention de ces milliers de volontaires est honorable, les dérives entrainées par la pratique sont bien réelles. Ces missions de “volontariat” ou de "volontariat humanitaire" ne sont en réalité qu'un moyen efficace pour ces entreprises de volontourisme de tirer profit de la pauvreté.

Comment différencier le volontariat du volontourisme ? (Infogram)

Un tourisme amélioré

Le volontourisme, mot valise associant les termes "volontariat" et "tourisme", est géré par des "agences à but lucratif" détaille Clarisse Bourjon, chargée de mission Plaidoyer au sein de France Volontaires, une association française majeure de volontariat.

De son premier nom "Association française des volontaires du progrès", France Volontaires s'intéresse au sujet du volontourisme en 2007, avec l’affaire de l’Arche de Zoë. Neuf français avaient été arrêtés au Tchad alors qu’ils essayaient d’exfiltrer par avion 103 enfants du Darfour. Les autorités judiciaires les avaient inculpé pour "trafic d’enfants" tandis que les militaires assuraient qu’il s’agissait d’un "sauvetage humanitaire". France Volontaires est alors l’une des premières structures françaises à s’intéresser au phénomène du volontourisme. Néanmoins la France ne fait toujours pas partie des pays les plus impliqués.

"Le problème du volontourisme est qu’il s’agit d’un phénomène incontrôlable, presque impossible à quantifier", explique Maud Martinasso, volontaire en appui à l'Espace Volontariats au Cambodge pour France Volontaires. "Le développement du volontourisme s’est fait, d’une part avec la démocratisation des compagnies aériennes, entraînée par la baisse des prix des vols ; et d’autre part avec l’engouement pour la Charity Year (ndlr, année sabbatique qui incite les jeunes à faire une année de césure), inspirée du modèle anglo-saxon incitant les jeunes étudiants à partir en volontariat à l’étranger pour parfaire leur CV" souligne Clarisse Bourjon.

"certaines grandes écoles voient d’un bon oeil les experiences humanitaires dans les dossiers des jeunes. elles les encouragent à aller vers des offres de volontariat simples, organisées et encadrées, malgré un prix excessif, comme celles proposées par des organismes de volontourisme" - Caroline Mignon, directrice de l’Association pour le Tourisme Equitable et Solidaire (ATES).

Selon Clarisse Bourjon, l’essor du volontourisme est soutenu par l’écart entre une demande grandissante d’expériences internationales, et le nombre insuffisant des offres proposées par des organismes certifiés. “Finalement, une personne qui veut faire du volontariat se dirigera vers des organismes de volontourisme qui sont forts de proposition."

Ces voyages sont l’occasion de poster la photo "clichée" sur Instagram : celle d’un jeune volontaire blanc entouré d’enfants pauvres heureux, une pratique souvent critiquée. "Personnellement, je n’ai posté qu’une photo sur Facebook. Si j’ai fait cette mission, ce n’était pas pour faire parler de moi ou me mettre en avant. Mais c’est vrai que beaucoup de personnes peuvent en profiter pour faire leur photo de bon samaritain" estime Lucas.

Si cette dérive peut paraître minime, d’autres sont plus graves et peuvent impacter violemment les personnes ou les pays sujets à ce volontourisme. Cela pouvant entraîner des scandales de maltraitance d’enfants, d’abus ou de mauvais soins à la personne, mais aussi des répercussions sur l’économie locale et sur la culture d’un pays.

Interview : Anne Genetet, députée LREM des français établis hors de France

Depuis quand et pourquoi êtes-vous active et engagée contre le volontourisme ? Cela a commencé il y a une dizaine d'année, lorsque l’un de mes collaborateurs parlementaires s’est rendu au Cambodge et a été confronté au volontourisme. Il a eu l’occasion de rencontrer Chloé Sanguinetti, réalisatrice du documentaire The voluntourist, qui lui a fait part de différents projets de loi pour combattre ce fléau. À son retour, son avis sur le sujet a tout de suite fait écho avec la demande de l’un de mes fils en première année de médecine qui m'avait expliqué : « J’ai trouvé une bonne idée pour l’été prochain : dans mon agenda étudiant, il est proposé de partir faire kiné au Népal ». Cela m’a tout de suite interpellée. Je l’ai regardé et lui ai dit : "Mais tu n’as aucune compétence" rire. Je me suis dit qu’il y avait quelque chose à repenser.

Quel est votre avis sur le volontourisme ? Je reviens des Philippines, pays où sont implantées des milliers d'ONG. J'ai pu questionner des associations locales qui sollicitent des personnes de France Volontaires et elles m’ont toutes dit qu’elles n’avaient jamais entendu parler du volontourisme. Je n’y crois pas une seconde. Il faut vraiment sensibiliser, faire passer le message : méfiez-vous, quand vous partez à l’étranger pour aider une structure, vous ne devez pas payer quelque chose, on ne peut pas vous demander plus que ce que coûte réellement le voyage. Ensuite, il semble nécessaire de creuser le droit français afin de voir ce qui pourrait manquer dans notre législation. Il faudrait des règlementations condamnant les entreprises voyagistes françaises qui encourageraient à contribuer à des organismes de volontourisme, dont certains sont étrangers. C’est toute la difficulté : on peut avoir une entreprise basée en Grande Bretagne qui va faire du racolage chez nous.

Comment lutter contre le volontourisme ? Premièrement en sensibilisant et en demandant d’avoir un observatoire, afin de pouvoir compter et lister à chaque fois que l’on tombe sur une entreprise ou un voyagiste qui renvoie vers une structure de volontourisme. Il faut sensibiliser ceux qui partent et ceux qui accueillent. Pour ceux qui partent : dans les écoles, universités ... tout endroit où il est possible de faire une césure et donc de se poser la question du volontariat. Il y a quelques années, j’avais été frappée par une école de commerce qui demandait à ses élèves : « Partez à l’étranger un an et pour preuve de votre bon séjour rapportez six fiches de paye » et cela sans leur expliquer les démarches, les visas ... C'est encourager les jeunes à être clandestins et à travailler au noir, c’est scandaleux. Si l’idée de faire du volontariat est généreuse, il faut encadrer ces jeunes, leur expliquer notamment qu’il faut s’assurer, parce que la protection sociale des volontaires laisse vraiment à désirer. Toutes les ONG en France, qui de près ou de loin veulent aider les structures, peuvent être des relais de l’informations à l’étranger. Mais c’est avant tout aux états et aux puissances publiques de s’attaquer aux organismes de volontourisme.

Un projet de loi français est-il en cours ? Il n’y a pas encore de projet de loi, mais nous rassemblons les éléments nécessaires afin de former une base solide. Nous sommes au tout début du combat et nous espérons une réflexion européenne sur le sujet.

Ci-dessus, les premiers éléments de réflexion pour un futur projet de loi.

Les dérives

"Derrière cette image positive dégagée par les organismes de volontourisme, se cache une exploitation de la pauvreté et de la naïveté des clients." - Pierre de hanscutter, Service de Volontariat International (SVI).

Au niveau économique, le volontourisme peut booster l’économie du pays. Mais comme l'explique Chloé Sanguinetti, les volontaires se substituent le plus souvent à des personnes locales qui pourraient très bien faire le travail. "Si des volontaires viennent donner des cours d’anglais dans une école gratuitement, le directeur n’a alors plus besoin de payer un professeur d’anglais." C'est ce qu'à vécu Lucas il y a presque 4 ans au Cambodge : "Je suis parti donner des cours d’anglais à des jeunes. Au final, ils avaient entre 4 et 12 ans et comme nous ne parlions pas la même langue il était plutôt difficile de leur enseigner quelque chose. Il n’y avait pas vraiment de suivi spécifique à chacun des élèves". Sur les murs de l’école, Lucas a pu découvrir les visages des dizaines de volontaires venus avant lui enseigner les couleurs et les chiffres aux enfants.

En plus de la barrière de la langue, les volontouristes se heurtent à des barrières culturelle, de savoir-vivre, de religion ... Pour cause, ces jeunes volontaires ne sont souvent pas formés et éduqués aux coutumes et pratiques du pays qui les accueille. Ces derniers ont bien souvent du mal à s’adapter et s’intégrer correctement, ce qui peut créer des discordes entre volontaires et locaux.

"Des déséquilibres se créent lorsque des volontaires viennent aider dans un pays qu’ils ne connaissent pas, avec une culture différente de la leur, une langue étrangère, une histoire et un passé inconnus." - Chloé Sanguinetti.

Elle poursuit : "Je trouve cela très irrespectueux, cependant je pense que les personnes locales s’y sont habituées sans vraiment comprendre le but de la venue de ces jeunes. Bien entendu, ressort rapidement l’image du sauveur blanc qui vient aider en héros, et c'est cela qui dessert toute forme de partage désintéressé." Les conséquences les plus inquiétantes restent celles qui touchent directement les personnes vulnérables et les enfants.

"Une amie Khmer (ndlr, ethnie d'origine cambodgienne) m’a dit un jour : vous les blancs vous pensez que nos enfants sont comme des chiots, vous venez jouer avec eux et vous repartez." - Chloé sanguinetti.

Il a été identifié, que ces enfants sans cesse abandonnés sont sujets, dès l’âge adulte, à l’apparition de troubles psychologiques, et même à des comportements violents. L'organisme ReThink Orphanages fait lumière ici des arnaques et risques liés aux orphelinats. Certaines de ces structures accueillent même de faux orphelins, dans l'attente de faire venir plus de volontouristes.

Une prise de conscience à l’international

À travers le monde, les organisations Save the Children, Lumos ou encore Friends International militent contre l’ouverture de ces structures encourageant le "trafic d’enfants" pour faire du profit. En effet, selon une étude menée par Friends International et l’UNICEF,

80 % des pensionnaires de ces établissements auraient encore au moins un parent en vie.

Le 2 mars 2017, l'émission Envoyé Spécial invitait Emmanuelle Werner, la directrice de l’antenne suisse de Friends International, afin de recueillir son témoignage. "La plupart des activités avec des enfants sont proposées dans des orphelinats ou dans des écoles." explique Emmanuelle sur le plateau de l'émission. "Il s’agit d’enfants qui sont dans une situation de vulnérabilité avec un parcours déjà compliqué. Ces enfants ne doivent pas être pris en charge par des gens qui sont de passage, qui n’ont pas de qualifications et qui viennent et repartent sans arrêt, mais bien par du personnel local qualifié." En 2005, le mouvement ChildSafe, pour sensibiliser à la protection des enfants et des jeunes contre toutes formes d’abus, met en place une campagne de sensibilisation "Children are not tourist attractions" (ndlr, les enfants ne sont pas des attractions touristiques), afin d’ouvrir les yeux du grand public, et d'informer les futurs volontaires sur l’importance du choix de l’organisme.

En France, c'est en 2015 que la question du volontourisme se fait une place dans le débat public grâce à l'impact du documentaire de Chloé Sanguinetti. "À cette époque, nous avons commencé à recueillir des preuves que le volontariat en contact direct avec des enfants dans les orphelinats n’est qu’un business attrape touristes." The voluntourist est par la suite présenté devant l’Assemblée nationale avec le soutien d’Anne Genetet. Ce documentaire est le premier à donner la parole aux volontaires afin qu'ils parlent de leur expérience de volontariat, qui s’avère être en réalité du volontourisme.

En 2015, le ministre cambodgien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, S.E. Prak Sokhonn, a instauré une loi sur les ONG. Dans un article du Cambodgemag, il déclare : "Le gouvernement appelle toutes les ONG étrangères à exercer leurs activités conformément au cadre juridique et aux exigences réglementaires en vigueur."

La question de la protection des enfants et de leurs droits incite de nombreux pays à se mobiliser, à l’image de la Suisse ou de l’Australie. En 2017, la sénatrice libérale australienne Linda Reynolds entreprend un projet de loi. Il vise à interdire et punir l’exploitation d’enfants dans des orphelinats. Dans un article de ABC, publié le 2 juillet 2017, la sénatrice déclare : "Certains de ces orphelinats sont bien intentionnés, mais la plupart d’entre eux sont à but lucratif et certains sont gérés par le crime organisé, car finalement, les enfants dans ces établissements sont une marchandise."

Projects Abroad, un maître en la matière

Créé en 1992 par Peter Slowe, un ancien professeur de géographie, Projects Abroad se donne l’air, à celui qui se rend sur son site internet, d’une structure de volontariat. En réalité, ce n’est rien de plus qu’un organisme jouant du marketing et de la communication pour vendre du volontariat, cela au détriment des victimes collatérales de ce business.

Son fondateur la qualifie publiquement "d’entreprise sociale". Dans un article de la RTBF, publié le 20 septembre 2014, il est dit : "Notre site est tout ce qu'il y a de plus clair. Nous ne sommes pas une organisation caritative et nous n'avons jamais prétendu l'être, c'est 100% clair." Pourtant, sur leur site des termes comme "volontariat", "éco-volontariat", "bénévole" reviennent à chaque clic. Leurs offres pourraient être comparées à celles proposées par l’opérateur de recherche de voyage Booking : pour trouver une mission, il n’y a rien de plus simple. En quelques clics vous choisissez une destination, un type de mission et une date de début et de fin.

Pour une mission d’aide à l’enfance de 12 semaines (du 1er janvier au 24 mars 2020), il faut compter 5 910 euros, dont un acompte immédiat de 295 euros, hors billets d’avion. Durant l’inscription, exceptées les informations habituelles (nom, prénom, date de naissance, adresse ..) et un CV, aucunes données spécifiques ne sont demandées. Cela amène à se poser une question :

Y-a-t-il seulement une infime sélection des candidats qui partent faire du volontariat, ou bien cela est-il accessible à tous ?

Afin de s’illustrer sur la scène mondiale, Projects Abroad bénéficie d’un atout non négligeable : une grosse force de frappe de communication. "Environ 40% du prix d’un voyage est dédié à ce budget" précise un témoin anonyme. "Projects Abroad, et d'autres organismes de volontourisme, s'imprègnent de la communication du secteur associatif". Ce mode de communication est d'ailleurs souvent pointé du doigt par les ONG de volontariat, à l'image du SVI, allé en justice contre l'organisme en 2014. Accusé pour le motif de "concurrence déloyale" et "diffamation", Projects Abroad perd une première fois avant de faire appel et gagner. Le SVI n'a évidemment pas pu aller plus loin dans les poursuites : pour cause l'organisme britannique disposait d'une dizaine de milliers d'euros de frais d'avocat. Pour autant l'ONG franco-belge ne s'incline pas et continue de militer contre le volontourisme. "Il faut éduquer les gens à la question du volontourisme. Il faut réveiller le secteur associatif, qui s'est peut être un peu trop endormi sur ses lauriers. Comment, en quelques années seulement, des structures de volontourisme ont-elles pu dépasser, d'un point de vu communication et marketing, les réelles structures de volontariat ? C'est à nous, acteurs du domaine, d'avertir et de faire face à la concurrence en étant meilleur" explique Pierre de Hanscutter, directeur du SVI.

L'organisme fait également sa promotion à travers les offres d'autres groupes présentés quant à eux comme de réelles ONG. Guidisto, lancé par Frank Seidel (un ancien coordinateur de chez Projects Abroad), est une plateforme qui met en lien des volontaires et des organisations qualifiées "d'utiles et responsables". Sur leur site, il est expliqué comment éviter les offres de volontariat peu scrupuleuses, comment reconnaître un volontariat éthique ou encore comment bien se préparer en amont du départ. Mais en réalité, le groupe n'est "qu'un paravent pour vendre du volontourisme" corrige le directeur du SVI. Pour rendre cela crédible, le groupe promeut les mêmes projets que certaines ONG. "Ils proposent par exemple, des projets tremblements de terre pour le Népal ou encore tsunami pour la Thailande, mais à des prix plus élevés." poursuit Pierre de Hanscutter. Plus terrifiant encore, Guidisto donne la possibilité au volontaire de participer à un projet pour les réfugiés. Au programme : rencontre avec les réfugiés sur les plages d'Italie, balade au coeur de la ville bras-dessus bras-dessous, et confessions sur les malheurs du pauvre rescapé. Une sorte d'activité touristique au dépend du réfugié. Cela en devient irréel.

Les organismes de volontourisme sont les leaders du marché car ils proposent des formules "all-inclusive" qui séduisent particulièrement les jeunes en quête de leur première expérience de volontariat loin de chez leurs parents. Le volontouriste est pris en charge de son arrivée à l’aéroport jusqu’à son retour à la fin de sa mission, incluant le logement et la nourriture. "Mes parents étaient particulièrement inquiets à l’idée que je parte seul à 10 000 km. Nous avions alors cherché un organisme qui proposait des missions encadrées où le logement et la nourriture seraient pris en charge. L’offre que proposait Projects Abroad répondait à nos attentes." se souvient Lucas. Pour Ophélie, jeune étudiante partie avec Projects Abroad en 2014, le bouche à oreille a joué en la faveur du groupe britannique : "J’ai une copine qui était partie avec eux et lorsqu’elle m’en a parlé, j’ai été convaincue par l’encadrement dont elle a pu profiter sur place, et j’ai décidé de m’engager. Je trouvais cela plus rassurant pour un premier voyage." Cette promesse d’encadrement est sans nul doute ce qui définit le succès de l’organisme. Depuis 1992, 122 044 volontaires se sont engagés à travers le monde, notamment, en Afrique, Asie, Amérique Latine et au Pacifique du Sud.

Mais la réelle face cachée de Projects Abroad se dévoile dans son bilan financier. Comme d'autres structures, l'organisme fait parti du groupe Beech View Holdings Limited, basé en Angleterre. La multinationale n'a rien d'une ONG. Son chiffre d'affaire s'élève en 2018 à 5,1 millions de livres. Parmi ses dirigeants, on retrouve Peter Slowe et Greg Thomson, directeur et chef exécutif de Projects Abroad. Contacté il y a quelques jours, ce dernier n'a pas souhaité répondre à l'enquête.

Bilan financier Beech View Holdings Limited pour 2018

Le volontariat humanitaire, un réel engagement

Au delà d'une prise de conscience à l'internationale, c'est surtout une prise de conscience en chacun de nous qui paraît indispensable. Si une personne est prête à payer 2 000 euros pour une mission humanitaire de quelques semaines pour aider une école, comment ne peut-elle pas être interrogée par le manque de matériels mit à disposition sur place ? Ou va donc l'argent investi ? "Beaucoup d'anciens volontaires que nous avons pu rencontrer nous expliquaient qu'une fois sur place, l'école n'avait même pas de feuilles et crayons de couleurs pour les activités avec les enfants. C'est donc eux, volontaires, qui les achetaient et cela ne leur paraissait même pas invraisemblable." insiste Pierre de Hanscutter. "Il faut apprendre aux gens à avoir un regard plus critique et à ne pas se laisser duper."

Cela semble plus qu’évident : le volontourisme n’est pas une pratique éthique. Et le volontariat humanitaire n'est pas un engagement à prendre à la légère. Être humanitaire, est un métier, pas une bonne action de vacances. Faire une mission de volontariat, peut être une bonne idée, si elle est faite de la bonne manière. Afin d'éviter les offres de volontourisme, une seule solution : S'EDUQUER. Comment ?

  • Grâce aux interventions des ONG, leurs actions de sensibilisation et leur rôle d'informateur.
  • Avec l'impact des pouvoirs publics, et guidé par les projets de changement des gouvernements.

Mais pour commencer, si vous souhaitez aider, de quelques manières que ce soit, regardez autour de vous. En France, de nombreux collectifs, tels les Restos du Coeur, Emmaüs ou encore la Croix Rouge attendent l'aide de volontaires. Partir à l'autre bout du monde n'est peut être pas la solution la plus efficace, mais surtout, elle n'est pas la plus solidaire et éthique.

Created By
Manon Seguin
Appreciate

Credits:

Inclut une image créée par bill wegener - "Ugandan student finding it too hard to study. These African children are the sweetest kids on earth. This was taken at a GODLOVESKIDS.com location in Nakasaki (nuh kasa kee) school district. GodLovesKids.com is helping hundreds of children and orphans throughout the world." Inclut une photo d'Anne Genetet par Nicolas Daguin. Inclut une vidéo "Anne Genetet volontourisme" de Manon Seguin, filmé par Nicolas Daguin.