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Esther 2009 – États-Unis. Réalisation : Jaume Collet-Serra. Scénario : David Leslie Johnson-McGoldrick, Alex Mace. Avec : Vera Farmiga, Isabelle Fuhrman, Peter Sarsgaard, Aryana Engineer, Jimmy Bennett.

Jetez un œil à l'affiche d'Esther. La tête de l'enfant vous met un peu mal à l'aise ?

C'est normal, il ne s'agit pas du vrai visage d'Isabelle Fuhrman. L'image a été modifiée afin de donner à la jeune fille un faciès totalement symétrique. Un effet facile, oui. Mais ça fonctionne. Et ça résume très bien tout ce qu'il y a à dire sur Esther.

« I think there could be something wrong with Esther »

Après avoir accouché d'un enfant mort-né, Kate tente de remonter la pente. Elle et son mari John ont déjà deux enfants, mais après le drame, ils décident d'en adopter un troisième, afin de lui donner tout l'amour qu'ils auraient offert à leur bébé. À l'orphelinat, ils rencontrent Esther, 9 ans. La petite fille est mature, intelligente, très douée. Ils tombent sous le charme. Mais peu de temps après son arrivée dans le foyer, des incidents surviennent. De petites choses, d'abord. Puis des événements plus graves. Kate soupçonne Esther mais est complètement désavouée par son mari. Et tandis que le couple s'étiole, l'enfant se montre de plus en plus violente et incontrôlable.

On a reproché pas mal de choses à Esther depuis sa sortie. D'être cliché. Et c'est parfois vrai. De déprécier le principe de l'adoption. Et il est clair que ce n'est pas la meilleure publicité. D'être complètement tordu, voire grotesque dans ses derniers instants. Et ça, c'est sûr. Et pourtant, le film de Jaume Collet-Serra a eu du succès. Parce que, finalement, ça faisait longtemps qu'on n'avait pas vu de film d'enfant malfaisant aussi divertissant.

Tout part d'un parti pris efficace : contrairement à beaucoup de films du genre, on n'a jamais de doute quant à la culpabilité de la petite Esther. On ne tente pas de nous faire nous questionner. Très rapidement, on nous montre que la gamine est loin d'être nette. On ne perd pas de temps en supputations inutiles. Et ça laisse toute la place à Isabelle Fuhrman pour nous inciter à haïr son personnage.

La jeune actrice est excellente dans le rôle d'Esther. La voir manipuler, contrôler et menacer les autres, tout en charmant la plupart des adultes grâce à ses bonnes manières et à ses airs de petite fille modèle, c'est ce qui fait tout l'intérêt du film. Collet-Serra inverse les rôles, Esther attire à elle la sympathie de la quasi-totalité des adultes du film tout en se faisant détester des spectateurs, tandis que Kate (Vera Farmiga, parfaite), a tout le public de son côté alors que dans le film, personne ne la croit. On l'accuse, même.

Cette opposition donne lieu à de très bons dialogues entre la fille et la mère adoptive, où toute l'intelligence manipulatrice d'Esther est mise à profit. On s'indigne mais du coup, on embarque sans problème dans notre histoire et on la suit sans ennui malgré le fait que le film dure deux heures. Parmi les autres personnages, on notera surtout Max, la benjamine de la famille, sourde et impressionnable. On ne peut s'empêcher de fondre devant Aryana Engineer, toute mignonne, ce qui accentue d'autant plus notre haine pour Esther.

Alors après, oui, il y a des défauts. Bien sûr qu'il y en a. Plusieurs moments où la facilité a été privilégiée notamment. Dans les effets utilisés pour effrayer, qu'on a déjà vus mille fois. Dans les explications qu'on nous donne, où de larges libertés ont été prises avec la réalité. Dans la finale, certes appréciable, mais indéniablement grand-guignolesque.

Pas mal de bons points

Mais ça importe peu, en fait. Parce que le reste est maîtrisé. L'interprétation ? Impeccable. La réalisation ? Satisfaisante. Le rythme ? Le crescendo de violence qui nous emmène jusqu'à la finale ne connaît pas de coup de mou. Quant au dosage du drama, souvent décrié dans les productions d'horreur grand-public, il est ici parfait. Juste assez pour inciter à la sympathie, sans tomber dans le mièvre indigeste. Ça fait quand même pas mal de bons points.

L'anecdote

À la base, l'histoire du film devait se dérouler à l'automne. Mais la région de Toronto, où le long-métrage a été filmé, a été touchée par de fortes chutes de neige juste avant que le tournage ne commence. L'histoire prend donc finalement place en hiver. En conséquence, la scène de fête d'Halloween se déroulant à l'école d'Esther, prévue dans le script original, a été supprimée.

Esther n'a pas été une révolution dans le cinéma d'horreur. Il y a fort à parier qu'il a été oublié par bon nombre de spectateurs. Il vaut tout de même le coup. On lui pardonne ses facilités, parce qu'il est frais, divertissant.

Et devant, on passe plutôt un bon moment.

3,5/5

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