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Si Mader m'était conté... Plongée étourdissante au cœur de la Belle époque.

C'est une belle rencontre qu'il nous a été donné de faire... Lui, amoureux de la pierre, de l'architecture... breton de Guémené-sur-Scorff parti bâtir des villas somptueuses sur le nouveau continent... des villas de rêves à Malibu et sur la côte californienne. Mais parlons de son joli rêve à lui, notre breton expatrié... celui d'offrir sa renaissance à un château Belle Époque du bassin d'Arcachon... Pierre LePendeven nous raconte !

A la fin de la Belle Époque, Camille Mader croise le chemin de Clara Thépenier. Ils sont riches, jeunes et beaux mais leur idylle rendue impossible par l'opposition ferme de la famille de Camille à cette union.

Pourtant ils vont lutter, se battre et triompher. De leur amour naîtra le Château Mader, joyau girondin qui hébergera sur sa façade, placages de reliefs, cariatides et colonnades et dans ses salons, la passion d'un couple tout aussi romantique que le fut celui formé par Franz Liszt et Marie d'Agoult entre Paris et Genève presque un siècle avant...

Liszt qui déclara à Marie : " Apprends-moi à lire la langue mystérieuse de ton âme"... On vous propose de conserver en mémoire cette déclamation hors du temps et d'imaginer Camille la susurrer avec émotion au creux de l'oreille de Clara... et de continuer notre voyage au cœur du château Mader en compagnie de Pierre LePendeven, le maître des lieux.

Le château Mader date de la Belle Époque. Pouvez-vous nous en raconter l'histoire ?

Oui, la fin de la période Belle Époque puisque sa construction a commencé en 1907 pour s'achever en 1908. Son histoire est atypique. D’après mes recherches, c'est une jeune fille auvergnate Clara Thépendier, héritière d'un entrepreneur qui en écrit les premières et plus belles lignes. Elle tomba follement amoureuse de Camille Mader, que l'on pourrait qualifier de "Bon parti" même si le terme paraît désuet. Camille, c'est la famille Godard, richissimes négociants à Cognac et Bordeaux. Ils vivent un énorme coup de foudre l'un pour l'autre et à 18 ans, Clara décide d'acheter le domaine de la Hourcade et ses parcelles avoisinantes. Ils se marient en 1906 malgré l'opposition de la mère de Camille. On en a des traces sur les actes notariés que j'ai retrouvés.

Un couple inscrit dans la pure tradition néo-romantique en somme !

Oui, c'est ça... leur mariage a été discret avec une assistance réduite... leur témoin était le clerc de notaire... le couple débute seul dans leur aventure. Peu de temps après, ils ont commencé la construction du château sur les terres que Clara avait précédemment acquises... Il semblerait d'ailleurs que ce soit elle qui ait financé et payé le château.

Qui étaient Camille et Clara ?

Ils étaient un peu touche à tout s'y je peux m'exprimer ainsi. Camille avait un esprit scientifique - Étudiant en médecine NDLR - et se passionnait pour la pêche à la sardine et le bassin d'Arcachon. Clara était libre, féministe... elle montait par exemple très bien à cheval. Ils donnaient de grandes et belles réceptions.

Et le Château Mader ?

Eh bien, il est le château de l'amour en quelques sorte. Du temps du couple, tout le monde s'y pressait et souhaitait y être convié. Il resta dans les mains de Clara jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale. Il a dû changer de propriétaire 3 ou 4 fois depuis sa construction.

Pourquoi avez-vous décidé d'en faire l’acquisition ?

Quand je m'y suis intéressé, il était à l'abandon. Je vis et travaille aux USA depuis les années 80. Je suis dans l'immobilier sur la côte Californienne. J'y construis des maisons. En vacances avec ma femme, fille d'un ostréiculteur de Gujan- Mestras, on m'a parlé du château et de sa mise en vente. Je suis allé le visiter. Il était totalement à l'abandon. Je l'ai tout de suite imaginé restauré... je me suis lancé ! C'est un peu ma profession après tout. Pourtant c'était néanmoins un beau challenge.

Un coup de cœur ?

Oui, bien entendu, qui ne tomberait pas amoureux des lieux... mais encore une fois, mon œil de professionnel a également été décisionnaire. J'ai été impressionné par son architecture et son potentiel. Une fois que j'ai pénétré dans le parc, j'ai vu tous les détails...

Quand vous avez commencé la restauration, vous vous êtes mis en relation avec les Bâtiments de France ?

Alors même si le château est considéré comme important, il n'est pas classé à ce jour. Donc, je n'ai pas eu à travailler avec les Bâtiments de France. Le projet se concentrait exclusivement sur l'intérieur et il n'y avait pas de remaniement de la structure.

Et comment se présentaient les choses ?

De manière très complexe ! Les anciens propriétaires avaient par exemple enlevé toutes les portes de la bâtisse ! Il a fallu, qu'avec un artisan, on arpente de nombreuses brocantes afin de commencer à les reconstituer... ça, c'est pour le côté ébénisterie. Côté staff, tout avait disparu ou plus exactement rien n'était visible, le décor avait été enlevé... au second étage des plaques de polystyrène avaient été installées sur tous les plafonds. En les enlevant, on a vu des portions d'ornementation et j'ai vu ce que pouvait être l’ensemble à l'origine. Alors j'ai décidé de me lancer. J'ai fait appel à l'équipe Staff Décor de Bordeaux et on a tenté de redonner à l'ensemble l'esprit d’origine d’après ce que l'on en pressentait aussi depuis l'extérieur.

Carte postale représentant le joyau de Gujan-Mestras
Vous vous êtes également appuyé sur des photographies d'époque ?

Il y a beaucoup de photos de l'extérieur... j'ai aussi toute une série de photos de l’intérieur avant la précédente rénovation... elles datent des années 60-70 voire même 80. les détails des plafonds n'y sont malheureusement pas visibles. Par contre, on y voit les menuiseries ainsi que les portes. J'ai pu avancer avec ces quelques éléments.

Et concernant la rénovation des parquets ?

Les parquets ont beaucoup souffert avec le temps à cause des infiltrations d'eau. Ils sont en pointe de Hongrie. Les lames ont dues toutes être reposées avec des retouches et ce travail a été magistralement réalisé par Monsieur Albi, un artisan local grâce à qui la qualité a été le maître mot.

Qu'est ce qui vous a le plus amusé dans la rénovation ?

Tout m'a amusé. Le côté créatif est néanmoins ce qui m'a le plus marqué. Il y avait au second étage une verrière d’origine avec un percement toit-terrasse. On voyait la structure métallique et j'ai imaginé ce qui pouvait être fait type grands magasins parisiens durant la Belle Époque. J'ai cherché et j'ai trouvé un artisan de la région parisienne pour y créer une verrière avec des doubles moulures en staff en périphérie.

Vous avez l’habitude de travailler aux États-Unis et avez désormais une riche et atypique expérience française aussi. Pouvez-vous partager avec nous les différences de réflexes de travail entre les deux pays ?

Alors déjà, le fait de travailler là-bas m'assure aux USA un réseau fiable et stable... un réseau que j'ai développé et surtout que je connais. La comparaison va donc forcément être faussée. Quand j'ai commencé à me lancer dans le projet Mader, je ne connaissais personne. Mon premier sentiment est le suivant : aux États-Unis, les fournisseurs s’adaptent au désir du client... les américains sont très réactifs et anticipent les besoins. En France, le savoir-faire a une place centrale dans les réalisations. L'artisanat d'Art a une importance capitale et on sait vous trouver la solution adéquate lors de déconvenues ou d'imprévus... la maîtrise patrimoniale est imbattable. Comprenez que je n'ai pas envie de comparer... j'ai plus envie de mettre en avant deux perspectives totalement différentes mais tellement compatibles !

Et le staff aux USA ?

Les Américains sont fous de l’ornementation ! Regardez le buzz du Penthouse de Donald Trump sur la toile ! Il faut voir les détails... on a l'impression que tout vient de chez vous ! Pourtant tout est en bois... c'est dommage mais rassurant... tout peut y être accompli.

Qu’imagine-t-on quand on se lance dans une telle rénovation ? Se projette-t-on dans la vie du château une fois le chantier achevé ?

Oui, forcément un minimum mais ce n'est pas l'objectif premier d'imaginer demain. On doit beaucoup se projeter dans le passé à contrario. J'ai avant toute chose imaginé le parc et le château comme un tout où le parc est l'écrin et le joyau, le château. La rénovation a mal commencé. On a fait face à de nombreuses difficultés telles que les fuites. Mais je savais que cette seconde vie était quelque chose de possible pour Mader. Je l'ai pensé comme un lieu résidentiel avant toute chose. Et ce lieu de résidence, on pouvait le louer pour de la villégiature à la semaine... Les anciens propriétaires du Château Mader avaient restructuré l'endroit afin qu'il puisse accueillir des fêtes et des mariages... je ne voulais pas forcément reprendre leur créneau mais il s'avère que durant les travaux, j'ai été approché afin de remettre en place une formule de location pour les mariages. L'idée est toutefois bien différente : on loue le lieu aux futurs mariés en leur donnant l'impression que le château est réellement le leur durant les festivités. Ils occupent le château du vendredi au dimanche soir... et tout le château. Il est "leur" maison le temps d'un week-end entier. On retrouve tout cet esprit "Belle Epoque".

Vous laissez vos clients libres dans le choix de leurs prestataires ?

Oui tout à fait, on n'impose pas, mais il faut que le traiteur soit présélectionné. On ne peut pas laisser venir n'importe qui. Pour tous les corps de métier intervenant sur les évènements c'est la même chose... du DJ au décorateur... On a déjà accueilli 4 mariages... un bon début pour nous !

Un grand merci à

Monsieur Pierre LePendeven

de s'être prêté au jeu de notre interview ainsi qu'à Madame Isabelle Gallemaert.

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Credits:

@StaffDécor2018 @ChateauMader2018

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