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Biathlon : les Bleus visent les sommets La saison de coupe du monde de biathlon reprend dimanche à Pokljuka, en Slovénie. L’occasion de faire le point sur les chances françaises, les principaux concurrents et toutes les dates à retenir.

Reportages : Xavier Alloy, Quentin Péchoux. Vidéos : Xavier Alloy, Laetitia Courti. Photos : Philippe Trias. Montage format long et infographies : Laetitia Achilli

Justine Braisaz

Coupe du monde

Du 2 au 9 décembre : Pokljuka (Slovénie)

Du 13 au 16 décembre : Hochfilzen (Autriche)

Du 20 au 23 décembre : Nove Mesto (Rep. Tchèque)

Quentin Fillon-Maillet. Photo Philippe TRIAS

Du 10 au 13 janvier : Oberhof (Allemagne)

Du 14 au 20 janvier : Ruhpolding (Allemagne)

Du 24 au 27 janvier : Antholz-Anterselva (Italie)

Du 7 au 10 février : Canmore (Canada)

Du 14 au 17 février : Salt Lake City (USA)

Du 21 au 24 mars : Oslo Holmenkollen (Norvège)

Les championnats du monde auront lieu à Ostersund en Suède du 7 au 17 mars 2019.

Les biathlètes sélectionnés pour le début de la coupe du monde

Après les dernières courses de sélection de Lenzerheide (Suisse) effectuées la semaine dernière, voici les 12 biathlètes tricolores retenus pour le début de la coupe du monde, du 2 au 9 décembre à Pokljuka (Slovénie).

Hommes : Martin Fourcade (Pyrénées), Quentin Fillon-Maillet (Jura), Simon Desthieux (Ain), Fabien Claude (Vosges), Antonin Guigonnat (Mont-Blanc), Emilien Jacquelin (Dauphiné).

Dames : Anaïs Bescond (Jura), Célia Aymonier (Jura), Justine Braisaz (Savoie), Anaïs Chevalier (Dauphiné), Enora Latuillière (Mont Blanc), Julia Simon (Savoie).

Les autres équipes de France

Equipe dames Nationale B

Célia Aymonier (Massif jurassien)

Caroline Colombo (Massif jurassien)

Chloé Chevalier (Dauphiné)

Enora Latuilliere (Mont-Blanc)

Myrtille Bègue (Pyrénnées Est)

Julia Simon (Savoie)

Les équipes jeunes/juniors dames et hommes

Lou Jeanmonnot (Massif Jurassien)

Camille Bened (Mont-Blanc)

Sophie Chauveau (Mont Blanc)

Paula Bottet (Vosges)

Gilonne Guigonnat (Mont Blanc)

Coline Pasteur (Dauphiné)

Martin Bourgeois République (Massif Jurassien)

Sébastien Mahon (Massif jurassien)

Léo Raffin (Massif jurassien)

Emilien Claude (Vosges)

Equipe hommes Nationale B

Fabien Claude (Vosges)

Morgan Lamure (Savoie)

Hugo Rivail (Savoie)

Simon Fourcade (Dauphiné)

Martin Perrillat Botonnet (Mont Blanc)

Martin Fourcade vise le grand huit

Qu’est ce qui fait encore glisser Martin Fourcade ? Chaque saison, le quintuple champion olympique écrit un peu plus l’histoire du biathlon. À l’heure d’ouvrir un nouveau chapitre, le voilà cette année sur la ligne de départ pour conquérir un 8e gros globe de cristal. Du jamais vu. Le biathlète de 30 ans est en effet le seul à avoir remporté sept fois le classement général de la coupe du monde, qui plus est consécutivement depuis 2012. « J’ai encore des objectifs ambitieux en coupe du monde et aux championnats du monde », souligne le Français. « Après 7 ans à me battre pour la première place je ne me vois pas ambitionner un autre résultat, mais je ne me suis pas fixé d’objectif comptable. Une domination pendant 7 ans, ne veut pas dire une domination durant la 8e année. J’essaie avant tout de me donner les moyens d’être performant ».

Encore deux ans minimum

« Ce qui me motive encore ? La chance de continuer à pratiquer ma passion. La chance aussi de pouvoir m’épanouir dans cette équipe avec un mode de vie qui me plaît. C’est ce qui me pousse à continuer. Je sens que je n’ai pas fait le tour de ce que j’ai à donner et à recevoir de mon sport », explique Martin Fourcade, qui ne cesse de répéter sa volonté de prolonger l’aventure pour encore deux ans, au minimum.

« Il y aura des beaux Mondiaux en Suède en mars puis en Italie l’année suivante. C’est ce qui me motive. Pour ce qui est des JO de Pékin 2022, c’est encore trop loin pour y penser. Je prendrai ma décision en 2020 », assure le Catalan.

La concurrence : Johannes Bœ dans le viseur ?

La saison dernière, le bras de fer entre le Norvégien Johannes Bœ et Martin Fourcade a été passionnant tout au long de la saison. Pour le Français, Boe reste son plus grand rival : « Même si on n’est pas à l’abri de voir d’autres athlètes se révéler, je pense que c’est lui mon concurrent principal, c’est lui le plus dangereux », expliquait Fourcade à l’automne. Sauf que le Norvégien a connu une préparation très compliquée. Après avoir décalé sa reprise et fait une croix sur l’entraînement au mois de mai, le numéro 2 du classement général 2017/2018 a avoué, en septembre, « être à 20 % de sa forme ». Et quand rien ne va… Fin octobre, le Norvégien s’est aussi bloqué le dos lors d’un stage à Oberhof (Allemagne). De quoi inquiéter son coach Egil Kristiansen : « On aimerait mieux le voir éviter tout cela » indiquait-il alors au média norvégien NRK. « Il n’a pas pu travailler comme prévu. Tout cela ne lui facilite pas la tâche pour le dossard jaune. Ce ne sera peut-être pas pour cette année, on aura ensuite d’autres saisons pour le faire… ».

Y a-t-il un peu d’intox derrière tout ça ? Verra-t-on le Russe Anton Shipulin (3e l’an dernier) s’immiscer dans cette lutte pour le globe ? Réponse très vite avec la première manche de coupe du monde à Pokljuka (Slovénie).

Je sens que je n’ai pas fait le tour de ce que j’ai à donner et à recevoir de mon sport.

Martin Fourcade

En vidéos

Les différences tir debout - tir couché

Pour les novices, difficile de comprendre les subtilités du pas de tir.

Les cibles sont à une distance de 50 mètres. Sur un tir debout, la cible est grosse comme une balle de tennis. Sur le couché, elle fait à peu près la taille d’une balle de ping-pong

Célia Aymonier, biathlète du massif jurassien

Notre vidéo du tir debout

Les champions jurassiens vus par leurs familles

« Anaïs a toujours eu la hargne »

Anaïs Bescond dans les yeux de… ses parents

Souvenirs d’enfance

Des Normands dans le Jura. C’est en 1992 que la famille Bescond a posé ses valises dans le département pour la santé d’Antonin, le second de cette fratrie de trois enfants. Puis en 1994, tout ce petit monde est passé des Moussières aux Marais, à Morbier, avec les pistes de ski sur le pas de la porte. De quoi donner des envies à la cadette Anaïs, alors âgée de 6 ans, qui passera quelques années plus tard du fond au biathlon. « En famille on a de sacrés souvenirs quand elle était petite. En arrivant de Normandie, on avait dit que tout le monde aurait un VTT dans le Jura. Anaïs était toute petite et je lui disais : ‘‘Là où je passe, tu passes !’’. Elle n’a jamais chuté, elle avait toujours envie de réussir. Puis sur ses premières courses de ski, en poussines, si elle terminait première, elle faisait toujours demi-tour pour aller encourager ses copines. Elle a la hargne mais c’est aussi quelqu’un qui a beaucoup d’empathie », raconte son père Christian Bescond.

Anaïs Bescond (en haut à droite) ici au collège des Rousses avec un certain Jason Lamy Chappuis (en bas, troisième en partant de la gauche) . Archive DR

Son caractère ? « Une hargne exceptionnelle »

Made in Normandie, façonnée dans le Jura. Voilà peut-être ce qui explique le caractère de la biathlète de l’équipe de France. « Elle a toujours eu une sacrée caboche, une hargne exceptionnelle et une volonté de réussir », détaillent ses parents, Christian Bescond et Jo Burtin, qui l’accompagnent chaque saison sur plusieurs étapes de coupe du monde.

Le déclic

« C’est en assistant au retour triomphal de Patrice Bailly-Salins à Morbier, après ses médailles acquises aux Mondiaux d’Anterselva 1995 qu’Anais s’est dit : “Plus tard, je ferai du biathlon”», se souvient Christian Bescond. Mais de déclic, il n’y en a pas vraiment eu selon lui : « Elle a connu une ascension régulière depuis les équipes jeunes ». Une ascension par étapes, laborieuse, déterminée, à l’image d’Anaïs et de son caractère. « Elle a été confrontée assez jeune à des difficultés mais elle n’a jamais baissé les bras. Durant sa deuxième année de jeunes, elle n’a pas été sélectionnée pour les Mondiaux mais ça a marqué de manière positive sa carrière. En 2017 elle n’avait pas digéré sa place de remplaçante aux championnats du monde. Par rapport à ça, elle est restée très sobre, elle ne raconte pas ce qu’elle pense réellement, mais elle parvient toujours à se remotiver et à rebondir ».

Musique et études par correspondance

Très famille, passionnée de sports (petite, elle a pratiqué la natation, le tir, la gymnastique), Anaïs Bescond a aussi été une étudiante acharnée et une musicienne. « En plus du biathlon, elle a continué ses études par correspondance. Elle a passé une licence de biologie et continué sur un master. Elle a aussi pris des cours de clarinette jusqu’à l’âge de 18 ans, elle a un très bon niveau », raconte son père.

« Quentin, c’est un gros bosseur »

Quentin Fillon-Maillet dans les yeux de … son frère Jason

Jason Fillon Maillet, vous êtes le frère de Quentin. Plus jeune, quelles ont été ses aspirations ?

« On est trois frères et une sœur. On a toujours aimé bricoler, fabriquer des armes en bois dans l’atelier de notre grand-père. Quentin y arrivait super bien, il a toujours eu ce côté manuel. Nous, on le regardait et on essayait de le copier. »

Vous souvenez-vous de sa première victoire ?

« Sa première peut-être pas mais sa victoire au classement général cadet de la coupe de France à Méribel. Il y avait Manon Contin qui avait gagné chez les filles et avait la même date de naissance que lui, ça m’avait interpellé. Je commençais tout juste à tirer, un jour je me suis dit que je serai à sa place. »

A-t-il des mimiques d’avant ou après course ?

« Il a tendance à être assez stressé avant la course. Il a l’impression d’être partout à la fois (garnir ses chargeurs, chercher ses skis…), ça le rend nerveux. »

Comment est Quentin en dehors du biathlon ?

« C’est quelqu’un de très sympa. C’est un gros bosseur et il aime ceux qui s’investissent, se donnent beaucoup. À un moment j’étais moins assidu aux entraînements, il était là pour me rappeler à l’ordre. »

Quel est le plus beau souvenir que vous avez avec lui ?

« C’était aux championnats de France en 2012 à Bessans avec le relais. Je n’avais pas fait une bonne course, j’étais stressé. J’étais dans la meilleure équipe, on jouait la victoire. J’avais le sentiment qu’on faisait une équipe dans l’équipe. »

À quel moment avez-vous senti qu’il avait franchi un palier ?

« C’était sa toute première coupe du monde au Grand Bornand lors de la saison 2013-2014. On était sur place comme des fous à l’encourager. C’est quand j’ai vu les spectateurs à la sortie du stade qui l’attendaient pour lui demander des autographes que j’ai compris. C’était magique. Des scènes que l’on voit au foot, ben là ça arrive à mon frère. »

Son avenir après sa carrière ?

« Je ne sais pas si c’est ça qu’il va faire, mais je le vois bien rester dans le biathlon en tant que coach. Une place comme Franck Badiou (ancien entraîneur de tir, NDLR), à réparer les carabines. »

Quelle est votre relation ?

« On n’est pas très bavard, mais on pense beaucoup. À chaque course je pense à lui. S’il gagne, je gagne aussi. »

«Célia ? Elle avait un bonnet de lutin rose!»

Célia Aymonier dans les yeux de … son père Philippe

Plus jeune, quelles étaient les aspirations de Célia ?

« Elle a toujours touché au sport, à beaucoup de disciplines. Elle a été très forte en natation, gymnastique, je me souviens l’avoir vu faire le soleil à la barre fixe. J’avais eu peur. Elle est même montée à cheval, elle a le galop 4-5. Et bien sûr le ski où elle m’accompagnait quand je sortais les clients en randonnée. À 6-7 ans, c’est elle qui leur apprenait à faire du ski. »

Vous souvenez-vous de sa première victoire ?

« C’est difficile, dans le Jura ou le Doubs elle n’a jamais perdu. Je me souviens en cadette à Méaudre (Isère) en ski de fond. Elle avait du retard à 400 mètres de l’arrivée et à cette époque, elles lâchaient les bâtons pour conclure. Célia avait refait son retard et gagné. Sa technique m’avait bluffé. »

A-t-elle un porte-bonheur qui l’accompagne ?

« Longtemps elle a eu un bonnet de lutin rose. Je vais me faire taper sur les doigts par Célia (rires). »

Quel est son caractère en dehors du biathlon ?

« Elle est très attentionnée avec sa famille. Quand elle vient, elle veut tout savoir, si tout va bien. Vu qu’elle est naturopathe, elle prend soin de nous. »

Quel a été le plus beau souvenir avec elle ?

« Sa 4e place aux Jeux Olympiques à Sotchi (2014) avec le relais féminin. On était filmé chez nous par la télévision, c’était stressant. C’était tellement beau de voir cette course et en plus Célia avait fait un super-relais. »

Sa reconversion d’après carrière ?

« Je la vois peut-être plus avec les enfants en difficulté. Elle est patiente, elle aime aider les autres. Je me souviens aux Mondiaux U23 à Val di Fiemme en 2013 où elle avait remporté le prix fair-play en enlevant les skis d’une Italienne à l’arrivée qui était à bout de force.

Leur palmarès de la saison 2017-2018

Quentin Fillon Maillet

Né le 16 août 1992 à Champagnole.

Club : Grandvaux (Massif Jurassien).

Taille et poids : 1,77 m, 70 kg.

Meilleurs résultats 2017/2018 :

> 2e Individuel, coupe du monde d’Östersund (SWE)

> 2e Relais, coupe du monde Ruhpolding (GER)

> 3e Poursuite, coupe du monde d’Östersund (SWE)

> 3e Sprint, coupe du monde de Kontiolahti (FIN)

> 3e Relais, coupe du monde d’Hochfilzen (AUT)

> 10e du classement général de la coupe du monde.

Anaïs Bescond

Né le 15 mai 1987 à Aunay-sur-Odon.

Club : Morbier Bellefontaine.

Taille et poids : 1,71 m, 70 kg.

Meilleurs résultats 2017/2018 :

> Championne olympique de relais mixte à PyeongChang (Corée du Sud).

> Médaillée de bronze de la poursuite et du relais aux JO.

> Vainqueur des relais coupe du monde d’Oberhof (GER) et Oslo (NOR).

> 2e de la poursuite sur la coupe du monde de Tyumen (RUS).

> 3e relais d’Hochfilzen (AUT)

> 7e classement général de la coupe du monde.

Célia Aymonier

Né le 5 août 1991 à Pontarlier.

Club : Les Fourgs (Massif Jurassien).

Taille et poids : 1,62m, 54kg.

Meilleurs résultats 2017/2018 :

> Victoires en Relais, coupe du monde d’Oberhof (GER) et Oslo (NOR)

> 3e Relais, coupe du monde d’Hochfilzen (AUT)

Les ambitions de la patronne

Anaïs Bescond ne cesse de le répéter. Son attitude, « son train-train quotidien » comme elle le dit, et son sourire ne disent pas le contraire. Ses trois médailles olympiques (une d’or et deux de bronze) remportées l’hiver dernier à PyeongChang ne l’ont pas changée. Au moins dans sa vie de tous les jours en tout cas. Car sur les skis, les JO ont renforcé son ADN de compétitrice : « Ces médailles m’ont peut-être donné plus de prétentions. J’ai touché du doigt quelque chose de magnifique et j’ai envie de continuer, d’aller plus loin », explique-t-elle.

Triple médaillée olympique en Corée du Sud

À 31 ans, la Jurassienne sera cette saison la chef de file des Bleues après le départ en retraite de sa grande copine Marie Dorin-Habert. « Sur le papier c’est elle qui pourrait avoir le leadership au vu de son expérience et de son palmarès. Elle sait comment gérer une saison, mais elle ne prend pas plus de place que ça », affirme le Jurassien Frédéric Jean, nouvel entraîneur de l’équipe de France dames. « Il n’y a pas une hiérarchie dans l’équipe, cela n’a jamais été comme ça », reprend Bescond.

« Je vise le classement général »

Anaïs Bescond

Plus que dans le vestiaire, son objectif sera avant tout de performer derrière la carabine avec un but précis en tête : « J’ai coché le classement général. J’aimerais vraiment porter le maillot jaune de leader même si j’ai conscience que le niveau est très très élevé et que si je suis dans le top 3 ce sera déjà très beau. Mais bon, autant viser haut ! ».

Si les jambes répondent et que le bras ne tremble pas, celle qui a terminé 7e du classement général l’an dernier aura évidemment les Mondiaux d’Östersund aussi dans le viseur en mars prochain. Mais une chose après l’autre. Pour l’instant, Bescond veut gravir de nouveaux podiums pour se placer au général. Et pourquoi pas regoûter à l’or sur une course individuelle. Une saveur qu’elle n’a connue qu’une seule fois en coupe du monde. C’était en janvier 2014 à Antholz (Italie). Le site qui accueillera les Mondiaux 2020 de biathlon.

Ces médailles m’ont peut-être donné plus de prétentions. J’ai touché du doigt quelque chose de magnifique et j’ai envie de continuer, d’aller plus loin

Anaïs Bescond

Son sacre au JO 2018

Biathlon dames : plus ouvert que jamais ?

Qui portera fièrement le maillot jaune au crépuscule de la saison, à Oslo Holmenkollen en mars prochain ? Si Martin Fourcade part largement favori chez les hommes, le jeu des pronostics semble beaucoup plus périlleux chez les dames. Entre les arrêts et les méformes, la lutte s’annonce très indécise.

Après le départ en retraite de la Biélorusse Darya Domracheva (3e du général l’an dernier) et dans une moindre mesure de Marie Dorin Habert, on aurait bien mis une petite pièce sur Laura Dahlmeier, quatrième du général malgré bon nombre d’impasses et double championne olympique à Pyeongchang (sprint et poursuite). Mais l’Allemande a multiplié les pépins physiques cet été en alternant accident de VTT, opération d’une dent de sagesse et une infection qui a affaibli son système immunitaire. « Pris un par un ces problèmes de santé ne sont pas si graves. Mais chaque fois que je croyais que j’allais enfin remonter la pente, le problème suivant arrivait. Maintenant, je dois juste écouter mon corps. Je suis certaine que je pourrai rattraper mon retard d’entraînement dès que je serai en état de faire des efforts », a-t-elle confié mi-octobre à l’agence allemande SID.

Kuzmina dans le flou

Et ce n’est pas plus engageant du côté d’Anastasia Kuzmina. La triple championne olympique slovaque (2e du général l’an dernier) a un temps songé arrêter la compétition avant de faire marche arrière, sans trop savoir vers quel objectif se tourner : « Mon début de saison sera très important. Il faudra voir si ma nouvelle façon de m’entraîner, moins de volume, sera payante ou pas. Si tout se passe bien je continuerai jusqu’en fin de saison, si ce n’est pas le cas, il sera l’heure d’arrêter en cours de route », a-t-elle déclaré sur le site Sports.ru.

Dans ces conditions, la Finlandaise Kaisa Makarainen semble encore être la mieux armée pour jouer devant. Mais à 35 ans, celle qui compte trois gros globes de cristal dans son armoire à trophées (en 2011, 2014 et 2018) aura-t-elle assez d’essence pour tenir toute la saison ?

Une Française peut-elle succéder à Sandrine Bailly ?

Et les Françaises dans tout ça ? Anaïs Bescond a clairement annoncé son intention de jouer le top 3 du général cette année. Justine Braisaz, vainqueur de la mass-start du Grand Bornand avant de connaître une saison délicate, pourrait elle aussi jouer les trouble-fête en haut du classement. Une Française avec le maillot jaune à la fin de la saison, ce serait en tout cas du jamais vu depuis… 13 ans et la victoire de Sandrine Bailly.

Mais pour ça, il faudra se méfier de nombreuses autres biathlètes comme le concède la Jurassienne Anaïs Bescond : « Je pense à Kaisa Makarainnen, Laura Dahlmeier, Kuzmina… Mais il y en a d’autres qui vont vite comme Dorothéa Wierer par exemple. En gros les filles du Top 10 de l’année dernière seront présentes cette année », raconte la triple médaillée olympique. Plus ouvert que jamais on vous dit.

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