La fesse cachée du livre un panorama de la littérature érotique

Une mise en bouche littéraire

« On ne discute pas l'érotisme spirituel ; on bande ou on ne bande pas. » Jean Cocteau

Du Kamasutra à Cinquante nuances de Grey en passant par le Banquet de Platon, la sexualité, qu’elle soit libérée, prude, crue ou ostentatoire, a toujours imprégné la littérature en traversant les siècles, touchant un public très large. Présente sur tous les continents et aussi en France, la littérature rose ou érotique, a longtemps suscité des débats passionnels.

En France, des éditeurs comme La Musardine se sont bâti une solide réputation en faisant de la littérature érotique leur spécialité. Les libraires quant à elles, n’ont pas hésité à lui dédier tout un rayon voire même leur établissement tout entier.

La Musardine s’est ainsi lancée dans l’aventure sensuelle en 1980 : romans, essais, livres d’art et bandes dessinées. Cette maison d’édition, qui est également une librairie, a pour ambition de faire découvrir la sexualité sous toutes ses formes.

N’oublions pas les auteurs contemporains qui, s’appuyant sur un millénaire de littérature sexuelle, redoublent d’imagination et de créativité salace pour faire frissonner le lecteur et l’emmener au septième ciel.

Coups de cœur, coups de gueule, nous avons sélectionné pour vous des ouvrages aguicheurs qui méritent une attention toute particulière. Pour le meilleur, et pour le pire…

Considérée par les uns comme de la simple pornographie destinée à pervertir les esprits les plus purs et par les autres comme une expression artistique à part entière pour s’envoler vers ses fantasmes les plus fous, la littérature érotique n’a pas fini de faire couler de l’encre… Nous lui offrons aujourd’hui la nôtre.

Lorène

Histoire de la littérature érotique

De ses origines à nos jours, la littérature d’Eros a fait et fait encore frissonner des milliers de lecteurs.

La distinction entre érotisme et pornographie est souvent floue et subjective, d’où la difficulté de classer des livres dans l’une de ces catégories. Michela Marzano, chercheuse, philosophe et écrivaine, affirme que la différence entre érotisme et pornographie est dans la présence ou non de récit ; l’érotisme est non seulement rattaché à la narrativité, mais il est aussi beaucoup plus associé à l’art et à un certain esthétisme.

Le Dictionnaire du littéraire définit l'érotisme comme "la part de la littérature amoureuse qui insiste sur les plaisirs de la chair" ; l'érotisme comme la pornographie auraient partagé le même but, soit celui de représenter la jouissance personnelle.

Du Kamasutra au Moyen-Âge

Si la littérature érotique française prend ses sources dans de nombreuses inspirations aussi diverses que les philosophes grecs, les latins et encore le Kamasutra oriental, elle n’apparaît progressivement qu’avec les premiers romans du Moyen-Âge, et notamment le roman courtois qui décrit les aventures initiatiques de grands chevaliers héroïques devant gagner le cœur de leur aimée. La correspondance entre Héloïse et Abélard offre le cas exceptionnel d’une correspondance licencieuse, mais dans l’ensemble on est encore loin de la littérature érotique telle qu’on l’entend aujourd’hui.

De Rabelais à Sade

À la Renaissance, François Rabelais se fait remarquer avec Pantagruel, condamné en 1533 par la Sorbonne pour obscénité. Rabelais peut être considéré comme un précurseur de la littérature érotique moderne. Les guerres de religion et le mouvement de Contre-Réforme vont profondément modifier les mœurs de l’époque : c’est l’apparition des premiers textes libertins, qui s’opposent aux doctrines religieuses. Le XVIIIe est le siècle d’expansion de la littérature libertine, avec des auteurs comme Diderot et, surtout, le marquis de Sade.

Du XIXe siècle à nos jours, la libération du genre

Le XIXe sera caractérisé par une généralisation du climat puritain et à une censure forte, comme ce fut le cas pour Les Fleurs du mal de Baudelaire. La moindre transgression des règles crée un scandale, comme pour Madame Bovary.

C’est néanmoins à la fin du XIXe et au début du XXe siècle que la littérature érotique s’épanouit pleinement, avec par exemple la correspondance entre Alfred de Musset et George Sand, puis la libération sexuelle des années folles conduira, grâce aux avancées techniques, à la diffusion au plus grand nombre de la littérature érotique. En 2001, un prix littéraire est créé pour rendre hommage au Marquis de Sade, qui récompense des romans érotiques.

Juliette

Nos avis coquins

Coup de coeur

Histoires à ne pas mettre entre toutes les mains, Julie Bray

Ce petit livre porte bien son titre ! Les histoires coquines qui composent ce recueil de nouvelles sont des anecdotes des lectrices de Julie Bray. L’auteure a retravaillé ces petites confidences et ouvre elle-même les nouvelles érotiques en faisant part de sa propre expérience. Les histoires sont très courtes et variées, étant des anecdotes on passe vite aux choses sérieuses !

Quelques parties à trois ou à plusieurs, de l’échangisme entre adultes consentants, entre femmes ou en solo, des quick sex dans des endroits complètement improbables, ces femmes nous raconte les expériences qui les ont fait rougir et crier de plaisir !

A lire doucement pour faire durer

Sarah

Coup de gueule

After - Anna Todd

Après la sortie de Cinquante nuances de Grey, le mommy porn déchaîne les passions et de nombreux auteurs osent se lancer dans la littérature érotique pout tout âge. De nombreux titres paraissent et envahissent les librairies dont la série After. Fan fiction écrite par Anna Todd, en premier lieu postée sur internet sur Wattpad, elle est publiée en 2014 en Amérique par Simon&Schuster, et l’éditeur français Hugo Roman se charge de publier le premier tome quelques mois plus tard en 2015. Comparée à Cinquante nuances de Grey étant toutes deux des fan fiction, After atteint rapidement le top des ventes : le premier tome suscite un véritable engouement et se vend à 20 000 exemplaires la première semaine de sa sortie en France.

Un story telling à n’en plus finir

After est donc une série en cinq tomes racontant l’idylle entre Tessa, jeune fille prude partant pour l’université, formant le couple parfait avec Noah et toujours vierge, et Hardin, beau brun tatoué de la tête au pied, rebelle à ses heures perdues, pâle copie d’Harry Styles, le chanteur du groupe One Direction. Tous les amis d’Hardin sont d’ailleurs inspirés du groupe One Direction. Provocateur et cruel, le bad boy par excellence, Tessa tombe évidemment dans les filets d’Hardin. S’ensuit une relation sur cinq livres, de plus de cinq cents pages chacun, rythmés par les disputes effrénées et les retrouvailles passionnelles de ce couple hors du commun.

Outre le fait que les disputes ne sont qu’un prétexte pour multiplier les scènes de sexe, que les personnages soient extrêmement clichés, la série s’essouffle dès le milieu du second tome. Bien que quelques scènes de disputes puissent être crédibles, il y en a bien trop et le lecteur peut se lasser de ce couple sans dessus-dessous incapable de s’aimer ou de se haïr, avec des réactions toutes plus rocambolesques les unes que les autres. Les adages « Fuis-moi je te suis, suis-moi je te fuis » et « Je t’aime, moi non plus » sont de rigueur, et bien qu’il soit à utiliser avec parcimonie, Anna Todd nous en ressert sur cinq tomes, et ça en devient épuisant. Ajoutons à cela que Tessa est une cruche sans nom, et sa mère est une cinquantenaire restée dans l’adolescence - femme battue car il fallait bien que Tessa ait eu une enfance dramatique. Hardin est également en froid avec son père, ancien alcoolique, d’où le fait qu’il aime particulièrement sombrer dans l’alcool et la drogue, évidemment, le personnage dramatique par excellence.

Modifications avant publication...

Bien qu’Anna Todd ait utilisé la première personne pour que le lecteur soit dans la tête du personnage, qu’elle alterne les points de vue entre Tessa et Hardin, et que la qualité d’écriture ne soit pas égale du début à la fin, l’auteur aurait surtout pu ôter moult disputes et se contenter de condenser les cinq tomes en deux. Notons également que Hugo Roman a sorti la série en cinq tomes alors qu’elle n’est parue qu’en quatre tomes en Amérique : autant surfer sur la vague et se faire un maximum d’argent. Ponctués de nombreuses répétitions, certains passages étant carrément transposés d’un tome à l’autre, les éditeurs auraient tout de même pu apporter quelques modifications nécessaires à une lecture digeste de la série.

À quand les produits dérivés ?

Les fans du phénomène After pourront retrouver l’histoire au cinéma en 2017, et peuvent aussi se délecter des nombreux spin-off écrits par Anna Todd : Before, diptyque présentant les points de vue de tous les personnages, et Between, explorant les relations amoureuses du meilleur ami de Tessa.

Coline

Il était une fois... À la Musardine

Il existe quelques maisons d’édition spécialisées dans les livres pour adultes, comme les Éditions Blanche, ou bien des maisons d’édition qui ne veulent pas se limiter à la seule littérature pour adulte et développent des collections spécialisées dans ce genre de littérature, telle que la collection Spicy et Audace des éditions Harlequin. Nous vous présentons aujourd’hui l’un des principaux éditeurs d’écrits érotique en France, qui est également un librairie : La Musardine.

La librairie « La Musardine »

La librairie a été fondée en 1995 par Sophie Rongiéras et est gérée aujourd’hui par Frédéric Lévêque. Cette librairie propose toutes les formes de livres en rapport plus ou moins direct avec l’érotisme, édités par les éditeurs les plus classiques comme les plus spécialisés : romans, essais, guides pratiques, livres de photos, livres d’arts, mangas, BD… La librairie propose quelques DVD et accessoires érotiques. La librairie Musardine propose par ailleurs chaque mois une soirée pour présenter ses dernières nouveautés en présence des auteurs.

En marge de sa vitrine parisienne et de ses ventes en ligne, La Musardine propose également ses livres sous fromes d’ebooks à télécharger. La librairie La Musardine se situe au 122 rue du Chemin Vert dans le 11ème arrondissement à Paris et est ouverte du mardi au samedi de 11 heure à 19 heure.

La Maison d’Édition et ses collections

Les éditions La Musardine sont fondées, quant à elles, en 1996 par Claude Bard, qui les dirige toujours aujourd’hui. En quelques années ces éditions sont devenues une référence en matière d’érotisme dans la littérature. Elles revendiquent un éclectisme comparable, animées par l’ambition de décliner l’érotisme sous toutes ses formes, à travers différentes collections adaptées à chaque public.

→ La collection des lectures amoureuses : cette collection concentre au format poche et à petits prix des textes du répertoire érotique classique et contemporains. La collection de référence de la littérature érotique par excellence.

→ La collection Osez, créée en 2004 : La collection décline des conseils simples, ludiques et décomplexés en matière de sexualité dans des petits guides thématiques. Elle totalise à ce jour un catalogue de 65 titres vendus à plusieurs milliers d’exemplaires. La meilleure vente reste Osez tout savoir sur la fellation.

→ La collection Osez 20 histoire est spécialisée dans les nouvelles érotiques. Chacun de ses volumes propose 20 histoires différentes sur le même thème écrites par 20 auteurs professionnels comme amateurs.

→ La collection Attrape-Corps propose des essais exigeants et impertinents sur les questions de sexualités, écrits par des spécialistes.

→ La BD érotique : La Musardine sous le label de Dynamite ou sous son propre nom, édite également une grande quantité de BD érotiques, comme celles de Giovanna Casotto ou Erich Von Gotta. C’est notamment grâce à la Musardine que nous devons la réédition de la série Blanche Épiphanie de Lob et Pichard en plusieurs volume depuis 2012.

→ La collection ClassX : propose des textes non érotiques du répertoires classique dans lesquels ont été intégrés des scènes érotiques, écrites par des auteurs contemporains. Manon Lescaut, Carmen, Candide, et Les histoires extraordinaires d’Edgar Allan Poe sont déjà parus à ce jour.

Lucile

Crédits photo : Photo libre de droit

Chiffres clé de l’édition érotique en France (et un peu aux États-Unis)

Si l’on en croît les chiffres publiés par le Syndicat National de l’édition, le secteur de la littérature est loin d’être significatif. Seulement 1,149 millions d’euros de CA générés en 2014, soit 0.04 % de l’édition française. C’est 266 000 volumes vendus dans l’année, une bagatelle comparée aux 421.793 millions d’exemplaires vendus en France.

Seulement, le rapport du SNE concerne les livres papier, et non les ebooks. Or, c’est passer sous silence une composante clé du livre érotique. Le format numérique, lisible en toute discrétion sur tablette ou sur liseuse, s’avère idéal pour une lecture qui peut difficilement s’afficher ostensiblement dans les transports en commun.

Le site liseuses.net revenait l’été dernier sur ces pratiques. Ainsi, 89% de la littérature érotique vendue en aux États-Unis serait au format numérique, une tendance qu’on peut retrouver en France. C’est le géant Amazon.com qui truste les ventes. Sa plateforme Kobo, première sur le ebook chez l’Oncle Sam comme en France, vends trois quarts de l’érotique numérique. Amazon, en plus d’être un acteur majeur dans le livre numérique, tends aussi les bras aux auteurs indépendants, qui ne trouvent pas de publication classique chez des éditeurs ou qui cherchent simplement à ne se diffuser qu’en ebook. Ainsi, à l’exception d’une poignée d’auteurs qui trouvent un succès tel qu’ils (souvent elles) sont publié.e.s en papier, l’écrasante majorité des auteur.e.s de littérature érotique et pornographique est constituée de centaines d’auteurs purement numériques. Des écrivains et écrivaines qui ne passent même pas par le système classique, qui sont pour ainsi dire invisibles aux éditeurs classiques.

Enfin, si l’on en croît Claude Bard, gérant de la maison La Musardine, la moitié de son Chiffre d’Affaires vient de la VPC (Vente Par Correspondance), ce qui assure à sa maison une stabilité financière bienvenue.

Loin de se cantonner aux livres papier, la littérature érotique repose donc pour l’essentiel sur deux canaux de vente qui assurent la discrétion : la VPC d’une part et (surtout) le livre numérique de l’autre.

X Center

La littérature érotique dans un Sex-shop

C'est un peu fébrile que je poussais la porte du X Center, plus grand magasin de produits de charme de la sous-préfecture Bucco-rhodanienne. Derrière les vitres teintées cachant à la vue du passant l'intérieur de la boutique (et surtout ses clients) s'étalaient des vitrines garnies d'objets pour le moins introuvables ailleurs. Si je n'y ai pas trouvé de livres coquins, j'ai pu recueillir des propos très pertinents sur le sujet.

Fébrile j'étais, donc. D'une part parce que je n'avais jamais mis les pieds dans ce type d'établissement, et de l'autre, par peur que le vendeur ne puisse pas répondre à mes questions. En lieu et place de l'intérieur glauque, malsain, éclairé par de faibles néons bleus dont je me faisais l'image (des résurgences de Boogie Night de Anderson, sans doutes), je trouvai un magasin lumineux et un vendeur accueillant (et propre). Étant le seul client, j'ai pu lui poser quelques questions sur le rapport de l'enseigne aux livres érotiques et pornographiques.

J : Quelle est la place dans votre magasin de la littérature érotique et pornographique, si il y en a une ?

V : Nous pendant quelques années on a fait des BD pornographiques, et ça nous est resté sur les bras tout le temps. Même tout ce qui est magazine, format papier, aujourd'hui ça ne se vend plus, le net a tout bouffé. C'est la même chose que le DVD, ça ne se vend plus. Ça se regarde sur place, mais à la vente c'est très très peu. De la littérature, on en a jamais fait. On aurait pas la clientèle ni la place.

J : Ici, vous vendez plus des objets « pratiques » (je désigne la zone réservée aux lingeries et une étagère de sex-toys), c'est un changement récent ?

V : On a beaucoup réduit le rayon DVD. Quand je suis arrivé ici il y a onze ans, toute la partie derrière vous c'était des DVD.

Je me retourne et constate une succession de vitrines d'environs 6 mètres de long de godemichets dans des boîtes en carton et en plastique. La signalétique semble dater et indique encore « DVD » en jaune sur noir.

V : La salle d'à côté, c'est des DVD aussi, mais on pense à réduire. Pareil, la partie lingerie là, c'était des magazines. Y'avait du sex-toys, mais ça prenait 2-3 vitrines. Au fil des années, on a changé notre offre, on a encore quelques boîtes de films en promo dans un bac, mais c'est parce qu'on arrive pas à les vendre...

J : C'est à cause d'internet comme vous le dites. Mais la littérature pornographique aussi est touchée par ça a votre avis ?

V : Ça je pense que dans les librairies de quartier ça doit marcher. Pas forcément le porno, mais l'érotique oui, on le voit avec Cinquante nuances de Grey et Calendar Girl, ça cartonne parce que ça reste de l'érotique. Le truc, c'est que cette littérature pousse les clientes à venir consommer dans les sex- shops. 50 nuances ça a été un carton chez nous, et pas que pour les menottes. Les filles venaient entre copines. Attaches, bondage, boules de geisha ...

J : Du coup ça vous a permis de faire du conseil sur ces produits plus que pour des clients qui s'y connaissent mieux ?

V : Exactement. Elles viennent par rapport au livre, et nous on peut les diriger vers les bons articles. Ça a bien démocratisé certaines pratiques ! Après, sur Aix, on est une ville un peu à part, étudiante, artistique, donc les Sex-shop ont toujours bien marché ici. Mais 50 nuances a apporté un plus. On sait que quand le livre est sorti, puis le film, et avec les autres livres dont on parle souvent, ça repart un peu, ça nous relance, ça influence sur les ventes. Après aller directement dans un sex-shop pour acheter ça ... Non, on ne nous en demande pas. Et puis y'a le net. C'est plus discret d'acheter ces trucs en ligne et se les faire livrer. Comme c'est pas un sex-toy ou de la lingerie, y'a pas besoin de voir réellement le produit, on sait que ça sera juste un livre. L'avantage du sex-toy c'est que ça ne marche pas du tout sur internet, pareil pour la lingerie. Alors que le livre, si il déçoit, c'est moins grave.

J : Donc c'est surtout un problème de manque de clientèle et de place ?

V : C'est ça. Pour l'anecdote, on a eu un jour une écrivaine qui nous a laissé un bouquin pornographique qu'elle avait écrit. Elle nous avait laissé quelques exemplaires.

J: En dépôt ?

V : Voilà, si on en vendait on lui reversait une partie du prix, mais on ne payait pas l'achat. Elle a du nous en laisser trois ou quatre. On en a vendu peut-être un en 6-7 mois. C'est pour te dire, on a pas la clientèle. Ça marche peut être dans les gares, dans les librairies (pas à la FNAC, dans les petites de quartier), mais pas du tout chez nous.

J'ai quitté le magasin sans photo d'un rayon spécialisé, mais avec une idée de ce qui fait de la littérature pornographique une section à part du marché du livre. Si la démocratisation très récente de l'érotisme par Cinquante nuances de Grey ou After a participé à une certaine libération des mœurs des lecteurs (et surtout des lectrices), il reste un monde entre ces livres et la pornographie plus crue et décomplexée des sex-shops. « Les menottes, c'est pas du SM pour nous. 50 nuances, c'est très gentillet » m'a dit le vendeur. Ce milieu, celui où la discrétion est reine et où les tabous se défont, reste une niche. C'est un peu triste pour une littérature où se cachent parmi des Goncourts de grossièretés de véritables bijoux qui frôlent grivoiserie et philosophie avec une verve que ne renierait pas San Antonio.

Je retire de ce voyage un peu de déception, mais également de l'espoir. Si personne n'ose vendre ces livres, en mettre en avant relève d'un vrai défi de libraire. Je prépare donc mes coups de cœur.

Julian

À propos

Nous sommes six étudiants en Licence professionnelle Librairie à l'IUT Métiers du Livre d'Aix-en-Provence. Dans le cadre de nos travaux dirigés de Techniques de rédaction professionnelle, nous avons choisi le thème de la littérature érotique. C’est une littérature complexe, parfois méconnue, toujours entourée d’un tabou difficile à briser. Beaucoup de livres sont ainsi tapis dans l’ombre des librairies. Certains sont des réservoirs de frissons ou des chefs d’œuvres de grivoiserie, d’autres dégoulinent d’une innocence navrante.

Ici, nous avons cherché à faire voyager notre lecteur dans ce milieu aux contours flous, à la limite de l’interdit.

La rédaction

Credits:

Photos libres de droit, trouvées sur la base d'images libres de droits Pixabay

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