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Faire le meilleur à partir du réel Actes 2

Lecture biblique

Actes 2

1Quand le jour de la Pentecôte arriva, ils se trouvaient réunis tous ensemble. 2Tout à coup il y eut un bruit qui venait du ciel comme le souffle d’un violent coup de vent : la maison où ils se tenaient en fut toute remplie ; 3alors leur apparurent comme des langues de feu qui se partageaient et il s’en posa sur chacun d’eux. 4Ils furent tous remplis d’Esprit Saint et se mirent à parler d’autres langues, comme l’Esprit leur donnait de s’exprimer.

5Or, à Jérusalem, résidaient des Juifs pieux, venus de toutes les nations qui sont sous le ciel. 6A la rumeur qui se répandait, la foule se rassembla et se trouvait en plein désarroi, car chacun les entendait parler sa propre langue. 7Déconcertés, émerveillés, ils disaient : « Tous ces gens qui parlent ne sont-ils pas des Galiléens ? 8Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans sa langue maternelle ? 9Parthes, Mèdes et Elamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, du Pont et de l’Asie, 10de la Phrygie et de la Pamphylie, de l’Egypte et de la Libye cyrénaïque, ceux de Rome en résidence ici, 11tous, tant Juifs que prosélytes, Crétois et Arabes, nous les entendons annoncer dans nos langues les merveilles de Dieu. »

12Ils étaient tous déconcertés, et dans leur perplexité ils se disaient les uns aux autres : « Qu’est-ce que cela veut dire ? » 13D’autres s’esclaffaient : « Ils sont pleins de vin doux. »

Prédication du pasteur Rudi Popp

France 2019.

Une personne se plaint de l’Eglise : elle n’aurait plus d’enthousiasme ; elle aurait perdu la simplicité de sa morale ; les habitués seraient tellement peu accueillants qu’il devient de plus en plus vrai que la raison pour laquelle les gens ne vont pas à l’Eglise, ce sont les gens qui vont à l’Eglise, etc.

Un pasteur (ou le prêtre, selon la confession) se plaint de sa paroisse : elle n’aurait plus de feu ; la minorité de paroissiens qui participent le ferait davantage par faible convention que par conviction ; et ceux qui ne participent pas, la majorité, auraient des convictions tellement fortes que les conventions leur interdisent de les exprimer dans l’Eglise, etc.

Et dans la paroisse, on se plaint du pasteur. Il ou elle ne serait pas assez disponible ; jamais joignable, il est toujours occupé, ou l’inverse : jamais occupé, il est tellement joignable qu’il fait perdre son temps à tout le monde ; généralement, quand il parle, on comprend rien, et quand on le comprend enfin, on se dit parfois qu’on aurait préféré ne rien comprendre ; quand ça prêche, c’est soit trop long ou carrément trop court, et même si c’est court, ça paraît encore très très long, et vice-versa, etc.

Alors, bien sûr, le pasteur se plaint de ses collègues et de sa hiérarchie : ils ne seraient pas vraiment compétents, et manqueraient surtout de la compétence cruciale pour compenser leur incompétence ; quand il les voit, il n’en peut plus de les entendre ; quand il ne les voit pas, il se plaint de ne jamais être entendu, etc.

Ailleurs, c’est le président d’Eglise (ou l’évêque) se plaint des paroisses : elles auraient des activités trop peu visibles, une communication soit catastrophique, soit… catastrophique ; des responsables fermés à toute réforme structurelle, au point qu’en fusionnant deux paroisses, on se retrouve avec 4 groupuscules qui se disputent les sous-coupes du foyer paroissial, etc. -

Rassurez-vous, chers amis, je m’arrête là, car heureusement, aucun de nous n’est concerné par ce sombre tableau de jérémiades, dont les traits sont tout juste légèrement grossis…

Or je suis presque certain que chacun connait quelqu’un qui connait quelqu’un qui a déjà entendu des commentaires du genre que je viens d’évoquer ; et je ne voudrais surtout pas critiquer le fait qu’on puisse critiquer l’Eglise. C’est très important de le dire quand ça ne va pas, quand ça va mal, quand ça tourne en rond, etc.

Pourtant, tout cela reste très subjectif, c’est difficile à prendre en compte quand ça manque de précisions… toute critique d’Eglise doit être prise avec précaution et finesse, sauf bien sûr le fait absolu qu’aucun pasteur (ou prêtre) n’arrivera jamais à la cheville ni de son mythique prédécesseur ni de son successeur tant désiré.

En ce jour de fête d’anniversaire, nous sommes interpellés par la lecture biblique dans le livre des Actes des apôtres : Qu’attendons-nous de prendre l’Eglise et ceux qui s’y trouvent, à l’intérieur et sur le seuil, l’Eglise telle qu’elle est et d’en faire le lieu de la nouvelle Pentecôte ?

Car aujourd’hui, frères et sœurs, l’Esprit de Dieu nous communique une compétence nouvelle, ou qui est du moins toujours à renouveler : la capacité pentecostale de faire le meilleur à partir du réel.

En effet, le premier des défauts ecclésiaux, chronologiquement, c’était que les disciples croyaient que le Royaume des cieux aurait dû déjà se produire pleinement, immédiatement par la prédication de Jésus de Nazareth, sinon il serait venu pour rien.

Le premier des défauts ecclésiaux, c’est toujours de croire que le Royaume des cieux doit déjà se produire pleinement, immédiatement dans ma paroisse, sinon j’y vais pas.

La scène de Pentecôte que les Actes des Apôtres nous décrivent reçoit son rayonnement en grande partie à partir du vécu plutôt décevant du temps précédent. Certes, le Christ ressuscité est venu à la rencontre des disciples amputés de leur maître ; certes, le conseil des apôtres a procédé à l’élection (par tirage au sort) d’un remplaçant pour Judas, afin que le cercle des douze soit au complet ; mais ni l’assurance personnelle de la présence du Christ ni la bonne organisation de l’institution ne suffisent pour constituer l’Eglise. La flamme dans les cœurs a bien été éteinte.

Ce groupe de disciples déçus, à moitié rassurés par les apparitions du Christ, n’est pas encore l’Eglise : leur expérience n’est pas communicative - elle reste le fait de quelques vieux copains de Jésus de Nazareth qui se remémorent des souvenirs. Et très certainement, ils ne manquaient pas de se faire toutes sortes de reproches, les uns les autres : T’aurais pu être plus réceptif quand Jésus parlait ! T’aurais mieux fait de te taire ! T’aurais cru un peu plus, ça ne se serait pas passé comme ça ! etc.

Les évènements du jour de la Pentecôte ont transformé ce groupe désemparé, et entre nous soit dit : peu attrayant, en Eglise rayonnante. Malgré tous leurs défauts, malgré les plaintes et les jérémiades, l’Eglise est née par la communication de l’Évangile dont personne n’avait anticipé ni le moment ni la force.

Au jour de la Pentecôte, l’Esprit de Dieu a communiqué aux disciples une compétence nouvelle : la capacité pentecostale de faire le meilleur à partir du réel. Les disciples qui croyaient que le Royaume des cieux aurait dû déjà se produire pleinement, immédiatement par la prédication de Jésus de Nazareth, comprenaient alors que leur parler dans l’Esprit, leur prédication, pouvait être aussi puissant ! L’incompréhension et les critiques n’ont pas disparu pour autant - certains auditeurs disaient : « Qu’est-ce que cela veut dire ? » ; d’autres s’esclaffaient : « Ils sont pleins de vin doux. » Il n’y a jamais eu d’automatisme dans la communication de l’Évangile ; l’Esprit Saint admet la critique et le questionnement.

En ce jour de fête d’anniversaire de l’Eglise, je vous demande donc, frères et sœurs : Qu’attendons-nous de prendre l’Eglise et ceux qui s’y trouvent aujourd’hui, à l’intérieur et sur le seuil, l’Eglise telle qu’elle est et d’en faire le lieu de la nouvelle Pentecôte ?

Oui, aujourd’hui, l’Esprit de Dieu nous communique encore cette compétence toujours nouvelle : la capacité pentecostale de faire le meilleur à partir du réel. Au lieu de croire que le Royaume des cieux doit se produire pleinement, immédiatement dans notre paroisse, nous aussi pouvons comprendre que notre parler dans l’Esprit, notre prédication, puisse être aussi puissante que celle des apôtres, même si l’incompréhension et les critiques ne disparaîtront pas pour autant.

Ce jour de la Pentecôte peut alors transformer nos groupes désemparés, et entre nous soit dit : parfois peu attrayants, en Eglise rayonnante ! Malgré tous nos défauts, malgré les plaintes et les jérémiades, par une forme de résilience face aux erreurs et errements des Églises, en faisant le meilleur à partir du réel, l’Eglise naît encore par la communication de l’Évangile dont personne n’anticipera jamais ni le moment ni la force. -

Je termine par une simple remarque exégétique : vous voyez dans le texte que les disciples ne parlaient pas tous la même et unique langue. « Remplis d’Esprit Saint, ils se mirent à parler d’autres langues, comme l’Esprit leur donnait de s’exprimer… chacun les entendait parler sa propre langue. »

L’Eglise, pour être fidèle à la Pentecôte, doit parler plusieurs langues. Elle s’est toujours exprimée et s’exprime encore par plusieurs confessions, à ne pas confondre avec les querelles de clocher. La pluralité pentecostale des confessions est noble ; la multiplication des querelles et bisbilles lui est totalement contraire.

Aujourd’hui, que nous soyons tamponnés protestants, catholiques ou autres, j’ai envie de dire : devenons des pentecôtistes ! Et non pas comme certains des membres d’Eglises pentecôtistes, qui parfois prennent les autres chrétiens de haut, mais des chrétiens qui savent accueillir, en râlant parfois un peu, un nouvel esprit de Pentecôte, pour faire dans l’Eglise, avec les Églises confessionnelles et par l’Eglise une, sainte, catholique et apostolique le meilleur à partir du réel. Amen !

Created By
Rüdiger Popp
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Credits:

Inclut des images créées par silviarita - "flowerpot engine heart" • Paul Bulai - "untitled image" • Didgeman - "goose attack defend" • Zhu Liang - "untitled image" • Simson Petrol - "untitled image" • Priscilla Du Preez - "untitled image" • pixel2013 - "girl balloon composing"

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