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E-foil, la "trottinette" qui vole sur l'eau Nous avons testé sur la Seine une planche munie d'une aile électrique, créée par la marque française Takuma. Sensations garanties.

Vous avez toujours rêvé de vous transformer en albatros, raser les flots, osciller entre eau et ciel, planer à quelques centimètres au-dessus des vagues ? L'e-foil, ou foil électrique, est fait pour vous. Le foil, popularisé dès 1990 par le champion de surf Laird Hamilton, c'est de la folie. Un "appendice" à la mode, une petite aile propulsée grâce à la force hydrodynamique et associée aux sports de glisse (kitesurf, surf, stand up paddle, voire catamaran...).

Le foil est quelque chose de révolutionnaire, on n'en est qu'au début

Cette nouvelle pratique émergente est riche en sensations. Après la voiture, le skate et dernièrement la trottinette, tous les véhicules modernes se convertissent à l'électrique. Pourquoi le foil échapperait-il à cette tendance lourde du loisir et du transport ? La marque française Takuma nous a permis de tester l'engin, récemment, sur la Seine.

Un foil électrique favorise un contrôle plus facile de la planche, qui pèse aux alentours des 13 kg. L'e-foil est praticable sur n’importe quel plan d’eau, avec des vagues -comme c'était le cas ce jour-là sur la Seine- ou pas.

On voulait qu'en moins d'une heure, la personne qui n'a jamais essayé les sports de glisse, se fasse plaisir
La conception de la planche a pris cinq années.

La batterie située en-dessous, sur la partie arrière de la planche, offre une une autonomie de 1h30 de pratique. Pour les plus aguerris, déjà acclimatés aux sports de glisse, l'e-foil peut atteindre une vitesse max de 35 km/h et une hauteur de 80 centimètres au-dessus du niveau de l'eau.

Cyril Coste, co-créateur de l'e-foil.

Faut-il être un sportif aguerri pour réussir à faire de l'e-foil ? Non, même si une certaine condition physique est requise pour résister un peu plus longtemps aux éléments (eau, vagues, vent). En quelques dizaines de minutes, grâce aux conseils prodigués via des casques par Richard Boudia, ou Cyril Coste, on a appris à se stabiliser debout. Le point le plus important restant de combiner la stabilité des jambes sur la planche et le guidage via la télécommande avec la main et les doigts.

Avec Richard Boudia, comme guide, et Thomas Bevilacqua, pour la présentation de la planche.

Une fois qu'on s'est familiarisé avec l'engin, nous avons pu prendre un peu de vitesse, en activant la molette de la télécommande bluetooth. Cette manoeuvre se réalise très facilement et conduit à élever la planche au-dessus de l'eau grâce au foil situé en-dessous, à l'arrière de la planche.

A partir de plus d'un mètre de profondeur, n'importe quel plan d'eau devient un terrain de jeu pour l'e-foil

C'est la difficulté à ce moment-là : ne pas se laisser glisser vers l'arrière, sinon le "nose" (nez) de la planche va monter très vite, et on perd l'équilibre. Il est donc nécessaire de bien se positionner sur la planche tout en maintenant une pression centrale. Là alors, l'e-foil peut trouver toute sa mesure et vous emmener en apesanteur quelques centimètres au-dessus de l'eau. Ce jour-là, sur la Seine, les tennismen Guy Forget et Arnaud di Pasquale ont également testé l'engin, avec plus ou moins de succès également.

Au milieu de la Seine, entre les vagues et les bateaux...

Quelles sont les sensations ? Au démarrage, une fois qu'on se met debout, on retrouve celles du surf, du skateboard, voire même du snowboard. A une différence près : le poids de la planche, qui permet de se stabiliser, mais a contrario procure une forte inertie liée à la motorisation. Lorsqu'enfin, on enclenche la vitesse, que l'on maîtrise le toucher progressif de la télécommande et que l'on dépasse les 8 km/h, la sensation d'élévation au-dessus de l'eau est bluffante. Une expérience qui se réalise en douceur, en toute sécurité.

Thomas Bevilacqua, co-créateur de l'e-foil.

L'e-foil aura-t-il même succès que la trottinette ? Chez Takuma, on affiche sa confiance et son optimisme, même si on a conscience que le prix (6 490€) peut constituer un frein pour les particuliers.

Voler ? Surfer ? Il y a une vraie curiosité autour de ce produit

L'envol, l'essor de cette pratique naissante passera peut-être au démarrage, comme pour le paddle ou le surf, par des centres de location nautiques. Ainsi, dès cet été 2019, vous devriez croiser des e-foils sur les plages de Corse, de Bretagne et sur quelques lacs de l'Hexagone. Avant un raz-de-marée jusque sur les berges de la Seine ?

Qui en fabrique dans le monde ? Les Américains, les Portoricains notamment, les Asiatiques, et un seul fabricant européen, Takuma, capable de pouvoir rivaliser avec eux. Cette société, fondée par Cyril Coste, ancien champion de kite-surf, aux côtés de Thomas Bevilacqua et Nicolas Guittard, nous a récemment conviés à tester son "objet naviguant non identifié" in situ, sur la Seine, du côté de Boulogne. Le service marketing de cette marque française se trouve en France, mais la fabrication de toute la partie électrique des e-foils de Takuma se fait à Taïwan.

Par Léa Bucci, Nino Subiaz et Xavier Frère (EBRA)

Credits:

Photos Lea Bucci et Xavier Frere

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