Loading

Clichés & Préjugés, l’homophobie dans le monde du travail Exposition de l’Autre Cercle réalisée par Cédric Roulliat

L’art étant un excellent vecteur pour atteindre cet objectif, l’Autre Cercle Rhône-Alpes a crée une exposition de photographies sur le thème de la discrimination liée à l’orientation sexuelle et l’identité de genre dans le monde le monde du travail intitulée « Clichés & Préjugés ». Pour mener à bien ce projet, un artiste régional a été sollicité et s’est exprimé librement sur ce thème : Cédric Roulliat.

"Ils sont tous soit coiffeurs... soit fleuristes !”
“Il a des manières. Je suis sûr qu’il est homo”
“Elle a les cheveux courts et elle ne porte que des pantalons. Elle doit être lesbienne.”
“C'est un boulot de tapette”
“Les lesbiennes ne sont pas assez féminines, donc pas suffisamment à même de séduire un client”

Voici quelques exemples de propos que les personnes LGBTQI+ peuvent encore entendre dans leur vie personnelle ou professionnelle.

Définitions

➜ Un stéréotype tout comme le cliché est une image préconçue, une représentation simplifiée d’un individu ou d’un groupe humain.

➜ Un préjugé est une opinion préconçue portant sur un sujet, un objet, un individu ou un groupe d’individus.

Depuis une trentaine d’années, les représentations de l’homosexualité et les droits des personnes LGBT ont connu des évolutions majeures. Les personnes homosexuelles sont de mieux en mieux acceptées et bénéficient de plus en plus d’une égalité de droits. Néanmoins, notre société reste marquée par les stéréotypes, les clichés, les préjugés.

Si l’orientation ou l’attirance sexuelle relève de la sphère intime, nos interactions au quotidien nous amènent en parler… ce qui peut conduire à des comportements et attitudes discriminantes. Au sein au travail, de nombreuses situations conduisent à rendre visible la vie privée :

  • quand on raconte son week-end ou ses vacances en amoureux,
  • quand on accroche les photos de son·sa conjoint·e et de sa famille dans son bureau,
  • quand on organise des repas où sont convié·e·s les conjoint·e·s,
  • quand on organise son mariage ou quand on accueille un nouvel enfant.

Parler de son orientation sexuelle sur le lieu de travail peut gêner voire indisposer les collègues ou la hiérarchie qui peuvent considérer que l’orientation sexuelle relève de la vie privée. Pourquoi une telle gêne ? Elle est souvent dûe à ces représentations, clichés, préjugés véhiculé.e.s dans notre société conduisant à rejeter, exclure, voir même agresser l’autre… parce qu’il ou elle nous semble différent·e.

Pour comprendre, la situation

1 à 2 millions de salarié·e·s se cacheraient au travail (Kit de sensibilisation LGBT en entreprises par AFMD 2016 selon deux études SOS homophobies et EUAFR)

50 % des déclarant·e·s ne répondraient pas tranquillement à une question de leur manager sur leur vie privée (Baromètre LGBT BCG 2017)

43 % des salarié.e.s interrogé·e·s pensent qu’il est plutôt difficile ou très difficile d’aborder sa situation personnelle concernant l’orientation sexuelle dans son entreprise (Baromètre de la perception de l’égalité des chances en entreprise –5ème Vague, MEDEF, TNS Sofres)

41 % des employé·e·s entendent des expressions LGBTphobes dans leur organisation (Baromètre Autre Cercle-IFOP 2020)

Exemples concrets de discriminations liées à l’orientation sexuelle ou l’identité de genre :

1ère situation : Kévin est en période d’essai dans un salon de coiffure. Souffrant, il s’absente une journée et reçoit, par erreur, un SMS provenant de sa supérieure hiérarchique indiquant « Je ne garde pas Kévin. Je ne le sens pas ce mec. C’est un pd, ils font tous des coups de putes ». Le lendemain, Kévin retourne travailler mais son employeur lui notifie la rupture de sa période d’essai en arguant de son absence pour maladie (cf. Décision du Défenseur des droits MLD-2015-195 du 24 juillet 2015)

2e situation : Isabelle est gardienne de la paix au sein d’un commissariat de police. Suite à la naissance des enfants portés par sa compagne avec qui elle est pacsée, elle demande un congé de naissance et un congé de « paternité » qui lui sont tous deux refusés. Par la suite, elle fait l’objet de propos homophobes et de comportements déplacés de la part de son supérieur hiérarchique (cf. décision du Défenseur des droits MLD-2014-049 du 7 janvier 2015).

3e situation : Alors qu’elle se retrouve à l’hôpital pour une tendinite, Mélanie est auscultée par un chirurgien qui utilise plusieurs fois «monsieur» pour s’adresser à elle. Il finit par mettre fin à la consultation de façon très prématurée. Mélanie demande alors à voir le chef de service concernant cette attitude déplacée. Ce dernier lui répondra : «Vous comprenez, c’est pas facile.» (Cf Rapport SOS homophobie)

Nos conseils : « Il est bon de se le redire… »

  • Être gay, lesbienne ou encore transgenre n’est pas un choix !
  • La lutte contre les comportements discriminants est l’affaire de tou·te·s… même si nous avons le sentiment de n’être pas directement concernés
  • Nous avons le droit à l’erreur lorsque ce n’est pas voulu… ni connu. Mais nous devons rester vigilant·e à notre manière d’interagir avec les autres afin d’éviter tout comportement ou propos discriminant

Pour bien accueillir une personne transgenre

  • En cas de doute, éviter d’utiliser les règles de la civilité et n’hésitez pas à demander directement à la personne si elle souhaite utiliser “Madame ou Monsieur” ainsi que le pronom
  • Au moment de l’accueil, utiliser l’identité d’usage communiquée par la personne transgenre.

Éclairage sur l’artiste

Cédric Roulliat s’est un temps destiné à la bande dessinée avant de se consacrer à la mise en scène.

Photographe autodidacte, Influencé par les formes de narration populaires (cinéma, roman-photo, comics), et un panthéon de visionnaires fétichistes (Bourdin, Hitchcock, Newton et Franju), il mêle ses propres obsessions aux mythologies hollywoodiennes dans des tableaux distanciés où des figures hiératiques miment désir, effroi et mélancolie.

Découvrant en 2005 l’univers du metteur en scène Camille Germser, il collabore avec ce dernier pour créer des images traversées par l’esprit d’un music-hall décalé ; plus tard, la rencontre avec l’architecte Didier Dalmas le sensibilise à la place primordiale du décor dans ses compositions.

En 2008 il présente avec la comédienne Sahra Daugreilh le projet Rétrospective Sara D., hommage aux comédiennes du siècle passé décliné en vidéo, texte et photogrammes. D’autres collaborations avec le centre hospitalier de l’hôpital du Vinatier de Bron (Double jeu, 2009) ou la Comédie de Saint-Etienne (2014), voient les modèles devenir personnages au sein de vignettes tirées de films imaginés. Plusieurs très courts métrages avec les comédiens Laure Giappiconi et David Bescond creusent un sillon entre chorégraphies absurdes et scénettes désincarnées.

Exposition interactive proposée par

➜ L’Autre Cercle est une association qui œuvre pour un monde professionnel épanouissant inclusif et respectueux des personnes dans toutes leurs diversités quelle que soit leur orientation sexuelle ou identité de genre. Ses missions :

  • Observer et attester de la situation des personnes LGBT+ dans le monde du travail
  • Accompagner, fédérer, engager les acteur·rice·s du monde du travail et les membres de l'Autre Cercle
  • Promouvoir ses actions, ses valeurs et faire évoluer les mentalités
  • Respect, Humanisme, Indépendance, Engagement et Pragmatisme sont ses principales valeurs. Elle est implantée sur Toulouse depuis 2005.

PRIDE Toulouse, association et collectif associatif, qui oeuvre dans la lutte contre les discriminations en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre, est à l’origine du Festival régional des Diversités et de l’organisation de la Marche des Fiertés à Toulouse.

En partenariat avec le Conseil départemental de la Haute-Garonne