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Ludwig, nouvel album des Zaïde Hommage à Beethoven, avec Bruno Delepelaire

Le Quatuor Zaïde sort un nouvel album consacré à Beethoven, à paraître le 6 novembre sous le label NoMadMusic ! Il honore les 250 ans de la naissance du compositeur, à travers l'enregistrement de deux œuvres majeures : le quatuor à cordes opus 18 n°3 et la Sonate pour violon et piano n°9 dite "à Kreutzer", dans une version rarissime arrangée pour quintette à deux violoncelles ! Interview.

Pourquoi avoir choisi ces deux œuvres pour votre cinquième album ?

Le choix du quatuor opus 18 n°3 s’est fait en miroir de celui de la sonate à Kreutzer. En cette année anniversaire de Beethoven, nous avons eu envie de faire le portrait du compositeur en associant deux œuvres extrêmes par leur écriture et leur expression. Le quatuor opus 18 n°3 est dans la lignée des prédécesseurs classiques de Beethoven, par sa minutie, son élégance, son côté aérien, tandis que la sonate à Kreutzer, en version quintette, est au contraire complètement visionnaire, annonciatrice du répertoire romantique et moderne des années qui suivront. Nous avons voulu dans cet album faire cohabiter le côté infiniment raffiné de Beethoven avec son côté "rock".
Sortie officielle le 6 novembre 2020
Dans notre travail de quatuor, l'importance d'un imaginaire commun est primordial. Dans le Quintette nous avons été puiser à la source des mythologies grecques et romaines, pour extraire du langage Beethovenien les archétypes qui nous ont inspirées. Promethée avec sa fougue et son dévouement à la cause de notre humanité, Zeus, ses colères et sa puissance sans retenue, Hephaistos forgeant le métal du monde, etc., sont des éléments clés de notre rapport à l'œuvre de Beethoven.

La sonate à Kreutzer est interprétée ici dans une version arrangée pour quintette à deux violoncelles, une formation rare ! D’où vient cet arrangement ?

C’est à l’occasion de notre rencontre avec Vera Beth et Anner Bylsma (violoniste et violoncelliste) que nous avons fait la découverte de la version en quintette à deux violoncelles de la sonate à Kreutzer. Vera et Anner faisaient partie d’un ensemble, les Archibudelli qui en ont enregistré une brillante version. Lorsque nous avons réfléchi au violoncelliste avec qui nous pourrions la jouer et l’enregistrer, la personnalité de Bruno Delepelaire nous a immédiatement attirée car elle répond à notre envie de mettre en lumière un Beethoven « rock ».
Nous sommes ravies qu’il ait accepté notre invitation car son son puissant , précis, coloré ainsi que sa solidité technique remarquable s’est parfaitement mariée avec notre énergie et notre fantaisie.

La dualité entre les deux solistes, qui est au fondement de cette sonate, est-elle conservée dans un arrangement pour 5 instruments ?

Cet arrangement est absolument fantastique ! L'auteur répartit la dualité de la sonate sur 5 instruments à cordes, 10 mains, 20 cordes... La dualité devient multiple, le terrain de jeux est amplifié. On accède à une profondeur hypnotisante, à une palette sonore aux mille couleurs entêtante qui retranscrit bien l'impression d'envoûtement dont parle Tolstoï dans sa nouvelle "La Sonate à kreutzer".

Dans cette nouvelle éponyme, Tolstoï fait de cette musique un décor omniprésent et enivrant qui mène le narrateur à sa fin tragique… Comment ressentez-vous cette œuvre ?

Il décrit bien cette méditation profonde dans laquelle Beethoven nous plonge sauf que la comparaison s'arrête là, car Tolstoï s'empare de la musique de Beethoven pour montrer les instincts les plus bas de l'être humain et surtout des femmes. La musique selon lui aurait un pouvoir maléfique... Donc vous pensez bien que nous ne sommes pas d'accord ! Pour nous cette musique nous emmène au sommet.