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Corps naturel, corps artificiel: ce que la SF nous en dit Réparer, améliorer, transformer

Les deux termes de notre thème, "corps naturel, corps artificiel", semblent posés en opposition l'un de l'autre. En effet, lorsque l'on consulte l'entrée du mot "naturel", dans le Larousse par exemple, on trouve des définitions comme "Qui est directement issu de la nature, du monde physique, qui n'est pas le fait du travail de l'homme, par opposition à artificiel, synthétique"; ou encore: "Qui est fait uniquement à partir de produits bruts, sans mélange avec quelque chose d'artificiel, de synthétique". L'artificiel, lui, selon le dictionnaire Larousse, consiste en ce qui est "produit par le travail de l'homme et non par la nature", de ce qui "résulte de la vie en société et n'est pas essentiel", de ce qui, au fond "manque de naturel". (Et pour des définitions plus détaillées encore, on peut consulter le Centre National des Ressources Textuelles et Lexicales: ici "naturel", là "artificiel").

Dès lors, au corps naturel, humain, s'opposerait le corps artificiel, mécanique ou synthétique. La coquille vide, dépourvue d'âme, mais non d'esprit comme nous le rappelle l'intelligence artificielle, ou en quête d'une âme justement, l'être conçu et fabriqué par l'homme. Voilà un terrain largement exploré par un domaine de l'imaginaire, qu'il prenne une forme romanesque, cinématographique ou graphique: la science-fiction. Et nombreuses sont les œuvres qui ont des choses à nous dire sur cette dualité du corps, nous montrant comment l'artifice permet de réparer, améliorer, modifier voire radicalement transformer le corps humain. Panorama non exhaustif.

"Ghost in the Shell": un souffle d'âme dans la coquille

Ghost in the Shell est d'abord un manga de Masamune Shirow, publié au Japon à la fin des années 1980 et au début des années 1990 (En France, l'éditeur Glénat en propose une édition "perfect" parue en 2017). L'action se déroule dans un univers futuriste dystopique de type Cyberpunk dans lequel les technologies occupent donc une place prépondérante. Le récit met en scène une héroïne, le Major Mokoto Kusanagi, cyborg de son état, et son unité d'élite d'un service de lutte anticriminalité, la Section 9.

Le succès du manga fut tel que plusieurs suites et adaptations virent le jour. La plus emblématique d'entre elles est sans nul doute le long métrage d'animation sorti en 1995 et réalisé par Mamoru Oshii. Une autre adaptation, en prises de vue réelles cette fois, vient de sortir en 2017, avec Scarlett Johansson dans le rôle principal, et réalisée par Rupert Sanders. Regardons le début du film d'animation de 1995:

La séquence d'ouverture du film, qui précède le générique, constitue un début in medias res, c'est-à-dire directement au cœur de l'action. On y découvre le Major Kusanagi, l'héroïne, dans une situation d'espionnage. Un premier trouble vient de sa façon de communiquer, sans mouvement des lèvres. Cela est renforcé par les marques dans sa nuque: entre un environnement futuriste et ces signes, nous comprenons que nous nous situons dans un monde cyberpunk où les moyens de communication technologiques règnent en maître.

Le corps se donne alors à voir dans son étrangeté et dans son caractère exceptionnel. La nudité du major devient son atout pour paradoxalement disparaître aux yeux de tous. C'est ainsi littéralement un fantôme, un corps invisible et comme impalpable, qui commet l'assassinat ciblé auquel nous assistons. Ce corps, en outre, témoigne de capacités physiques extraordinaires (saut dans le vide, réception, justesse de la visée...). Au final, nous retrouvons le motif de la femme fatale du roman noir habilement revisité, avec un corps désirable immédiatement devenu menaçant, ce qui produit une tension entre séduction de la nudité et caractère létal de son expression, entre Eros et Thanatos. On se demande alors de quelle nature est ce corps, s'il est réel, ou bien?...

La séquence de générique lève alors les doutes et nous montre la naissance du major, un pur être de synthèse. Un cyborg totalement fabriqué qui allie perfection en terme de canons physiques, ce que renforce la nudité qu'on nous exhibe durant tout le processus, et idéal artificiel qui semble distinct de la réalité. Un générique qui a pu en inspirer un autre, plus récent, d'une série américaine: Westworld.

"West World", série télévisée par Jonathan Nolan et Lisa Joy (2016)

Dans un futur incertain, le parc d'attraction de Westworld propose à ses richissimes visiteurs une expérience d'immersion exceptionnelle. Ils peuvent librement explorer une copie imaginaire, mais parfaitement réaliste, du Far West américain. Leurs actes déterminent l'évolution de divers scénarios, dans lesquels ils peuvent se comporter de manière morale et bienveillante, ou au contraire comme les pires malfrats, pillant, tuant ou violant celles et ceux qu'ils croisent.

C'est que le "personnel" du parc, les "hôtes", est d'un genre particulier: il s'agit d'êtres de synthèse, des androïdes, quotidiennement remis en état, aussi bien sur le plan physique que psychique. Car pour que l'expérience soit authentique pour le visiteur, ces "personnages" ignorent ce qu'ils sont, et demeurent persuadés d'être de véritables personnages, vivant réellement leur vie, éprouvant au plus juste les sentiments et émotions suscitées par les actes des visiteurs.

L'intrigue se développe à partir d'un bug consécutif à une mise à jour de l'ensemble du programme assurant la maintenance des hôtes. Ceux-ci commencent petit à petit à conserver et retrouver des souvenirs d'anciennes "affectations", leur faisant prendre conscience de ce qu'ils sont, ou de ce qu'ils ne sont pas.

  1. Comment décririez-vous le processus de création des "hôtes", les androïdes qui animent le parc?
  2. Comment interprétez-vous le motif du piano dans ce générique?
  3. À quoi vous fait penser l'affiche de la série? Développez le lien découvert pour mettre en relief similitudes et différences

Revenons à Ghost in the Shell dans lequel les cyborgs et intelligences artificielles ont eux conscience de ce qu'ils sont, ou se posent du moins certaines questions quant à leur identité et leur statut. Les cyborgs sont créés et assemblés, mais à partir de cellules humaines. Ils développent donc ce qu'on appelle un "ghost", à la fois âme et esprit. C'est ce qui distingue en tant qu'individus des êtres comme Mokoto ou Batou, reconnus comme tels d'ailleurs par ceux qu'ils fréquentent (discussion sur le bateau).

Le major affronte durant l'intrigue un mystérieux criminel qui se fait appeler The Puppet Master, et qui semble vouloir établir une communication particulière avec le major. Sa particularité est d'être une création purement artificielle, un programme, en quête d'un corps, et ayant développé de manière anormale un "ghost" (dialogue final entre Mokoto et le Puppet Master, ainsi que les deux séquences pour aller plus loin autour de ce dernier).

Cette relation culmine dans un ultime affrontement, définitivement physique, entre le major, qui va au bout de ses possibilités, et un tank qui protège la voiture dans laquelle le Puppet Master, enlevé par un groupe rival de celui du Major, est enfermé. Elle vient le libérer afin de plonger dans la conscience du criminel et comprendre ses motivations.

  1. Comment s'illustre le fait que le corps du Major est capable de performance exceptionnelles?
  2. Pourquoi en vient-elle à s'attaquer à mains nues à l'habitacle du tank?
  3. Décrivez et analysez ce qui se produit lorsqu'elle tente cela.

À la suite de cet affrontement, le Puppet Master expose ses motivations et fait une proposition au Major.

  1. Que comprenez-vous des intentions du Puppet Master?
  2. Quels liens peut-on établir entre le corps, l'esprit et la vie?

Le film se conclut alors par une renaissance, faisant écho à la scène de générique, ou plutôt par la naissance d'un être nouveau, hybride, dans un corps d'enfant.

Pour aller plus loin, trois autres scènes témoignent des questionnements des cyborgs sur leur identité:

  • Dialogue entre Makoto et Batou sur le bateau (29' à 33')
  • Le Major s'interroge au sujet du "Ghost" du Puppet Master (38' à 43')
  • Le Puppet Master se déclare être vivant (48' à 50')

Après bien des années de tergiversation, une adaptation "live" du film animé voit enfin le jour. Des changements de forme et de fond sont réalisés, qui divisent les fans et plus généralement la réception du film. On peut cependant observer le choix de l'actrice, Scarlett Johansson, dont la plastique correspond un idéal de beauté, une sorte de perfection selon goûts américains et occidentaux. L'actrice fut en effet désignée comme "femme la plus sexy du monde" par le magazine Esquire en 2006 et 2013. Une façon d'adapter au public visé, occidental, le modèle de perfection physique qu'est censée incarner le personnage du Major.

Le transhumanisme, utopie ou folie?

La fin de Ghost in the Shell évoque une évolution radicale du statut d'être vivant, et via la fusion entre le Major et le Puppet Master, la naissance d'une nouvelle espèce dérivée de l'humanité, de sa chair (les cellules humaines) et de ses technologies. Dans le genre de la SF, cet hybride correspond grossièrement à ce que l'on appelle un"post-humain", le post-humanisme étant l'idée que les technologies pourront apporter une évolution presque naturelle et inéluctable à l'humanité. Mais la dimension consciente, volontaire et accélérée portée par le Puppet Master peut même évoquer un autre mouvement intellectuel dérivé. On peut y voir une représentation d'une utopie née dans la 2e moitié du vingtième siècle et dont la pensée s'est réellement structurée et développée dans les années 1980, et dont Ghost in the Shell est donc directement contemporain: le "transhumanisme". C'est-à-dire la démarche active pour amener l'humanité vers un nouveau stade de son évolution.

Qu'est-ce que le transhumanisme?

Dans son acception la plus simple, le transhumanisme correspond à l'amélioration de l'humain grâce aux nouvelles technologies. Il repose pour cela sur les progrès de la médecine, de l'informatique (intelligence artificielle) ou de la robotique. Il vise, outre l'augmentation des performances et capacités humaines, l'amélioration globale de la vie humaine et lutte donc contre le handicap, le vieillissement et, in fine, la mort. Ce sont donc bien les limites du corps qu'il s'agit de transcender via le transhumanisme.

Ci-dessous, un article de vulgarisation présente ce passage des techniques de réparation du corps pouvant conduire au transhumanisme.

Déjà, dans la saga Star Wars, le héros Luke Skywalker remplaçait sa main, coupée par Darth Vador, par une prothèse mécanique d'une technologie futuriste.

Désormais, les techniques autour des prothèses ont fait des progrès stupéfiants, comme en témoigne cet article au sujet d'une "prothèse musicienne".

Au-delà du scepticisme que l'on peut éprouver en découvrant le courant de pensée du transhumanisme, les reproches qui lui sont adressés sont d'ordre moral: ubris de l'homme se prenant pour un démiurge, scientisme et technophilie déshumanisants, réalisation des idéologies capitalistes et individualistes typiques de nos sociétés actuelles ou encore questionnements éthiques touchant à la nature humaine. Ainsi, le transhumanisme signifie-t-il la fin de l'humanisme? Voici deux exemples d'articles exprimant certains de ces reproches:

Travail: reformulez les reproches adressés par ces deux articles au transhumanisme.

Mais on peut aussi se tourner directement vers les ressources qui défendent ce courant et le définissent. On trouve ainsi sur le site "Transhumanisme et intelligence artificielle" diverses pages proposant une définition du courant et présentant les techniques qui lui sont liées, les perspectives qu'il entend explorer:

Travail:

  1. Donnez une définition, avec vos mots, du transhumanisme.
  2. Explorez quelques-unes des technologies promues par le transhumanisme et présentez-en trois.
  3. Essayez d'en trouver des illustrations, dans des articles de presse, des films, des séries ou des images.

"Gunnm": un monde post-humain?

Le manga Gunnm, de Yukito Kishiro, constitue une immense saga (la troisième série est actuellement en cours de publication) abordant directement nos problématiques du transhumanisme et du post-humanisme. En effet, le récit se situe dans un monde futuriste dystopique où les corps des individus possèdent de moins en moins d'éléments humains d'origine, où la greffe de prothèses et même de corps entier est devenue monnaie courante. Tous cyborgs, pour ainsi dire, ou presque! Dernier élément constitutif de l'humanité et de l'identité: le cerveau, que l'on ne peut lui remplacer.

Zalem, la ville suspendue, avec Kuzutetsu autour de ses déchets

L'action se situe à Kuzutetsu, littéralement la "Décharge", bidon-ville situé sous la ville flottante de Zalem où une élite, ce qui reste d'une véritable humanité non pervertie par les modifications bio-mécaniques, vit une existence privilégiée qu'envie tous les pauvres hères qui ne peuvent y accéder. Gally, notre héroïne, est ainsi trouvée en piteux état par un médecin, ancien habitant de Zalem ayant fui la cité, qui lui redonne un corps.

Ido découvrant Gally au milieu de la décharge

Au gré des rencontres et combats menés par Gally, nous en découvrons plus sur ce monde brutal où les corps apparaissent monstrueux et interchangeables, et entrainant des effets secondaires, le plus souvent bio-chimiques, violents chez ceux qui en bénéficient. Parmi les figures du Gunnm, citons notamment le premier antagoniste de Gally: Makaku.

Makaku dévorant un cerveau

Le personnage apparaît d'abord sous la forme d'un colosse abruti, accro à l'endorphine, et dévorant les cerveaux de ceux qu'il croise pour soulager la douleur qu'il éprouve. On découvre ensuite sa véritable nature - et son véritable aspect: sorte de ver couronné d'une tête humaine, il prend possession des corps d'autres cyborgs à la manière d'un parasite.

Makaku, vermisseau sortant d'un corps qu'il s'était approprié

On le voit, ce qui demeure le marqueur irréductible de l'humanité, à l'échelle du corps, c'est bien le cerveau, et par extension, le plus souvent, la boite crânienne qui le renferme. Cet aspect se révèle d'autant plus important que Gally se révèle amnésique et cherche à retrouver la mémoire par le biais des combats, l'utilisation de son corps, et des performances qu'elle est capable d'accomplir, stimulant les souvenirs de sa vie passée enfouis au fond de sa psyché.

Cependant, une révélation change la perspective sur ce monde. On découvre au cours de l'aventure que les seuls humains qui ne se sont pas livrés à une transformation en cyborgs, les habitants de Zalem, s'ils détiennent bien un corps vierge de toute modification, ne possèdent en fait plus de cerveau, une puce électronique remplaçant celui-ci! Ce secret en est un même pour les premiers concernés, et ceux qui le découvrent semblent sombrer dans la folie. Il semble donc bien qu'on en ait fini avec l'humanité dans Gunnm, et que l'on soit résolument passé au post-humain.

Nova, génie scientifique, ancien habitant de Zalem, ayant ouvert sa propre boite crânienne et découvert le secret des derniers "humains" de la planète.

En 2019, le manga sera adapté en film sous le titre Alita: Battle Angel. Réalisé par Robert Rodriguez, le film, en prises de vue réelles est produit est scénarisé par James Cameron. En voici la bande annonce:

Source: https://www.jmberlin.de/en/golem-legend-man

Le Golem et autres créations

Le transhumanisme, dans son aspiration à créer une nouvelle espèce humaine, rejoint d'une certaine manière un imaginaire archaïque, doté d'une forte mystique, celui de la créature élaborée et produite par l'homme. Cet imaginaire se fonde d'abord sur une figure majeure, celle du "golem"

Cette figure a connu de nombreuses incarnations et adaptations, et se trouve actuellement particulièrement à la mode comme nous l'explique le magazine BiTS (Rafik Djoumi, Arte), du fait de l'exposition sur le sujet au Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme.

Questions:

  1. D'où vient le mythe du Golem?
  2. Comment peut-on originellement définir un golem? Comment prend-il vie?
  3. Comment le golem est-il perçu dans le monde chrétien? Quelles littératures cette vision du Golem nourrit-elle? Quels exemples de cela?
  4. Résumez la première histoire littéraire du Golem, qui inspira de nombreuses adaptations. Quels exemples de cela voit-on dans la pop-culture?
  5. De quelle manière la figure du golem se combine-t-elle avec celle de la mécanisation? Quels exemples sont ici montrés?

Autour du Golem: "Frankenstein ou le Prométhée moderne" de Mary Shelley

Scène culte du film de 1931, par James Whale

Autre version, de 1994, par Francis Coppola, de la naissance du Monstre

Premier contact entre le créateur et la créature

Le monstre de Frankenstein sous les traits de Boris Karloff.

Autour du Golem de Prague

Comme expliqué dans la vidéo de BiTS, la légende du Golem de Prague nait au 19e siècle. La légende fait du Golem une créature créée au 16e siècle par un rabbin, le Maharal de Prague, pour défendre la communauté juive. Davantage de détails sont à découvrir sur la version anglophone de la page wikipedia consacrée au Golem.

Au début du 20e siècle, la légende inspire différentes œuvres de fiction qui s'emparent de la figure, comme un film expressionniste allemand: Le Golem, par Henrik Galeen et Paul Wegener. Le film, muet et noir et blanc, est visible sur Youtube:

La même année, en 1915, paraît le roman de Gustav Meyrink, premier grand texte littéraire consacré à cette figure, et qui servit de base à plusieurs autres œuvres, plus ou moins fidèles, par la suite.

Le roman connut plusieurs adaptations, dont l'une par Jean Kerchbron en 1967. Le téléfilm est consultable sur le site de l'INA.

Une autre adaptation cinématographique, de 1936, plus lointaine mais réputée, est l’œuvre de Julien Duvivier.

Hugo Steiner-Prag, illustrations pour "Le Golem" de Gustav Meyrink, 1915

Autour du Golem: le cas des Super-Héros

Le cas de La Chose

Transformation de Benjamin Jacob Grimm en "La Chose" ("The Thing"), un des membres des 4 Fantastiques (Fantastic Four #1 Novembre 1961)

La Chose est un super-héros créé par Jack Kirby et Stan Lee. Il ne s'agit pas d'un Golem au sens d'un entité artificiellement créée par l'homme. Le personnage se transforme suite à une expérience scientifique ratée. Néanmoins, l'apparence que lui confère Jack Kirby inscrit clairement le personnage dans cette filiation.

Transformation de Ben par John Romita Sr. (Fantastic Four #105 Décembre 1970)

Diana au corps d'argile

En revanche, nous avons une héroïne majeure dont l'origine semble s'inspirer du golem: il s'agit de la Princesse Diana des Amazones, alias Wonder Woman. Dans la première version du personnage, par son scénariste initial William Moulton Marston, Wonder Woman est une statue, réalisée par sa mère la Reine des Amazones, Hippolyte, qui prend vie (et l'inspiration est là proche du mythe de Pygmalion). Le personnage, imaginé en 1940, débute dans les comics à la fin de 1941.

Naissance de Diana, par Marston

Chez un des auteurs les plus importants du personnage, Georges Perez, le mythe s'étoffe de dons effectués par les divinités et rappelle que l'argile constitue bien le matériau de cet être vivant artificiellement créé, de manière magique. Nous sommes dans la deuxième "série" consacrée au personnage, en 1987, et le travail de Perez est souvent encore considéré comme la version canonique de la naissance de Wonder Woman.

Les origines de Wonder Woman, telles que revisitées par Georges Perez

Entretemps et depuis, Wonder Woman a connu bien d'autres récits des origines, plus ou moins proches de ces versions en faisant une créature artificiellement et magiquement créée. Le récit film consacré à l'héroïne le montre assez. Vous trouverez des références à cela dans l'article en anglais ci-après.

Illustration par Kevyn Goutanier aka Alky

Boucler la boucle: du golem au robot

Baymax ("Les Nouveaux Héros"), un robot-golem bienveillant?

Teaser de "Terminator 2" (James Cameron, 1991). La menace du premier épisode appelée à devenir le protecteur dans le 2. Avec une dimension robotique qui se révèle à mesure que la créature s'humanise au contact de celui qu'elle doit protéger.

Ce sujet comprend les quatre documents suivants:

  • Jean d’Alembert, article « Androïde », L’Encyclopédie, 1751
  • Pierre-Marie Lledo, « Femme, homme, robot : vivre ensemble », 2015
  • Auguste de Villiers de L’Isle-Adam, L’Ève future, 1886
  • Image tirée du film Metropolis de Fritz Lang, 1927 (ci-après extrait du film)

Capture d'écran de "Metropolis", de Fritz Lang (1927)

Boucler la boucler: Blade Runner

Blade Runner est un film de science-fiction réalisé par Ridley Scott et sorti en 1982. L'intrigue et l'univers sont librement inspirés d'un classique de la littérature SF: Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? de Philip K. Dick (1968). L'action se situe en 2019 et présente un monde dystopique de type cyberpunk. Faune et flore sont presque éteints - les animaux sont artificiels - et la population humaine qui en a les moyens est invitée à migrer vers des colonies extraterrestres.

Des androïdes, humains de synthèse, appelés "réplicants", à la courte espérance de vie, servent d'esclaves à l'expansion de cette nouvelle humanité. Mais suite à une révolte, les réplicants sont pourchassés par des spécialistes chargés de les débusquer, les "Blade Runners".

L'an dernier, en 2017, sort en salle une suite de ce film culte: Blade Runner 2049, par Denis Villeneuve. À la question des réplicants s'ajoute elle d'une intelligence artificielle appelée Joi et qui tient lieu de seule compagnie du héros. Le film débute sur un mystère susceptible de changer radicalement la définition même de l'humanité: une réplicant aurait donné enfanter, alors que que cela leur est normalement impossible.

Ouverture de "Blade Runner 2049"

Naissance d'un réplicant

Présentation de Joi, petite amie virtuelle du héros K

Joi se voit dotée d'un corps qui lui permet de "sortir" dehors et d'accompagner K

Du corps virtuel au corps réel: scène d'amour entre Joi et K

Joi, véritable sentiments ou pur produit atteignant sa cible? Durant le film, K, lui-même réplicant, est encouragé dans sa quête personnelle par Joi, qui lui prête une destinée exceptionnelle. Mais n'a-t-il pas simplement entendu ce qu'il voulait entendre? Et dans son enquête uniquement vu ce qu'il voulait voir?

Created By
aurélien pigeat
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