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Jade Fortin Ma vie en Rouge et Or

31 janvier 2019

Jade Fortin est bachelière en Éducation préscolaire et enseignement primaire de l’Université Laval depuis l’été 2018. Elle fait partie du Club de volleyball Rouge et Or depuis l’automne 2014.

J’aurais pu tout arrêter. En fait, j’avais choisi de tout arrêter, en mars dernier, mais 10 mois plus tard, me revoilà de retour dans le gymnase du PEPS. Pourquoi? Laissez-moi vous expliquer…

Mes débuts

Commençons par le début. Je suis native de Roberval, au Lac-Saint-Jean et j’ai vécu toute mon enfance à Alma. Dans mes jeunes années, j’étais la petite fille très timide, qui n’aimait pas l’attention. Cependant, quand venait le temps des cours d’éducation physique, j’étais celle un peu trop intense lors des périodes de ballon-chasseur et lors du fameux « test du bip ». J’adorais l’activité physique. C’est pourquoi j’ai pratiqué plusieurs sports comme la danse, la natation, le judo, la gymnastique, le soccer, pour terminer avec le volleyball. J’ai commencé à jouer au volleyball en secondaire 2, car mes amies jouaient, elles… Au départ, je trouvais ce sport étrange en raison de son code vestimentaire : étant assez réservée de nature, je n’étais pas très à l’aise avec les cuissards. J’ai donc commencé à jouer en portant des shorts de soccer et des souliers Ecko. J’ai vite réalisé que j’avais un certain talent, ce qui m’a rapidement fait aimer ce sport. De plus, étant grande, je possédais déjà un atout important. J’ai donc joué pour l’équipe de mon école secondaire et ensuite j’ai fait partie de l’équipe régionale. Nous allions jouer à Montréal quelques fois par années, ce qui nous permettait de prendre beaucoup d’expérience. En parlant d’expérience, je voulais dire apprendre par la défaite. Nous avons perdu presque la totalité de nos matchs, mais l’important restait de garder la motivation et le PLAISIR de jouer.

Au secondaire, une tête de plus!

Ensuite, à ma grande surprise, j’ai été contacté par l’entraineur de l’équipe du CÉGEP Garneau. J’ai longtemps hésité à me joindre à l’équipe, car ceci demandait beaucoup de sacrifices de ma part : je devais quitter ma famille, mes amis, ma ville et mon mode de vie pour l’inconnu. Je ne sais pas encore pourquoi aujourd’hui, mais j’ai dit oui et j’ai foncé les yeux fermés sans trop réfléchir. À cet instant, je ne savais pas que j’étais à la croisée des chemins, que cette décision allait changer ma vie à jamais et encore moins que cette décision était la pierre angulaire de mon développement personnel et d’athlète. Pendant mes années de Cégepienne, j’ai dû sortir de ma coquille, apprendre à vivre en colocation, à me faire à manger, à m’entrainer en salle de musculation pour la première fois. Aussi, en arrivant j’avais un accent du tonnerre, un accent du Lac lâlâ! Tout le monde prenait plaisir à m’imiter, je trouvais ça hilarant.

Tout de même, je crois que le plus difficile a été de m’adapter au calibre de mon sport. Effectivement, en arrivant à Québec, j’avais peu d’expérience de volleyball et beaucoup de choses manquaient à mon carnet de notes. Les premières semaines ont été difficiles pour moi, mais mes coéquipières, qui sont devenues mes grandes amies, m’ont épaulée dans ce cheminement. Ainsi, ces années ont été des années incroyables pour lesquelles je garderai toujours un souvenir positif. Nous en avons vécu des choses : des vols d’avions annulés, des voyages inoubliables, des voyages Abitibi Vintage, des victoires, des défaites, mais surtout tellement de PLAISIR.

Des années inoubliables à Garneau!

Après trois ans de CÉGEP en sciences humaines (OUF! C’est long trois ans dans ce programme-là!), j’ai été recruté pour jouer avec le Rouge et Or avec quelques-unes de mes coéquipières de l’époque.

Mon arrivée avec le Rouge et Or

Mon arrivée dans la ligue universitaire a été très mouvementée. Même si je rentrais avec plusieurs de mes coéquipières de Garneau, j’ai dû travailler sur moi-même pour m’adapter au nouveau noyau de joueuses qui avaient toutes un grand bagage sportif parfois différent du mien ainsi qu’à un style de coaching axé sur l’autonomie des athlètes. Passer d’un style de coaching très encadré à une formule d’entrainement basée sur l’autogestion m’a poussé à trouver ma motivation intrinsèque pour m’entrainer. J’ai rapidement réalisé que la ligue universitaire est très compétitive et que toutes les équipes ont le potentiel de se classer comme premières de ligue. C’est pourquoi ma motivation première était de m’entrainer avec rigueur : j’avais en tête que les détails pouvaient faire toute la différence entre une défaite ou une victoire. De ce fait, j’ai cumulé plusieurs séances de spinning supplémentaires et de course dans la pente de la mort (les vrais se reconnaitront)! Ainsi, je sentais que je faisais tout ce qui était en mon pouvoir pour être au meilleur de ma forme… et pour brûler les calories des tôles de biscuits Ricardo englouties avec ma coloc.

En action dans l'uniforme Rouge et Or!

D’autre part, faire partie du Rouge et Or m’a permis de rencontrer des personnes magnifiques et de développer des relations qui m’ont changée du tout au tout. Être une Rouge et Or m’a donné l’occasion de me connaitre davantage en tant qu’athlète, mais aussi tant qu’étudiante. Notamment, j’ai constaté que j’étais très compétitive, exigeante et que je carburais aux défis. J’ai rapidement transposé ces atouts dans ma vie de future enseignante.

J’ai quitté la famille du Rouge et Or après quatre belles années pour retourner dans mon coin de pays afin de compléter mon stage final en enseignement à l’automne dernier. Je croyais partir sur une belle note en quittant au même moment que les autres vétérantes avec le Championnat canadien à domicile en mars 2018… mais je suis de retour pour l’hiver 2019. Pourquoi?

Mon retour au jeu

Comme je l’ai mentionné, j’ai complété mon dernier stage en enseignement à Alma. En plus, j’étais stagiaire à l’école primaire que j’ai fréquentée. Par conséquent, à mon retour au bercail, chez mes parents, mon mode de vie d’athlète s’est transformé en un mode de « vie d’adulte » : je me rendais à l’école chaque jour pour y enseigner dans une magnifique classe de maternelle. Je rentrais à la maison après la journée et on recommence… On s’entend pour dire que c’est un grand changement. Je croyais être prête à affronter la vraie vie comme on l’appelle, mais j’avais plutôt l’air d’un Bambi égaré. J’avais perdu mes repères : j’étais loin des amitiés que j’avais forgées sur le terrain, dans le vestiaire, et dans les soirées d’équipe festives. J’étais devant des défis différents qui me motivaient énormément, mais il manquait tout de même un petit quelque chose... le plaisir de se dépasser avec des coéquipières motivées par un seul et même but : GAGNER! Vous me direz sans doute que je pourrais retrouver ce petit quelque chose en enseignant, mais les défis sportifs m’apportent un grand sentiment d’accomplissement que j’ai peine à trouver ailleurs.

De retour à la compétition cet hiver!

J’ai donc pris la décision de revenir au jeu à l’hiver. Je devais alors reprendre l’entrainement en salle de musculation de manière assidue afin de rattraper mon absence dans ce lieu durant quelques mois. En revenant au jeu, je profite ainsi de toutes mes années d'admissibilité et j’aurai le sentiment d’être allée jusqu’au bout de l’opportunité de pratiquer mon sport au plus haut niveau de compétition possible. Voici une phrase qui résume bien mon état d’esprit au cours des dernières années et en ce moment : Do everything with so much love in your heart that you would never do it any other way.

On se voit au prochain match?

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