"Complicités" Alain Bouvier, le véto "au cul des vaches"

Dans un livre-photos, Alain Bouvier, vétérinaire, témoigne après quarante ans d'exercice sur ce métier passionnant, riche de rencontres. Les images sont signées Bertrand Cardon.

Vétérinaire à Moulins-la-Marche depuis quarante ans, Alain Bouvier a tissé des liens particuliers avec les éleveurs. Dans trois ans, il prendra une retraite méritée. Ses enfants ont souhaité qu'il laisse une trace. « A soixante ans, j'ai finalement eu envie de faire quelque chose ». D'où l'idée d'un livre-photos au tirage limité, destiné à son entourage.

Finalement, à la vue des photos de Bertrand Cardon, il s'est dit que ça serait pas mal que le grand public en profite pour découvrir son métier, avant qu'il ne devienne trop technique. Par l'intermédiaire du Goût des Mots, Alain a rencontré Manuel Thiery des Editions de L'Etrave, le projet est né avec « Complicités, images d'un vétérinaire de campagne ».

« Au cul des vaches », Alain a souhaité mettre en avant cette relation « triangulaire » entre le propriétaire, le vétérinaire et l'animal. Images que le photographe a captées à travers des regards, des émotions entre ces trois partenaires pendant l'intervention du professionnel. Dans ce livre-photos, des portraits des propriétaires après l'intervention, « on discute de choses et d'autres »...

Le lecteur est invité à se balader d'une page à page, d'un cliché à l'autre, d'une histoire à l'autre. Aux questions qu'il se posera sur chaque intervention, ses conséquences, il trouvera des réponses à la fin de l'ouvrage.

Les deux hommes ont accroché dès leur première sortie. Bertrand Cardon, citadin étranger au monde rural, a apporté ce « regard neuf sur le monde rural, sur le monde animal, sur le monde médical » que le vétérinaire recherchait. Le photographe, devenu reporter, a partagé son quotidien pendant cinq semaines, à différentes saisons de l'année.

Originaire de La Chapelle-Souëf, ce fils d'agriculteurs est resté « attaché à la terre, à la paysannerie », il aime d'ailleurs aller sur le terrain, aller à domicile : « Avec les chevaux, qui représentent 90 % de ses sorties, avec les bovins, on sent les choses autrement que dans un cabinet. Et quelle que soit l'heure. « On est au service vingt-quatre heures sur vingt-quatre. »

Lui, l'ancien, privilégie le contact. « On regarde, on écoute, on touche. » Les examens arrivent après. Ce qu'il explique dans le livre : « L'animal communique par son comportement, son regard, le mouvement de ses oreilles, son port de tête » : « J'ai vu la douleur, terrible, d'un cheval lors de coliques abdominales. J'ai appris à rassurer ces gros animaux, à mesurer leurs inquiétudes lorsque je les aborde. »

« Complicités, images d'un vétérinaire de campagne », 28 euros, aux Editions L'Etrave. Renseignements : www.editions-etrave.fr ; 06 11 33 11 00 ; 02 33 73 41 71.

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