Loading

Graph Origins fanny lamborot, une jeune entrepreneure qui "customise" chaussures et accessoires

Des basketteurs de l'Elan Chalon aux footballeurs de Monaco en passant par les basketteurs de la JDA Dijon, Fanny Lamborot s'est spécialisée dans la "customisation" de chaussures et d'accessoires. Son entreprise Graph Origins a vu le jour en Saône-et-Loire à Saint-Yan l'année dernière.

Fanny Lamborot customise chaussures, sacs, blousons, etc. dans son atelier.

Destinée à la création artistique, Fanny Lamborot passe un BAC STI Arts appliqués au lycée Alain Colas de Nevers avant d’enchaîner sur un BTS en communication visuelle à l’ESAAB (Ecole supérieure des arts appliqués de Bourgogne), toujours à Nevers, puis une licence en communication visuelle à l’université François Rabelais de Tours.

Dotée de tous ses diplômes, la jeune fille a un peu de mal à trouver sa place dans le monde de la création artistique. Un premier emploi en imprimerie puis un deuxième dans une entreprise de signalétique à Roanne et un autre dans une société d’import-export en charge des graphismes et de l’élaboration d’un catalogue ne suffisent pas à sa soif de créativité. "Je suis jeune, dit-elle. J’ai envie de faire bouger des choses et, là, je n’y arrive pas, donc il faut que je me responsabilise et que je me mette à mon compte."

La découverte du "custom" made in USA

C’est en regardant un reportage à la télévision que Fanny Lamborot découvre sa voie artistique et le sens qu’elle veut donner à sa future entreprise. "Là-bas, précise-t-elle, la customisation est bien plus importante qu’en Europe. Tout peut faire l’objet d’une personnalisation, surtout les chaussures et parmi elles les baskets, plus jeunes et plus cool dans le style."

Avoir ce que les autres n’ont pas, parler de soi, de ses passions à travers des chaussures, un blouson, un objet reste une façon de se démarquer du monde habituel, Fanny Lamborot en a saisi la philosophie, il ne reste qu’à le mettre en pratique.

Oser se lancer

A 28 ans, il n’est pas facile d’oser créer sa propre entreprise, de plus dans un milieu qui est celui de la création artistique et qui n’est qu’une niche au plan économique. Celle qui, quelques mois plus tôt, souhaitait faire bouger les lignes décide de faire évoluer sa vie professionnelle et fonde, en juillet dernier à Saint-Yan, Graph Origins pour la customisation de chaussures et accessoires. Un début dans le cocon familial et la localité de Saint-Yan d’où elle commence à prendre contact tout d’abord avec les grands équipementiers sportifs, les chaînes de magasins de sports ou de chaussures.

Une réponse de l’enseigne Sport 2000 de Montbrison (42) lui permet de réaliser une première commande de trente exemplaires pour la célèbre Stan Smith de chez Adidas à l’effigie de la bijouterie Tournaire de Lyon. S2 Sneakers introduit dans ses boutiques le concept de personnalisation des chaussures vendues. L’aventure commence d’un bon pas. Dernièrement et toujours à Montbrison, c’est sur le thème de Noël que Fanny réalisera une série de 25 chaussures.

Graph Origins se fait une place dans le milieu sportif

Souhaitant surfer sur le sens de la mode chère aux sportifs de haut niveau, Fanny Lamborot a pris des contacts avec les clubs de basket Elite du secteur et c’est ainsi qu’elle a pu réaliser une paire de basket pour Justin Robinson, joueur américain de l’Elan Chalon, et une autre pour David Holston, joueur de la JDA Dijon.

Puis, elle customise aussi les crampons des footballeurs de l’AS Monaco Rony Lopes et Benjamin Henrichs. Le rêve de la jeune femme serait de réaliser une création pour Antoine Griezmann, le champion du monde de football originaire de Saône-et-Loire…

Un process très ouvert

"Le travail de personnalisation, explique Fanny Lamborot, se fait soit par un croquis proposé par le client, soit par des projets que j’ai sur catalogue. De là, on définit et on affine ce que sera le dessin. C’est une partie de travail très intéressante car on rentre un peu dans l’intimité de la personne qui portera ces chaussures et on sait que cela sera vraiment à son image."

"Une fois la maquette validée, j’appose mes peintures selon le choix du support après avoir pris le temps de le préparer. Je travaille soit au pochoir soit à l’aérographe avec des peintures spéciales qui résistent au temps et aux lavages en ce qui concerne les blousons. Je peux faire la même chose sur des casques audio, des coques de téléphone, des sacs à main etc." Financièrement parlant, une customisation se situe dans une fourchette allant de 15 à 400€ selon le travail effectué.

LES INDISCRETIONS

Avez-vous un loisir ?

"J’adore la musique (je joue d’ailleurs de la guitare) et évidemment l’art en règle général."

Etes-vous plus livres ou films ?

"Je suis plus films, je ne lis presque pas à vrai dire. Le dernier film que j’ai vu est No Pain No Gain de Michael Bay."

Quel artiste admirez-vous ?

"J’affectionne énormément Dali (pour les couleurs qu’il utilise et les messages qu’il fait passer à travers ses œuvres)."

Quelle qualité faut-il pour créer son entreprise ?

"Il faut, je pense, de la détermination, beaucoup de motivation et d’ambition."

Avez-vous une devise ?

"Une devise assez représentative du film No Pain No Gain : il faut souvent passer par la difficulté afin d’arriver au bout de ses objectifs."

Quelle est votre meilleure qualité ?

"Je dirais que c’est la détermination."

Quel est votre plus gros défaut ?

"A la fois une qualité et un défaut, je suis parfois trop rêveuse."

Quel est votre plat préféré ?

"Le reflet de ma passion pour les Etats-Unis : un bon burger avec des frites."

Quelle est la place de la création artistique libre dans le monde de la mode ?

"A mon idée, tous les articles de mode (vêtements, chaussures, sac etc) sont des toiles vierges. Un support de plus pour les artistes qui cherchent à s’exprimer. Il y a pour moi deux types d’articles de mode : ceux des grands créateurs réalisés avec un œil d’artiste et qui sont des pièces uniques et pensées comme des œuvres d’art et ceux que l’on trouve dans les magasins, dédiés à la vente massive et voués à cibler le maximum de personnes. Ce sont ces derniers que je cherche à cibler afin d’en faire des pièces uniques."

Cette vidéo montre, en une petite dizaine de minutes, la customisation réalisée sur une paire de baskets Nike Air Force 1 enfant sur le thème Toy Story. Durée réelle de ce travail : 6 heures. Source : Graph Origins.

Texte : Richard Plaa. Photos Richard Plaa et Graph Origins

Report Abuse

If you feel that this video content violates the Adobe Terms of Use, you may report this content by filling out this quick form.

To report a copyright violation, please follow the DMCA section in the Terms of Use.