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Clément Noël, itinéraire d'un enfant surdoué

Vainqueur cette saison des manches de Coupe du monde de Wengen en Suisse et de Kitzbühel en Autriche, le skieur vosgien Clément Noël se lance un nouveau défi, ce dimanche 17 février. Au départ de l’épreuve de slalom des Mondiaux suédois de Are (première manche à 11 h ; deuxième manche à 14 h 30), le gamin du Ménil-Thillot partira à la conquête d’un titre de champion du monde. De Ventron où il a débuté, à ses premiers exploits au niveau mondial, en passant par Val-d'Isère où il a migré à l’âge de 15 ans, retour sur le parcours exceptionnel de la nouvelle pépite du ski tricolore.

Clément Noël est arrivé sur le circuit mondial, lesté d’une forme de timidité, le 13 novembre 2016 à Levi. En Laponie, le pays du… père Noël. Cela ne s’invente pas ! Sa trajectoire ascendante, elle, prend racine à Ventron à 2 ans et demi. S’il a tâté du ballon de football au Ménil, le nid familial, Clément Noël pouvait difficilement échapper à sa destinée.

"Il marchait sur les traces de son frère (Matthieu de 6 ans son aîné). Nous, on skiait aussi mais sans faire de compétition", explique Laurence Noël, la maman du prodige. Robert Gégout, président de Ventron de 1992 à 2014 se souvient : "J’ai connu Clément dans le ventre de sa mère puisque son frère Mathieu venait au club. Il devait avoir trois ans. J’ai toujours cru en Clément. Déjà tout petit il écrasait tout le monde, faisait ce qu’il voulait. Il mettait à mal les piquets et les contrôleurs qui se demandaient s’il n’avait pas enfourché. Il allait trop vite. Il avait déjà l’âme d'un compétiteur même si l’école était sa priorité. Il aimait bien la vitesse. Il demandait toujours à aller sur la Capatte (piste la plus dure de Ventron). Mon fils a été son premier entraîneur." Le fiston, Philippe, lui a fait passer sa première étoile. "Depuis qu’il est sur des skis, je sais qu’il a quelque chose de plus. Il voulait tout le temps aller à fond et il me collait au cul. Il taillait des courbes comme pas possible et s’éclatait avec son petit casque rouge."

Le jeune Clément Noël sur les pistes vosgiennes en 2007 et 2009. Photos Eric THIEBAUT

L’insouciance et la liberté priment alors sur la compétition. "Ils étaient tout un groupe à se tirer la bourre, mais Clément n’était pas tout le temps entre les piquets, il allait faire des bosses", explique Thibaut Leduc, patron de la station de Ventron.

A ladite station, les jeunes skieurs du club enchaînent les descentes avec l'objectif de s'améliorer. L'émulation par le sport et l'amitié.

Moniteur de ski l’hiver et paysagiste aux beaux jours, le Bussenet Adrien Voirin, un ami d'enfance, se souvient de cette période où Clément Noël et lui dévalaient les pistes. Il a d'ailleurs été le plus sérieux rival du nouveau prodige du ski tricolore.

Adrien Voirin en 2009. Photo Eric THIEBAUT
"En microbes, je battais Clément Noël."

Comme Clément Noël, Adrien Voirin a 21 ans. Comme lui, il a passé ses années de collège sur les bancs de la Haie Griselle, à Gérardmer. Comme lui aussi, il a débuté le ski à l’US Ventron alors qu’il n’était qu'un gamin. Les comparaisons s’arrêteront là. Les trajectoires des deux garçons divergent à l’été 2012. Quand Clément Noël parvient à intégrer le Pôle France espoir à Albertville. "Moi, je n’ai décroché ma place que pour celui de Moutiers (Savoie), se souvient aujourd’hui le moniteur de ski resté dans les Vosges. J’ai donc laissé Clément poursuivre sa route et j’ai juste fait une année de circuit FIS. " Un crève-cœur pour le gamin de Bussang, habitué à batailler avec son pote depuis sa plus tendre enfance.

"Clément faisait penser à un élastique."

"En microbes 1, la petite catégorie, je battais Clément presque à chaque fois, se souvient Adrien Voirin. La tendance s’est inversée un jour à Lispach. En microbes 2, je crois. Je me souviens l’entendre dire à sa mère, ‘‘si Adrien me bat, j’arrête le ski !’’. Et ce coup-là, il m’a battu. Par la suite, il est devenu toujours plus fort malgré un style un peu particulier… Sur des skis, Clément faisait penser à un élastique. Ça filait vite, mais ça partait dans tous les sens. Tout le contraire de maintenant. "

Car s’il a pris du recul avec le ski pour mieux créer son entreprise de paysagiste, Adrien Voirin a toujours suivi de près les progrès de celui avec lequel il partageait la chambre au collège gérômois de la Haie Griselle. "Pour autant, ce n’est pas forcément ses deux victoires de cette année en Coupe du monde qui m’ont le plus impressionné, s’amuse-t-il. A mes yeux, le plus époustouflant, c’est de l’avoir vu passer de la 45e place mondiale au Top 10 la saison passée."

"Il est dans le détail."

Époustouflant, mais pas étonnant du tout à ses yeux : "Car Clément a toujours eu la tête sur les épaules… Il est très réfléchi et ne laisse jamais au hasard. Il est dans le détail et cela fait aujourd’hui la différence." Au point de l’imaginer sur la plus haute marche des Mondiaux de Are, ce dimanche 17 février ? "Quoi qu’il arrive, je ne me fais pas de soucis pour lui, se contente de pronostiquer l’ancien entraîneur du comité des Vosges de ski (CDVS). Une chose est sûre, il ne va pas rester sur son échec de Schladming. C’est quand on croit qu’il est mal, que Clément rebondit le plus fort." Quel que soit le résultat, Adrien Voirin sera de toute façon devant son écran de télé pour vivre des moments aussi intenses qu’il y a quelques semaines, lors des victoires de Wengen et Kitzbühel. "Je n’ai pas pleuré, assure le Bussenet, mais ça m’a quand même secoué et j’y pense encore régulièrement. A Kitzbühel, nous y sommes allés ensemble à l’occasion d’un stage avec le Comité. Un jour où on n’avait pas pu skier, nous avions descendu la piste à pied, juste pour voir. À l’époque, jamais je n’imaginais qu’il aurait une cabine à son nom. Quand j’y repense, c’est dingue !"

Direction les Alpes pour progresser et se faire un nom

Très vite, le talent de Clément Noël dépasse les limites des 230 mètres de dénivelé de la station véternate. Il faut donc partir en camionnette et sillonner le bitume pour aller exercer ses talents en Autriche ou dans les Alpes. Puis migrer et s’installer dans les Alpes justement, à Val-d’Isère. Dans une famille d’accueil, les Chevallot, qui tient la boulangerie-pâtisserie de la station locale. "Ce n’était pas facile de partir à 15 ans. Pas facile pour un Vosgien de faire sa place dans les Alpes", ajoute Thibaut Leduc.

"Il ne sera jamais un Avalins. Il sera toujours Vosgien !"

Mais Clément intègre le Pôle France sans sourciller. "Soit je partais, soit j’arrêtais", confie l’intéressé. "À 15 ans, il gérait son linge, sa nourriture, il faisait tout tout seul. Clément a toujours été très mature. Un gamin intelligent qui se nourrit de toutes ses expériences, bonnes ou mauvaises. À l’école, c’est pareil." Titulaire d’un Bac Scientifique avec mention très bien (plus de 18 de moyenne), il termine un DUT Tech’ de Co. "Il l’a préparé en 3 ans au lieu de 2, en suivant des cours au printemps", explique sa maman Laurence Noël.

Champion de France en 2015, 4e des mondiaux juniors la même année, il débarque sur la piste aux étoiles, le grand circuit, un an plus tard. Sa retenue est inversement proportionnel à son culot et son talent sur les lattes. "Clément a toujours été un peu en retrait", confirme Thibaut Leduc. "Par contre, il sait où il va ! Il a la tête sur les épaules. On l’a rencontré avec des chefs d’entreprise des Vosges. Il les a scotchés !" Une fois sur les skis, il frise l’insolence.

Clément Noël entre 2008 et 2010 (Photos d'archives Patrick GLESS, Eric THIEBAUT, Jérôme HUMBRECHT).

Depuis tout s'accélère pour le jeune homme. Premiers points en Coupe du monde en 2017, participation aux Jeux olympiques en Corée du Sud. Le Véternat terminera 4e du slalom, à 4 centièmes du podium. Impressionnant. Le Véternat est passé vraiment très près d'une médaille... De quoi rendre fier ses proches, et notamment sa maman.

"L’aventure commence ! Je ne pense même pas que ça va lui prendre le choux", ajoute Thibaut Leduc. 4e mondial, il n’a écrit que la préface de son Histoire. Pour la plus grande fierté de ses proches et du Massif. "Car il ne sera jamais un Avalins (habitant de Val-d’Isère). Il sera toujours Vosgien !", souligne, un brin cocardier, Robert Gégout.

Clément Noël en 2011 et en 2018 (Photos d'archives DR et Maury GOLINI).

2019 sera peut-être l'année de la consécration

Premier podium en janvier , succès à Wengen… Clément Noël gravit les marches vers la gloire comme il efface les piquets. 2019 sera peut-être pour lui l'année de la consécration. Cette dernière commence d'ailleurs très bien.

En effet, le 13 janvier, Clément Noël a sorti une deuxième manche de slalom exceptionnelle à Adelboden en Suisse. Le Véternat de seulement 21 ans se souviendra longtemps de ce jour. Il a ainsi signé le premier podium de sa jeune carrière sur la scène internationale. Solide mentalement, physiquement et rapide sur les skis, Clément Noël, cinquième de la première manche, était leader provisoire à l'issue de sa deuxième course. Alexis Pinturault passait derrière, tout comme Kristoffersen. Le podium était assuré. L'Autrichien Marco Schwartz, vainqueur de la première manche, sortait du tracé. Clément Noël obtenait donc l'argent.

"Je suis allé chercher plus d’engagement et de risques."

De mémoire d’anciens, cette deuxième place à Adelboden était une première en Coupe du monde d’alpin pour un skieur du massif vosgien. Après cette belle réussite, Clément Noël était revenu sur sa performance. A ce moment-là, si tout le monde croyait en ses capacités, personne ne pouvait savoir ce que l'avenir lui réservait véritablement. Wengen, Kitzbühel... La pépite vosgienne n'allait pas tarder à briller.

Clément, comment vous sentez-vous après cette journée forte en émotion ?

"C’est bien. C’est une super journée même si la météo n’était pas forcément au rendez-vous. Il y avait une super ambiance."

Quels sentiments vous animent en cette fin de journée ?

"C’est un soulagement, de la joie et de l’émotion."

Pensez-vous à vos premières descentes sur les pistes de Ventron ?

"On ne pense pas qu’à ça (rires). Mais c’est certain que l’on fait du ski pour ce genre de course. Je profite à fond du moment et de la cérémonie du podium."

Vous aviez annoncé qu’il fallait deux énormes manches pour faire un podium, c’est ce que vous avez réussi à faire ?

"Je n’étais pas à la limite lors de la première manche. J’ai failli sortir mais je me suis vite rattrapé. De toute façon on est toujours sur le fil. Sur la deuxième manche, je suis allé chercher plus d’engagement et de risques. Je savais que je devais faire une énorme deuxième manche. Derrière il ne restait que du costaud."

A l’issue de la deuxième manche, vous allumez du vert…

"C’était déjà le cas à Zagreb et j’avais terminé quatrième. Il fallait alors patienter."

Alexis Pinturault était passé derrière, avant que Marcel Hirscher ne prenne le leadership, c’est alors que Kristoffersen est passé derrière vous…

"Je me suis dit ‘‘j’y suis’’. Il ne faut pas oublier que l’équipe de France a des résultats globaux intéressants. La semaine précédente tout le groupe était content pour le podium d’Alexis. Je savoure."

Doit-on dire déjà ou enfin un podium en Coupe du monde à seulement 21 ans ?

"Ni l’un, ni l’autre, ça ne fait pas trois ans que je cours après un podium. C’est vrai que je n’étais pas loin. Mais c’est certain que ça fait du bien d’y monter."

Vous n’êtes donc pas abonné à la 4e place ?

"Quatrième, c’est déjà de super résultats. C’est tout ce qui va avec un podium qui fait la différence. Mais je profite du moment présent. Et je vais bientôt retourner à l’entraînement parce que les courses s’enchaînent."

Qu’allez-vous faire de la cloche offerte aux trois premiers ?

"C’est la tradition en Suisse de recevoir cette cloche. Je vais la mettre chez moi. Je vais bien trouver une place (rires)."

Première victoire en Coupe du monde à 21 ans et 262 jours

Dimanche 20 janvier, le rêve devenait réalité. Pour son 20e départ en Coupe du monde, Clément Noël a fait sauter les bouchons de champagne en remportant le slalom à Wengen en Suisse. Ce succès s’est construit sur une première manche exceptionnelle, sur une piste glacée et retravaillée. Avec son dossard n°10, Clément Noël devançait l'Autrichien Manuel Feller de 42 centièmes et le Norvégien Henrik Kristoffersen de 72 centièmes. Surtout, le Vosgien avait relégué l’intouchable Marcel Hirscher, leader de la Coupe du monde à près d’une seconde (0,91’’).

Un mental d'acier en 2e manche

Mais le plus dur était à venir. En partant en dernière position de la 2e manche, il avait évidemment énormément à gagner mais, paradoxalement aussi, beaucoup à perdre. "Tout le boulot reste à faire. On a tendance à dire que la première manche, c'est 30 % du travail. Il ne faut vraiment pas s'enflammer. C'est une bonne première manche, ça montre que je suis dans le bon tempo. Maintenant, ce sera autre chose dans la tête en deuxième manche, c'est la première fois que je suis en tête. Je vais essayer de faire abstraction de tout ça, de me livrer à fond parce que derrière, ils ne vont pas m'attendre. La piste est raide, glacée, le tracé tournait beaucoup et je suis content de m'en être sorti comme ça", confiait l’intéressé. Auteur de son premier podium la semaine précédente à Adelboden, Clément Noël a su contourner tous les pièges de la piste en deuxième manche, pour garder 8 centièmes d’avance.

Il remporte ainsi sa première victoire en Coupe du monde pour son 20e départ. A 21 ans et 262 jours, soit... 24 heures de mieux qu’un autre prodige du ski français, Alexis Pinturault (il avait gagné pour la première fois à 21 ans et… 263 jours à Val d’Isère). Phénoménal !

"C'est beaucoup de joie, beaucoup de bonheur qui monte d'un coup."

Fidèle supportrice, sa famille a assisté à cette belle victoire. "Nous sommes très fiers, émus, mais surtout ravis pour lui", confiait Laurence, la maman, entourée de proches et du paternel, Jean-Christophe. Quelques minutes plus tôt, les glandes lacrymales s’étaient mises en action.

"C’est lui qui fait le boulot. Nous, on subit, on stresse. Deux ou trois dossards avant lui, le cœur s’accélère, on respire un grand coup et on explose quand il arrive en bas comme à Wengen. Ce n’est que du bonheur. Tout va tellement vite pour lui. Depuis tout-petit, je lui dis va doucement."

Le 26 janvier, Clément Noël poursuit sur sa lancée

Après avoir obtenu le premier succès de sa jeune carrière à Wengen, le Vosgien remet le couvert sur la mythique piste de Kitzbühel en Autriche.

Solide en première manche, Clément Noël a su résister à l'énorme pression mise par la star locale Marcel Hirscher. Relégué en dehors du top 10, l'intéressé a tapé du poing sur la table. Bénéficiant d'un matelas de sept dixièmes au moment de s'élancer dans la pente vertigineuse et piégeuse à souhait, Clément Noël a gardé son calme et fait valoir ses remarquables capacités techniques pour terminer en tête. Cette deuxième victoire en deux semaines en Coupe du monde n'en a encore que plus de saveur.

"Ça fait vraiment plaisir de gagner à Kitzbühel, La Mecque du ski alpin."

La station de Ventron et le village du Ménil fiers de leur champion

Les exploits de Clément Noël, qui s'est offert ses deux premières victoires coup sur coup en Coupe du monde, sont gravés dans la neige éternelle du côté de Ventron où le skieur a commencé sa carrière, enfant. "Tout le monde était très heureux, car il a fait ses premières descentes ici", rapporte Hervé Mougel, le directeur de l’École de ski français à la station de l’Ermitage Frère-Joseph. Lui et les trente-deux autres moniteurs vivent encore dans leur tête les performances de leur champion, dont l’avenir était prometteur.

Une juste récompense pour ce garçon "qui a toujours été un exemple, une référence pour les enfants. Il les fait rêver."

"C’était un gamin assez réceptif à ce qu’on lui disait. Il a su faire les bons choix aux bons moments", analyse celui qui n’a pas cessé de tendre l’oreille à chaque course de l’enfant du pays blanc. "Il y avait toujours quelqu’un qui nous informait et les bonnes nouvelles se sont vite répandues à travers la station", s’émeut encore celui qui voit encore le jeune Vosgien descendre des bus. Hervé Mougel travaille à la station depuis 1995. "Il venait en sortie scolaire depuis Le Ménil." Clément Noël n’a pas tardé à prendre une licence à l’US Ventron et continué à progresser dans la poudreuse. Le plaisir a donné des ailes au petit Noël, dont la carrière a toujours été suivie par les professionnels de la station de Ventron. Tout comme Catherine Biegalke, la présidente de l’US Ventron. "Ce sont des émotions, de la joie, du stress aussi." Une juste récompense pour ce garçon "qui a toujours été un exemple, une référence pour les enfants. Il les fait rêver".

La station de Ventron à fond derrière son champion (Photos Philippe BRIQUELEUR, Jean-Charles OLE et Anthony RIVAT).

Les jeunes membres de l'US Ventron le confirment : Clément Noël est un modèle. Ce dimanche 17 février, ceux qui le pourront vont une nouvelle fois admirer sa glisse et le soutenir lors de ses descentes car les Championnats du monde se dérouleront en deux manches. A 11 h et à 14 h 30, le jeune Vosgien sera en piste pour ce qui sera peut-être son jour de gloire. Les jeunes de Ventron, sa famille, ses amis seront à 100% avec ce héros vosgien qui mérite de monter encore et encore sur la plus haute marche du podium.

"Il a toujours été doué pour le slalom. C'est quelque chose d'inné."

Son ancien entraîneur au Pôle espoir, Claude Grunenberger, ne tarit pas d'éloge sur Clément Noël. Tout comme Thibaut Leduc, le directeur de la station de l'Ermitage.

"C’est un exemple de ténacité, de travail et de courage"

Jean-François Viry, maire du Ménil.

Qui a installé la banderole à l’entrée du Ménil, intitulée "Bravo à notre champion Clément Noël", avez-vous d'ailleurs prévu d’autres célébrations ?

"C’est nous, la mairie, qui avons installé la banderole en l’honneur de Clément Noël, originaire du Ménil. Nous souhaitons organiser un événement avec la commune de Ventron. Il a grandi au Ménil, mais c’est à Ventron qu’il a fait ses classes de ski. Ses parents nous ont informés qu’il ne serait pas disponible avant avril, voire mai. Il a un planning chargé, avec de nouvelles compétitions à venir jusqu’à la fin de la saison. Une chose est sûre, lorsqu’il sera plus libre de ses mouvements, nous serons ravis de l’accueillir."

Étiez-vous surpris quand vous avez appris que Clément Noël avait gagné deux slaloms lors de la Coupe du monde de ski ?

"Non, pas vraiment, je m’attendais à ce qu’il réussisse. Cela faisait quand même depuis quelques années qu’on le voyait progresser en ce sens. L’année dernière, il s’était vraiment révélé aux yeux du public, en remportant la quatrième place aux Jeux olympiques de Pyeongchang, en Corée du Sud. Mais même avant cela, ses courses étaient prometteuses, avec notamment une quatrième place au Championnat du monde junior en 2015."

Que ressentez-vous en tant que maire et comment ont réagi les habitants du Ménil, ses proches ?

"Je suis très heureux pour lui. C’est bien entendu une fierté pour toute la commune, mais c’est surtout une fierté pour lui. Au Ménil, tout le monde est ravi pour lui. Je sais que sa grand-mère Josée Chevrier, et ses parents sont extrêmement fiers de lui. C’est un exemple de ténacité, de travail et de courage pour nos jeunes générations."

Clément Noël en quelques dates

2010 : benjamin 2e année, il devient champion de France U14.

2011-2012 : membre du Pôle espoir de Gérardmer, il est champion de France U16 (minimes).

2012 : il quitte le massif vosgien et migre vers Val-d’Isère.

2014 : début en Coupe d’Europe.

2015 : 4e des mondiaux de slalom juniors à Hafjell, en Norvège.

2016 : première manche (13 novembre) de Coupe du monde à Levi.

2017 : le 26 mars, il devient champion de France de slalom Elite. Le 10 décembre, il marque ses premiers points en Coupe du monde à Val-d’Isère.

2018 : les 21 et 23 janvier, premier top 10 à Kitzbühel (8e ) et Schladming (6e ). Il dispute ses premiers JO et se fait remarquer (4e à PyeongChang).

2019 : premier podium en Coupe du monde le 13 janvier (2e à Abelboden). Le 20 janvier, il remporte l’étape de Wengen. Le 26 janvier, il remporte l'étape de Kitzbühel. Le 17 février, Clément Noël sera au départ du slalom pour les Mondiaux à Are en Suède.

L'éclosion du jeune prodige en chiffres

2

Avec ses deux succès consécutifs en Coupe du monde, Clément Noël est devenu le N°2 mondial du slalom. Avec 401 points, il n’est devancé que par Marcel Hirscher (576 points).

5

Le nombre d’années entre le triomphe de Clément Noël à Wengen et le dernier succès d’un Français en slalom. En janvier 2014, déjà à Wengen, c’est Alexis Pinturault qui s’y était imposé.

7

Clément Noël a rejoint six autres Tricolores en remportant le slalom de Kitzbühel : Jean-Baptiste Grange (2008, 2011), Julien Lizeroux (2009), Jean-Pierre Vidal (2006), Jean-Noël Augert (1971, 1972, 1973), Patrick Russel (1969, 1970) et Jean-Claude Killy (1967).

8

Avec son doublé Wengen-Kitzbühel, Clément Noël est devenu le 8e Français à être parvenu à enchaîner plusieurs succès consécutifs en Coupe du monde de slalom. Il est accompagné par Jean-Claude Killy (4 succès d’affilée en 1967), Jean-Noël Augert (3 en 1971, 2 en 1969, 1972 et 1973), Patrick Russell (3 en 1970), Alain Penz (3 en 1970), Guy Périllat (2 en 1967), Pierrick Bourgeat (2 en 2001), Jean-Baptiste Grange (2 en 2008 et 2011).

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