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Bas les masques ! Mini-exposition jeune public sur la danse et les masques

Une fois un spectacle de danse terminé, comment en garder la mémoire ? La Fondation SAPA collecte les traces laissées par la danse sous forme d’objets, films, photos, témoignages et autres documents. Cette mini-exposition virtuelle présente quelques-uns de ses trésors, réunis sous le thème du masque, qu’il soit drôle, effrayant ou féérique.

Nous avons un guide pour nous conduire dans cette exposition. Il s’appelle Sigurd Leeder. Ce nom est un peu étrange ! C’est parce qu’il est né en Allemagne, en 1902. Sigurd a été une personne très importante pour la danse. Nous avons eu la chance qu’il donne toutes ses archives à la Fondation SAPA lorsqu’il est décédé en 1981. C’est un véritable trésor qu’il nous a laissé.

Dessiner

Sigurd ne s’intéressait pas seulement à la danse. C’était un véritable touche-à-tout ! Il a d’ailleurs étudié dans une école d’art avant de devenir danseur et chorégraphe. C’était notamment un excellent dessinateur depuis son plus jeune âge. Comme tu peux le voir grâce à cet autoportrait qu’il a réalisé au crayon.

Son dessin est unique. Il n’en existe pas deux comme celui-là ! C’est pourquoi les archives sont très précieuses. À la Fondation SAPA, l’équipe rassemble des personnes exerçant des métiers très spécifiques pour prendre soin de tous ces trésors.

Compare le dessin que tu viens de voir avec la photo sur laquelle il pose avec des camarades de classe. Le reconnais-tu ? Le dessin est ressemblant, n’est-ce pas ?

Sigurd nous a laissé plusieurs centaines de dessins qu’il a faits tout au long de sa vie. Comme il s’intéressait beaucoup au corps et au mouvement, de nombreux dessins représentent ces sujets :

Comment a-t-il utilisé l’espace de la feuille de papier ? À ton avis, qu’a-t-il voulu exprimer en dessinant ce sujet ?

Fabriquer

Sigurd fabriquait tous les costumes et accessoires de ses spectacles lui-même, aidé de ses danseuses et danseurs. Ici, il fabrique des masques avec les élèves de son école :

Les danseuses et danseurs ne portaient pas seulement des masques. Les costumes comportaient plusieurs pièces, qui étaient elles aussi fabriquées entièrement à la main par Sigurd et sa compagnie.

Voici le même masque que Sigurd et la danseuse fabriquait dans la photo d'avant, cette fois avec son costume complet. Impressionnant, non ? Cet ensemble a été porté lors de représentations, avant d’arriver intact jusqu’à nous :

La chorégraphie « Wasserspeier » comportait trois autres costumes pour d'autres personnages :

Nous conservons à la Fondation SAPA de nombreux costumes. Ce sont des objets très délicats, car ils sont fabriqués avec des matériaux fragiles qui se dégradent au cours du temps. Ils nécessitent des soins particuliers pour que nous puissions les admirer longtemps encore.

Pour les créer, Sigurd faisait des dessins de préparation. Cela l’aidait ensuite à les réaliser en trois dimensions. Voici des esquisses à la gouache.

Un autre masque créé par Sigurd pour la scène. Entre nous, à la Fondation SAPA, nous le surnommons le masque « Ferrero rocher », car il semble avoir été fabriqué avec le papier d’emballage doré de ce délicieux chocolat !

Il faut savoir que les masques font partie depuis très longtemps de l’histoire du spectacle. Déjà dans l’antiquité grecque, on les utilisait au théâtre. C’était il y a plus de 2000 ans ! Mais on utilise aussi des masques pour toutes sortes d’autres activités. As-tu des idées ?

Chercher

Pour un-e historien-ne, il est important de relier entre elles toutes les informations, afin de les comparer, de les compléter et de les faire parler toutes ensemble. C’est la recherche de la vérité historique.

Par exemple, ce masque est très beau, mais ne raconte pas grand-chose si on le regarde tout seul. Qu’est-ce qu’il évoque pour toi ?

Mais si on observe cette photo de la chorégraphie « Mobile » et qu’on reconnaît le masque argenté, on comprend tout de suite comment il était porté et dans quel esprit artistique :

Remarque comme le costume est simple et élégant. Note comme le danseur prend une pose aux lignes très claires dans l’espace... tout comme les lignes épurées du masque.

Sais-tu qu’il existe des manières de noter la danse, de la même manière que l’on note la musique sur des partitions ?

C’est bien plus compliqué que la musique : il faut noter avec un langage spécial chaque mouvement l’un après l’autre, pour chaque danseuse et danseur ! Ce langage s’apprend dans des écoles de danse.

Voici un exemple de notation de danse. Il s’agit encore de la chorégraphie « Mobile ».

Si on sait lire les signes, il est possible de redanser la chorégraphie mouvement par mouvement, à l’identique de sa création en 1975 !

Transmettre

En Suisse, un lieu a été très important pour la danse : le Monte Verità, au Tessin. Au début du 20ème siècle, cette colline dominant Ascona accueillit une colonie d’artistes et d’intellectuels aux idées très novatrices, notamment concernant la libération du corps.

Cette photo pleine de vie et de poésie représente Sigurd en train de danser sur cette colline du Monte Verità :

Sur cette photo, tu peux voir un ensemble de danseuses et danseurs de Sigurd pendant une répétition :

Observe comme cette image est dynamique et joyeuse, avec l’évolution de toutes les positions des danseurs et danseuses en cercle dans l’espace.

Cette répétition devait être animée ! Sigurd était très apprécié de ses élèves. Pour la qualité de son enseignement, mais surtout parce qu’il était attentif à révéler le talent unique de chaque personne.

Ses méthodes d’enseignement étaient innovantes. Il s’inspirait de ses études en art pour visualiser les concepts, par exemple en utilisant la lumière ou des formes géométriques.

Recréer

Grâce aux archives, il est possible pour des artistes contemporains de recréer des œuvres du passé. Ainsi, des pièces que Sigurd a créées il y a plusieurs décennies peuvent revivre aujourd’hui !

Tu peux découvrir dans ces deux films la pièce originale qui date de 1935 et des extraits de la pièce recréée en 2013 par la chorégraphe française Anne Collod :

Anne Collod a même recréé les costumes à partir des originaux, que nous conservons précieusement à la Fondation SAPA !

Cette mini-exposition virtuelle complète la mini-exposition qui a lieu à la Bibliothèque Jeunesse de Lausanne dans le cadre de la Fête de la danse. Viens la visiter du 23 avril au 11 mai ! Deux ateliers sont organisés les 24 avril et 5 mai. Inscris-toi dès maintenant !

Tu peux également visiter le site internet de la Fondation SAPA et venir voir en vrai nos trésors dans un de nos bureaux à Lausanne, Berne ou Zurich !

Légendes et crédits des images :

Toutes les images sont issues du fonds Sigurd Leeder à la Fondation SAPA.

  • Auteur inconnu, Anna Jooss avec des masques de Sigurd Leeder, 1934-1936
  • Sigurd Leeder, Autoportrait, novembre 1914
  • Auteur inconnu, Photo de classe
  • Sigurd Leeder, Dessins
  • Auteur inconnu, Sigurd Leeder avec une élève lors de la fabrication des masques pour « Wasserspeier », Herisau, 1972
  • Sigurd Leeder, Masques et costumes pour « Wasserspeier », 1972
  • Sigurd Leeder, Dessins de masque
  • Sigurd Leeder, Demi-masque en papier doré et maquillé
  • Sigurd Leeder, Masque argenté pour « Mobile », 1975
  • Sigurd Leeder, Ueli Kohler dansant pour« Mobile », 1975
  • Sigurd Leeder, Notation pour « Mobile », 1976
  • Auteur inconnu, Sigurd Leeder dansant, Ascona, 1925
  • Auteur inconnu, Répétition du « Boléro » et autres œuvres de Sigurd Leeder avec le Ballet de Flandre, Anvers, 1956
  • Auteur inconnu, Cours de danse de Sigurd Leeder
  • Sigurd Leeder, Masque pour « Danse macabre »

Cette mini-exposition virtuelle a été créée par Héloïse Pocry pour la Fondation SAPA.

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