Villevêque L'Art de vivre au naturel

Rosæ Plasticæ, installation in-situ de Marie-Hélène Richard dans le cadre de NOV'Art, parcours d'art de Villevêque, octobre 2016.

Depuis 35 ans, l'art s'installe à Villevêque. Ce n'est pas votre tasse de thé ? Soufflez, vous aurez tout de même fait un tour à la campagne.

L'art conceptuel en rase campagne ? Et pourquoi pas ? À Villevêque, on assume le choc des cultures. À 15 min d'Angers, des musées et des lieux branchés et inévitables de l'art, là pas de problème de parking, on vous propose une balade artistique entre patrimoine et nature.

Ambiance zen garantie !

Villevêque commune de 3000 habitants au nord-est d'Angers cultive un art de vivre à l'Angevine.

Bordée par le Loir, il faut s'enfoncer dans les ruelles pour découvrir ses jardins secrets : un château renaissance et ses jardins à la française, un moulin à eau produisant de l'électricité et un paysage fièrement défendu par ses habitants : les basses vallées Angevines.

Les charmes d'une nature généreuse aux portes de la ville ont séduit les Evêques d'Angers à la Renaissance. La motte féodale devient ainsi une sympathique résidence d'été. Depuis, les Angevins ne s'y trompent pas. On y vient pour se balader en famille, se ressourcer et observer les Goganes percer au printemps.

La Gogane est une fleur violette que l'on rencontre dans les prairies humides des basses vallées angevines.
On a testé pour vous : contempler le Loir quand la lumière décline, près du moulin, ça vaut toutes les méditations du monde.
A l'écart des axes de circulation, les bords du Loir livrent leurs jardins secrets.
Le bonheur est dans le pré. Les Angevins profitent de la balade dominicale pour prendre un grand bol d'air. La surprise intervient quand ils tombent nez-à-nez avec une sculpture.

Point de vue

Aude Genevaise, office de tourisme de Doué la Fontaine
Villevêque est un charmant village bucolique aux paysages calmes et authentiques, riche d’un patrimoine foisonnant, c’est cela son réel attrait. Alors pourquoi faire plus ?

"Il paraît que chaque année, l’Art avec un grand A s’installe à Villevêque. N’est-ce-pas un peu trop ambitieux d’apporter l’Art dans un petit village aussi proche d’une grande ville ? Ce n’est pas comme si l’on ne trouvait rien à Angers. Que ce soit l’architecture, la sculpture, l’art contemporain, les aficionados sont conquis ici.

Angers est une ville d'art et d'histoire. De nombreux équipements culturels ont une programmation riche.

Qu’on ne se méprenne pas, je n’ai rien contre les petites communes qui essaient de développer l’accès à la culture, mais dans ce cas précis, j’ai un peu de mal à comprendre la démarche. Villevêque est un charmant village bucolique aux paysages calmes et authentiques, riche d’un patrimoine foisonnant, c’est cela son réel attrait. Alors pourquoi faire plus ?"

"Longtemps, et à tort, on a considéré que la culture concernait surtout les pôles urbains, au titre de leur richesse en équipements et de leur densité de population : il ne faut plus reléguer les territoires ruraux à l'animation culturelle et à la kermesse" - Annie Genevard, maire de Morteau dans FNCC, 2010

NOV'Art, une balade entre Art et paysage

Au delà de ses charmes ruraux, Villevêque étonne par son engagement vis-à-vis de la création contemporaine.

Ensemble de sculptures "Les pleureuses" de Bernard Ryckelynck dans le parc du château.

Une vingtaine d'artistes et près de 160 œuvres forment un parcours entre patrimoine et nature que l'on peut parcourir à pied (moins de 2 km).

Mêler les rêves des passants avec ceux des artistes.

Chaque été, depuis 35 éditions, les artistes sortent de leurs ateliers et présentent leurs dernières créations. Certains choisissent un lieu et proposent une œuvre en résonance avec le paysage et les habitants. Décidément, Villevêque inspire.

"Rosae plasticae " est une oeuvre de Marie-Hélène Richard réalisée pour l'édition 2016 de NOV'Art pour le plaisir des habitants et des mariés.

L'œil du pro : entretien avec Patrice, restaurateur.

Patrice Piton du restaurant Les Tonnelles partage son regard sur NOV'Art et les artistes.
Cette vue sur le Loir est conviviale, c'est comme inviter les gens dans ton salon. Sympa non ?

" La première chose qui m'a frappé en arrivant à Villevêque, c'est le cadre de travail. Ici, on a l'impression de toucher la nature. Beaucoup de clients partagent cette impression: "on est à 15 minutes d'Angers, on savait pas qu'il y avait un tel endroit". Cette vue sur le Loir est conviviale, c'est comme inviter les gens dans ton salon. Sympa non ?

L'été, des concerts se jouent avec vue sur Loir.
J'adore rencontrer les artistes. Ce sont des personnages fantastiques.

Au départ, j'étais un peu sceptique. Je voyais mal ce que pouvait apporter un événement d'art contemporain dans une commune de moins de 3000 habitants. Un de mes premiers souvenirs, c'est la pose d'une sculpture sur la terrasse du restaurant. C'était un arbre calciné (ndlr : du sculpteur Bernard Ryckelynck en 2005), dans lequel l'artiste avait incrusté un carillon à vent. Mes clients pensaient véritablement qu'il y avait eu le feu. Et quand l'arbre tintait, il fallait voir la surprise dans le regard des gens !

Lors de l'édition 2016, nous avons accueilli l'artiste Lillois Fred Martin en résidence. Quel plaisir de recevoir son portrait croqué sur le coin d'une table de la terrasse.

J'adore rencontrer les artistes. Ce sont des personnages fantastiques. Au début, les œuvres peuvent paraître obscures. Mais les artistes arrivent toujours à nous embarquer. Aujourd'hui on attend NOV'Art, ses artistes et ses œuvres. Les gens en parlent et sont curieux de découvrir la nouvelle édition".

Ici pas de centre d'art contemporain, mais de l'art toute l'année.

Avant l'été, les habitants profitent d'un atelier pour exprimer leur passion. Une galerie d'art municipale et l'étage du moulin à eau diffusent des expositions toute l'année.

Tous les deux ans, Villevêque accueille en résidence de création un poète. Ici, texte de Michaël Glück en 2016.
Un de nos meilleurs moment de l'année : la visite des ateliers d'artistes pour la préparation de NOV'Art. Pour l'édition 2017, un artiste licier créé une installation textile avec les habitants. Il faut vous préciser, Angers, comme Aubusson, est une ville de tapisserie internationalement reconnue, notamment par le tapisserie de l'Apocalypse présentée au château d'Angers.

Cette année encore, NOV'Art est un prétexte pour faire se rencontrer les habitants et des artistes, pour aller vers l'autre. Martine PLAÎT, artiste licière angevine, propose une installation textile dans le village intitulée "auprès de mon arbre".

L'arbre est un des thèmes d'expression de Martine PLAÎT (au centre, en haut à doite). Çà tombe bien, ici dans les basses vallées ils sont plutôt nombreux et majestueux.

Mais avant tout le fil est ici créateur de liens !

Chaque jeudi, les Villevêquois(es) se donnent rendez-vous à l'Atelier ou lors de café tricot et de stages. L'artiste invite les habitants à tisser, tricoter ou crocheter tous types de matériaux et de toutes les couleurs. Il s'agit de découvrir des techniques simples, de réaliser avec ses mains quelques centimètres ou plusieurs mètres d'étoffes qui viennent recouvrir des arbres sur le parcours d'art tout l'été.

Pour la petite histoire ...

Historiquement, l'origine de la tapisserie se confond avec celle du tissage. Très peu de vestiges sont parvenus jusqu'à nous, mais il est certain que la tapisserie existait déjà chez les coptes, chez les égyptiens ou les chinois et dans bien d'autres civilisations encore.

Ethymologiquement, le mot licier désignait l'ouvrier des manufactures dont le métier consistait à passer les fils de chaîne dans les lices. Petit à petit, ce mot est devenu synonyme de la personne qui tisse une tapisserie sur un métier de haute lice, de basse lice ou sur un métier à tisser. Très longtemps, le terme de licier a été assimilé à ouvrier, voire artisan. La création de la tapisserie était de par la loi attribuée au peintre, que l'on a appelé peintre-cartonnier; le licier n'avait comme rôle que l'exécution de la tapisserie, dans le strict respect de la maquette préalablement établie. Plus tard, l'art moderne ayant ses adeptes, les liciers en question se sont dit qu'ils pourraient peut-être sortir la tapisserie de son aspect mural pour en faire une oeuvre plastique, tridimensionnelle.

Ici un métier de basse lice. On parle de haute lice pour un métier où la chaîne est disposée à la verticale.

Tuto tricot ...

De fil en aiguilles, à partir du 17 juin, venez en voir de toutes les couleurs, tout en prenant un grand bol d'air ! Le village vous ouvre les portes de ses jardins secrets.

En résumé, l'art de vivre au naturel, c'est ...

> Un village bucolique à 15 minutes d'Angers où il fait bon se promener et . Calculez votre itinéraire.

> Des ateliers et expositions toute l'année pour s'évader et en prendre plein les yeux. + d'infos sur le site internet de NOV'Art.

> Des monuments à visiter en s'amusant, sans se ruiner (maxi 2€ l'entrée). + d'infos sur le site de L'engrenage, moulin de Villevêque.

Ce reportage vous est proposé par Arnaud Poirier, reporter de territoire de Villevêque, le 20 mars 2017.

à votre service ;)

Credits:

A. Poirier

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