José Lespagnol, sapeur-pompier aux deux visages Benay, 13 février 2015, égorgement en sous-sol

Une odeur de cigarette. "Maman est déjà là", pense Mélia. La jeune femme descend au sous-sol, la lumière est allumée. La porte y conduisant depuis la buanderie est fermée. Verrouillée. Dépourvue de poignée. Bizarre... Elle se penche, regarde par le trou de la serrure, aperçoit sa mère, son père. La scène est surréaliste, la marquera à jamais. Bernadette est allongée à même le sol, du sang partout autour d'elle. José Lespagnol est agenouillé à ses côtés, priant dans la posture du pénitent.

Le drame s'est joué en sous-sol, à l'abri des regards (illustration, Eugene Peretz, flickr).

Mélia remonte l'escalier, sort du pavillon familial de Benay, pénètre le sous-sol par l'extérieur. Ses parents sont main dans la main sur un lit de sang. Sous le bras droit de son père, un couteau. Elle hurle. "Pourquoi t'as fait ça ?"

"Il le fallait, ma petite fillotte, il le fallait", lui répond-il dans une semi-conscience.

Bernadette Lespagnol, née Poisot, est grièvement blessée. Admise à l'hôpital de Saint-Quentin, elle y décède deux jours plus tard. Âgée de 42 ans, elle laisse trois enfants : Kenny, 23 ans, Mélia, 22 ans, et leur sœur de 15 ans.

Ses parents se sont séparés alors qu'il n'avait que 10 ans.

José Lespagnol est né à Douai (Nord) le 27 janvier 1959. Ses parents, lui briquetier-cimentier, elle femme au foyer, se séparent alors qu'il est âgé de 10 ans. Il garde peu de souvenirs d'un père avec lequel il n'a jamais eu de relations. Influencé par les témoignages de ses frères et sœurs, il s'en forge toutefois l'image d'un homme porté sur l'alcool et violent envers sa mère. Tous les deux sont aujourd'hui décédés.

Pour le jeune José, l'école s'arrête à 16 ans. Dépourvu de diplôme, il ne peut justifier que d'un niveau CAP employé de bureau. En 1979, il embrasse la carrière de sapeur-pompier professionnel, en poste au centre de secours de Saint-Quentin. La même année, en juillet, âgé de 20 ans, il épouse Maryline.

En 1982, après à peine trois années de mariage, le couple divorce. De cette relation, Maryline garde le souvenir d'un homme drôle et séducteur, mais aussi immature et volage. José aimait les sorties entre amis, au cours desquelles il consommait de l'alcool avec excès.

Trois ans plus tard, en 1985, le sapeur-pompier fait la rencontre de Christine. Pendant cinq ans, ils vivent ensemble. C'est alors que, en 1990, il croise la route de Bernadette Poisot.

A l'égal de Maryline, Christine décrit son ancien compagnon comme une personne agréable, joyeuse, mais aussi volage. Elle témoigne cependant d'une scène de violence, lors de laquelle, ivre, il l'aurait frappée d'un coup de poing en plein visage.

Pour José Lespagnol, la rencontre est un coup de foudre.

Le 28 août 1990, âgée de 18 ans, Bernadette Poisot, fille d'un garagiste du faubourg d'Isle, rencontre José Lespagnol. Pour lui, c'est le coup de foudre. Le mois suivant, ils emménagent ensemble. Ils se marient en 1998. Deux enfants sont alors déjà nés de leur amour, Kenny, puis Mélia. Peu après le mariage, naîtra enfin la benjamine.

Aux dires du sapeur-pompier, la vie de couple se passait bien. Il avoue toutefois une dispute dans les années 90, au cours de laquelle il avait mis une claque à Bernadette. Peut-être ce jour de 1998 où, d'après le souvenir de sa belle-mère, José avait porté des coups à sa femme. De leur côté, Mélia et sa sœur ont confié que leur père pouvait être violent avec leur mère. Kenny décrit pour sa part une ambiance familiale pesante.

Selon une proche, il est arrivé que José lui lance son repas au visage.

Yves, le père de Bernadette, témoigne du fait que son gendre rabaissait sa fille, qu'il avait tendance à s'alcooliser lorsqu'il ne travaillait pas. Frédéric, un ami du couple, évoque quant à lui un repas au cours duquel José s'en serait violemment pris à son épouse en l'insultant. A une des ses proches, la vendeuse dans un magasin aurait confié avoir déjà reçu le repas de son époux au visage quand celui-ci ne lui plaisait pas.

Selon son entourage, la jeune quadragénaire est décrite comme une femme appréciée de tous, souriante, serviable et généreuse. L'année 2014 marque cependant un point de rupture. Alors que l'état de santé de Bernadette s'est dégradé à la suite d'opérations, les relations de couple prennent le même pli. Des disputes éclatent au sujet de l'existence d'une autre femme. En décembre, c'est elle qui rencontre un autre homme.

Le 7 janvier 2015, en fin de matinée dans le 11e arrondissement de Paris, l'expédition terroriste des frères Kouachi fait 12 morts et 11 blessés.

Le même jour, à 150 km de là, José Lespagnol est ivre dans son pavillon de Benay. En présence de sa femme et de ses enfants, il vitupère contre les responsables de l'attentat parisien. Énervé, tenant des propos racistes à l'endroit des musulmans, il finit par jeter un ordinateur au visage de Bernadette, ce qu'il niera, parlant d'un coup de pied dans l'objet. Devant cette violence, Mélia appelle son petit ami Antoine, qui intervient pour calmer son père.

José Lespagnol en clair-obscur, tantôt joyeux, tantôt exécrable.

Ce 7 janvier 2015 est l'un de ces jours où le pompier professionnel dévoile son double visage. Dualité que ses proches connaissent bien. Pour Louna, sa plus jeune fille, son père avait deux personnalités, sociable et joyeux à l'extérieur, ce qui n'était pas le cas au sein du domicile familial. Sa belle-mère, Jacqueline, décrit un gendre joyeux et heureux de vivre d'un côté, mais exécrable, humiliant et violent, physiquement et moralement, avec son épouse et ses enfants de l'autre. Kenny confirme cette violence à son égard. Bernadette ne supporte plus ces sautes d'humeur. Elle veut divorcer. Il ne l'acceptera pas.

Quelques jours avant le drame, l'atmosphère devient irrespirable au 18, rue d'Hinacourt. Auprès de proches, José Lespagnol manifeste avec colère son refus de divorcer et sa volonté de "faire la misère" à sa femme, de lui "pourrir la vie". Selon un ami du couple, il surveille alors son téléphone portable et entend faire en sorte qu'elle n'ait plus accès à leurs comptes bancaires. Pendant ce temps, Bernadette a peur, elle s'en ouvre à plusieurs personnes. Ses craintes la poussent à dormir dans la chambre de Mélia, porte fermée à clé.

Depuis deux ans, la demeure est vide, le terrain laissé en friche.

Vendredi 6 février 2015

Bernadette Lespagnol signale la disparition inquiétante de son mari. Elle évoque alors les difficultés du couple et les idées suicidaires de José. Après avoir effectivement envisagé de s'ôter la vie, le sapeur-pompier revient au domicile familial.

Samedi 7 février

José Lespagnol reprend contact avec Christine, sa concubine des années 80. Il l'invite à une soirée, elle refuse. Quelques heures auparavant, c'est elle qui le contactait après avoir appris qu'il avait quitté sa famille sans donner de nouvelles.

La pavillon des Lespagnol à Benay, avec terrasse et piscine.

Lundi 9 février

Bernadette Lespagnol quitte le pavillon de Benay. Ellle s'installe chez sa mère, à Saint-Quentin. Celle-ci expliquera que José est régulièrement venu la voir parce qu'il soupçonnait que son épouse entretenait une relation avec un autre homme.

Mercredi 11 février

Le sapeur-pompier prend sa garde au centre de secours de Saint-Quentin, boulevard Jean-Bouin. Plusieurs de ses collègues notent un changement dans son comportement. D'habitude de nature souriante, il ne va pas bien ce jour-là. Dans la journée, il rend visite à Christine, son ex-compagne. Il lui confie que Bernadette vient de le quitter, qu'il entend la récupérer. Il a cependant un comportement tendancieux à son égard, l'invitant au restaurant pour la Saint-Valentin.

Jeudi 12 février, la veille

Mélia rappelle à son père que sa mère doit passer la prendre le lendemain matin pour la conduire à l'auto-école.

"Tu sais, ma fillotte, demain, c'est le grand jour."
"Tu parles du rendez-vous de maman chez un avocat ?"
"Non. Tu ne peux pas comprendre, mais, demain, c'est le grand jour."

Le rendez-vous chez l'avocat pour entamer une procédure de divorce, José enjoint plusieurs fois à son épouse de ne pas s'y rendre. Dans la journée, celle-ci envoie un message à sa sœur Béatrice. Elle va porter plainte contre lui, il devient dangereux. A 14 h 32, ce dernier change la photo de couverture de sa page Facebook. Il substitue à celle où apparaît tout sourire Bernadette et leurs trois enfants, lors du Noël précédent, une autre sur laquelle il enlace Kenny.

En cette veille de l'irréparable, José rend visite à plusieurs proches. Il passe ainsi chez son beau-père, Yves, à Gauchy. L'homme lui paraît être dans un état second. Il évoque le fameux rendez-vous, lui dit que la séparation se passerait mal. Le pompier se rend aussi chez un ami, Frédéric. A son tour, celui-ci le trouve dans un état comateux. José lui dit qu'il doit travailler le lendemain et qu'il a rendez-vous avec un psychologue à la caserne.

L'état "second", "comateux", de José Lespagnol s'expliquera quelques heures plus tard, quand l'examen toxicologique pratiqué sur sa personne révèlera la prise de benzodiazépine, contre l'anxiété et l'insomnie, de paracétamol et de tramadol, un anti-douleur assez puissant aux inquiétants effets secondaires.

Vendredi 13 février

Benay, 18, rue d'Hinacourt, février 2017.

6 h 30 à Benay, José se lève. 7 h 15, son déjeuner sous le bras, il quitte la maison, monte dans sa Volkswagen Golf, démarre, direction Saint-Quentin et le centre de secours. Temps de trajet, une quinzaine de minutes. Sa garde commence à 7 h 45, il ne la prendra jamais. 7 h 30, l'adjudant-chef appelle la caserne. Il ne viendra pas, il est malade.

José s'arrête à une boulangerie, boit un café, puis erre au volant de sa voiture. 9 h 15, il rentre. Sachant que Bernadette doit venir prendre Mélia, il passe par la rue du Tour-de-ville, ouvre le portail qui donne accès à l'arrière de la propriété et dissimule la Golf le long de la haie, derrière le pavillon. Impossible de la voir depuis la rue d'Hinacourt.

Le père de famille pénètre la demeure par le sous-sol. A l'étage, Mélia se sèche les cheveux en écoutant de la musique. Il en profite, monte, prend deux grands couteaux dans la cuisine, les met dans son blouson. Il pense alors que, peut-être, il va réussir à s'en servir, la tuer, se tuer, mais ça lui fait peur, il ne sait pas s'il pourra aller jusque-là.

La Golf était dissimulée à l'arrière de la maison, le long de la haie.

Avec ces pensées en tête, il regagne le sous-sol, prenant soin d'en interdire l'accès en verrouillant la porte de la buanderie y menant. Il niera en avoir démonté la poignée, retrouvée sur un établi du garage. C'est là que, fumant cigarette sur cigarette, il attend l'arrivée de sa femme.

Bernadette entre par le sous-sol, elle sursaute, José lui fait face. Sans crier gare, il prend un des couteaux posé sur l'établi, s'en donne un coup. Choquée, elle lui demande pourquoi, il l'attrape par la main, la met à terre. Elle se débat, crie "Mélia !", il lui lacère le cou. Elle se tourne, tente de se relever, retombe sur le dos.

"On va partir à deux. Je t'aime trop."

Allongé à côté de son épouse, José s'assène plusieurs coups de couteau, tous peu profonds. Craignant d'avoir froid, il se lève, ferme la porte du garage, puis reprend sa place auprès d'elle.

"On va partir tout doucement." Elle ne lui répond pas.

Confrontée à l'horreur de cette scène, Mélia ne perd pas son sang-froid. Elle appelle son frère, sa grand-mère, prévenant à son tour son fils Yvan, et les pompiers. En les attendant, elle réalise un point de compression sur la plaie de sa mère. Lorsque Kenny arrive avec un collègue de travail ancien pompier volontaire, ses parents sont allongés sur le dos, main dans la main, la tête tournée vers la porte. Bernadette est inconsciente. Les deux hommes prennent le relais de Mélia.

"Je ne savais plus quoi faire", lâche alors José au collègue de Kenny qui lui prodigue les premiers soins.

A l'arrivée des secours, l'un des sapeurs-pompiers présents s'occupe de José Lespagnol. Son collègue souffre de deux plaies du côté droit du cou ainsi que d'une troisième, à gauche, de quelques centimètres, peu profonde. Plusieurs autres petites plaies sont observées côté droit du cou, sur une surface de quelques centimètres. Aucune n'est vitale. Le blessé est conscient, mais feint de ne pas l'être, forçant sur ses pupilles.

"Fait chier, je me suis loupé", souffle José Lespagnol au pompier qui l'examine.

Sur le cou de Bernadette Lespagnol, une seule plaie, de 13 cm, depuis la gauche du menton jusqu'à l'angle de la mâchoire. Très profonde. Tous les muscles sont sectionnés, comme les veines jugulaires et l'artère carotide. Transportée avec son époux à l'hôpital de Saint-Quentin, elle y décède deux jours plus tard.

José Lespagnol n'a porté qu'un seul coup à Bernadette, fatal.

Placé en garde à vue depuis son lit d'hôpital, José Lespagnol est mis en examen pour assassinat le dimanche suivant, 15 février, puis placé en détention à la maison d'arrêt de Laon. Il nie avoir prémédité son acte, l'instruction en a décidé autrement. Psychologiquement fragile, dépressif et suicidaire, il est rapidement interné d'office à l'établissement public de santé mentale départemental de Prémontré. Il y effectue deux séjours.

"Mon épouse a peut-être arrangé cette affaire et elle en a fait les frais", déclare-t-il à l'expert psychiatrique.

Les expertises tant psychiatrique que psychologique mettent en avant une personnalité caractérisée par un narcissisme important, une rigidité, des difficultés à se remettre en question et une tendance à l'autoritarisme. Les experts notent que le sujet ne semble pas tolérer le vide et veut obtenir des réponses. Il qualifie son passage à l'acte d'impulsif, d'irréfléchi, tout en indiquant en être un peu la victime.

Le geste fou de José Lespagnol fait voler sa famille en éclats. Quatre mois plus tard, le 30 juin en est une criante manifestation. Ce jour-là, le désormais ancien sapeur-pompier professionnel a rendez-vous au palais de justice de Saint-Quentin. Il doit rencontrer le juge aux affaires familiales dans un dossier de pension alimentaire.

14 h sonnent quand le quinquagénaire passe sous le portique de sécurité. Présent, Kenny ne peut contenir sa colère en apercevant son père. Il se jette sur lui en hurlant. L'escorte du mis en examen le repousse en usant de gaz lacrymogène.

Damien Savarzeix, procureur de la République de Saint-Quentin, fait la morale à Kenny.

En raison d'un air rendu irrespirable, le tribunal des prud'hommes, qui siège alors comme tous les lundis, est évacué près d'une demi-heure. Le mis en examen est mis à l'abri, le calme revient. Procureur de la République de l'époque, Damien Savarzeix quitte son bureau pour venir faire la morale à Kenny Lespagnol. Le jeune homme évite des poursuites pour ce trouble à l'ordre public. Le magistrat se montre compréhensif eu égard aux circonstances très particulières de cette perte de sang-froid.

Quelques jours plus tard, le 9 juillet, Kenny et José Lespagnol sont à nouveau réunis, à Benay cette fois. En compagnie de tous les protagonistes du drame du 13 février, le temps en venu de sa reconstitution. Le jeune homme n'a pas été contraint à venir, il a promis de se maîtriser. Pendant plus de six heures, il y parvient. La journée n'apporte rien sur le fond de l'affaire. L'assassin présumé indique toutefois s'être porté un coup de couteau dès l'arrivée de son épouse, et non après lui avoir tranché la gorge, comme soutenu jusque-là.

Périmètre bouclé à plus de 100 m, une bâche protégeait des regards des curieux.

Présente comme son frère lors de la reconstitution, Mélia gardera elle aussi son calme. Ses sentiments, elle les tape sur son clavier, le 10 mars 2016, dans un long message posté sur sa page Facebook. La jeune femme de désormais 24 ans revient sur une année de souffrance(s), évoque Dieu, le souvenir de sa mère, lui, les médecins, les médicaments, les amis qui n'en sont pas, plus, sa petite sœur et son chemin de croix vers la guérison.

"Si c’était mon dernier câlin, je le donnerais à ma mère et je lui dirais que j’étais bien, que c’était bien sans père, comme elle le savait, car, avec lui, elle n'avait plus de repères."
"J’ai posé un genoux à terre en février 2015 pour essayer de soulever ma mère... Suite à ça, on m’a dit, Mel, « soit on t’interne, soit on t’enterre »."
"J’ai fait un tour chez les dingues, là où le bonheur se trouve dans des cachetons ou des seringues. Là où t’es rien qu’un malade, rien qu’une putain d’ordonnance. J’ai vu des psys se prendre pour dieu, prétendant lire dans mon cœur. [...] Ces putains de médocs sont venus me couper les jambes et, au fil du temps, sont venus me griller les neurones."
"C’est fou comme y’a du monde quand tu vas taper le fond. Ils sont heureux quand tu t’écroules, car, tout à coup, ils se sentent fort."
"Un jour, j’ai changé de phone sans prévenir personne et, là, j’ai vu ceux qui ont cherché des nouvelles de ma pomme. Ils ont dit que j'étais morte, ils ont dit que j'avais péri, je vous réponds que je suis forte, que je suis guérie."
"En fin de compte, on aura tous à rendre des comptes, alors je m’empresse d’être une fille aimante envers celle qui m’a portée plus de huit mois dans son ventre. Elle qui a souffert le martyr le jour de l’accouchement, elle qui a vécu amoureuse de ses enfants. C'est elle qui mérite que je la couvre d'amour."
"Et je m’empresse d’être une adulte pour aider ma petite sœur, à lui montrer ce que c'est que de faire battre son propre cœur."
"Mon seul rêve, rendre fière ma maman, et abattre un seul homme."

Vendredi, puis encore lundi et mardi, un seul homme comparaîtra devant les assises de Laon pour y répondre d'une accusation d'assassinat, celle de son épouse, Bernadette Lespagnol, née Poisot, égorgée dans le sous-sol du pavillon familial de Benay. Son fils Kenny devrait être présent, Louna aussi, la benjamine de la fratrie, tout comme sa grande sœur Mélia. Il sera là, ils pourront lui exprimer la douleur d'avoir perdu une mère, leur désespoir qu'il la leur ait enlevée un matin de février.

Created By
VINCENT DANET
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