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Balade photographique Du 9-9bis à la Cité Bruno de Dourges

Depuis 2017, dans le cadre des Rendez-Vous du Patrimoine, le 9-9bis fait appel à Patrick Devresse, auteur-photographe originaire du Bassin minier, afin d'accompagner le public lors de balades photogaphiques.

Nous vous proposons aujourd'hui une jolie balade photographique virtuelle en compagnie de toutes les personnes qui ont participé à ces sorties depuis 3 ans! Le site minier du 9-9bis et son environnement proche ainsi que la Cité-jardin Bruno de Dourges se dévoileront à vous à travers les clichés de plusieurs photographes amateurs.

Bonne balade!

Visiteur devant des photographies de Patrick Devresse exposées dans la salle des douches du 9-9bis en 2013. ©9-9bis

Patrick Devresse

Patrick Devresse est un homme qui regarde. Qui scrute doucement le réel autour de lui. Comme ça. Mine de rien. Et même parfois qui baisse les yeux en souriant. L’esprit ailleurs. Comme si poser une vigilance sur le monde et vivre étaient intimement liés. Ses photos lui ressemblent et ses silences sont le négatif d’une réflexion intensément maîtrisée avec une sensibilité aussi forte que celle du papier où il révèle son univers. Un homme qui ne fait pas des photographies. Un homme qui est en photographie.

Dominique Sampiero (écrivain, scénariste)

Notre première étape est l’un des lieux les plus emblématiques du 9-9bis : la salle des douches. On la connait également sous le nom de salle des pendus, bains-douches, ou encore lavabos.

La salle des douches, le vestiaire du mineur

Construite dans les années 1932-1933, la salle des douches du 9-9bis a fait peau neuve, entre juin 2015 et mai 2016, dans le respect de son caractère patrimonial (faïences d’époques, systèmes de poulies, etc.).

Les vêtements étaient suspendus à des crochets en hauteur, ce qui permettait tout à la fois de les faire sécher, de gagner de la place au sol mais également d’éviter la prolifération de la vermine. Cette salle montre un réel souci de ventilation par la présence de grandes baies en hauteur, ainsi que des bouches métalliques de diffusion d’air chaud. Chaque mineur possédait son crochet, identifié grâce à une plaque avec un numéro. La partie centrale de la salle des douches avait fonction de vestiaire, tandis que les douches elles-mêmes se situaient sur les côtés.

La salle des douches vue par Cécile Fournier, Pascal Wattelier, Philippe Desrousseaux, Sylvie Laine et Tiphaine Merlevede-Molière (de haut en bas et de gauche à droite)
Continuons notre chemin et marchons dans les pas des mineurs pour nous rendre en cœur de site...

Les puits, le lien entre le jour et le fond

En effet, après s'être équipé de son bleu de travail et de son casque, le mineur se rendait à la lampisterie afin de récupérer son indispensable lampe, puis se dirigeait vers les cages ascenseur qui, à la vitesse folle de 9 mètres à la seconde, faisaient descendre les ouvriers dans les profondeurs de la terre.

Reconnaissables de loin grâce à la présence de hauts chevalements (ou chevalets), les puits permettaient de faire le lien entre "le jour" et le "fond". Ces puits sont l'unique moyen de se rendre dans les galeries! Au 9-9bis, ils sont au nombre de deux: le puits n°9, d'une profondeur totale de 828 mètres; et le puits n°9bis, d'une profondeur de 575 mètres. Les mineurs descendaient au fond via des cages à trois niveaux: on pouvait faire descendre jusqu'à 30 mineurs par niveau, soit près de 90 personnes par cordée! Ces descentes étaient rapides (autour de 9m/sec pour le personnel) et parfois chaotiques... Les cages permettaient également de descendre et remonter le matériel et le charbon. Ce dernier était stocké dans des berlines (de petits wagonnets) afin d'être remonté à la surface puis trié.

Le cœur du site vu par Anne-Lise Leclercq, Cécile Fournier, Fédéric Hauriez, Claude Roaux, Tiphaine Merlevede-Molière, Olivier HoornaertSébastien Frémaux et Antonin Becquet (de haut en bas et de gauche à droite)
Dirigeons-nous maintenant vers l'immense bâtiment qui abrite les machines du 9-9bis, indispensables au bon fonctionnement du site minier...

Les machines du 9-9bis, le cœur du site

Le bâtiment des machines du 9-9bis abrite un patrimoine technique exceptionnel entretenu chaque semaine par l'association Acccusto Seci, composée d'anciens mineurs et de passionnés.

On peut notamment y découvrir les compresseurs d'air qui permettaient d'alimenter les machines et outils du fond en air comprimé, mais également le couloir électrique, ainsi que les ventilateurs (nécessaires pour la circulation de l'air dans les galeries!) ou encore les machines d'extraction. Ces dernières sont indispensables au bon fonctionnement du 9-9bis: elle permettent en effet la descente et la remontée des cages d'ascenseur dans les puits! Sans elles, le site minier est à l'arrêt... Tout comme les molettes du chevalement du puits n°9, la machine d'extraction a été remise en route en 2018!

Le bâtiment des machines vu par Catherine Gillot, Christiane Lecendre, Françoise Lobry, Hervé Dhaine, Jean Piton, Olivier Corfa, Francis Laine, Christian Cuingnet (de haut en bas et de gauche à droite)
Quittons maintenant le carreau de fosse pour se diriger vers le Bois des Hautois, situé tout à côté...

Le Bois des Hautois, lieu de découverte du charbon

L'Espace Naturel Sensible du Bois des Hautois était à l'origine le parc du château de Madame De Clercq, la châtelaine de Oignies. Illustre personnage, étroitement lié à l'histoire industrielle du Bassin minier, Madame De Clercq a donné son nom à la fosse 9-9bis: "Fosse De Clercq-Crombez". C'est dans ce parc que le charbon a été découvert pour la première fois dans le Pas-de-Calais en 1842.

Le Bois des Hautois est aujourd’hui un Espace Naturel Sensible du Département du Pas-de-Calais. Il est géré par Eden 62 dont les missions sont de protéger et de valoriser la biodiversité, de sensibiliser la population et d’aménager les sites pour une meilleure accessibilité. Il a été créé en 1983 et agrandi en 2010 avec l’intégration des terrils avoisinants 110, 116 et 117. Il se déploie aujourd’hui sur 160 hectares constitués de milieux diversifiés (bois, zones humides et terril) et d’une grande richesse faunistique et floristique.

Le Bois des Hautois et les abords du 9-9bis vus par Agathe Lecoustre, Dominique Piton, Mireille Nicollet, Josselin Lecoustre, Sébastien Frémaux et Thierry Singer (de haut en bas et de gauche à droite)
Il est temps maintenant de se diriger vers la prochaine étape de notre balade et de prendre un peu de hauteur sur le monde qui nous entoure... Direction le terril 110!

Le terril 110, un formidable point de vue sur le paysage minier

Le terril est un amoncellement de roches stériles et de déchets qui, remontés avec le charbon, étaient triés en surface. Dans la plupart des cas, il s’agit d’un mélange de schistes (ancienne argile chargée d’éléments organiques qui se séparent en feuillets) et de grès carbonifères (blocs compacts très durs). S’ajoute à ces principaux éléments une proportion variable de charbon qui diminue au fur et à mesure que les techniques d’extraction et de tri se modernisent. L’impact paysager et environnemental de ces montagnes artificielles est considérable d’autant plus que nous nous trouvons dans un territoire de plaine. Le Bassin minier a compté jusqu’à environ 350 terrils en pleine période d’exploitation minière. Il en reste actuellement environ 200.

Le terril 110, mais également les terrils 116 et 117 voisins, constituent de véritables poumons verts dans un espace fortement urbanisé, entre la ville de Oignies, l'autoroute A1 et la Plateforme Multimodale Delta 3. Ces terrils, autrefois dépôts de schistes et de grès remontés du fond de la mine, sont aujourd'hui devenus des refuges pour la faune et la flore sauvages de la région. Le lézard des murailles côtoie le crapaud calamite et l'oedipode turquoise (criquet à ailes bleues) tandis que le Pavot cornu, la Vipérine commune et les fleurs de lin viennent fleurir le terril noir de leurs couleurs chatoyantes. Le terril 110 offre une véritable zone de quiétude, mais également un très beau point de vue sur le paysage environnant.

Le terril (et ses habitants!) vu par Anne-Lise Leclercq, Jean Piton, Christiane Lecendre, Patrice Widbien, Philippe Desrousseaux, Valentin Widbien et Vincent Dehay (de haut en bas et de gauche à droite)
Quittons maintenant le 9-9bis et Oignies pour nous rendre quelques kilomètres plus loin, à Dourges, afin de découvrir la Cité Bruno, première cité-jardin du Bassin minier Nord-Pas de Calais...

La Cité Bruno de Dourges, première cité-jardin du Bassin minier

La construction de la Cité Bruno commence en 1904-1905 pour se terminer en 1907. Elle a été construite par Ernest Delille, architecte en chef de la Société des Mines de Dourges. L’une des particularités de la Cité Bruno est qu’elle est coupée en 2 : d’un côté la Cité Bruno ancienne, construite entre 1904 et 1907 et de l’autre côté la Cité Bruno Nouvelle, construite en 1925. Cette cité porte le nom de Bruno de Boisgelin, président du Conseil d’Administration de la Société des Mines de Dourges: il était fréquent dans le Bassin minier de donner aux fosses et aux cités le nom des administrateurs de compagnies.

La Cité Bruno vue par Christiane Lecendre, Claude Roaux, Jean Piton, Philippe PortenartSarah Vanderstrichelen et Pascal Wattelier (de haut en bas et de gauche à droite)

Le concept de cité-jardin c'est...

«retrouver à la ville les conditions de vie et d’équilibre que l’homme trouve dans la nature»

La Cité Bruno est la première cité-jardin construite dans le Bassin minier Nord-Pas de Calais. Ce type de cité s’inspire des écrits socialistes développés par l’anglais Ebenezer Howard dans son ouvrage Garden-cities of tomorrow. On y prône l’usage d’une architecture plus humaine, qui vient s’inscrire dans un cadre urbain aéré et boisé. Dans le Bassin minier cela se traduit par une modification de la voirie : les longues rues droites des corons disparaissent au profit de rues sinueuses bordées d’arbres. A cela s’ajoute un soin tout particulier apporté à l’architecture donnant ainsi naissance à une profusion de motifs qui viennent égayer et enrichir les façades des maisons.

La Cité Bruno vue par Alexis Lambert, Elisabeth Dubois-Serien, Christian Medvejsek, Pauline Pokrywiecki et Philippe Dubois
Nous arrivons au terme de notre balade photographique virtuelle qui nous aura fait voyager à travers les 3 composantes d'un paysage minier: la fosse 9-9bis, le terril 110 et la Cité Bruno de Dourges.

Le Bassin minier Nord-Pas de Calais inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l'Unesco

Ces 3 éléments ont donné naissance à un paysage dont la valeur universelle exceptionnelle a été reconnu le 30 juin 2012 par l'UNESCO: ce n’est ni le Bassin minier dans son intégralité, ni les seuls cinq grands sites spectaculaires, qui ont été inscrits au Patrimoine mondial, mais bien 4000 hectares de paysage abritant 353 biens remarquables! Le site minier du 9-9bis ainsi que son terril et la cité-jardin Bruno font notamment partie de ces éléments remarquables. Cette reconnaissance par l'UNESCO souligne l'importance du Bassin minier dans l'histoire de l'Humanité: notre territoire côtoie des sites majeurs et prestigieux tels que le château de Versailles, les grandes pyramides d'Egypte ou encore le Taj Mahal, rendant ainsi les mineurs aussi importants que les Rois ou les Pharaons!

« La valeur universelle exceptionnelle signifie une importance culturelle tellement exceptionnelle qu’elle transcende les frontières et qu’elle présente le même caractère inestimable pour les générations actuelles et futures de l’ensemble de l’Humanité »

Convention du patrimoine mondial de 1972

Les photographies présentées dans la balade virtuelle appartiennent à leurs auteurs. Si vous souhaitez contacter un photographe, merci de vous rapprocher du 9-9bis.

Visite virtuelle proposée par le Pôle Patrimoine du 9-9bis

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Le 9-9bis huck
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