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Le Christ de Zadkine une sculpture monumentale à Caylus

Ce Christ a été réalisé entre 1950 et 1953 par l’artiste Ossip Zadkine (1888-1967) dans son atelier des Arques dans le Lot. C’est la première œuvre sur bois qu’il exécute avec « une joie intense et intime » à son retour d'exil des États-Unis, après la Seconde Guerre mondiale.

Ce Christ réalisé pour l’église de Caylus, est le second. Un premier Christ avait déjà été sculpté pour l’église des Arques avant-guerre.

C'est dans cette grange, suffisamment haute pour accueillir des œuvres monumentales, que l'artiste sculpte dans un tronc d'ormeau issu des forêts quercynoises, ce Christ de plus de 5.40 mètres de haut et 1.35 mètre de large.

"Il y avait longtemps que je ressentais l'envie de tailler un crucifix ; mais pas un de ces crucifix qui ornent les églises à la campagne et qui sont taillés un peu partout en province. J'avais envie de tailler une vraie sculpture qui aurait représenté un être crucifié mais dans laquelle l'arbre serait resté présent [...]." O.Zadkine, Le maillet & le ciseau, 1968

L'œuvre est achetée par l'État en 1954 et déposée dans l'église Saint-Jean-Baptiste de Caylus à la demande du curé, malgré les nombreuses réticences que suscitent la modernité de cette représentation, loin de l'iconographie traditionnelle de la crucifixion.

L'église Saint-Jean-Baptiste de Caylus, située au centre du bourg, a été édifiée à la fin du Moyen Âge et classée Monuments Historiques en 1910. Consulter la notice d'inventaire de l'église.

Zadkine a choisi lui même l'emplacement de la sculpture, contre le mur de la chapelle nord, éclairée à droite par une verrière.

Représenté sans la croix et fixé par un unique clou, le Christ étiré est figuré avec une large plaie sur le côté, sans couronne d'épines et sans périzonium autour des reins.

Le Christ a directement été taillé dans le bois à l'aide d'un ciseau et d'un maillet.
La signature O. Z. et la date sont gravées sur le subpedaneum servant de socle.

Ossip Zadkine (1888-1967)

Zadkine est un artiste d'origine russe né en 1888. Sa vocation le conduit à Paris en 1909 où il s'inscrit à l'école des Beaux-Arts. Il fréquente de nombreux artistes de l'époque, comme Chagall, Léger ou Modigliani, anticonformistes comme lui.

Zadkine dans son atelier parisien en 1926 (c) Donation André Kertész, Ministère de la Culture (France), Médiathèque de l'architecture et du patrimoine

En 1914 il s'engage dans l'armée et se retrouve au front en tant que brancardier. Gazé, il sera réformé trois ans plus tard.

C'est auprès de son ami le peintre Tarn-et-Garonnais Henri Ramey qu'il entame sa convalescence. Celui-ci l'invite à Bruniquel et s'opère alors la rencontre entre Zadkine et les richesses naturelles du Quercy, bois et pierres, qui constitueront la matière première de ses œuvres.

C'est à Caylus qu'il emménage avec son épouse la peintre Valentine Prax. Ensemble, ils achètent une maison en contrebas de l'église, dans le quartier Chantepleurs où ils séjournent régulièrement. Puis, c’est dans le village des Arques (Lot) qu’ils s’installent en 1934.

Valentine Prax en 1926 (c) Donation André Kertész, Ministère de la Culture (France), Médiathèque de l'architecture et du patrimoine
Vue de l'église depuis le balcon de la maison.

Consulter la notice d'inventaire de la maison Zadkine.

Il est forcé de s'exiler aux États-Unis durant la Seconde Guerre mondiale mais à son retour les commandes affluent, ses expositions se multiplient et rencontrent un vif succès, confirmant sa notoriété internationale.

Désormais considéré comme une des grandes figures de la sculpture du XXe siècle, il meurt à Paris en 1967, peu de temps après qu'une grande rétrospective lui ait été consacrée au musée Kunsthaus de Zurich (1965).

Le sculpteur Ossip Zadkine assis dans un fauteuil en 1963 (c) Donation André Kertész, Ministère de la culture (France), Médiathèque de l'architecture et du patrimoine

Pour aller plus loin :

Bibliographie :

  • Ossip Zadkine, Le maillet et le ciseau : Souvenirs de ma vie, Editions Albin Michel, 1968.
  • Jean-Claude Fau, Le Christ de Zadkine dans l’église de Caylus. Bulletin de la Société archéologique et historique de Tarn-et-Garonne, 1992, pp. 223-228.
  • Gaston-Louis Marchal, Ossip Zadkine. La sculpture…Toute une vie, Editions du Rouergue, 1992.
  • Sylvain Lecombre, Ossip Zadkine l’œuvre sculptée, Paris, 1994.

Crédits photographiques : Amélie Boyer (c) Inventaire Général, Région Occitanie, Zadkine dans son atelier aux Arques (c) Photographie Daniel Frasnay et Zadkine marchant dans la rue de Caylus en 1962 (c) Photographie Coll. G-L Marchal.

Article réalisé en collaboration avec : le service de l'inventaire du patrimoine du PETR Pays Midi-Quercy.

et avec l'aimable participation de la municipalité de Caylus.