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Les joueurs ont suivi ça de loin Le roman de la vente de l'OGC Nice, épisode 8

Textes Vincent Menichini (avec William Humberset)

Hormis les cadres, les joueurs de l’OGC Nice n’ont pas cherché à se mêler du rachat par INEOS.

Lui, au moins, n’a pas fait semblant. Ce 26 août, quelques minutes après l’officialisation du rachat de l’OGC Nice par INEOS, Walter Benitez se fend d’un tweet sans équivoque. "Et le jour est arrivé ! Félicitations ! Maintenant, à fond pour atteindre les objectifs, Go OGC Nice, INEOS !" Il sera le seul joueur à afficher, sur la place publique, autant d’entrain après le basculement sous pavillon britannique. En privé, ils sont pourtant très nombreux à se satisfaire de ce dénouement et, surtout, des arrivées en fin de mercato de joueurs majeurs comme Kasper Dolberg, Adam Ounas, Stanley Nsoki ou encore Alexis Claude-Maurice.

Walter Benitez - Photo Nice-Matin

Les cadres du groupe, notamment ceux qui ont eu le privilège de jouer le titre en 2017 sous les ordres de Lucien Favre, à savoir Dante, Cyprien ou encore Sarr ont souffert ces derniers mois de la tournure prise par les événements et d’une ambition, l’Europe, démesurée compte tenu de la profondeur limitée de l’effectif et de l’absence d’attaquant digne de ce nom. L’immobilisme lors du dernier mercato d’hiver avait été perçu comme un manque flagrant d’ambition au sein du vestiaire.

"Ils veulent jouer l’Europe mais avec qui ? Avec quoi ? Rivère et Fournier sont partis et nous, on est là, à devoir tout assumer. C’est trop simple", lâchera un joueur, dépité, au cœur de l’hiver.

Même si plus grand monde ne le supportait, Mario Balotelli avait l’âme d’un champion et cette capacité à faire peur aux équipes adverses. Au soir d’une défaite fin février à Amiens, qui suit celle à Angers, une rencontre qui avait marqué une rupture entre Allan Saint-Maximin, malade imaginaire, et le reste du groupe, Wylan Cyprien écrit ses quatre vérités lors d’échanges avec quelques supporters sur les réseaux sociaux. "En 2 ans, on a perdu Seri, Lemarchand, Plea, Ricardo, Belhanda, Dalbert, Mario, Eysseric et j’en oublie..."

Wylan Cyprien - Photo Nice-Matin

"Je sais très bien que je suis loin de mon meilleur niveau mais j’essaie de faire au mieux", écrira également l’ancien Lensois, qui ne s’est jamais défilé. Au terme d’une préparation marquée par une volée contre Wolfsbourg (8-1), Cyprien prendra de nouveau ses responsabilités face au staff pour faire évoluer certaines choses. Depuis, le Gym a gagné trois matchs sur quatre en Ligue 1, avec Arnaud Lusamba en pointe, et tout va beaucoup mieux, comme par miracle.

Tous derrière Vieira

Le coach a même convié l’ensemble de son groupe au restaurant durant la trêve internationale. Un geste toujours apprécié chez les joueurs qui forment un groupe soudé et uni bien que parfois un poil immature. Ces derniers temps, ils aiment se retrouver sur le sable du Beach Club, la plage de Dante, le capitaine et le grand rassembleur, autour d’un verre ou d’une partie de poker.

Durant ces longs mois, le coach a tout fait pour protéger son groupe de ce qu’il a considéré être "de la déstabilisation". Avant chaque conférence de presse, le service communication précise que les joueurs ne sont pas autorisés à répondre aux questions autour du rachat. Malgré l’officialisation de ce dernier, aucun joueur n’a souhaité s’exprimer, micro ouvert, sur le sujet. En off, aussi, cela ne leur tenait guère à cœur d’évoquer cette longue période qu’ils ont suivie pour la plupart du coin de l’œil sans y prêter une grande attention. Le peu d’intérêt qu’ils ont pour les médias, lorsque ces derniers ne parlent pas d’eux ou ne les notent pas, explique en partie cette posture pour certains.

Formé au Gym et très attaché au club de sa ville de naissance, Malang Sarr a, lui, suivi ça de près. Il a très vite compris que le Gym pouvait changer de dimension en basculant dans les mains d’INEOS, ce qui ne freinera pas pour autant son désir de rejoindre la Bundesliga. Son départ au Borussia M’Gladbach tombera à l’eau en raison de la lenteur des tractations entre les actionnaires sino-américains et les dirigeants britanniques.

Malang Sarr - Photo Nice-Matin

A l’instar de l’international Espoirs, blessé au dos depuis le début de saison, Walter Benitez est finalement resté, sans pour autant avoir prolongé son bail. Rien ne dit encore qu’il le fera parce que Rivère et Fournier sont revenus, ce qui est également valable pour Sarr.

Or, si l’Europe pointe le bout de son nez au mois de mai, ce que le Gym doit viser compte tenu de son effectif, les perspectives ne seront plus les mêmes.