Femmes et littérature les grandes absentes ?

EDITO

Avec l’élection de Donald Trump et ses déclarations mysogines, la remise en question de l’avortement en Espagne et en Pologne, ainsi que les marches « pour la vie » françaises, il semblerait interéssant en ce début d’année 2017, de se questionner sur la place réelle de la femme dans notre société actuelle. Face à cette montée d’idées rétrogrades, les femmes prennent la parole. Les Woman’s March, le mouvement des Pussy Hat ainsi que les discours engagés de Madonna, de Meryl Streep, d’Emma Watson et d’Ellen Page montrent que le féminisme connait un renouveau important et largement médiatisé.

Mais qu'en est-il du média le plus ancien : le papier ? En littérature comme en grammaire, le masculin l’emporte-t-il toujours sur le féminin ?

En 2014 déjà, l’illustratrice et auteur Diglee rédigeait un constat alarmant sur son blog : de 2001 à 2014, aucun texte écrit par une femme n’a fait partie des sujets du Bac Littéraire, contre 32 textes écrits par des hommes. Ce fait peut sembler anecdotique face aux problèmes majeurs que sont le droit de vote et le droit à l’avortement mais cela révèle un véritable problème de fond : l’invisibilité de l’auteur femme.

La plupart de nos connaissances de bases nous sont enseignées à l’école. on y apprend a lire et écrire. On y découvre nos premiers auteurs et y retenons nos premiers poèmes.

De ce fait, en ne présentant à l’école que des écrivains masculins, on laisse à penser que c’est la norme. La masculinité excessive ne choque plus et semble banale tout au long de la scolarité. La littérature écrite par des femmes devient alors de la littérature « féminine » comme une sorte de sous-branche de la « vraie littérature ».

Cette norme transparaît jusque dans le vocabulaire utilisé. Un écrivain, un auteur, un dramaturge, un poète et même un scribouillard, tous les mots pour désigner quelqu’un qui écrit sont au masculin. Il est amusant de constater que même dans des milieux littéraires ou très cultivés le débat divise : est-il correct d’utiliser des termes comme écrivainE, autrice ou auteurE ?

Ce questionnement et cette invisibilité ne date pourtant pas d’hier. En 1975, dans son essai «Ainsi soit-elle» Benoite Groult écrivait :

« Qu’est ce qui leur prend, soudain, aux femmes ? Voilà qu’elles se mettent toutes à écrire des livres. Qu’ont-elles donc à dire de si important? » demandait récemment un hebdomadaire qui ne s’était jamais posé la question de savoir pourquoi les hommes écrivaient, eux, depuis deux mille ans et ce qu’ils avaient encore à dire. »

Le roman n’est d’ailleurs pas le seul genre problématique. Combien d’entre vous peuvent citer une poétesse célèbre ? Alors qu’on a tous appris les vers de Prévert, Rimbaud ou Verlaine sur les bancs de l’école.

Et d’auteure de théâtre ? Alors que Racine, Corneille ou Molière sont des évidences. Et plus largement encore, pouvez-vous citer une dessinatrice, une illustratrice, une mangaka ?

Deux ans après ce constat, en janvier 2016, un nouveau scandale éclate. La liste des sélectionnés pour le Grand Prix du Festival de la Bandes dessinées d’Angoulême est dévoilée. Sur 30 artistes, il n’y a pas une seule femme.

Riad Satouf et Joan Sfarr monteront alors au créneau pour défendre leurs consœurs et une nouvelle liste sera éditée.

Plus tard dans l’année, en automne 2016, les prestigieux prix littéraires Goncourt et Renaudot sont décernés à deux auteurs femmes : Leïla Slimani et Yasmina Reza. Certains y ont vu une avancée importante pour la littérature et d’autres une sorte de lot de consolation pour calmer les réclamations.

Alors, en ce début d’année 2017, où en sommes nous réellement ?

Chronologie des droits de la femme:

Portraits

Dix Femmes auteurs, à travers l'Histoire

Si les hommes sont très présent dans la littérature, il serait bon de ne pas oublier que leurs homologues féminines ont aussi existé et ont, elles aussi, sut marquer la littérature de façon durable et ce jusqu'à nos jours. Certaines d’entre elles ont militées pour la reconnaissance et le droit des femmes. Nous dressons pour vous le portrait de dix femmes de lettres qui ont laissées leurs pattes dans l’histoire de la littérature et parfois dans la société de leur époque.

Murasaki Shikibu premier millénaire avant J-C

Japonaise ayant vécut 1000 ans avant J-C elle serait l'auteur du premier roman de l'humanité : Le dit du Genji. Il se présente comme un récit véridique au sujet du fils d'un empereur japonais, poète et charmeur de ses dames. L'auteur aurait été une dame de la cour. Outre Le Dit du Genji on peut retrouver d'elle un recueil de poème et un journal intime.

Sappho poétesse, vers -630 île de Lesbos, mort – 580

Alors que Sappho était très célèbre dans l'antiquité il ne reste aujourd'hui que des fragments de son œuvre. Plus de cent auteurs de l'époque l'évoquent et louent son talent. Son thème favori semblait être la passion amoureuse. Elle est à l'origine d'une forme métrique particulière, la strophe « sapphique ».

Preuve de sa renommée et de son talent on la place dans la Grèce antique comme le pendant féminin d'Homère : si le titre « Le Poète » le désigne, celui de « La Poétesse » est attribuée à Sappho et à personne d'autre. Aujourd'hui le seul poème intégral qui nous reste d'elle est l'Ode à Aphrodite à qui la poétesse avait consacrée son œuvre.

Marie de France 1160-1210

Marie de France est la première femme à composer des écrits en français. Elle commença d'abord à traduire des œuvres antiques comme Les Fables d'Esope avant de décider d'arrêter de traduire puisque de nombreux autres le faisait déjà. Elle se lance donc exclusivement à l'élaboration de ses Lais traitant surtout de la matière de Bretagne et illustrant à l'écrit l'amour courtois. Ses lais sont des adaptations de légendes bretonnes, le lai de Lanval, lui, est arthurien. Ils ouvrent une nouvelle perspective à la représentation qu’on se fait traditionnellement du Moyen-âge y représentant de nombreux adultères.

Marie-Madelaine de La Fayette ou Madame de La Fayette 18 Mars 1634, 25 Mai 1693 à Paris

Madame de La Fayette, entre autre, est l'auteur de La Princesse de Clèves, qui est considéré comme le premier roman classique et comme l'un des premiers romans qui traite de la psychologie du personnage, et qui offre un contexte et une intrigue crédible. Elle aborde dans ses romans le thème de l'amour dont il faut se méfier. Au travers des époques ses romans ont connus des accueils très différents de la part du public, de l'incompréhension à l'adoration en passant par l'indifférence qui semble se faire ressentir de nos jours. Il n'empêche que depuis la première publication de La Princesse de Clèves, le titre a connu 210 rééditions.

Ann Radcliff 1764-1823 Londres

Ann Radcliff est une pionnière du roman gothique. Ses romans mettent en scène des jeunes femmes innocentes et héroïques confrontées à de mystérieux barons aux sombres passés dans de sinistres châteaux, comme Les Mystères d'Udolphe. Elle connaît une grande popularité auprès de l'aristocratie et de la bourgeoisie et elle est l'une des premières femmes qui put vivre de sa plume. Par la suite son œuvre influencera Sir Walter Scott, Dostoïevsky et Jane Austen la citera souvent comme référence dans sa parodie de roman gothique, Northanger Abbey.

Jane Austen 1775-1817, Angleterre

Jane Austen est l'auteur de six romans achevés dont le plus célèbre d'entre eux, Orgueil et Préjugés, a connu de nombreuses adaptations cinématographiques. Dans son œuvre elle offre un point de vu satyrique et fin sur la société de l'époque notamment la gentry anglaise dont elle est issue. Dans sa vie privée elle refusera certains diktats de son époque comme le fait pour une femme de se marier sans amour, simplement pour connaître une sécurité financière. Elle incitera dans ses livres cette vision du mariage.

A son époque déjà ses livres connaissent un certain succès : ils étaient notamment admirés par le Prince de Galles de l’époque et Sir Walter Scott. Elle publiait alors anonymement signant « By a Lady » s’opposant ainsi aux très- trop ?- nombreux auteurs masculin qui l’entouraient. Aujourd'hui encore elle connaît un fort succès, avec une grande communauté d'admirateurs au travers le monde. Chaque année à Bath a, d’ailleurs, lieu un festival qui lui est consacré. Le Royaume-Uni sortira en 2017 un billet de 10£ à son effigie (jusqu’alors y figurait Darwin).

Amantine Aurore Lucile Dupin dite George Sand 1804-1876, France

George Sand appartient à la mouvance des romantiques, elle est journaliste et romancière. Son nom de plume masculin est trouvé de concert avec Alfred de Musset, son amant de l'époque. Elle compte parmi les écrivains les plus prolifiques avec plus de 70 romans à son actif, 50 volumes d’œuvre diverses dont des nouvelles, des contes, du théâtre et des textes politiques. A l'époque sa vie amoureuse fait scandale, ainsi que sa tenue masculine. Engagée politiquement elle prit la défense auprès de Napoléon III pour les condamnés du régime. Elle prend la défense des femmes, prône la passion, fustige le mariage et lutte contre les préjugés d'une société conservatrice, et met en avant dans ses romans sa région natale : le Berry. A ce titre son roman La Petite Fadette, s'inscrit dans ses idées.

Agatha Christie 1890-1976 Angleterre

Agatha Christie est surnommée la reine du crime. Elle est l'un des plus importants et novateurs auteurs du roman policier. Elle fait partie des auteurs les plus connus du monde et est considérée comme l'auteur le plus lu de l'histoire après Shakespeare dans le monde anglo-saxon. Elle a publié 66 romans, 154 nouvelles et 20 pièces de théâtre. Ses deux héros emblématiques sont Hercule Poirot et Miss Marple. Ses histoires ont été adaptées au cinéma et à la télévision, en particulier Le Crime de l'Orient Express, Mort Sur le Nil ou Dix Petits Nègres.

Arundathi Roy 24 Novembre 1961 à Shillong, Inde

Arundathi Roy est romancière, essayiste et militante indienne. Elle a reçu le prix Booker en 1997. Elle est connue pour son seul roman Le Dieu des Petits Riens et pour son engagement en faveur de l'écologie, des droits humains et de l'alter mondialisme. En 2002 elle est condamnée par la Cour suprême indienne pour avoir dénoncé la décision de justice autorisant la construction d'un barrage. Le groupe de musique Tryo lui a consacré une chanson dans son album Ce que l’on sème, intitulée Mrs Roy. En 2016 elle est l'invitée d'honneur de la fête du livre à Aix-en-Provence.

Virginie Despentes 13 Juin 1969 à Nancy, France

Virginie Despentes est une écrivaine et réalisatrice française. Son œuvre aborde la marginalisation d'une partie de la jeunesse et participe à la libération des mœurs. Elle a reçue de nombreux prix dont le Renaudot en 2010 pour son roman Apocalypse Baby. Elle propose une critique sociale au travers de l'exploration transgressive des limites de l'obscénité. Elle est membre de l'académie Goncourt depuis le 5 Janvier 2016

Même si le panel présenté n'est pas très varié en terme de diversités ethniques, on peut tout de même se rendre compte de la présence des femmes dans toute l’histoire de la littérature et ce depuis l'antiquité. Mieux, l’une d’entre elle serait même à l’origine du premier roman du monde. Au détour du XIXème siècle on voit apparaître chez elles les premières revendications politiques et sociales qui continuent jusqu’à nos jours.

Aure Strangle

Les auteures dans la littérature pour adolescents et young adults

A l'heure actuelle, on peut estimer que deux tiers des auteurs et illustrateurs en France de jeunesse sont des auteures et illustratrices. Pourtant, ce n'est pas le cas pour d'autres genres littéraires et c'est même bien souvent le contraire.

Historiquement, il est important de savoir que la littérature jeunesse est une affaire de femmes. En effet, on a, pendant deux siècles, considéré la littérature jeunesse comme un outil éducatif essentiellement éduquée par des femmes car elle était sous estimée par les hommes.

Est-ce cela qui fait qu'aujourd'hui les femmes, plus que les hommes, écrivent à destination de la jeunesse? Ce peut être une des raisons. Mais, ne serait-ce pas aussi parce que les femmes gagnent toujours plus en reconnaissance dans ce genre littéraire au fil des années? C'est ainsi ce qu'on peut se demander et ce, surtout pour les livres à destinations des adolescents et young adults depuis le succès de JK Rowling.

Depuis le début du 21ème siècle, on a pu constater un regain d'intérêt pour la littérature jeunesse, et ce principalement grâce à la série de livres Harry Potter. JK Rowling, l’auteure, a redonné le goût de la lecture à beaucoup d'enfants et c'est ainsi que d'autres auteurs ont vu les ventes de leurs livres augmenter.

C'est suite au succès international et inattendu de la saga du petit sorcier aux lunettes, que de nombreuses maisons d'éditions ont tentés de retrouver ce succès. Ainsi, on aura vu les années suivantes de nouvelles sagas littéraires être éditées. Certaines n'eurent pas le succès escompté, d'autres y réussirent. C'est ainsi le cas de Twilight écrit par Stephanie Meyer, Hunger Games de Suzanne Collins ou encore Divergente de Veronica Roth. Si aucunes de ces sagas n'auront autant de succès que Harry Potter, leur popularité leur vaudra néanmoins d'être adaptées au cinéma à leur tour, les adaptations de sagas littéraires au cinéma se multipliant. Ces adaptations permettront également de rebooster les ventes de livres de ces sagas, poussant toujours plus les adolescents à lire. Des séries de livres seront également adaptés sous forme de série télévisé comme le Journal d'un vampire de L.J. Smith ou encore The 100 de Kass Morgan, qui a vendu l'idée de base de son livre pour la production. La série garde donc le même concept de départ mais n'a aucun rapport avec les romans si ce n'est les personnages et le contexte. En France, la série de la Passe-Miroir de Christelle Dabos rencontre un grand succès et son premier volet a été récompensé du prix de la première édition du concours du premier roman jeunesse organisé par Gallimard Jeunesse, RTL et Télérama au printemps 2012. Enfin, des auteures de one-shot gagneront également en reconnaissance comme Rainbow Rowell, auteure de Eleanor & Park et Fangirl.

On remarquera que ces grands succès littéraires à destination de la jeunesse et en particulier des adolescents et les young adults, ont tous été écrit par des femmes. Bien sûr, ce ne sont pas les seules à avoir connu de grands succès, des hommes aussi en connaitront. On citera également des auteurs comme John Green, auteur de plusieurs romans adolescents comme Nos étoiles contraires ou encore La face cachée de Margo, tous deux adaptés au cinéma. Mais encore Rick Riordan, auteur de la saga Percy Jackson dont les deux premiers volets ont été adaptés au cinéma. Malgré le succès de ces auteurs, on remarque une forte tendance des livres à succès pour adolescents de ces dernières années être écrits par des auteures.

Pourtant, il y a quelques années de cela encore, le fait d'être une femme pouvait rebuter la lecture à certains publics.

JK Rowling, l'auteure d'Harry Potter, avait d'abord signé de son vrai nom le manuscrit d'Harry Potter à l'école des sorciers. Pourtant, son agent littéraire lui conseillera de changer son prénom, Joanne, pour des initiales ce qui donnera JK. Cela pour éviter que les garçons rechignent à lire un livre écrit par une femme. Cela prouve ainsi que, dans certains cas, le sexe de l'auteur influe sur la vente d'un livre.

Ainsi, nous pouvons constater que les plus grands succès littéraires à destination des adolescents / young adults sont écrits par des femmes. Comparé à d'autres genre littéraire, la littérature jeunesse est dominée par des auteures et ne cesse de gagner en popularité grâce aux adaptations cinématographiques de ses œuvres.

Quant au prix littéraires pour la jeunesse décernés en France, Clémentine Beauvais, auteure de livres jeunesse et également universitaire a, en 2011, réalisé une enquête sur les prix de littérature jeunesse en France. En se concentrant sur les deux prix de littérature jeunesse français les plus prestigieux, décernés par des adultes, on a pu constater que deux fois plus d’hommes que de femmes ont remportés le prix Sorcières. La catégorie « Romans adolescents » étant la seule de toutes à compter plus de femmes lauréates que d’hommes. Quant au prix Baobab, de 2000 à 1010, il a été attribué à plus de trois fois plus d’hommes que de femmes. Quand on sait que les hommes ne représentent qu’un tiers de la population totale des créateurs de livres pour enfants en France, nous pouvons nous demander si ces derniers sont plus talentueux que les femmes, ou, s’ils sont mis en avant de par leur sexe. Néanmoins, nous pouvons constater qu’en France également, les auteures de romans à destination des adolescents et des young adults sont plus populaires que les auteurs.

source photo : Debra Hereford Brown

Ivanny Jackson

L'année dernière, de nombreux auteurs et personnalité s'indignait de l'absence d'auteurs femmes dans les sélections BD du Festival d'Angoulême. En effet, sur 29 auteurs dans la sélection, il n'y a pas une seule femme. En réaction à cela, de nombreux auteurs nominé à Angoulême vont alors demandé à être retiré de la liste afin d'y inclure des femme. Parmi ces auteurs on trouve notamment Riad Sattouf, Joann Sfar, Etienne Davodeau, Daniel Clowes. Au total, ce sont 10 auteurs sélectionner qui vont d’indigné :

« Bonjour ! J'ai découvert que j'étais dans la liste des nominés au grand prix du festival d'Angoulême de cette année. Cela m'a fait très plaisir ! Mais, il se trouve que cette liste ne comprend que des hommes. Cela me gêne, car il y a beaucoup de grandes artistes qui mériteraient d'y être. Je préfère donc céder ma place à par exemple, Rumiko Takahashi, Julie Doucet, Anouk Ricard, Marjane Satrapi, Catherine Meurisse (je vais pas faire la liste de tous les gens que j'aime bien hein !)... Je demande ainsi à être retiré de cette liste, en espérant toutefois pouvoir la réintégrer le jour où elle sera plus paritaire ! Merci ! On se voit à Angoulême ! Riad » Riad Sattouf

Pour en finir avec la polemique, la direction du Festival International de la Bande Dessinée (FIBD) décide d'inclure 6 femmes à la selection. Parmi elle on trouve : Lynda Barry, Julie Doucet, Moto Hagio, Chantal Montellier, Iran Marjane Satrapi, Posy Simmonds.

Cependant, ces femmes proteste, pour elles il ne s'agit que d'un lot de consolation et non d'une véritable reconnaissance. Hors la question se pose, bien que la profession d'auteur de BD soit majoritairement masculine, il est indéniable qu'elle se féminise de plus en plus. Aussi, commet cela se fait il que le jury fut incapable d'inclure des femmes au sein de la sélection ?

On constate alors qu'en 2015, une seul femme se trouvait dans la sélection. Pour cette année (2017), l'organisation du FIBD semble avoir compris la leçon et incluse plus de femmes.

Cependant, il existe 26 prix de la bande dessinée en France et l'ont peut donc s'interoger sur la raison du manque de représentation des femmes au cours de ces évenement. Bien que depuis quelques année on trouve épisodiquement des femmes au sein des divers sélection de ces 26 festivals, comment cela se fait t'il que les auteurs femmes soit si peut représenté ?

Afin de mettre en évidence l'important nombre de femmes travaillant dans la BD et ainsi leurs rendre hommage, voici une sélection d’œuvre grandiose dont au moins l'un des auteurs est une femme :

Catherine Meurisse : Né en 1980 à Niort, cette auteur française à notamment travailler chez Charlie Hebdo, et est auteurs de nombreuses bande dessinée. Depuis le début de sa carrière elle a déjà reçu 5 prix BD. Elle a récement publié La Légerté dans laquel elle parle de la façon dont elle s'est remise de l'attentat contre Charlie Hebdo. Elle a été nominé à Angoulême pour cette BD.

Pia Guerra : Né en 1971 dans le New Jersey, c'est actuellement une auteur canadienne de Bande Dessiné. Elle est notamment célèbre pour son travail sur Y, le dernier Homme. Au cours de sa carrière elle reçois de nombreux prix . En 2003 le Prix Harvey de la meilleure nouvelle série ; En 2006 Le Prix Joe Shuster de la meilleure dessinatrice ; En 2008 le Prix Eisner de la meilleure série ; En 2008 le Prix Eisner de la meilleure équipe dessinateur/encreur ; En 2009 le Prix Harvey du meilleur numéro. A chaque fois pour sa série Y, le dernier homme scénarisé par Vaughan

Barbara Canepa : né en 1969 à Gênes elle aujourd'hui dessinatrice, scenariste et directrice de collection chez Soleil (collection Métamorphose) et pour une maison d'édition italienne (collection venusdea) en Bande Dessinée. L'une de ses série les plus connu est Skydoll. Elle a également fait du film d'animation et a reçu en 2004 le Prix Micheluzzi de la meilleure série italienne pour Monster Allergy.

Pénelope Bagieu : né en 1982 à Paris, elle c'est d'abord fait connaître grace à son blog BD. Elle a reçu 4 prix pour ces œuvres depuis le début de sa carriere. De plus sa notoriété augmente dans le milieu de la BD, elle a déjà fait 7 BD mais également de l'illustration et du cinéma. Récement elle a sortie 2 volume de sa série Culottés, série dans laquel elle s'interesse à plusieurs figure feminine importante ayant réellement existé.

Fiona Staples : auteur canadienne elle est principalement connu pour son travail sur la série Saga, série pour laquel elle a reçu de nombreux prix et recompense. Elle reçoit insi pas moins de 11 prix entre 2011 et 2016 pour son travail.

Claire Bretecher : né en 1940 à Nantes, elle est auteur de BD humoristique et illustratrice. Principalement connu pour sa BD Agrippine. Elle a reçu 6 prix/distinction au cours de sa carriere d'auteur. Il s'agit d'une des premiere auteur BD connu et reconnu en France, elle a notament travaillé pour Spirou et Pilote ce qui a largement contribué à la faire connaître.

Aurelie Neyret : né au XXème siècle, elle est dessinatrice et illustratrice de Bande Dessinée. Elle a travaillé sur 6 œuvres dont la plus célèbre est Les Carnets de Cerise, une série jeunesse. Dans cette série elle on suit une jeune fille qui rêve d’être détective et qui va commencer a noter les éléments étranges qui se passe autours de chez elles pour mener des enquêtes. Conjuguant un scénario mature et un dessin fabuleux, cette œuvre jeunesse est un indispensable de la BD jeunesse. Elle a d’ailleurs reçu de nombreux prix. En 2014 elle reçoit notamment le Prix Jeunesse du festival d'Angoulême pour Les carnets de Cerise, tome 2 en 2014 ainsi que le Prix Ligue de l'Enseignement 41 pour le Jeune Public au festival Bd BOUM de Blois pour Les carnets de Cerise, tome 2. En 2015 elle reçoit le prix Saint-Michel catégorie Humour/Jeunesse pour Les carnets de Cerise, tome 3

Ainsi, comme on le voit ici, ils existe un certain nombre de femmes auteurs ayant du talent, déjà primé et reconnu. Cependant, leurs nominations reste marginal et lors du festival d’Angoulême les femmes sont régulièrement absente de la sélection. On peut s’interroger, comment mieux mettre en avant les femmes qui travail sur ces D et qui nous apporte autant de plaisir de lecture ? Es-ce normal qu’aujourd’hui les femmes soit sous représenté dans ce genre ? Il semble qu’il y ai encore du chemin à parcourir pour mettre fin à ces discrimination mais elles sont bien présente dans la BD et savent composer des œuvres de qualités et ça, on ne peut que le reconnaître.

Les mangas et les femmes

Dans le monde très fermé du manga, peu d'auteures françaises ont une place. En effet, seules quatre auteures sont actuellement reconnues.

Nous pouvons y retrouver Miya avec son manga Vis-à-vis publié chez Pika. Elsa Brants pour Save me Pythie publié chez Kana Céline Debacker avec Kuma Kuma publié chez Ankama Editions. Actuellement en arrêt de comemrcialisation, l’auteure n’a pas eu le succès espéré Jenny avec son manga Pink Diary. Elle est notamment la pionnière du manga féminin en France.

Ainsi, aucune n'a été reconnue avec un prix officiel. Seul des hommes sont primés.

Cela peut s'expliquer par le fait premier que peu de mangas sont primés avec des prix littéraires officiellement reconnus en France, mais ce n'est pas tout. Nous pouvons retrouver un clivage dans le monde du manga avec un très grand nombre d'auteurs masculins et peu de femme comme nous avons pu le voir précédemment.

De plus, le marché du manga est majoritairement japonais même en France.

Une grande partie des ventes est réalisée par le pays mère de ce genre littéraire. Cependant, des prix plus intimes, non-officiels existent. Ceux-ci récompensent des mangas de l'année et certaines auteures japonaises y gagnent la première place. Dans cet article je m'apprête à vous présenter les trois principaux.

En premier lieu, nous avons le prix Mangawa. Cette année a lieu la 13ème édition. Organisée par la librairie L'Ange Bleu situé à Perigny en partenariat avec les professeurs documentalistes, les bibliothécaires et les éditeurs, ce prix est le plus important dans le genre du manga en France. Pour l'édition de 2016, ce prix a mobilisé 722 établissements scolaires et bibliothèques dont plusieurs dizaines à l'étranger, c'est-à-dire plus de 11.000 jeunes. Ce prix Mangawa permet à ces jeunes de participer en tant que jury littéraire en découvrant de nouveaux ouvrages et auteurs.

Cette sélection se compose ainsi de 15 titres dont cinq par catégorie: Les Shojô (manga plutôt réservé pour les jeunes filles), les Shônen (pour les garçons) et les Seinen (avec un sujet plutôt adulte).

Ainsi, plusieurs auteures ont remportées ce prix dans leur catégorie:

Elles se sont surtout faites remarquées au de la catégorie Shôjo, c'est-à-dire pour les romances. Ainsi, nous pouvons retrouve b pour l'édition 2016 Ichigo Takano pour la.publication de Orange chez Akat

En 2015, c'était Tokeino Hari pour Baby-Sitters de chez Glénat. Mais d'autres auteures se sont également illustrées: Kiyo Fujiwara, Midori Murasaki, Hinako Ashihara, Kouga Yun, Rei Tôma, Rie Takada, Satomi Ikezawa et Norie Yamada. Mais des auteures se sont également illustrées dans des genres qui leur sont moins liés comme le Shônen où en 2016, Yoshitoki Oma gagne le prix pour A Silent Voice publié par les éditions Ki-Oon.

Ou encore Ayumi Kanô pour la publication de Dictatorial Grimoire chez Doki-doki.

Enfin, certaines sont reconnues dans un genre complexe qu'est le Seinen, moins apprécié.

Mais nous pouvons voir que Hiro Kiyohara a gagné le prix avec le manga Mad World en 2013 publié chez Soleil.

Le deuxième prix littéraire réservé aux mangas qui est populairement connu est SaYonne'Ara. La quatrième édition a eu lieu le 6 avril 2016 à la salle des fêtes de la ville de Sens. La journée a battu des records avec plus de 2000 visiteurs. 54 établissements ont participés à cette édition, porté surtout par les CDI et les bibliothèques de la région attirant à cette quatrième édition une grande partie des 11-20 ans. L'objectif de ce prix est de promouvoir la culture asiatique, notamment des mangas. Organisé par Chloé Beudin, bibliothécaire aux Champs-Plaisants et par Cecily Carriau, documentaliste des lycées de Sens. Leur but est ainsi de rassembler tous les amateurs de manga et de faire lire les élèves de ces établissements tout en les responsabilisant en leur proposant de devenir le jury de cet événement.

Quatre catégories étaient mises en avant, les Shôjo, Shônen, Seinen et les Kodomo

(réservé pour les plus jeunes). Ici, une auteure a gagné le prix pour les Shôjo. C'est Amano Shinobu pour sa superbe série Last Game.

Ainsi, nous pouvons voir que les femmes sont tout de même sous représentée et généralement contrainte à produire des mangas pour jeunes filles présentant des romances.

Enfin, le dernier prix que je pensais vous présenter aujourd'hui est celui de Manga Sensei. La huitième édition aura lieu l'année qui vient. Comme les précédents prix, il est concentré autour des CDI et des bibliothèques même si sont inscriptions en ligne permet d'attirer un plus grand nombre de personne par le bouche-à-oreille. Concentré autour d'un jury jeune, il permet de diffuser le manga et la lecture aux enfants et adolescents de France. Il présente trois catégories: Les Shônen, les Shôjo et les Seinen. Pour la sélection de 2017, certaines auteures ont été pré-sélectionnées. Parmi les Shônen, nous pouvons retrouver Abi Umeda pour sa série Les enfants de la Baleine publié chez Glénat. Les cinq auteurs de la sélection Shôjo sont toutes des femmes avec Nana Haruta, Mika Yamamori, Ryôko Fukuyama, Minami Mizuno et Natsumi Aida. Aucune auteure n'a été retenue pour la sélection Seinen. Encore une fois, nous pouvons que les auteures féminines sont cantonnées à un style particulier qu'est le Shôjo basé sur la romance.

Parmi les lauréates des années précédentes, nous pouvons retrouver Yoshitoki Oima pour son shônen A Silent Voice.

Ainsi, nous trouvons des lauréates au sein de deux grandes catégories. Pour les Shônen, Akimine Kamijyo triomphe avec sa superbe série Code:Breaker tout comme Yana Toboso et son illustre Black Butler. Pour la catégorie des Shôjo, nous avons Ichigo Takano pour sa série Orange, Ayuko Hatta pour Wolf Girl and Black Prince. Mais également Kaneyoshi Izumi pour sa série La fleur millénaire, Mayu Shinjô avec Ayakashi Koi Emaki – Le Manuscrit des illusions et enfin Kyousuke Motomi avec sa série Dengeki Daisy.

Ainsi, nous pouvons voir, par le biais de ces trois prix littéraire dédiés aux mangas, que les femmes sont généralement sous représentées par rapport aux auteurs masculins et qu'elles étaient très souvent cantonnées au style du Shôjo, c'est-à-dire à écrire des romances alors qu'elles sont généralement nombreuses dans le monde à écrire des mangas. Celles qui sortent de ce système sont peu connues. Les françaises ne sont pas encore très nombreuses à se lancer dans l'aventure et ne sont pas reconnues nationalement, ce qui pose un grand problème dans ce genre.

N'étant pas un genre souvent primé officiellement, le clivage homme/femme ne perturbe pas à l'heure actuelle les lecteurs et connaisseurs du genre, ce qui est fortement dommage étant donné que beaucoup d'auteurs féminines sont très douées et leurs séries très appréciables avec leur sensibilité

Rédacteurs : Théa Moroni (édito), Zoé (droits), Aure Strangle (portraits), Ivanny Jackson (jeunesse), Xavier Kozlhov (BD) et Uppercut (manga)

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