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Une économie en plein essor Témoignages sur le miracle économique portugais

Une ascension

  • Habitants 10 300 00
  • Chômage 7,8% de la population active (2018)
  • Croissance économique 2,7% (2017)
  • Exportations 42% du PIB

Un lourd héritage

  • Dette publique 126% PIB
  • Revenu minimum 580/mois
  • Plan d'austérité 2014 78 milliards d'euros

Comment Le Portugal a-t-il pu devenir l'une des économies les plus dynamiques de l'Union européenne? 3% de croissance économique... un taux de chômage en dessous de la barre des 8%... La grave récession et les années d'austérité qui ont suivi la crise financière de 2008 sont bien terminées... Augmentation des salaires... et des pensions... diminutions des impôts pour les revenus les plus faibles... Le pari du gouvernement socialiste arrivé au pouvoir en 2015 est en passe d'être gagné...

Miguel Fontes (CEO de Start up Lisboa):

Start up Lisbonne est un incubateur de startups. Il a été fondé il y a environ 6 ans pour aider les startups à se développer, et à grandir. Depuis qu’on est né on a appuyé déjà plus de 350 entreprises, qui ont créé plus de 1500 postes de travail directs, et qui ont été investis dans plus de 80 millions d’euros en ensemble
Nous sommes dans une économie globale, le modèle traditionnel ne marche plus. Cela veut dire que nous devons ajouter de la valeur: design produits innovateurs, nousvelles technologies… Et ca c’est quelque chose qu’on est en train de faire ces dernières années… Le pays n'est plus seulement compétitif parce que les coûts de production sont bas. Nous nous positionnons dans une économie moderne
Jacques Falbani et William Tonnard, associés

William Tonnard, investisseur immobilier:

Je suis propriétaire de cet immeuble à Lisbonne avec deux associés et je me suis installé à Lisbonne il y a trois ans au mois d’aout 2015.
Nous voulions trouver un marché au niveau de la location toursitique. Nous avons assez rapidement réalisé que c’est au Portugal que tout était en train de se passer. J’ai quitté mon emploi en finances à Hong Kong pour m’installer ici et créer deux entreprises: l'une dans la promotion immobilière, et l’autre dans la location touristique…
Nous avons investi 100 millions d'euros sur 5 bâtiments. Sur cet immeuble par exemple, nous avons vendu l’intégralité des appartements avant même de commencer la construction, c'est-à-dire juste après avoir eu le permis…
Notre société de développement travaille avec des partenaires qui ont investis dans les projets, et 3 personnes employées. En revanche, sur la partie location court terme, on a 170 appartements sous gestion, et dans cette société entre l’Algarve Lisbonne et Porto, nous employons 40 personnes.
Marco Silvio et Felipé Vincente, restaurateurs

Felipe Vincente, patron du Bar à Céréales au Bairo Alto, à Lisbonne:

J’étais ingénieur en mécanique et je travaillais à l’étranger, aux Pays Bas. J’étais dans une situation professionnelle assez confortable, mais j’ai décidé de changer, de revenir au Portugal et avec Marco, ancien consultant, de lancer ce projet. C'est quelque chose de très personnel… Ca montre l’esprit d’initiative des entrepreneurs au Portugal, et c’est quelque chose qui est à moi. On est présent à Lisbonne et à Porto mais on va essayer de développer cela dans d’autres pays.

Les années d'austérité ont marqué le pays. Le désinvestissement massif dans des services publics déjà défaillants, la diminution des salaires et des retraites... des mesures drastiques qui ont marqué les Portugais. Aujourd'hui, le niveau des investissements publics a augmenté, mais il n'est toujours qu'à un tiers de ce qu'il était avant la crise financière de 2008... Les centres de soins décentralisés en province ont par exemple dû fermer, obligeant certains patients à faire des trajets de plus de 100 km pour aller à l'hopital le plus proche. Dans les services de santé, le temps d'attente pour un rendez-vous chez un spécialiste peut atteindre 1 an...

João Fernandes, chef infirmier à la retraite:

Avec la crise, il y a eu de fait beaucoup de coupes sèches faites par le gouvernement, avec des répercussions sur notre budget (à l'hopital public Saint Francois Xavier, ndlr). A cause de cela, il a eu un attrait de l'émigration: beaucoup de jeunes infirmiers, et beaucoup de jeunes licenciés d'autres domaines ont quitté le pays, pour chercher de meilleures conditions de travail et de revenus. Ceci a créé un grand vide, et plus encore dans les institutions publiques. Et puis les conditions de travail étaient telles que les absents de longues durée ne pouvaient plus être remplacés.
Les subsides ont diminué, causant une surcharge de travail, avec parfoisun certain risque dans la prestation des soins. Il y a eu aussi, en plus, la mise en place d'une charge horaire hebdomadaire excessive (des 35h, on est passé à 40h), avec une réduction de la valeur horaire. La valeur à laquelle étaient payées les heures supplémentaires a été diminuée... Cela a causé beaucoup de démotivation, le nombre d'absences pour raisons médicales a augmenté. Et les personnes avec moins de ressources financières ont aussi eu des difficultés au niveau de l'achat de médicaments. Tout ceci a conduit à un aggravement des maladies chroniques qui ont augmenté, et donc un recours plus important aux services d'urgences avec des maladies plus aiguës et plus compliquées, et un nombre plus élevé d'hospitalisations.
Armindu Gerardo, 78 ans, retraité, au parc de Campo Ourique

Armindu Gerardo:

J'étais employé de banque… pendant 27 ans. Le montant de ma retraite n’est ni bon ni mauvais… disons que j’ai l’essentiel. Ca me permet de vivre. J’ai deux filles, qui ont déjà une famille. J’ai été affecté par la crise, j’ai connu des périodes qui étaient compliquées. Aujourd’hui ca va un peu mieux, mais il y a quelques années nous avons beaucoup souffert. Durant la crise, on a diminué ma pension de 250 euros... j’ai du me serrer la ceinture. c' était un peu compliqué pendant ces années de crise, parce que j’ai des dépenses tous les mois, je dois payer le prêt de ma maison… En ce qui concerne l'augmentation récente du montant des retraites, je m’y fais, mais je ne suis pas euphorique. Mais je comprends.
En fait, on devrait avoir plus, mais il y a eu beaucoup de détournements dans les banques et forcément l’argent manque pour autre chose. Ce qu’on pourrait déjà faire, c’est encore augmenter les retraites les plus basses et couper dans les retraites les plus élevées… pour mieux redistribuer l’argent.
Francesco Louça, professeur d'économie à l'Université technique de Lisbonne et membre de Bloc de Gauche

Franceso Louça, économiste:

La crise économique a commencé en 2008. Mais chez nous c'était surtout en 2011, à cause de la crise de la dette. L'austérité a été imposée par les institutions financières, la Banque centrale européenne, l'Union européenne et le Fonds monétaire international - la Troïka. C'était un plan de mesures très dures pour réduire le pouvoir d'achat, réduire l'investissement public, et surtout réduire au maximum la dette. Il y a encore aujourd'hui des contraintes sur les investissements publics, à cause des règles européennes sur le budget.
Le gouvernement a voulu tourner la page au niveau de l'orientation politique.
La nouvelle politique économique, ce "miracle", c'est la récupération de la confiance. Les gens savent que les pensions vont augmenté, et augmentent; il n'y a plus de privatisations; il n'y a plus d'augmentation des impôts, au contraire, on a diminué les impôts personnels. Et la confiance, cela produit des possibilités d'augmentation de la demande, et des investissements.
Mais il y a encore des contraintes sur l'investissement public, à cause des règles européennes sur le budget. Il y a donc encore des manques au niveau du service national de santé, au niveau de l'éducation. Les pensions restent encore réduites, même si elles ont augmenté. Le salaire minimum a augmenté de 20% (à 580 euros, ndlr), mais il reste très réduit par rapport au niveau européen. Il y a eu 350 000 nouveaux emplois créés, pour une population active de 4 à 5 millions de personnes. Mais cela reste encore surtout des travailleurs qualifiés avec des bas salaires.

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