Comment Windsor est devenue la ville qui a aidé à changer la natation au Canada par: CALLUM NG

Un mercredi soir à Windsor, des milliers de fans sont accroupis dans un bâtiment sombre, tremblant d’anticipation.

La piscine est tranquille.

Un projecteur éclaircit un coin de la piscine calme. La grosse voix de l’annonceur rompe le silence : « Veuillez accueillir les athlètes de la finale du 100 m dos féminin ».

Le bavardage se transforme en cris avec l’introduction de la nageuse locale Kylie Masse au 4e couloir.

« Tout à coup, j’ai entendu de fortes acclamations, » se rappelle Masse.

Pendant la course, la Canadienne se retourne à la marque des 50 m en troisième place, ensuite elle traverse les deux dernières longueurs et gagne la médaille d’argent.

La foule est ravie.

Une fille de 20 ans de la banlieue-dortoir LaSalle de la ville de Windsor a gagné une médaille aux Championnats du monde, à quelques minutes d’où elle a grandi.

Kylie Masse, 100 m dos, médaille d’argent, 13es Championnats du monde FINA (25m), Crédit photo: Kevin Jarrold

En sortant de la piscine, Masse fait un grand sourire.

« C’est super, » Masse s’exclame devant des reporteurs après la course.

Il y avait un air de fierté qui flottait dans l’ambiance pendant cette nuit humide.

Des mois et même des années avant cette grande soirée, toute une ville eut une vision qui apportera les Championnats du monde de natation (25 m) à Windsor et qui changera le sport aquatique dans ce pays pour toujours.

Kylie Masse, 100 m dos, 13es Championnats du monde FINA (25m), Crédit photo: Kevin Jarrold

Tout a commencé par un chef de ville passionné, et tout a continué par un autre.

En 2009, Eddie Francis, qui a longtemps été maire de Windsor (au pouvoir de 2003 à 2014), a assisté aux Jeux internationaux des écoliers à Athènes, en Grèce.

Après cet événement, un groupe de nageurs et leurs parents de Windsor l’ont mis au pied du mur à l’hôtel, partageant un message plein d’espoir.

« Ils m’ont raconté comment c’était difficile de s’améliorer professionnellement comme nageurs dans notre ville [Windsor], puisqu’on n’avait pas les installations nécessaires, » dit Francis.

Parmi le groupe se trouvait une fille de 13 ans : Kylie Masse.

Elle et d’autres lui ont expliqué que puisqu’il manquait de piscines à Windsor, les nageurs étaient obligés de faire de longs trajets sur l’autoroute 401, et même de traverser la frontière aux États-Unis. (Windsor se trouve d’un côté de la rivière Détroit, et la ville de Détroit est de l’autre côté).

« Leurs histoires m’ont marqué », rappelle-t-il.

Il a décidé de construire une nouvelle piscine afin d’aider les clubs de natation à former leurs athlètes, tout comme les patinoires et les terrains de soccer aident les autres sportifs.

Donc, on a planifié la construction d’une nouvelle installation aquatique dans un lieu spectaculaire au bord de la rivière à Windsor, près du cœur du centre-ville.

Le maire actuel de Windsor, Drew Dilkens, était conseiller municipal lorsque le Windsor International Aquatic and Training Centre a ouvert ses portes en 2013.

Le maire de Windsor Drew Dilkens parle à la cérémonie de clôture des 13es Championnats du monde FINA (25m),Crédit photo : Simon Edwards

Dilkens dit que les urbanistes ont fait venir des représentants des quatre sports aquatiques majeurs : la natation, le plongeon, la natation synchronisée et le water-polo.

On a demandé aux représentants ce qu’une nouvelle installation nécessiterait pour accueillir des événements aquatiques pour leur sport.

Le Centre, qui contient une piscine de 50 mètres et 10 couloirs, un bassin de plongeon et un parc aquatique, affirme audacieusement aux conducteurs le long de la rue Riverside que la ville s’est engagé aux sports aquatiques.

« On oublie souvent le travail, l’effort et les sacrifices faits, » dit Francis des nageurs et des autres athlètes.

« Ce que je voulais faire en communauté c’est de permettre à la ville de soutenir nos athlètes à atteindre leur potentiel et de leur dire, on est là pour vous aider. »

Francis dit que l’installation faisait aussi partie de la stratégie proposée pour accueillir les Jeux internationaux des écoliers de 2013, la même compétition à laquelle il a assisté en 2009.

« Je regardais toujours l’avenir. Je ne voulais pas construire une installation à fonction unique, » dit Francis.

Par exemple, chaque année depuis 2014, le plongeon a accueilli une étape de la Série mondiale de la FINA, un événement réputé auquel participent les meilleurs plongeurs du monde.

Centre international aquatique et d'entraînement de Windsor

Le nouveau centre aquatique ne fut que le début pour le maire Eddie Francis et les conseillers municipaux de Windsor.

Maintenant que la piscine était en construction, il était temps d’élargir la perspective et de penser à amener les Championnats du monde de natation à Windsor.

Ce serait un véritable exploit. Accueillir presque 1000 nageurs d’élite provenant de plus de 160 pays donnerait le plus grand événement sportif international que la ville n’ait jamais connu.

Et avec cela venaient de grandes considérations.

Dilkens, qui était nageur en école secondaire, partage l’amour de la natation, mais selon lui, à cause du prix important, c’était difficile à entreprendre.

Windsor serait de loin la plus petite ville à accueillir l’événement dans les années 2000. Comparée aux centres métropolitains massifs tels que Moscou, en Russie (accueil en 2002), et Shanghai (accueil en 2006), la région de Windsor, avec une population de 320 000, est minuscule.

Windsor est peut-être une petite ville, mais elle est déterminée. Les leaders de la communauté ont décidé de franchir le pas.

« Tu sais quoi ? Parfois il faut sortir de son confort et le maire à l’époque [Francis] pensait que c’était un bon choix pour la ville et la majorité du conseil municipal pensait de même, et ils se sont tous mis d’accord pour le faire, » dit Dilkens.

En décembre 2012, la veille de la même compétition à Istanbul, en Turquie, la FINA a annoncé que Windsor avait gagné le processus d’appel d’offres pour les Championnats de 2016.

Cette ville canadienne mieux connue pour le hockey et la fabrication avait gagné contre Hong Kong et les Émirats Arabes Unis pour s’établir sur la scène mondiale de la natation.

« Pour organiser un événement de telle grandeur dans la ville, il fallait sortir des sentiers battus, et la ville devait être très créative, » dit Ahmed El-Awadi, Directeur général de Natation Canada.

Ce choix a validé des années de travail de la part de Francis, Dilkens et d’autres envers la natation et le sport aquatique à Windsor.

« Par cet événement, la FINA soutenait notre communauté comme étant une communauté qui développe des athlètes de niveau mondial, » dit Francis.

WFCU Centre, Crédit photo: Kevin Jarrold

C’est la soirée du 18 novembre 2016 au WFCU Centre, quelques semaines avant l’arrivée des athlètes au 13e Championnat du monde de natation en petit bassin.

Après que les major junior Windsor Spitfires aient gagné contre les Sarnia Sting en prolongation dans la Ontario Hockey League, une équipe a commencé à démonter la patinoire pour faire la place pour une piscine de compétition.

Le travail devait être fait de manière rapide mais prudente, car c’est un processus précis et compliqué. Voilà où Myrtha Pools joue un rôle inestimable.

Myrtha Pools est devenu très connu pour sa capacité de construire des piscines de niveau mondial n’importe où. L’entreprise a construit la piscine de compétition principale et le bassin d'entraînement pour Rio 2016, et elle a construit des structures permanentes tout autour du monde.

Myrtha sait construire presque n’importe quoi, y compris le Family Aquatic Complex de Windsor et la piscine de réchauffement que l’on a rajouté au WFCU Centre. Ils sont aussi responsables de la construction des piscines du Toronto Pan Am Sports Centre, le plus grand centre aquatique construit au Canada dans les dernières décennies.

Une équipe de Myrtha Pools a assemblé le bassin de compétition pour les championnats en utilisant des panneaux en acier inoxydable de presque exactement 25 mètres, pendant que la construction des éléments environnants continuait tout autour.

Pour les championnats mondiaux, ils ont apporté et installé un système de filtration et un chauffe-eau ultra moderne. Après 10 jours de travaux, le Centre fut transformé et prêt pour accueillir les joueurs.

« On a construit un bâtiment [WFCU Centre] polyvalent, » explique Don Sadler, le gestionnaire de projet pour la conversion de la glace à l’eau.

Il dit que le WFCU Centre a bien accueilli la piscine, ils ont seulement dû modifier le système de ventilation afin de gérer l’humidité. On a aussi augmenté la température de l’air à 27 degrés Celsius pour que les nageurs soient plus à l’aise.

« Cet événement est non seulement unique à Windsor, mais il est unique en Amérique du Nord, » souligne Sadler.

En plus de la compétition, la FINA Convention, Medical Congress et Coaches Golden Clinic ont tous eu lieu presque en même temps.

Selon Mayor Dilkens, les demandes de tourisme étaient extrêmes. Chaque chambre d’hôtel dans la région de Windsor était réservé, et encore 300 chambres de l’autre côté de la rivière à Détroit.

WFCU Centre Community Pool

Cette merveille temporaire ne fut pas la seule piscine Myrtha au WFCU Centre pendant les Championnats de Windsor. La ville a décidé de construire une piscine d’entrainement permanente à 25 mètres dans le même bâtiment.

Les nageurs de calibre international ont besoin d’un bassin de récupération entre les épreuves/courses, et aujourd’hui, la nouvelle piscine à 25 mètres et six couloirs est utilisée par la communauté et représente un autre héritage de l’événement.

« La natation c’est un des meilleurs sports car tu peux nager tout au long de l’année, peu importe s’il pleut ou s’il neige, c’est toujours disponible et ça plait à tout le monde, » dit Dilkens.

« Tu construis une piscine et tout le monde l’utilise. »

Il existe une véritable excitation envers la natation à Windsor.

Les cours de natation ont un bon taux d’inscription d’après des officiers municipaux. Ceci est grâce en partie à l’accueil des championnats et à la réussite canadienne aux derniers olympiques d’été, où l’équipe nationale a gagné six médailles.

« On trouve que l’intérêt pour le sport de haut niveau et même pour les cours de natation augmente souvent après les années olympiques, », dit Jen Knights, gestionnaire du Windsor International Aquatic and Training Centre.

« En plus, puisque les gens savent que les championnats viennent à Windsor, je pense qu’ils pensent davantage à la natation et on a certainement vu un bon nombre de participants dans nos cours de natation. »

Made with Adobe Slate

Make your words and images move.

Get Slate

Report Abuse

If you feel that this video content violates the Adobe Terms of Use, you may report this content by filling out this quick form.

To report a Copyright Violation, please follow Section 17 in the Terms of Use.