Présidentielle Premier débat

Cinq des onze candidats à la présidentielle se sont affrontés ce lundi soir lors d'un premier débat télévisé. Florilège des déclarations de chacun.

PAR MATTHIEU VERRIER ET HERVE FAVRE - LA VOIX DU NORD

Jean-Luc Mélenchon

La France insoumise

Il sera « le dernier président de la Ve république » ayant promis de passer à la VIe et de mettre fin à « la monarchie parlementaire ». Il veut être le « président d’une France insoumise en Europe et dans le monde ».

Sa phrase : « Il n’est pas interdit aux électeurs de récompenser les vertueux et de châtier les autres. »

Son attitude : Un peu en retrait au début des échanges, le tribun va ensuite lâcher ses coups vers Marine Le Pen mais aussi ses autres concurrents. Lorsque Benoît Hamon et Emmanuel Macron s’opposent sur les institutions, Jean-Luc Mélenchon s’amuse du « débat au PS » et fait rire le public. Pas Emmanuel Macron qui lui rappelle qu’il n’a pas été candidat à la primaire socialiste ! Lorsque le sujet de l’insécurité arrive sur la table, il lance : « Il y a une délinquance qui n’a pas l’air de retenir beaucoup l’attention mais qui retient la mienne », à savoir la délinquance financière. Jean-Luc Mélenchon s’agace aussi d’entendre parler d’une campagne « polluée » par les affaires : « Ici, il n’y a que deux personnes qui sont concernées », François Fillon et Marine Le Pen. Contre la « surenchère permanente » en matière de sécurité, il prône « le retour à une logique de gardien de la paix» pour sortir d’une situation où «une partie de la population a peur des policiers »....

Benoît Hamon

Parti socialiste

La veille, il réussissait son meeting parisien, avec des militants survoltés et un discours plein d’élan. À peine remis des vibrations de Bercy, de l’embrassade de Christiane Taubira et de la liesse de ses soutiens, il devait enchaîner, coincé entre un Jean-Luc Mélenchon qui grignote sur son électorat et Emmanuel Macron qui aimante les réformistes du Parti socialiste.

Sa phrase : « Quel message voulons-nous envoyer au monde ? Celui de paix et de coopération ou de concurrence et de libéralisme ? »

Son attitude : Le socialiste reste sur la rhétorique de la veille, tapant simultanément sur Emmanuel Macron et Marine Le Pen. « Quel peuple voulons-nous être le 7 mai ? Belliqueux ou fraternel ? Quel message voulons-nous envoyer au monde ? Celui de paix et de coopération ou de concurrence et de libéralisme ? », interroge-t-il. Sa pique la plus acérée est lancée en direction de la candidate d’extrême-droite : « Que vous soyez une droguée au pages faits divers, c’est une chose, mais vous êtes candidate à la présidence de la République. Soyez sérieuse. » Lui aussi veut « tourner la page des vieilles recettes épuisées ». Au premier rang de ses soutiens était assis Thomas Piketty, l’économiste conseiller de nombreux dirigeants de gauche. Benoît Hamon défend ses propositions de police de proximité, de limite de 25 élèves dans les classes de CP ou de « 49-3 citoyen ».

Emmanuel Macron

En marche !

Il est la cible privilégiée. De Marine Le Pen à qui il dispute la première place dans les sondages. De François Fillon, qui lui a réservé la majorité de ses piques dans des éléments de langage distribués à ses soutiens. De Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, qui revendiquent une vraie gauche contre le chantre des « majorités de projets ».

Sa phrase : « Tous les gens qui sont autour de moi n’ont jamais renouvelé la vie politique et préfèrent que ça n’arrive pas. »

Son attitude : Le benjamin de l’élection s’amuse de cette place centrale. À chaque attaque lancée sans le nommer, il lève le doigt : « Celle-là, elle est pour moi. » Et s’amuse : « Je suis content pour toutes et tous ce soir, car vous vous ennuieriez si je n’étais pas là. » Mais il sort aussi de ses gonds à plusieurs reprises. Le Pen lui prête une bienveillance à l’égard du burkini. « Je n’ai pas besoin de ventriloque », tacle-t-il avant de l’accuser de « tomber dans le piège » des provocations islamistes. Lorsque la même parle de façon floue de conflit d’intérêts, il crie à la diffamation et en appelle à la justice. Le Pen ne précise pas sa pensée. Régulièrement, le téléspectateur le voit hocher de la tête lorsque Hamon ou Fillon s’exprime. Il rejoint même (en partie) Mélenchon sur la question de la sécurité. Mais il rejette la baisse de la majorité pénale à 16 ans, proposée par Fillon.

François Fillon 

Les Républicains

Il est arrivé accompagné de sa femme au studio de TF1. Il espère cependant avoir tourné la page des affaires. Son objectif est désormais d’imposer une question : qui, parmi les cinq favoris, a les épaules d’un président de la République ? Jusqu’à ce lundi soir, ce discours n’a pas permis d’infléchir sa courbe dans les sondages.

Sa phrase : « Nous sommes le pays le plus endetté de tous les pays développés donc ces solutions que vous proposez ne seront pas mises en œuvre. »

Son attitude : François Fillon annonce qu’il demanderait aux plus hauts magistrats du pays des propositions en termes de transparence politique. Mais il n’oublie pas l’atout qui a fait son succès lors de la primaire : ses propositions. « J’ai un projet préparé de longue date que je mettrai en œuvre avec une majorité cohérente et stable que je suis sans doute le seul à pouvoir avoir après les élections législatives », assène-t-il dès l’ouverture du débat. C’est aussi un argument récurrent de la droite : ni Emmanuel Macron, ni Marine Le Pen ne seraient pas capables de trouver une majorité à l’Assemblée nationale. Les propositions du candidat LR seraient les plus réalistes. Il les avance sans entrer dans la mêlée quand le ton monte. Fillon, qui, à Matignon, s’était dit à la tête d’un État en faillite, dénonce le coût des projets concurrents : « Nous sommes le pays le plus endetté de tous les pays développés donc ces solutions que vous proposez ne seront pas mises en œuvre. »

Marine Le Pen

Front national

Des cinq candidats présents, elle est la seule femme, mais aussi celle à qui les sondages promettent la qualification au deuxième tour.

Sa phrase : « Je veux arrêter l’immigration ! C’est clair et j’assume complètement mon propos. »

Son attitude : Dès sa première intervention, elle plante le décor bleu blanc rouge de sa présidence débarrassée de la bannière européenne. « Je veux être le président de la république française, mais vraiment ! » Pas question pour elle de jouer la « vice chancelière de Mme Merkel », ni de laisser le pays se faire « sanctionner par je ne sais quel structure supranationale ». Marine Le Pen déroule son crédo : « Défendre les intérêts des Français », « retrouver nos frontières nationales » pour mieux combattre les filières jihadistes « qui pullulent sur notre territoire ». Lorsque le sujet de l’école arrive, Marine Le Pen en vient très vite à son thème de prédilection. « L’insécurité est entrée dans l’école et les responsables politiques détournent pudiquement les yeux. » Face aux récentes attaques et guet-apens contre des policiers, Marine LePen plaide pour « la présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre ». Sur l’immigration, le programme est connu. La France « n’a plus rien à offrir » à ceux qui veulent venir. « Je comprends qu’ils aient envie de venir, mais moi, je défends le peuple français... »

Created By
Elisa Guillaume
Appreciate

Credits:

PHOTOS AFP

Report Abuse

If you feel that this video content violates the Adobe Terms of Use, you may report this content by filling out this quick form.

To report a Copyright Violation, please follow Section 17 in the Terms of Use.