Loading

Saint-Nazaire - Saarlouis 50 ans d'amitié

Fête sur la place principale de Saarlouis en 1969. © Fonds privé Enora Leduc

Les festivités pour les 50 ans du jumelage entre Saint-Nazaire et Saarlouis ont débuté au mois de juin en Allemagne. Elles se poursuivent en octobre avec l’accueil de Saarlouisiens à Saint-Nazaire. Retour sur une longue amitié à travers le regard de trois membres du jumelage.

Deux photos, deux époques mais avec les mêmes personnes. À droite (photo ancienne) : la maman d’Enora (assise par terre à droite) à Saarlouis, dans sa famille d’accueil en 1969. À gauche : Enora (en haut à gauche) et sa maman (en haut à droite) et la famille des correspondants de Saarlouis, presque 50 ans plus tard... © Fonds privé Enora Leduc

Enora Leduc, 33 ans

Pour cette monteuse-câbleuse de chez Airbus, les échanges au sein du jumelage s’inscrivent dans l’histoire familiale. Et ils représentent surtout des moments forts.

« Je me suis investie dans le jumelage il y a trois ans avec une association de danse. J’ai toujours entendu mon grand-père et ma mère parler du jumelage. C’était naturel de m’y inscrire et de rencontrer les personnes qui ont vécu toutes ces années d’amitié.

Je suis allée trois fois à Saarlouis. C’est émouvant de voir les liens tissés entre les Nazairiens et les Saarlouisiens. Je me suis facilement intégrée et c’est toujours un plaisir de se revoir. C’est drôle car je ne parle pas l'allemand et j’ai été accueillie par une famille qui ne parle pas fran- çais et très peu anglais. Pourtant, ça a été des moments très forts. Quand je suis revenue en juin dernier, cette famille ne savait pas que je serais là. Les retrouvailles au pied du car ont été une grande surprise pour elle, c’était très chaleureux.

Pour ce voyage, j’ai accompagné ma maman qui a gardé des contacts avec sa correspondante de l’époque. Le jumelage manque de jeunesse, mais cela me paraît une évidence de continuer tout ça. J’aime voyager, découvrir des pays et aller vers les autres.»

Pierre Robin et ses médailles obtenues à l’occasion de manifestations sportives organisées entre les villes de Saint-Nazaireet Saarlouis.© Fonds privé Pierre Robin

Pierre Robin, 83 ans

Ex-pilote d’essais chez Airbus et responsable chez Total, l’ancien élu nazairien Pierre Robin était tout jeune quand il a découvert Saarlouis.

« J’étais allé à Saarlouis pour le tennis de table dès 1949. Et nous recevions les sportifs allemands à Saint-Marc tant que la Soucoupe n’existait pas.

En 1969, année de la signature du jumelage, je suis retourné à Saarlouis en tant qu’adjoint aux sports. La délégation voyageait en ambulance avec la reine de Saint-Nazaire et ses demoiselles d’honneur. Les autres membres partaient en car- couchettes.

Parade humoristique de Saint-Nazaire en mai 73.

Parade humoristique de Saint-Nazaire - membres de la délégation de Saarlouis dont le « prince » et la « princesse » de Saarlouis (mai 1973). © Fonds Madelin Mesnard. Archives municipales de Saint-Nazaire.

Pendant une semaine, on faisait le tour de Saarlouis et des villages environnants avec des chars. Lesvilles jumelles avaient alors chacune leur fête des chars, le corso fleuri. Lors d’un autre séjour, nous avions apporté 50 000 civelles. Mais les eaux de la Sarre ne convenaient pas aux anguilles. Je n’ai pas appris l’allemand faute de temps, mais l’intérêt du jumelage c’était de se rencontrer, de se connaître.

Je suis le plus ancien, ce qui m’a valu d’être invité par la Ville à Saarlouis fin juin. J’ai revu Hans, un sportif aujourd’hui marié et père de deux enfants. C’est moi qui l’ai reconnu. Mais c’est difficile parce que je n’ai pas retrouvé beaucoup d’anciens. »

Pierre Robin a continué la pratique du tennis de table. Il a même obtenu la médaille de bronze aux championnats de France l'an dernier.

Le bureau d'information du syndicat d'initiative de Saint-Nazaire sur le marché de Saarlouis en 1969.

Claude-Annick Le Coz, 65 ans

La Nazairienne Claude-Annick Le Coz a connu le jumelage avec Saarlouis dès ses débuts et a passé un mois en Allemagne. En 2019, elle a retrouvé sa correspondante.

«Mon premier souvenir en Allemagne est lié au basket. Les seniors du SNOS étaient en N3 et il fallait remplacer des blessées et une fille enceinte. J’ai été sélectionnée comme cadette, cela m’a propulsée dans le monde des grands. C’était la première fois que je partais loin de mes parents. J’y suis ensuite retournée avec le Cercle celtique. A l’époque je voulais étudier la biologie marine. Cela n’existait pas à Nantes, mais à Saarbrück oui. Le père de ma correspondante avait proposé de m’accueillir. J’ai passé huit jours chez eux, puis un mois.

Mes parents ont fini par envoyer des copains venir me chercher et ils m’ont inscrite à Nantes. Le jumelage aide à s’ouvrir, permet de voir d’autres pays, d’autres façons de vivre. C’est un partage.

En revenant habiter Saint-Nazaire il y a vingt ans, je m’y suis investie de nouveau. Je n’avais plus de nouvelle de ma correspondante. Mariée assez jeune, elle avait quitté Saarlouis. Christiane Baehr, de la Ville de Saarlouis, m’avait dit que je serais hébergée en juin 2019 chez une personne du nom de Leonie. J’ai découvert à la sortie du car qu’il s’agissait de la Leonie que j’avais connue, ma correspondante. C’était une très bonne surprise, nous étions très contentes de nous revoir.»

Un héritage et des valeurs à transmettre

Serment du jumelage 1969 - Collection famille Caux. À gauche le maire de Saint-Nazaire en 1969, Étienne Caux, et à droite le docteur Manfred Henrich, bourgmestre de Saarlouis.

« Il y a 50 ans fut officiellement scellée par les maires Étienne Caux et Manfred Henrich la décision d’un jumelage entre les villes de Saint-Nazaire et de Saarlouis, dans un contexte de construction européenne. Ce partenariat n’a cessé de vivre et de s’accroître grâce à la volonté commune des deux municipalités et de nombreux acteurs associatifs, scolaires, de la jeunesse ou issus du comité de jumelage nazairien " explique Céline Girard-Raffin, adjointe au maire de Saint-Nazaire. "Si l’anniversaire d’un jumelage est une fête, cela représente aussi un temps du souvenir et de transmission d’un héritage et de valeurs de fraternité et de paix aux jeunes générations. C’est ce demi-siècle d’amitié et d’histoire que nous célébrons ce mois-ci à Saint-Nazaire, en présence d’une délégation allemande conduite par Peter Demmer, maire de Saarlouis.»

L'expo photo des 14-20 ans

Du 18 octobre au 14 novembre : exposition de photographies du concours de jeunes de Saint-Nazaire et de Saarlouis sur le thème « ma ville, mon lieu préféré », à l’hôtel de ville

Programme des festivités

Rencontre sportive organisée à Saarlouis le 18 juin 1999. Au premier plan une gymnaste sur la photographie est une jeune nazairienne du club de l’UMP (Union Méan-Penhoët). © Archives direction de la communication - Ville de Saint-Nazaire

Samedi 19 octobre 2019

  • De 10h30 à 12h à l’Alvéole 12 : Cérémonie officielle à l’Alvéole 12 avec discours des 2 Maires et signature du serment de jumelage
  • De 14h à 17h à la Halle sud (repli au LIFE, base sous-marine en cas de mauvaise météo) : Programme d’animations organisé par le Comité de jumelages en partenariat avec la Ville : concerts de Vent Arrière, orgue de barbarie, Orchestre du jumelage de Saarlouis…, activités pour enfants de la ludothèque de Méan Penhoët, animations autour d’anciennes voitures françaises et allemandes et de solex et réalisation d’une fresque par l’artiste, Charles Cantin des Oides

20 octobre : Foulées nazairiennes à 15h sur le front de mer aux couleurs des 50 ans du jumelage

Les 50 ans du jumelage à Saarlouis en juin 2019

Initié en 1969 par Etienne Caux, le jumelage de Saint-Nazaire avec la ville allemande de Saarlouis fête cette année ses 50 ans. Cérémonie, fête populaire et échanges artistiques étaient au programme du week-end dans la Sarre où s'est rendue une délégation nazairienne d'une soixantaine de personnes.

Credits:

Fête sur la place principale de Saarlouis en 1969. ©Fonds privé Enora Leduc